Élitisme des Petits Chanteurs du Mont-Royal?

«Contrairement à ce qu’elle persiste à affirmer, la CSDM n’a toujours pas d’option viable pour permettre à mes fils de poursuivre leur formation aux Petits Chanteurs du Mont-Royal dans le cadre d’une école secondaire publique», estime l'auteure.
Photo: Photos fournies par PCMR «Contrairement à ce qu’elle persiste à affirmer, la CSDM n’a toujours pas d’option viable pour permettre à mes fils de poursuivre leur formation aux Petits Chanteurs du Mont-Royal dans le cadre d’une école secondaire publique», estime l'auteure.

Voici un témoignage que j’aimerais porter à l’attention du comité exécutif de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), aux médias et au grand public. Je crois y amener une perspective oubliée dans ce débat sur l’avenir des Petits Chanteurs du Mont-Royal (PCMR), où certains nous accusent d’élitisme.

Depuis la séance d’information du 15 mai 2019, où les parents (et nous y étions nombreux !) étaient invités pour apprendre les conséquences d’une décision prise le 2 octobre 2018 sur le transfert des élèves dans une école secondaire de la CSDM, j’essaie de comprendre ma réaction face à ce qui s’est passé. Je me sens trahie par l’institution en laquelle je crois et que je défends, le système d’éducation public.

Dans mon pays d’origine, la Finlande, on croit à l’équité entre les personnes et au bien collectif. Son système d’éducation majoritairement public est bâti sur ces principes et j’ai moi-même été formée pour travailler selon eux.

Au moment d’inscrire mon fils aux PCMR, j’étais rassurée du fait que l’école était publique. Je n’aurais pas fait le choix de le déraciner de son école de quartier si ce n’était pas le cas. J’appréhendais l’idée de l’inscrire plus tard dans une école secondaire privée, s’il y était admis, car le milieu ne correspondait pas, à mon sens, aux valeurs que je voulais lui transmettre.

Quand la possibilité d’une suite pour les PCMR dans une école secondaire publique a été annoncée, je me sentais plutôt enthousiaste à entendre les propositions. Je comprenais que la nouvelle école ne se trouverait pas aussi près des PCMR (où ils continueront à recevoir leur formation musicale) que l’école secondaire actuelle, mais j’étais prête à imaginer que mon enfant pourrait faire un peu plus de transport et que l’arrimage entre la formation scolaire et musicale serait possible malgré cette distance.

Ma curiosité s’est vite transformée en colère le soir du 15 mai. Je me suis sentie trahie par le peu de sérieux et le peu de respect de la part de la CSDM à mon égard, malgré nos valeurs communes. Il n’y a pas eu de consultation avant la décision (contrairement à ce qui a été affirmé récemment par la CSDM), pas de communication après la décision, pas de collaboration avec l’établissement qui subit la décision (la direction de l’école a été dérobée de son statut et écartée de l’annonce sur son propre avenir), et encore moins de compréhension de la réalité des enfants au coeur de la décision (aucun membre du comité exécutif n’a visité l’école des PCMR avant la décision).

Manque de respect de la CSDM

J’ai été trahie par le peu de respect de la part de la CSDM pour mes enfants en ce qui concerne deux propositions qui, à mes yeux, sont totalement irréalistes, contrairement à ce que prétend la CSDM. La première option nous propose une école fermée, il y a un an, à cause des moisissures dont l’ouverture n’est pas prévue avant cinq ou sept ans. La deuxième proposition exigerait de l’enfant trois heures de transport au quotidien (et non pas une seule comme il a été mentionné par la CSDM), ce qui aurait des conséquences certaines sur sa réussite, sa motivation et sa santé — et, par conséquent, sur l’avenir de la formation même qu’il fréquente.

Je suis carrément insultée par les mensonges qui continuent de circuler dans les rares communiqués comme des raisons de ce transfert : l’équité, la mixité, la gratuité. Malgré le fait que la CSDM persiste à affirmer que sa décision est basée sur ces valeurs, elles ne se concrétisent pas davantage dans les propositions de la CSDM qu’elles le font actuellement : les chanteurs seront sélectionnés selon les mêmes critères qu’avant, ils resteront dans le même groupe qu’avant et le coût de la formation musicale serait le même qu’avant.

Je suis aussi insultée par le commentaire de la vice-présidente de la CSDM, Mme Mastromonaco : « Mais vous pouvez toujours aller au collège Notre-Dame. » Non, je ne pourrai pas le faire et je ne voudrai pas le faire. J’étais prête à accepter cette option sachant que d’autres options n’existaient pas.

La seule raison donnée pour cette décision unilatérale est que la CSDM aurait maintenant une option à nous offrir dans une école publique. C’est faux. Contrairement à ce qu’elle persiste à affirmer, la CSDM n’a toujours pas d’option viable pour permettre à mes fils de poursuivre leur formation aux PCMR dans le cadre d’une école secondaire publique.

Là, je me trouve à défendre un système qui est contraire à mes valeurs. Et mes enfants deviennent les victimes de cette guerre d’idéologie dans laquelle je me trouve du mauvais côté.

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