Laïcité: en appeler à la désobéissance civile

«Pourquoi les signes religieux seront-ils interdits chez les enseignant.e.s, mais pas chez les orthophonistes, les psychologues ou les technicien.ne.s en éducation spécialisée?», se demandent les auteurs de cette lettre.
Photo: Catherine Legault Le Devoir «Pourquoi les signes religieux seront-ils interdits chez les enseignant.e.s, mais pas chez les orthophonistes, les psychologues ou les technicien.ne.s en éducation spécialisée?», se demandent les auteurs de cette lettre.

Pourquoi certains sont-ils, comme c’est notre cas actuellement, tentés d’en appeler à la désobéissance civile pour contrer le projet de loi 21 déposé par la CAQ ?

D’abord, parce qu’avant même que ne débutent les consultations sur ce projet de loi, le gouvernement a déjà annoncé qu’il aurait recours au bâillon pour forcer son adoption et qu’il verrouillerait toute possibilité de contestation ultérieure par l’utilisation de la disposition de dérogation. Par ailleurs, en fait de consultation, il ne tiendra que six jours d’échanges avec une liste d’individus et de groupes triés sur le volet. On a déjà vu mieux comme exercice démocratique. En fait, on a vu mieux notamment lors des consultations tenues par la commission Bouchard-Taylor, consultations qui se sont échelonnées sur trois mois et qui se sont déroulées dans 17 villes du Québec. Les résultats de cette consultation, bien connus, et fruits d’un consensus qu’on peut considérer comme significatif, stipulaient que le port de signes religieux devrait être interdit aux agents de l’État se trouvant en position d’autorité coercitive, mais devrait demeurer autorisé « pour tous les autres agents de l’État (enseignants, fonctionnaires, professionnels de la santé et autres) ».

En rejetant d’emblée les conclusions de ce rapport, en se créant sa propre liste d’interdits et en limitant à sa plus stricte expression l’espace de débat et de contestation, la CAQ démontre qu’elle n’a de la démocratie qu’une lecture minimaliste : celle qui se résume au vote dans l’urne. Oui, la CAQ a obtenu en octobre dernier la majorité des sièges à l’Assemblée nationale, mais non, cela ne l’autorise pas à procéder de manière aussi cavalière à la suppression des droits d’une partie de nos concitoyens.ne.s.

Plusieurs ont fait le parallèle avec l’utilisation de la disposition de dérogation au moment de l’adoption de la loi 101. Or la loi 101 prétendait supprimer les droits d’une minorité (les anglophones du Québec) pour permettre à une autre minorité (les francophones du Québec) de survivre. C’est parce qu’il y avait péril en la demeure et risque de disparition d’une frange de la population nord-américaine que cette loi a été votée. Ici, quel péril y a-t-il en quelle demeure pour justifier la suppression de droits individuels ? Y a-t-il un groupe ou un individu dont l’existence soit menacée par le fait que certain.e.s de nos concitoyen.ne.s portent la kippa ou le voile ? Y a-t-il risque de conversion massive à l’islam, au catholicisme ou au bouddhisme ? Assiste-t-on à une vague sans précédent de prosélytisme au sein de nos écoles ?

Innombrables incohérences

L’arbitraire à partir duquel la CAQ établit sa liste d’interdits fait par ailleurs en sorte que d’innombrables incohérences sautent aux yeux, incohérences qui risquent de se traduire en sentiment d’injustice : pourquoi les signes religieux seront-ils interdits chez les enseignant.e.s, mais pas chez les orthophonistes, les psychologues ou les technicien.ne.s en éducation spécialisée ? Sur quelle base scientifique ou légale s’appuie-t-on pour considérer qu’un.e psychologue a moins d’emprise sur le cerveau d’un enfant qu’un.e enseignant.e ? Et pourquoi l’école privée subventionnée n’est-elle pas visée par ce projet de loi ? les enseignant.e.s y conserveraient des droits qu’on s’apprête à supprimer à leurs confrères et consoeurs du public ?

En dehors de l’arbitraire lié aux corps d’emploi touchés par l’interdit, le flou le plus complet règne en ce qui a trait aux signes qui seront prohibés : devant un cas d’espèce soulevé par un enseignant abénaquis de la Commission scolaire de Montréal, le ministre a soutenu que les Premières Nations ne seraient pas visées par le projet de loi puisque leur forme de « spiritualité » n’est pas une « religion ». Nous mettons le ministre au défi de venir expliquer aux écoles et aux commissions scolaires qui auront l’odieux d’appliquer sa loi la différence entre « spiritualité » et « religion ». Dans la multiplication des expériences spirituelles, du syncrétisme religieux, de la « religion à la carte » et des influences venues des quatre coins du globe, bien malin sera celui qui saura trancher entre ce qui relève du religieux, du spirituel et du culturel : un piercing ou un tilak porté au retour d’un voyage en Inde est-il le signe d’une conversion à l’hindouisme, un simple souvenir de voyage ou la trace d’une pratique spirituelle sans lien avec une religion reconnue ? Où le ministre, pour sa part, trace-t-il la ligne et qui chargera-t-il de la tracer chaque fois qu’un nouveau cas d’espèce surgira dans l’espace public ?

Pas de gaieté de coeur

Ça n’est pas de gaieté de coeur que nous invitons nos collègues du conseil des commissaires de la CSDM à emboîter le pas aux commissions scolaires English-Montréal et Lester B. Pearson en annonçant que nous refuserons de mettre en oeuvre des règles interdisant le port de signes religieux chez les enseignant.e.s de la CSDM : nous avons bien lu toutes les chroniques et tous les éditoriaux invitant à respecter « l’État de droit » et à ne pas semer l’anarchie au sein de nos institutions. Nous comprenons d’ailleurs que la Ville de Montréal, malgré ses importantes réserves quant à ce projet de loi, entende le respecter : les corps de police faisaient partie des recommandations du rapport Bouchard-Taylor et oui, dans leur rôle d’agents de l’État, ils mettent en péril le processus démocratique s’ils refusent d’obtempérer à la loi.

Par contre, le réseau scolaire public n’est pas dans la même posture : il se verra infliger des règles adoptées sous le bâillon, sans consensus social, sans possibilité de contestation, sans justification liée aux corps d’emploi touchés, sans définition claire des signes religieux prohibés et dans un contexte où il sera seul à devoir vivre les conséquences de ces contraintes que le privé n’aura pas à subir. Le réseau scolaire n’a vraiment pas besoin de ce cadeau empoisonné à l’heure où il connaît une pénurie de personnel sans précédent. Il y a des limites à ce que, même dans un État de droit, on est en droit d’accepter. Cette limite a été franchie par la CAQ et oui, notre conscience nous dit que quand cette limite est atteinte, il faut savoir faire bloc contre ceux qui abusent du pouvoir que leur confère l’urne.

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123 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 25 avril 2019 00 h 28

    En appeler

    À la désobéissance civile ou en appeler DE la désobéissance civile?

    • Cyril Dionne - Abonné 25 avril 2019 08 h 17

      Bien d'accord avec vous M. Bonin.

      La commission Bouchard-Taylor ne faisait certainement pas l’unanimité chez les Québécois. C’était une entente concoctée entre politiciens. Point à la ligne.

      Lâchez-nous avec la CAQ. Elle représente ce que le 75% des Québécois veulent tout simplement. Ce sont les gens ordinaires qui disent non à l’amplification du phénomène religieux dans les affaires publiques et surtout à l’école. Point à la ligne.

      Il n’y a pas d’incohérence. Pour les orthophonistes, les psychologues ou les technicien.ne.s en éducation spécialisée, ceux-ci ne passent que quelques heures par année avec les élèves alors que pour les enseignants, ce sont des heures dans une seule journée. Alors pour l’emprise du psychologue, on repassera. Point à la ligne.

      En passant, pour les Autochtones, ces gens sont très déconnectés de la réalité scolaire. J’ai enseigné à des élèves autochtones et il n’y a avait rien de religieux dans leur spiritualité. Absolument rien. Point à la ligne.

      Alors, si nos commissaires des commissions scolaires défient la loi, eh bien, ils récolteront ce qu’ils ont semé. Dire des imbécilités comme « Il y a des limites à ce que, même dans un État de droit, on est en droit d’accepter » en vertu d’une loi que les Québécois veulent revient à discourir sur le sexe des anges. Moi aussi j’aimerais que la loi sur les impôts ne m’affectent pas parce qu’elles briment mes droits économiques inaliénables selon mon imam de la « Royal Bank of Canada », mais je dois me conformer à la loi. Point à la ligne.

      Ceci dit, il n’y a pas eu de meilleur instant pour se débarrasser des commissions scolaires et de leurs commissaires qui ne représentent personne vu le vote animique aux élections scolaires. Ceux qui abusent du pouvoir en disant représenter le peuple alors qu’ils ne représentent que leur petite personne, a fait son temps. Fini la tyrannie des petites minorités, surtout de celle qui est le plus choyée de la planète. Point à la ligne.

    • Nadia Alexan - Abonnée 25 avril 2019 09 h 00

      Les auteurs nous disent qu'il n'y pas de problème de prosélytisme. Ils n'ont pas compris encore que ce n'est pas la peur de la conversion qui pousse le gouvernement d'agir. C'est plutôt un mouvement international islamiste intégriste djihadiste qui vise à détruire les valeurs occidentales en s'imposant politiquement avec leurs signes religieux en guise de publicité ambulatoire.
      Est-ce que les auteurs ne sont pas au courant des massacres des chrétiens survenus en Sri Lanka la semaine passée?
      Oui. Je suis d'accord qu'il fallait étaler l'interdiction de signes religieux aux écoles privées et à tous les fonctionnaires. Mais la loi est un commencement pour garantir la neutralité et l'impartialité de l'État.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 avril 2019 10 h 13

      La CAQ a été élue par 37,4 % des 66,4 % de québécois, qui n'ont pas tous voté pour elle pour PL21, lequel va plus loin que ce qui était annoncé. La CAQ n'est pas non plus le gouvernement de ces 25% net de citoyens, mais de tous ceux qui pouvaient jusqu'à aujourd'hui jouir de l'exercice des droits fondamentaux qu'on s'apprête à réserver à ces appuis.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 avril 2019 11 h 20

      @ M. Dionne

      Je diffère d'opinion en ce qui touche les commssions scolaires. Le New Brunswick a fait disparaitre ses Conseils scolaires et a dû y revenir.

      Je pense que:- il y a moyen d'améliorer la participation aux élections scolaires en les cédulant en même temps que les municipales - "no taxation without representation" -pour le moment, il y a d'autres priorités en éducation.

      A-ton fait disparaitre la VIlle de Laval suite à la Commission Charbonneau?

    • Cyril Dionne - Abonné 25 avril 2019 15 h 46

      Ah ! M. Desjardins. Notre avocat du diable préféré. Le plus comique là-dedans, c’est que vous êtes d’accord avec le projet de loi 21 mais vous dites le contraire pour argumenter afin d’écrire un autre livre. Mais bref, il faut philosopher, de l'opinion à la conviction pour exister, on imagine. ;-)

      Ceci dit, le projet de loi 21 sur la laïcité transcende toutes les affinités politiques. On y retrouve beaucoup de supporteurs du PLC (même s’ils ne le diront pas), de QS (même s’ils ne le diront pas), du PQ et évidemment de la CAQ qui sont 110% d’accord avec le projet de loi qu’ils trouvent encore trop timide. C’est beaucoup plus que votre 37,4% de ceux qui ont voté pour la CAQ comme dans 75%. Et pour ceux qui n’ont pas voté, probablement, ils seraient presque à 100% d’accord avec le dit projet de loi.

      « Apprendre à faire preuve d'esprit critique pour justifier rationnellement nos croyances est un programme ambitieux, certes, mais accessible. » M. Desjardins.

      C’est « ben » pour dire.

      M. Grandchamp, je suis presque toujours d’accord avec vous, mais sur le sujet des commissions scolaires, vous êtes dans le champ. Il faut avoir enseigné pour comprendre. Une couche bureaucratique inutile et je suis poli.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 26 avril 2019 07 h 04

      @ M. Dionne

      Eh ben, l'argument choc! Monsieur, je suis aussi retraité de l'éducation: 34 ans de services, ici au Québec......pas en Ontario De plus, j'ai été conseiller municipal ( un mandat) et maire( un autre mandat). Tout cela: au Québec! Ce qui ne me donne pas l'infaiilibité...mais me permet d'avoir une opinion.

      "Un couche bureaucratique": sophisme!

  • Nicole Desjardins - Abonnée 25 avril 2019 00 h 47

    Pas assez loin ...

    D'accord avec vous deux à se demander pourquoi les autres professionnels en milieu scolaire tels psychologues et orthophonistes notamment, ne sont pas inclus dans le PL21 et ce, sans oublier que les enseignants-es des écoles privées sont également exclus. Il faudrait donc rajouter l'interdiction à TOUS ces professionnels, et non diluer voire même retirer ce projet de loi tel que vous le proposez. Quant aux consultations, « c'est assez ». Les positions sont polarisées et ce n'est pas quelques semaines de plus qui feront la différence. Nul doute que les opposants comme vous continueront de s'y opposer. J'espère que le gouvernement sévira ceux et celles qui encourageront et adopteront la désobéissance civile.

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 25 avril 2019 06 h 30

      Nicole Desjardins
      Quand vous écrivez "...sans oublier que les enseignants-es des écoles privées sont également exclus." il me semble que vous n'avez pas compris que la laïcité concerne exclusivement le secteur publique étatique. Il est donc normal que le secteur privé soit exclu comme il est tout à fait normal que quelqu'un veuille donner une éducation religieuse à ses enfants dans une école privèe explicitement religieuse. Le projet de loi 21 n'a jamais interdit les signes religieux dans toutes les écoles. On fait dire beaucoup de chose à ce projet de loi!

      Pierre Leyraud

    • Françoise Labelle - Abonnée 25 avril 2019 07 h 02

      Aux employés de l'État, tout simplement. La solution Bouchard est effectivement illogique parce qu'elle ne va pas jusqu'au bout.
      L'État a le droit, comme toute entreprise, de dicter un code vestimentaire à ses employés. C'est le droit de gérance.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 25 avril 2019 07 h 25

      J'étais en train d'écrire un commentaire mais je m'aperçois qu'il va dans le même sens que le vôtre, que j'appuie à 100%. Le gouvernement devrait réviser son PL21 pour y inclure tous les professionnels concernés.

    • René Tinawi - Abonné 25 avril 2019 07 h 37

      Entièrement d'accord avec vous Mme Desjardins. J'ajouterai et pourqoui pas les cégeps et les universités?

    • Gilles Delisle - Abonné 25 avril 2019 08 h 05

      Mme Desjardins,

      En effet, madame, il y a beaucoup ." d'oubliés" dans cette loi, et c'est peut être cela qui pourrait causer problème!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 avril 2019 08 h 32

      Les écoles privées sont financées à plus ou moins 60% par l'État.Je pense, aussi, qu'elles auraient dû être incluses dans le bill 21. Je pense que Legault craignait ce qui allait arriver avec les écoles privées musulmanes et voulait montrer un signe de non radicalité.

    • Nicole Desjardins - Abonnée 25 avril 2019 08 h 33

      À Pierre Leyraud: J'ai entendu les motifs allégués par le gouvernement pour ne pas appliquer le PL21 aux écoles privées. Il existe cependant des écoles privées qui n'ont pas une vocation religieuse. De plus, le problème se pose car ces écoles sont subventionnées par l'État. Alors, il faudrait cesser de les subventionner.

      Dans ce dossier, il n'y aura pas de consensus, seulement des compromis. Avec ce PL, il y en a eu beaucoup de la part de la population et du gouvernement Legault, si on le compare à la Charte des valeurs du PQ en 2014, ou encore avec la République française.
      Mais je comprends que les opposants ont le droit de partager leur désaccord.

      Si les auteurs de cette lettre ne sont pas invités à la Commission de l'Assemblée nationale qui aura lieu très bientôt, par cette lettre ouverte et leur présence dans les médias parlés (je viens d'entendre Mme Cousineau à LCN), ils sont entendus! Mais de là à revendiquer la désobéissance civile, ouf!

    • Jean-Marc Simard - Abonné 25 avril 2019 08 h 49

      @ Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud

      Je suis d'accord avec Madame Desjardins...Un enfant, qu'il soit dans une école publique ou privée reste un enfant, tout autant soumis aux mêmes influences religieuses, sectaires ou autres...

    • Claude Bariteau - Abonné 25 avril 2019 09 h 14

      Effectivement, le PL21 ne va pas assez loin.

      Il faut tout de même rappeler trois points majeurs : 1) l'insertion du principe de la laîcité dans la Charte des droits et libertés de la personne; 2) la reconnaissance de l'égalité entre les citoyens et les citoyennes comme assise des droits individuels; 3) l'affirmation de l'État du Québec dans l'univers canadien des droits et libertés inscrits au Canada en 1982 sans l'aval du gouvernement du Québec.

      Ces trois points créent un socle qui exigera toutefois le maintien année après année de la clause de dérogation pour qu'il demeure en place. Si politiquement, le PL21 peut être atténué ou d'avantage étendu, avec cette clause, il demeure passible de passer au hachoir canadien de 1982 du seul fait qu'un gouvernement du Québec ne reproduirait pas cette dérogation.

      Il s'agit donc d'un socle fragile dont les attaques peuvent conduire à son affaiblissement comme à son renforcement, l'affaiblissement étant la perte de pouvoir du peuple québécois dans ce dossier, son renforcement étant associé à une affirmation plus étendue de son pouvoir.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 avril 2019 09 h 19

      « il demeure passible de passer au hachoir canadien de 1982 du seul fait qu'un gouvernement du Québec ne reproduirait pas cette dérogation. »

      Dans un état souverain, il demeurerait heureusement passible d'être réexaminé du seul fait qu'un gouvernement du Québec aurait le pouvoir et la responsabilité de le faire. :)

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 avril 2019 09 h 22

      « Quant aux consultations, « c'est assez ». »
      Parce que c'est comme ça qu'on vit, au Québec ?
      Misère...

    • Christian Koczi - Abonné 25 avril 2019 09 h 24

      @ Pierre Leyraud

      Est-il vraiment «normal», comme vous dites, «que quelqu'un veuille donner une éducation religieuse à ses enfants dans une école privée explicitement religieuse»? Vous ne croyez pas que l'éducation dispensée dans une école confessionnelle risque d'être incompatible avec la garantie de la liberté de conscience des élèves ? Comment concilier cette liberté de conscience garantie par la Charte et «école privée explicitement religieuse» ? Dans le cas d'une école confessionnelle subventionnée par l'état, le gouvernement n'est-il pas en train de financer la violation des droits fondamantaux des enfants ?

      CK

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 25 avril 2019 09 h 58

      F Labelle
      Outre le fait que l'État n'est pas encore une entreprise, un personne employée dans une entreprise qui reçoit des subventions de l'État ne devient pas de ce fait employée de l'État. Si on commence ou on continue à ne plus tenir au sens des mots...
      Pierre Leyraud

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 25 avril 2019 13 h 20

      N Desjardin JM simard
      Le fait d'être subventionné ou pas n'a rien à voir avec la laïcité qui concerne uniquement les enseignants sous autorit. de l'état et qui onc representent l'État. Quant à la remarque de JM Simard elle enfonce une porte ouverte mais quel lin avec la laïcité?
      Arrêtez de tout méler !
      Pierre Leyraud
      C Koszi
      Voulez-vous dire que les écoles privées confessionnelles devraient être interdites !Vous rendez-vous compte de votre proposition

    • Christian Koczi - Abonné 25 avril 2019 13 h 51

      @ Pierre Leyraud

      Ce dont je me rend compte est qu'un enseignement confessionnel est incompatible avec la liberté de conscience...

      CK

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 25 avril 2019 14 h 02

      @ PL La question posée par M. Koczi était la suivante: "Dans le cas d'une école confessionnelle, subventionnée
      à 60% (+ ou -) par l'État, le gouvernement n'est-il pas en train de financer la violation des droits fondamEntaux des enfants? "
      Déjà que la liberté de conscience des "élèves-étudiants"...est spoliée par celle de parents (décideurs) qui y envoient leurs enfants, plus souvent qu'autrement, non pas pour des motifs religieux mais parce que ...ça parait bien dans un CV et, surtout, surtout... qu'ils en ont les moyens pécuniers.?

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 25 avril 2019 03 h 01

    « Pourquoi (...) les en (sic) éducation spécialisée?»



    Il n'y a jamais eu, au Québec, autant d'illettrés se préoccuper de l'éducation.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 avril 2019 09 h 24

      ni autant de « lettrés » « se préoccuper de l'éducation ». Désolé si la remarque est insignifiante, elle aussi...

  • Réal Boivin - Abonné 25 avril 2019 05 h 17

    C'est vrai. Le PL21 ne va pas assez loin.

    Il devrait s'étendre à toute personne qui reçoit un salaire de l'état.

    En appeller à la désobéissance civile est carrément outrageant. Le gouvernement a bien raison de vouloir se débarasser des commissaires scolaires qui veulent se subsituer au gouvernement.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 avril 2019 08 h 55

      Allez-vous faire disparaître les municipalités suite aux déclarations du maire de Hamstead? Suite aux révélations de la Commission Charbonneau: Montréal, Laval, Mascouche, Terrebonne. Et des élections clefs en mains?

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 25 avril 2019 10 h 04

      Le projet de loi 21 l s'étend ou devrait s'étendre à toute personne qui travaille sous l'autorité de l'État. C'est pourtant assez clair.
      Pourquoi faire intervenir le salaire ou le revenu? Avec votre souhait toute personne qui reçoit le BS ou l'équivalent devrait être soumis au principe de neutralité d'apparence religieuse ?Voyez-vous ça!

      Pierre Leyraud

  • Gilberte Raby - Abonnée 25 avril 2019 05 h 55

    « Ici, quel péril y a-t-il en quelle demeure pour justifier la suppression de droits individuels ? »
    Les droit individuels dites-vous? ... Quels droits?
    Les employés de l'état sont nos employés. Nous avons le droit d'exiger la tenue qui nous convient.
    Ils ont le droit (individuel) de refuser de travailler pour l'état. Si un policier refuse de porter l'uniforme, il va voir ailleurs. C'est clair.
    Je suis tout à fait d'accord avec vous sur un point: Tous les employés de l'état devraient s'abstenir de porter un signe religieux, quel qu'il soit. Si un employé retire un salaire de l'état, il s'abstient de toute propagande sur ses heures de travail.
    Pour ce qui est de « voir »si un signe est religieux ou pas, il ne faut quand même pas nous prendre pour des imbéciles. C'est insultant.

    Je suis de L'Estrie (les Eastern Townships) une région reconnue pour la bonne entente entre anglophone et francophone. Ici, tous les anglophones que je connais trouvent que la loi ne va pas assez loin. Que se passe-t-il dans la région de Montréal?
    Dites-moi, vous deux, les signataires de la lettre, quels signes religieux portez-vous? merci de me répondre.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 avril 2019 09 h 26

      Qui ça, « nous » ?

    • Gilberte Raby - Abonnée 25 avril 2019 10 h 53

      Monsieur Richard Maltais Desjardins,
      Qui ça nous?
      Je vous ai déjà répondu...nous les payeurs de taxes et d'impôt. Donc, même notre premier ministre est notre empoyé.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 avril 2019 12 h 52

      Madame Raby, le PM n'est ni VOTRE employé ni le MIEN, ni plus généralement des tax payers. Ce ne sont pas les dollars que nous allongeons sur la table qui les gouverne mais les lois qu'ils adoptent et appliquent, en accord avec les chartes des droits et non selon votre caprice ou le mien.

    • Gilberte Raby - Abonnée 25 avril 2019 17 h 31

      Monsieur Desjardins,
      Parlez-en avec des lobbyistes... Je crois que ce sont les juges, les avocats et les corps policiers qui sont tenus d'appliquer et faire respecter les lois.

      Avez-vous remarqué que les gouvernements sont toujours les derniers à faire «un move»? ... La suggestion ou l'idée originale vient toujours des individus, de quelqu'un d'en bas: d'un organisme, d'un syndicat, d'une association, d'un regroupement quelconque, ou, le plus souvent, hélas, d'un lobbyiste. Le governement étudie les suggestions et, parfois, en fait une loi. Il le fait à notre demande, pour servir son peuple.
      Ben, je veux dire, c'est notre idéal de démocratie n'est-ce pas?. Parfois il faut en rire, je vous l'accorde.

      Mon père étair organisateur politique et il se disait au service de ses concitoyens. Les hommages reçus lors de son décès m'ont prouvé qu'il avait été perçu comme tel.
      J'ai l'impression que, pour certaines personnes, la charte est devenu l'arbre qui cache la forest.