Beauport 2020: un projet porteur pour le Québec

«À l’ère des grands porte-conteneurs, le havre naturel en eau profonde de Québec et son positionnement stratégique entre l’Europe et le Midwest américain deviennent des atouts sur lesquels le Québec doit miser», croient les auteurs.
Photo: Pierre Lahoud «À l’ère des grands porte-conteneurs, le havre naturel en eau profonde de Québec et son positionnement stratégique entre l’Europe et le Midwest américain deviennent des atouts sur lesquels le Québec doit miser», croient les auteurs.

Le 17 avril dernier, Le Devoir publiait un texte au titre alarmiste, « Adieu Beauport 2020 », pour discréditer un projet majeur et structurant pour la région de Québec. Signé par des militants de la région systématiquement opposés au Port de Québec, mais aussi par des représentants de groupes montréalais, le texte vise à saper l’un des projets les plus porteurs de la région de la capitale nationale. Comme représentants des chambres de commerce de la région et promoteurs du développement économique, il nous apparaît primordial de rappeler les solides assises de ce projet.

D’entrée de jeu, il est essentiel que le projet du Port de Québec mise sur la profondeur d’eau à 15 mètres pour doter le Québec d’un terminal de conteneurs en eau profonde capable de rivaliser avec les ports de la côte est américaine qui offrent cette profondeur d’eau depuis les travaux majeurs de dragage effectués par ces derniers. À l’ère des grands porte-conteneurs, le havre naturel en eau profonde de Québec et son positionnement stratégique entre l’Europe et le Midwest américain deviennent des atouts sur lesquels le Québec doit miser pour demeurer compétitif dans ce secteur névralgique de l’économie continentale.

C’est dans cette perspective que le Port de Québec a développé ce projet qui bénéficie de l’appui d’un large éventail d’acteurs de la région. Ceux-ci voient dans ce projet une occasion unique de consolider le pôle maritime de Québec, qui génère quelque 8000 emplois ici, dans la capitale nationale. Les acteurs de la région oeuvrant dans l’import-export voient déjà tout le potentiel du projet eu égard à leur compétitivité. Il est d’ailleurs utile de rappeler que des entreprises qui ont un rayonnement bien au-delà de nos frontières, telles que plusieurs membres influents et importants des chambres de commerce, notamment Océan, QSL, Groupe Desgagnés, Chantier maritime Davie et la raffinerie Valéro, évoluent au coeur de ce pôle maritime canadien stratégique.

Pas de négligence

Par ailleurs, le texte insinue que le Port de Québec néglige ses infrastructures en ne misant que sur son projet de terminal de conteneurs. Cette affirmation est tout à fait étonnante quand on constate que le Port a annoncé en début d’année des investissements de près de 70 millions de dollars pour ses infrastructures, sans compter les investissements privés, dont le projet de terminal d’exportation de grains de la Coop fédérée évalué à plus de 90 millions de dollars. En comptant tous les autres, le total des investissements se situe à près de 169 millions de dollars.

Les auteurs semblent opposer faussement le projet de terminal de conteneurs au projet de zone d’innovation du Littoral Est pour lequel le gouvernement du Québec a consenti un budget de 50 millions de dollars à la Ville de Québec. Or, cette nouvelle zone d’innovation située dans le secteur du Port de Québec prévoit la réhabilitation de ce secteur parsemé de friches industrielles pour laisser la place à des entreprises liées aux sciences de la vie, aux technologies propres ainsi qu’aux activités logistiques. Le projet de terminal de conteneurs de Québec s’inscrit précisément dans ce créneau porteur d’avenir.

Déposé depuis août 2015 au processus de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, le projet suit son cours comme tous les autres projets portuaires canadiens. Nous croyons qu’il est impératif de laisser travailler les experts provenant de 15 ministères qui sont impliqués dans ce processus rigoureux. À cet égard, nous sommes convaincus que ce parcours permettra au projet de se bonifier et de s’insérer harmonieusement dans la communauté, et ce, pour le plus grand bénéfice de la compétitivité québécoise.

Depuis plus d’une décennie, la région de la Capitale-Nationale connaît une embellie économique unique au Québec et nous en sommes très fiers. Pour que cela se poursuive, nous sommes convaincus que nous devons continuer à innover, à entreprendre et surtout à investir dans nos infrastructures stratégiques. Nul doute que le projet de terminal de conteneurs de Québec est un pilier névralgique dans cette vision stratégique de notre développement.

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9 commentaires
  • Françoise Labelle - Abonnée 24 avril 2019 07 h 45

    Pourquoi obscurcir cette embellie?

    Comme on dit en anglais: «If it ain't broke don't fix it».
    Québec se laisse encore emporter dans le complexe de la grenouille gonflable. On ajoutera au littoral un joli terminal de conteneurs empilés qu'on poura admirer de la terrasse Dufferin et qui nuira encore plus aux résidents, pauvres et donc négligeables, de Limoilou.
    L'afflux de camions et de navires de fret offrira un spectacle incomparable aux tourisme de croisière.
    Votre brochette d'acteurs laisse songeur.

    Vous ne répondez pas aux objections de «Adieu Beauport 2020» et, en passant, «projet porteur et strucrurant», c'est un cliché ringard.

  • Jean Lacoursière - Abonné 24 avril 2019 08 h 11

    Une lettre visiblement rédigée par le Port lui-même

    Terminal de conteneurs du Port de Québec: «fantaisiste», dit un expert :

    https://www.lesoleil.com/actualite/la-capitale/terminal-de-conteneurs-du-port-de-quebec-fantaisiste-dit-un-expert-90ff492ff7231430de6daab7c3f92f16

    En ce qui concerne les emplois liés au transbordement maritime des marchandises au port de Québec :

    1) le transport maritime des marchandises représente une valeur ajoutée (retombées directes, indirectes et induites) pour la RMR de Québec représentant 0,6 % de son PIB;

    2) sur 1000 emplois dans la RMR de Québec, cinq (5) sont associés de façon directe, indirecte ou induite au transbordement maritime des marchandises.

    Sans surprise, cette activité économique consistant à accueillir des matières venant d’ailleurs et repartant ailleurs sans subir de transformation contribue de façon marginale à l’économie locale. (Le qualificatif « moteur économique » souvent utilisé par le Port semble totalement inapproprié.) Par contre, la population locale en subit quotidiennement les inconvénients de cette activité, entre autres la présence de montagnes de vracs miniers au centre-ville de Québec et des poussières associées.

    [Source : http://www.accessaintlaurentbeauport.org/wp-conten

    La réalité est que ce port a été mal entretenu au fil des ans, par manque de prévoyance de ses administrateurs successifs. Le Port offre comme solution de remblayer le fleuve sur l'équivalent de 25 terrains de football au centre-ville de Québec, pour PEUT-ÊTRE générer plus de revenus en transbordant plus de marchandises. Les loyers exigés aux entreprises seraient-ils suffisamment élevés ?

    À ce sujet :

    https://www.lesoleil.com/opinions/point-de-vue/la-fuite-en-avant-du-port-de-quebec-93db70293b6fee920aea70f0d6341859

  • Claude Bariteau - Abonné 24 avril 2019 08 h 49

    Le Port de Québec a refusé de soumettre l'agrandissement de ses quais, évalué à près de 200 millions de dollars, à l'approbation du BAPE.

    Le motif : il s'agit d'un port canadien qui assure les liens aves les Grands Lacs tout en s'occupant d'activités locales selon les vues canadiennes. Ses administrateurs, qui relèvent d'organismes canadiens, ont plutôt choisi dès 2015 de se référer à un organisme canadien d'évaluation environnementale.

    Cet état de fait a une histoire. En 1936, à la suite du rapport Gibb, le gouvernement du Canada dissout la C.H.Q et crée le Conseil des ports nationaux. La référence au « havre de Québec » devient « Port de Québec ». Elle désigne le secteur géographique du port et non son administration.

    En 1983, le Gouvernement du Canada établit la Société canadienne des Ports (Ports Canada) en remplacement du Conseil des ports nationaux. Avec ce changement administratif, le Port de Québec devient la « Société du Port de Québec » et se diversifie avec pour cible de devenir LA porte d’entrée vers le marché des Grands Lacs.

    Treize ans plus tard, la Société du Port de Québec devient une agence fédérale nommée Administration portuaire de Québec (APQ).

    En clair, cela signifie que le Port de Québec est un bras canadien du développement dans la région de Québec sans aucun compte à rendre au Gouvernement du Québec.

    C'est ainsi qu'opère le Canada là où il a pris la succession de la gestion territoriale et maritime faite sous l'égide de la Grande-Bretagne jusqu'en 1931.

    Alors lire votre promotion des développements futurs avec des effets de toges à l'endroit d'entreprises locales ne me font voir que la Société qui vous emploie œuvre pour assurer l'ancrage du Québec dans la logique canadienne.

    En toute honnêteté pour les lecteurs, vous vous deviez de signaler clairement de qui dépend votre société.

  • Gilles Théberge - Abonné 24 avril 2019 08 h 55

    C’est quand même étonnant, ces gens ne parlent que de compétition, d’économie, de performance, et ne parlent pas, même pas une petite allusion à l’éléphanteau dans la piscine, le bar rayé...

    C’est tout à fait le genre de discours qu’on entendrait, dans n’importe quel bled du désert. Je parle évidemment du désert d’idées. dans lequel nous plongent ces deux personnes.

  • Pierre Vagneux - Abonné 24 avril 2019 10 h 30

    Les retombées pour le contribuable moyen

    Bien sûr, il est plaisant d'anticiper l'embellie des activités économiques, qui sont en principe bonnes pour la région, mais quelles sont les réelles retombées non seulement pour les armateurs, les administrateurs du port, le commerce et l'activité portuaire, mais surtout qu'est que cela donne à la population, le citoyen moyen en terme de réduction de ses taxes foncières, ses taxes provinciales et fédérales et sa meilleure qualité de vie. Car les seuls garants financiers sont la population, les promoteurs eux risquent peu dans ces projets.

    Alors si c'est bon pour le port et la région, ce' doit être évidemment bon pour le citoyen l'actionnaire final....Que nos édiles soient plus pragmatiques et nous expliquent bien ce que l'on va en retirer....La démocratie serait gagnante...

    Pouvons nous nous doter d'instances paritaires édiles-fiduciaires publics et société civile pour expliquer ces projets et leurs fameuses retombées sinon pourquoi les entreprendre....Ce sont nous les contribuables ultimes qui assumont toujours le gros risque.