QS plus pressé que le PQ pour l’indépendance

Le programme électoral de Québec solidaire prévoit que le processus d’accession à l’indépendance sera enclenché dès l’accession de ce parti au pouvoir, souligne l'auteur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le programme électoral de Québec solidaire prévoit que le processus d’accession à l’indépendance sera enclenché dès l’accession de ce parti au pouvoir, souligne l'auteur.

« Quand on lit la plateforme du PQ, on n’y trouve presque rien qui soulève la question centrale des rapports Québec-Canada […] C’est une plateforme qui aurait pu être celle de l’aile québécoise du NPD. C’est un programme de stricte gouvernance provinciale. »

Ce constat triste mais lucide ne provient pas d’un sympathisant à tout crin de Québec solidaire. Il vient d’être fait par un des plus fervents partisans du parti des René Lévesque et Jacques Parizeau, l’ex-ministre péquiste Joseph Facal, dans une chronique intitulée « PQ : un étrange silence », publiée récemment dans Le Journal de Montréal.

Le programme de QS prévoit, au contraire, que le processus d’accession à l’indépendance sera enclenché dès l’accession de ce parti au pouvoir. En effet, le nouveau gouvernement lancera en priorité une démarche constituante, c’est-à-dire un processus politique visant à amener le peuple québécois à se doter d’une constitution. Cette démarche comprendra notamment la mise sur pied d’une assemblée constituante chargée d’élaborer un projet de constitution d’un Québec indépendant, ainsi que la tenue d’un référendum sur l’indépendance et le projet de constitution. Cette assemblée constituante constitue en quelque sorte la clef de voûte de la stratégie indépendantiste de Québec solidaire.

Les membres de l’assemblée constituante, élus au suffrage universel, auront le mandat d’effectuer une vaste consultation populaire qui permettrait des échanges en profondeur entre les citoyens de toutes les régions du Québec et même au niveau des municipalités et des quartiers dans les villes. Cette démarche de démocratie participative permettra de mettre de la chair autour du projet de pays et d’en dessiner les contours. En définitive, la participation citoyenne constituera l’épine dorsale de ce processus constituant qui sera basé sur la souveraineté populaire.

De plus, l’Assemblée constituante sera indépendante des partis politiques. Le programme de Québec solidaire est clair à ce sujet : la question nationale n’appartient pas à un seul parti politique ni même à l’Assemblée nationale. Elle appartient à toute la population du Québec. C’est pourquoi notre parti propose que le débat sur l’avenir du Québec se fasse au moyen d’une vaste démarche de démocratie participative. Toute la population pourra ainsi se prononcer sur des changements politiques et constitutionnels, de même que sur les valeurs qui y seront associées.

À noter que les OUI Québec (Organisations unies pour l’indépendance du Québec), un organisme indépendant des partis politiques, font aussi campagne de façon intensive en faveur de l’adoption d’une démarche constituante qui « remettrait les citoyens au coeur de l’action politique ».

54 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 13 juin 2018 00 h 48

    Paul Cliche

    a déjà commencé à en fumer du bon et du très fort pour prétendre que QS fera l'indépendance plus vite que son ombre... car ce n'est qu'une ombre.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 juin 2018 10 h 21

      "QS fera l'indépendance plus vite que son ombre." - Gilles Bonin

      Entre vous et moi..

      Le 50 ans d'attente du PQ ne sera pas difficile à battre.

      Ajoutons à cela que QS a déjà gagné la battaille de la procédure de la Constituante, endossée par tous les partis souverainistes et y compris par Oui Québec.

      Christian Montmarquette

    • Cyril Dionne - Abonné 13 juin 2018 10 h 31

      Cette secte politique n’aura pas le besoin d’enclencher le processus d’accession à l’indépendance puisqu’ils ne seront jamais au pouvoir. En plus, la moitié du petit pourcentage qui les appuie sont des fédéralistes multiculturalistes purs et durs. Comme 5e colonne, difficile à trouver mieux.

    • David Cormier - Abonné 13 juin 2018 13 h 21

      50 ans d'attente? Encore du délire de M. Montmarquette. Le PQ est le parti qui vous a amené le plus proche de l'indépendance, et ce, en 1995. Pour que QS fasse l'indépendance, il va falloir attendre que ce parti d'extrême gauche soit au pouvoir, ce qu'on ne verra jamais dans 100 ans.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 juin 2018 13 h 32

      @Cyril Dionne

      "Cette secte politique n’aura pas le besoin d’enclencher le processus d’accession à l’indépendance puisqu’ils ne seront jamais au pouvoir." - Cyril Dionne

      Avec 5 députés péquistes au total en vue pour 2018 selon le dernier sondage Léger d'aujourd'hui. Ça ne sera plus bien long que vous allez aussi devoir traiter le PQ de secte Dionne. Sans compter qu'à 62 ans de moyenne d'âge, ce parti sur le déclin qui a déjà un pied dans la tombe, ne reprendra donc fort probablement jamais le pouvoir.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      "Québec 2018 : Les caquistes s’imposent " - Journal de Montréal, 13 juin 2018

      Extrait : " Rien ne va plus au PQ, qui ne serait même plus reconnu comme un parti politique à l’Assemblée nationale avec seulement cinq élus. Les troupes de Jean-François Lisée sont même délogées dans leurs châteaux forts en région. "

      "

    • Cyril Dionne - Abonné 13 juin 2018 15 h 43

      Cher M. Montmarquette,

      Vous m'en donnerez des nouvelles le 1er octobre. Beaucoup d'eau risque de couler sous le pont d’ici là et la CAQ me fait penser à Thomas Mulcair et les néodémocrates de la dernière élection fédérale. Ceci étant dit, QS n'aura même pas 3 élus le 1er octobre.

    • Cyril Dionne - Abonné 13 juin 2018 16 h 10

      Cher M. Montmarquette,

      Paul Cliche est âgé de 78 et vous êtes dans la soixantaine. C’est assez pour commencer à jouer de la guitare vu que c’est un mouvement tellement jeune, QS et Caramel mou obligent.

    • Solange Bolduc - Abonnée 13 juin 2018 17 h 38

      @Cyrille Dionne

      Vous m'enlevez les mots de la bouche au sujet de QS, donc rien à rajouter !

    • André Joyal - Abonné 13 juin 2018 21 h 44

      @ Dionne, Paul Cliche est é les 12 mai ...1935. Faites le calcul!

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 juin 2018 08 h 17

      @Cyrille Dionne

      - Qu'est-ce que l'âge de Paul Cliche change dans le fait que LA MOYENNE d'âge est de 39 ans à QS et de 62 ans au PQ?

      - Rien.

      Source : La mère de Québec solidaire - Le Devoir

      https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/499190/la-mere-de-quebec-solidaire

    • Cyril Dionne - Abonné 14 juin 2018 12 h 34

      Mes excuses M. Joyal. C'est 83 ans et non pas 78; mais ceci ne rajeunit aucunement l'âge des soi-disant penseurs de QS (lol). Alors, je sors me guitare et je commence à jouer des airs de Caramel mou. "Y tombe d'la marde" sur le "Pauv'tite de moé". ;-)

  • Christiane Gervais - Abonnée 13 juin 2018 06 h 16

    A qui faire croire cela?

    Jamais les Qsistes ne parlent de l'indépendance du Québec, certains de leurs militants lors de manifestations anti-laïcité de la charte du PQ demandaient à être "protégés des lois du Québec", et il est tellement facile, à moins de 10 % du vote, de dire que l'on fera l'indépendance dès que le parti sera au pouvoir. Le parti sera au pouvoir quand Manon Massé, tout comme elle voulait devenir prêtre, deviendra première ministre!

  • Gilles Bousquet - Abonné 13 juin 2018 06 h 29

    La souveraineté populaire ?

    La souverineté populaire sans la promotion de la souveraineté de l'État québécois ?

    Les députés indépendantistes ne parlent pas ou peu d'indépendance, parce que c'est peu populaire et, le "Québec un pays" est peu populaire parce que les députés en parlent peu, pour en mousser l'idée, un cercle indépendantiste vicieux et pas chanceux dans les sondages et aux élections. M. Lisée doit s'en rendre, encore plus compte et conscient, ce matin.

  • Pierre Deschênes - Abonné 13 juin 2018 06 h 33

    Une nouvelle Charte?

    « Toute la population pourra ainsi se prononcer sur des changements politiques et constitutionnels, de même que sur les valeurs qui y seront associées ». Ai-je bien lu ou ai-je la berlue, vous voudrez proposer une nouvelle « Charte des valeurs »?

  • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2018 06 h 44

    C'est vrai, mais il y a d'autres vérités.

    1. Selon le dernier sondage, il est difficile de cerner les appuis à l'indépendance. QS reçoit 9 % d'appuis. Le PQ oscille autour de 20 %. La CAQ, bien que pro-fédéraliste, regroupe un certain pourcentage (possiblement entre 10 et 15 % de son total de 39 %) d'indépendantistes.

    2. Dans ce contexte, que QS soit plus pressé ne change rien. La prochaine élection ne propulsera pas au pouvoir un parti indépendantiste ni ne permettra une alliance entre partis indépendantistes.

    3. Concernant la démarche constitutante qu'entend activer QS au pouvoir, il faut d'abord que ce parti prenne le pouvoir. À 9 %, ça m'apparaît impossible, même à 25 %.

    4. Le OUI Québec prône, vous le dites, une démarche constitutante. Le 9 juin 2018, dans une salle débordante, cet organisme a fait le point. J'y étais. Pour OUI Québec, la démarche se poursuit et la présidente a annoncé que, dans les prochains mois, sûrement après les élections, OUI Québec entend regrouper des partis et des organismes les plus variés possibles pour définir un cadre général du pays que serait le Québec.

    5. Une telle démarche me semble une façon de sortir de l'impasse. J'y trouve aussi une relance à l'avant-scène l'idée d'indépendance chez les jeunes puisque la présidente entend les y insérer.

    6. Ce qui en découlera peut être de trois ordres : a) un mouvement indépendantiste avec une vue consistante de l'indépendance impliquant un système politique républicain sur lequel les citoyens et les citoyennes ont une contrôle; b) la transformation de ce mouvement en rébellion contre les pouvoirs provincial et fédéral; c) une intégration des idées partagées dans la démarche des partis actuels.

    7. J'imagine mal une rébellion, un peu plus une intégration d'idées, mais vraiement plus la création d'un nouveau parti.

    8. Comme les vues de QS ne se concrétiseront pas cette année, je vois dans le OUI Québec un tremplin menant à l'indépendance et j'entends m'y associer.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 juin 2018 07 h 48

      "Selon le dernier sondage, il est difficile de cerner les appuis à l'indépendance. QS reçoit 9 % d'appuis." - Claude Bariteau

      QS défend l'indépendance, mais Claude Bariteau défend les sondages..

      Ce qui donne une idée de son approche typiquement péquiste.

      Faire l'indépendance, ça commence par la mettre au programme de son parti, Bariteau.

      Pas en biffant le référendum durant 27 ans jusqu'en 2022.

      Christian Montmarquette

    • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2018 12 h 06

      M. Montmarquette, je ne défends pas les sondages, mais l'indépendance depuis belle lurette. Je note par contre que 9 %, même 25 %, ne conduit pas à un parti indépendantiste au pouvoir, même à une alliance.

      Mon approche n'a rien d'une approche péquiste puisque je dénonce depuis longtemps la mise de côté de l'indépendance et le silence de ce parti, sauf une brève période, concernant l'indépendance et ce que ça implique.

      S'agissant d'un référendum, j'ai toujours été critique de ce recours sans entente préalable avec le Canada sur le cadre et les suites, à défaut desquelles une élection pébliscitaire (double majorité) s'impose.

      Alors ne faites pas de moi un péquiste. Je suis un indépendantiste. Parce que je le suis, j'ai noté dans l'engagement de la présidente de OUI Québec un souffle majeur dans cette direction, qui pourrait se traduire éventuellement par un mouvement et un parti.

      Votre commentaire banalise ce que j'ai écrit. En fait il déforme le sens de mon propos pour le ramener à vos vues sur le PQ comme si toute personne qui ne les partage pas devient objectivement un péquiste. Vraiment...

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 juin 2018 12 h 49

      @Claude Bariteau,

      "Concernant la démarche constitutante qu'entend activer QS au pouvoir, il faut d'abord que ce parti prenne le pouvoir. À 9%, ça m'apparaît impossible.. "- Claude Bariteau

      Encore cette obsession du pouvoir et des sondages plutôt que de faire de la politique; ce qui est, je le maintiens, une lubie péquiste, même si vous ne l'êtes pas.

      Le prérequis, n'est pas le pouvoir, mais de construire une majorité stable d'appuis à l'indépendance. Notamment, en proposant un projet de société emballant pour les citoyens.

      Lorsqu'une majorité stable aura été convaincue des avantages de l'indépendance, le pouvoir et le référendum ne seront plus qu'une formalité.

      Christian Montmarquette

    • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2018 18 h 39

      M. Montmarquette, je vois que vous n'arrivez pas à concevoir ce qu'est un projet de pays, qui vise la création d'un État de droit souverain et reconnu avec un système politique défini par les citoyens et les citoyennes qui seront les créateurs du pays, par rapport à un projet de société, qui peut se déployer seulement si le pays existe.

      Cela dit, il m'apparaît plus mobilisateur de préciser ce que sera le pays : son territoire, l'aménagement de celui-ci, les axes économiques à privilégier, mais surtout le système politique qui devrait être de type républicain adopté par les citoyens et les citoyennes et sur lequel ces derniers exerceraient le maximum de contrôle sur les décisions des parlementaires.

      Un pays créé est un cadre nouveau par rapport à celui d'une province au sein duquel les citoyens et les citoyennes choisiront quel projet de société ils entendent mettre de l'avant.