L’insoutenable contradiction propre aux religions

Tout notre dilemme comme société vient du fait que nous voulons respecter les religions alors que la nature de ces dernières, dans sa dimension humaine et non spirituelle, n’est pas naturellement de respecter les autres religions, estime l'auteur. 
Photo: Gali Tibbon Agence France-Presse Tout notre dilemme comme société vient du fait que nous voulons respecter les religions alors que la nature de ces dernières, dans sa dimension humaine et non spirituelle, n’est pas naturellement de respecter les autres religions, estime l'auteur. 

La discussion sur les accommodements religieux se heurte toujours à la nature des religions. Elle peut être analysée selon différents niveaux. Au premier plan, on trouve un idéal spirituel, qui varie selon chaque religion. Après la vie, monter au ciel et rencontrer Dieu pour les religions monothéistes, se réincarner dans une meilleure vie ou se réaliser dans les religions qui n’ont pas de Dieu (bouddhisme) ou qui en ont des millions (hindouisme), on a là des exemples qui illustrent la très grande variété de l’idéal spirituel.

Ensuite, toutes les religions proposent une série de règles qui permettent l’atteinte de cet idéal spirituel. Prier, méditer, mener une bonne vie, avec des règles qui sont généralement calquées sur les besoins de la vie en société, ne pas tuer, ne pas convoiter les biens des autres, aimer son prochain ou lui rendre ses mauvais coups, et ainsi de suite. Jusque-là, ces approches ne comportent aucune contradiction, dans la mesure où elles sont liées à un modèle spirituel. Les religions, par leur recherche spirituelle et le respect de ces règles, offrent un réconfort à ceux qui les pratiquent, en ce qu’elles peuvent permettre de réduire la peur face à l’Inconnu.

Au troisième plan, les religions proposent d’autres règles qui visent essentiellement à contrôler la société, avec une perspective très temporelle calquée sur les traditions ethnologiques de la société d’où proviennent le prophète ou les textes de référence s’il y en a. Ainsi, le judaïsme est basé sur le concept d’un peuple choisi par Dieu, ce qui limite le prosélytisme ; le christianisme est basé sur les idées d’un prophète juif dont les idées déviaient de la religion juive, mais dont les évangiles ont été écrits par des Européens ; l’islam est basé sur les idées d’un prophète arabe, influencé par les autres religions monothéistes ; le bouddhisme par un prophète indien en rupture avec l’hindouisme dominant. Les religions animistes sont directement liées aux phénomènes naturels incompris et en conséquence perçus comme divins.

Les religions comportent donc une dimension culturelle marquée géographiquement, historiquement et ethnologiquement, basée sur des règles de maintien du groupe et de dénigrement des groupes concurrents. La haine des catholiques envers les hérétiques albigeois, des protestants envers les catholiques, des sunnites envers les chiites, des hindous envers les bouddhistes, la haine entre chrétiens et musulmans ou celle envers les bahaïs illustrent comment les religions comme organisations humaines ont protégé leurs parts de marché, l’idéal spirituel semblant lointain dans ces combats. Il peut paraître scandaleux de décrire des organisations religieuses avec des termes de gestion, mais l’émergence des religions protestantes dans le sud des États-Unis et en Amérique latine est directement liée à l’initiative mercantile de ses pasteurs. Jadis, à Atlanta, lors d’une rencontre avec un centre d’initiative économique, la responsable racontait comment on pouvait se lancer en affaires en donnant l’exemple d’une église. « Si vous voulez démarrer votre église, il faut faire du marketing pour attirer les fidèles, des finances pour avoir leur argent et gérer le bâtiment, c’est une business ! »

Tout notre dilemme comme société vient de ce que nous voulons respecter les religions alors que la nature de ces dernières, dans sa dimension humaine et non spirituelle, n’est pas naturellement de respecter les autres religions. De plus, les aspects traditionnels de la société, comme la domination des hommes sur les femmes, typique de presque toutes les sociétés d’autrefois, sont un marqueur dominant des religions qui ne sont pas du tout modernes à cet égard. L’Église chrétienne a aboli la prêtrise des femmes au IVe siècle et n’arrive toujours pas à corriger son erreur. Le voile des femmes ainsi que les vêtements qu’on leur impose n’ont pas d’équivalent chez les hommes, qui ne s’habillent plus comme au Xe siècle, époque où en Occident les femmes devaient elles aussi toujours porter un voile. Les financements saoudiens de l’islam correspondent plus à un maintien de modèles moyenâgeux de comportements qu’à un idéal spirituel qui n’a rien à voir avec des symboles vestimentaires.

Il est fondamental de respecter la dimension spirituelle des gens qui pratiquent des religions, tout comme celle des athées, mais comment pourrions-nous accepter leurs écarts liés à des valeurs sociales archaïques ? Le fait de confondre ces deux dimensions comporte une contradiction difficilement soluble, tant que l’on confondra la spiritualité et les règles de contrôle social qui sont bien humaines et pas du tout spirituelles. Il est clair cependant que les tenants de ces modèles de comportements croient sincèrement que leur religion est un tout, où spiritualité et archaïsme se confondent. Nous posons la question : la poursuite de règles de comportements contraires aux règles de la société d’accueil est-elle acceptable au nom du droit à pratiquer une religion quand certaines dimensions d’identité à des valeurs moyenâgeuses non spirituelles y sont incompatibles ? Il est clair que les extrémistes musulmans (talibans ou groupe État islamique) ne semblent pas intéressés par la spiritualité, mais bien par un contrôle social moyenâgeux sur la société. Le respect des religions n’a pas grand-chose à faire avec ces considérations passéistes.

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29 commentaires
  • Jean Duchesneau - Abonné 27 octobre 2017 04 h 10

    Spiritualité vs légalistes

    «  Il est clair que les extrémistes musulmans (talibans ou groupe État islamique) ne semblent pas intéressés par la spiritualité, mais bien par un contrôle social moyenâgeux sur la société. Le respect des religions n’a pas grand-chose à faire avec ces considérations passéistes. »
    Des philosophes et théologiens de l’islam, tels Abdenour Bidar, Ghaleb Bencheikh et même Tariq Ramadan, déplorent le fait que les pratiquants musulmans ordinaires sont trop empêtrés dans les règles au détriment de l’aspect spirituel. Ça n’est donc pas que les extrémistes qui ont perdu le sens premier de la religion. Le problème fondamental de l’islam, aux yeux des réformistes vient principalement de la règle d’abrogation qui est même inscrite dans le coran. Cette règle indique que s’il y a contradiction entre deux versets du coran (qui en compte 6204 ou 6236), le verset le plus récent abroge le plus ancien. Les versets coraniques ont été dictés au prophète en deux périodes bien marquées. Les versets d’origine, les plus spirituels, ont été dictés par l’ange Gabriel alors que Mahomet se trouvait à la mecque alors que les versets les plus belliqueux l’ont été lorsque le prophète est devenu chef de guerre afin de soumetrre les infidèles. Ce sont donc encore aujourd’hui les versets spirituels qui sont abrogés et qui fait de l’islam une religion conquérante et très légaliste. Un théologien de l’islam, il y a quelques années , a proposé de renverser la règle d’abrogation. On lui a coupé la tête pour insoumission. Ceci étant dit, et nécessaire de savoir pour bien comprendre le « problème » de l’islam, vous avez parfaitement raison sur le fond monsieux Proux. En mon sens, nos politiciens devraient prendre conscience du camp qu’ils supportent: les conformistes ou les réformistes?

    • Yves Mercure - Inscrit 27 octobre 2017 09 h 08

      Ce qui prouve assez clairement que le devenir de toutes les religions repose sur un présent tripotable par les ambitions des meneurs du moment. Cette soif de pouvoir tout à fait temporelles est le pire adversaire de la spiritualité sincère. Les thuriféraires qui se posent en exégètes sont de deux chose l'une : soit les prétendants du pouvoir en cause et ils tordrons, inventeront ou interpréteront les textes pseudo originaux pour leur fin personnelles ou corporative; soit ils sont les jouets manipulés des précédents. L'information (dont parle m. Simard -plus bas dans les commentaires!) n'a rien à voir avec le spirituel, elle revendiquerait le rôle de propagande que ce serait simple honnêteté.

    • Jean Duchesneau - Abonné 27 octobre 2017 16 h 56

      Oups, je voulais dire "légalisme plutôt que légalistes"

  • André Beaudet - Abonné 27 octobre 2017 05 h 04

    Une analyse fort intéressante.

    La distinction entre 1. le spirituel, 2. les règles pour aider à y parvenir et 3. la dimension sociale et culturelle, cette dernière avec les écarts passéistes qu'elle entraîne, m'apparaît une grille pertinente pour comprendre le phénomène "religion". Intéressant.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 27 octobre 2017 15 h 03

      Le texte du professeur Proulx est pour moi un texte phare qui devrait éclairer tous les débatteurs des effets de la religion en société.

      J’ajouterais qu’il m’apparait malheureux que l’instinct grégaire communautaire primitif et le lavage de cerveau amènent des centaines de millions de personnes à croire à toutes sortes de balivernes religieuses, d’interdits et d’obligations qu’on peut difficilement considérer comme raisonnables.

      Doit-on respecter (toutes) les religions? Qu’en est-il du respect à accorder à d'autres croyances comme l'astrologie, la chiromancie, l'ésotérisme, et autres béquilles utilisées par ceux qui ont peine à assumer leur condition humaine en et par eux-mêmes.

      Il est incroyable de constater que l’on accorde une telle valeur aux croyances le plus souvent farfelues des quelques 40 000 religions qui sévissent dans le monde. L’humanité n’est pas sortie du bois.

      Plus j'avance dans la vie, plus je me rends compte qu'à part leur préoccupation de l'amour du prochain, toutes les religions telles que vécues et enseignées sont d'énormes fumisteries. Je continue cependant de croire en l'Homme, même si parfois j'ai de sérieux doutes! Et avec tout le mal qui se fait dans le monde, le diable doit sûrement exister!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 27 octobre 2017 05 h 42

    … symboles et d.ieux !?!

    « Il est fondamental de respecter la dimension spirituelle des gens qui pratiquent des religions, tout comme celle des athées, mais comment pourrions-nous accepter leurs écarts liés à des valeurs sociales archaïques ? » (Denis Proulx, Professeur associé, ÉNAP)

    Effectivement, mais comment ?

    « Opium de peuple » (Nietzsche), ou selon ?!?, le Monde des religions, reposant possiblement sur des notions-pratiques d’origine-compétence mythologiques et symboliques, relèverait d’une quête de sens ou de/des d.ieux/d.ieu (tant d’esprit que matériel !) ; une quête susceptible d’assurer (mot impropre dans les circonstances) l’être humain, de sa naissance à la mort, pendant qu’il vit !

    Lorsque cette « quête » devient ou s’inspire et se construit, soudainement et de conscience libre et volontaire, d’une philosophie-idéologie, le monde dit des religions s’éprend et utilise d’autres noms tels que médecine, journalisme, populisme, psychologisme, sexisme, « politisme », athéisme, communisme, socialisme, maoïsme, capitalisme, démocratie, autoritarisme, dictature … !

    De ce monde où il-elle salue et s’agenouille, fièrement derrière-devant « le » drapeau ou l’hymne de l’humanité, l’être humain semble tendre à se rassurer de ses élans « idolâtres » et, par ailleurs-autrement, d’assumer, avec ou sans « valeurs sociales archaïques », ce à quoi-qui il vit ou meurt tout autant de sa quête de sens que de ses …

    … symboles et d.ieux !?! - 27 oct 2017 -

  • Jean-Marc Simard - Abonné 27 octobre 2017 05 h 44

    Manipulation de la vérité !!!

    «Le christianisme est basé sur les idées d’un prophète juif dont les idées déviaient de la religion juive, mais dont les évangiles ont été écrits par des Européens»
    Denis Proulx, professeur

    Où avez-vous pris l'information que les Évangiles avaient été écrits par les Européens? Je ne suis pas professeur, mais j'ai toujours su que les Évangiles avaient été écrits par des Juifs devenus dissidents du Judaïsme suite à leur rencontre avec un certain Jésus de Nazareth, qui s'est présenté comme le Fils de Dieu et non comme un prophète...Paul, Pierre, Mathieu, Luc, Marc et Jean, ou les groupes qui ont contribués à écrire ces récits bibliques, n'étaient pas européens, mais bel et bien des Juifs. Vous pouvez y croire ou non, c'est votre affaire. Mais ne venez pas travestir un message transmis depuis au-delà 2000 ans et dire n'importe quoi...Vous vous dites professeur, mais professeur de quoi au juste ? Sont-ce ces mensonges que vous enseignez à vos étudiants ? Vraiment pas fort votre enseignement...Un professeur n'a pas le droit de manipuler la vérité. Vous pouvez ne pas croire, c'est votre affaire, mais au moins respecter ceux qui croient...Renseignez-vous car vous faites preuve de grandes incompétences...

    • Roxane Bertrand - Abonnée 27 octobre 2017 07 h 28

      Le concil de Nice en 345 ap JC.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 27 octobre 2017 08 h 07

      @ Le concile de Nice a aidé à préciser le message évangélique qui prêtait flanc à diverses interprétations des faits, dires et gestes de Jésus, et à définir la doctrine catholique... Mais les évangiles n'ont pas été écrits lors de ce Concile. Tous les textes évangéliques ont été écrits dans les premiers 100 ans du Christianisme, le plus vieux étant celui de l'Apôtre Marc, soit vers vers 70 après JC, de Mathieu vers 80-85 après JC, celui de Luc vers 80-90, et celui de Jean, le plus mystique, vers l'an 100 après JC... Quant aux épitres de Paul ils sont encore plus vieux puisqu'ils ont été écrits entre 50 - 57 et ceux de Jacques vers 60. Ces dates concernent seulement les évangiles et les épîtres dits canoniques, retenues lors du Concile de Nicée. Ceci ne concerne pas tous les écrits évangiliques apocryphes qui n'ont pas été retenues, lors de ce même concile, lesquels racontent autrement les mêmes histoires que les évangiles canoniques, qui ont aujourd'hui autant de légitimités que les écrits canoniques. Ils seraient selon certains historiens pour la plupart encore plus vieux ...Ça commence à faire beaucoup de témoignages qui confirment la véracité de ce qui s'est passé en Judée dans les années où Jésus de Nazareth a vécu...Alors avant de dire n'importe quoi, il faut bien se renseigner...Merci...

    • Jean-François Trottier - Abonné 27 octobre 2017 09 h 58

      Pour préciser, M. Simard : les apôtres étaient un petit groupe d'une douzaine parmi les disciples de Jésus, qui étaient au moins une centaine.

      Ce petit groupe était fortement tributaire des idées des Zélotes dont nous avons des exemples à travers les manuscrits de la Mer Morte : les femmes n'y avaient pas voix au chapitre contrairement à l'enseignement de Jésus, tous les hommes y étaient considérés comme prêtres, et chaque communautés se subsivisait en groupe de douze, en conseil.

      Les apôtres ont totalement noyauté le mouvement suite à la mort (ou la retraite, on ne sait pas) de Jésus, et en ont fait une machine missionnaire, i.e. "apostolique", suite à l'arrivée de Paul dans le groupe.
      Personne ne peut douter des origines Esséniennes de Paul.

      Et ainsi l'enseignement de Jésus a été totalement détourné par un petit groupe très politisé, très messianique et pas si proche de Jésus qu'il ne l'ont prétendu. Jésus passait d'un groupe de disciples à l'autre chaque jour et, je le répète, les douze n'étaient pas plus importants que les autres. Seulement plus décidés.

      Rien de joli dans cette histoire. Quant à l'Islam. les guerres sanglantes qui ont présidé à l'héritage du Prophète sont assez pénibles itou. Si la Loi est si importante, elle semble laisser des milliers d'interprétations possible.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 27 octobre 2017 11 h 53

      @ Jean-Fraçois Trottier: Vous dites: « les femmes n'y avaient pas voix au chapitre contrairement à l'enseignement de Jésus». Si les femmes n'avaient pas droit au chapître comme vous dites comment expliquez-vous l'existence de l'évangile apocryphe de Marie-Madeleine qui a colaboré avec les Apôtres.

      Chose sûr, le cas Jésus de Nazareth ne laisse personne indifférent, même encore aujourd'hui. Certains croient à son histoire et en ont fait leur divin messie. D'autres ne croit pas du tout à cette histoire et font tout pour la nier, voire la détruire, en disant n'importe quoi. Ce fut mon cas pendant longtemps jusqu'à ce que, par mes recherches personnelles faites de façon rationnelle, je devienne un fervent croyant...Ne vous inquietez pas je n'ai pas reçu la visite de Jésus comme bien d'autres...Fait étonnant ce sont les récentes découvertes scientifiques qui sont responsables de mon retour à la croyance religieuse...Maintenant, posez-vous la question suivante: comment se fait-il qu'après la mort sur une croix de leur Maître Jésus, ces Apôtres et ces disciples, malgré tous les obstacles religieux et politiques rencontrés aient eu l'audace de s'affranchir définitivement du Judaïsme pour fonder une nouvelle religion, le Christianisme ? Comment se fait-il qu'après avoir subi des tortures et des massacres pendant au-delà de trois cents ans ces nouvelles communautés ont continué de croître, jusqu'à devenir, sous Constantin, la nouvelle religion de l'empire Romain ? Ne trouvez-vous pas cela bizarre ? Qu'est-ce qui motivait tant ces premiers chrétiens à continuer leur enseignement évangélique et à recruter de nouveaux adeotes ? Ne serait-ce pas que les événements vécus du temps de Jésus furent suffisamment impressionnants et mystérieux pour les motiver de faire ainsi. Jésus n'a pas fondé de religion, il a livré un message. Les Apôtres, oui, avec la complicité de Paul. Mais ils n'ont pas répandu cette religion par la guerre comme Mahomet, mais par la conviction...Alors ???

    • Ginette Cartier - Abonnée 27 octobre 2017 16 h 03

      Il ne s'agit pas du "concil de Nice en 345" (!!!) , mais du concile de Nicée en 325.

    • Jean-François Trottier - Abonné 27 octobre 2017 17 h 06

      M. Simard, vous avez mal compris. Je parlais dans ce passage de ce que les Zélotes professaient, CONTRAIREMENT à Jésus.

      C'est à ce titre que les apôtres ont fait passer Marie-Madeleine pour une femme de mauvaise vie : elle osait prendre la parole parmi les disciples, donc elle ne pouvait avoir de religion, hé oui.

      Les douzes étaient du clan des Zélotes. Pas Jésus, et pas Marie-Madeleine évidemment. Ce sont ces apôtres qui ont détourné le sens du message de Jésus en niant l'importance des femmes.

      D'ailleurs, depuis des années beaucoup de croyants sont obligés d'oublier ce qu'a écrit Paul pour encore accepter les Évangiles alors qu'il y a à peine quelques dizaines d'années, ses épîtres étaient considérés comme centraux dans le dogme catholique. Tout un écart.

      Si vous avez vraiment fait des recherches, alors vous savez que la crucifixion n'est en rien démontrée, ni même la mort de Jésus encore jeune. Peut-être est-il simplement parti, ou s'est-il retiré loin. On n'en sais rien.

      Tout autant, absolument rien ne confère aux apôtres une mission particulière parmi les disciples, sauf celle dont ils se sont investis eux-mêmes. C'est réellement une détournement d'intention dans les faits et dans les actes.

      Comme vous le dites, Jésus n'a pas fondé de religion.
      Celle que les apôtres ont fondé rappelle Jésus de façon très approximative quand elle ne le contredit pas.

      Enfin, on ne sait pas vraiment comment le christianisme a fini par triompher avant de justifier des centaines de millions de morts dans les 2000 années suivantes, depuis les Croisades jusqu'à la conquête des Amériques.

      Mais il y a eu beaucoup de violence durant cet essor. Les martyres, ça marche pas à peu près en terme de marketing si je puis dire, suffit de voir les djihadistes aujourd'hui. Des têtes brûlées ? À la tonne!

      On ne peut pas nier l'importance que le christianisme a eu dans l'avilissement des femmes. S'y est même tenu un débat sur l'existence de leurs âmes, c'est pas rien.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 28 octobre 2017 08 h 24

      D'accord avec vous sur bien des points Monsieur Trottier, tels l'avilissement des femmes, les croisades qui, en passant, ont été réalisées pour contrer l'invasion islamique, la noirceur du temps de l'Inquisition, l'imposition de règles cultuels rétrogrades à l'essor d'une humanité en marche, le refus d'intégrer la gent féminine dans le clergé catholique,les diverses prises de pouvoir qui ressemble à de la mafia et j'en passe... Tout ça je l'explique par le fait qu'en s'institutionnalisant à partir de Conatantin l'Église de Rome s'est éloigné progressivement du message original de Jésus et s'est donné un pouvoir intransigeant, offensant et oppressant...Les problème liés à la désertion actuelle de ses fidèles témoignent du fait que l'Église catholique a trop longtemps imposé un pouvoir qui a figé le processus évolutif dans le temps. Elle est la seule responsable de ses problêmes d'abandon de la fréquentation de ses Églises. Elle s'est tiré dans le pied elle-même, comme on dit...
      Par contre je ne suis pas d'accord avec vous quand vous affirmez ceci:«la crucifixion n'est en rien démontrée, ni même la mort de Jésus encore jeune. Peut-être est-il simplement parti, ou s'est-il retiré loin»... Je ne suis pas d'accord parce que la preuve de sa mort et de sa résurrection existe, Monsieur Trottier: «Le Linceuil de Turin», Monsieur Trottier, le Linceuil de Turin. J'ai étudié à fond ce qu'en disent les scientifiques et aussi les détracteurs. Et je suis convaincu que ce linge qui a recouvert le corps du Christ après sa descente de la croix est réellement la preuve de sa mort et de sa résurrection...En outre il est bizarre de constater que toutes les blessures qui apparaissent sur l'image du corps du crucifié gravée sur le linceuil, sont l'exact reflet de ce que disent les Évangiles et confirment la véracité des histoires racontées... Si vous voulez aller plus loin, il y a plein de documents à cet effet sur youtube...

  • Michel Lebel - Abonné 27 octobre 2017 08 h 01

    Les '' imperfections''...


    Les religions sont des institutions humaines, donc il faut s'attendre à des imperfections, des '' contradictions'', voire des dérives sectaires chez certaines. L'Histoire en est remplie. Pas de quoi en faire tout un plat. Pour éviter le plus possible ces ''imperfections'', les religions, dans leurs pratiques, doivent accepter de passer le test public de la raison et de la critique. Ceci est capital. Évidemment aucune pratique ne peut aller à l'encontre du code criminel.

    Enfin, M.Simard a raison, les évangélistes et Paul étaient des Juifs et non des ''Européens''. Le professeur Proulx semble aussi oublier une donnée fort importante: une religion, comme la catholique, vise l'Homme dans toutes ses dimensions, je dis bien ''toutes'', spirituelle, politique, culturelle, environnementale, économique, etc. Tout l'Homme.

    Michel Lebel

    • Pierre Robineault - Abonné 27 octobre 2017 15 h 17

      L'utilisation du qualificatif "européens" était mal avisé mais uniquement parce que l'Europe n'existait pas en tant que telle. Faut par ailleurs savoir que Pierre et Paul se trouvaient de part et d'autre à Rome et à Athènes. Alors ...
      De toute façon, il faut avoir suivi les importants documentaires de PBS sur Jésus, basés sur des recherches encore plus récentes et révélatrices, pour pouvoir se permettre d'affirmer quoi que ce soit en ce domaine.
      Quant au texte de monsieur Proulx, il faut admettre qu'il nous arrive à point nommé. Je l'en remercie.