Restons unis dans l’adversité

Les jeunes générations détiennent la clé pour enrayer la radicalisation de façon durable.
Photo: Arnaud Stopa Le Devoir Les jeunes générations détiennent la clé pour enrayer la radicalisation de façon durable.

Dans un monde en mutation où les frontières nationales s’estompent, où l’accès à l’information se démocratise, où les opinions se partagent en un clic, où les idées voyagent dans l’espace numérique et où la planète s’ouvre au bout de nos doigts, nous devons miser sur ce qui nous rassemble et nous incite à devenir meilleurs. Alors que des manifestations de violence inouïe se multiplient à travers les continents, la solidarité et la compassion s’imposent comme solutions nécessaires à un phénomène qui prend de l’ampleur. La radicalisation prend racine dans des environnements bien différents et affecte toutes les sociétés, sans discrimination de genre, de race ou de statut, et c’est avant tout avec l’ouverture et le dialogue que nous pouvons la combattre.

Le gouvernement du Québec et le Programme information pour tous (PIPT) de l’UNESCO ont choisi de s’unir afin de tenir une conférence internationale pour mieux comprendre le phénomène de la radicalisation et dégager des pistes d’action concrète pour contrer son émergence. L’un des objectifs de cette conférence internationale sera de mettre en lumière les méthodes utilisées dans l’espace numérique par les extrémistes pour attirer de nouveaux adhérents, afin de mieux cibler des moyens de lutter concrètement contre leurs actions criminelles. La conférence se tiendra du 30 octobre au 1er novembre dans la ville de Québec, joyau du patrimoine de l’UNESCO, sur le thème « Internet et la radicalisation des jeunes : prévenir, agir et vivre ensemble ».

Les zones sombres d’Internet

Internet est un véhicule incroyable d’échanges entre les cultures et de partage de connaissances, un lieu de découvertes extraordinaires où la liberté d’expression s’épanouit et se développe. Mais il recèle également des zones plus sombres où l’extrémisme se ramifie et atteint facilement des personnes en situation de vulnérabilité et de fragilité. Les jeunes, par leur goût du risque et leur volonté d’engagement, deviennent souvent des proies faciles pour certains mouvements qui réussissent à mobiliser en faveur d’une cause qui leur apparaît noble et enivrante.

Les jeunes générations détiennent la clé pour enrayer la radicalisation de façon durable. Impliquons-les, questionnons-les, et écoutons-les, mais surtout outillons-les pour en faire des internautes impliqués et vigilants. Encourageons-les à bâtir un avenir où la tolérance, les droits universels et la dignité prévalent.

La lutte contre la radicalisation est un phénomène global qui nécessite un dialogue ouvert et engagé. En ce sens, nos objectifs pour la Conférence s’inscrivent dans la foulée du Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent, qui fut présenté par le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, le 15 janvier dernier. Maintenant, si le talent et la connaissance des experts et des chercheurs du domaine nous permettent d’appréhender la lutte contre la radicalisation de façon plus efficace, ce sont l’écoute, l’empathie et le dialogue qui nous permettront de changer les choses au quotidien au sein de nos réseaux respectifs. Partageons nos défis, démystifions nos expériences, mettons en avant notre vécu. Refusons de faire de la radicalisation un sujet tabou.

Lançons un message positif et clair au monde. Restons unis dans l’adversité, ouvrons-nous les uns aux autres et faisons de nos différences une richesse à découvrir et à chérir.


 
4 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 31 octobre 2016 11 h 14

    L’angélisme niais, clé de la stratégie libérale

    « …l’écoute, l’empathie et le dialogue qui nous permettront de changer les choses au quotidien au sein de nos réseaux respectifs.»

    Le terrorisme est un bizness. Et son recrutement passe par la conversion à des idées radicales.

    Les étudiants du Collège Maisonneuve qui sont partis combattre en Syrie, avaient-ils des parents fermés et obtus, qui manquaient d’empathie, incapables d’écoute et opposés au dialogue ? Si le gouvernement Couillard possède des études qui le prouvent, alors oui, la ministre fera mieux que leurs parents.

    Malheureusement, il n’existe aucune preuve qu’Oussama ben Laden est devenu terroriste par manque d’empathie, d’écoute ou de dialogue. Conséquemment, la stratégie libérale contre la radicalisation est une fumisterie.

  • Nadia Alexan - Abonnée 31 octobre 2016 12 h 04

    L'empathie et le dialogue ne doit par se faire en banalisant le mal!

    Hier, j'ai vu à la télévision l'émission «60 minutes de CBS» où un jeune homme, d'origine somalienne, maintenant en prison, a été interviewé pour expliquer comment il a était radicalisé. Il était un jeune homme normal qui a grandi aux États-Unis. Il s'intéressait aux sports comme tous les jeunes de son âge, il avait des aspirations d'étudier au collège, jusqu'à un jour, sa mère inquiète de sa future l'incite à fréquenter la mosquée. C'est là qu'il a été radicalisé jusqu'au point d'envoyer ses camarades à joindre Daesh en Syrie, où ils ont trouvé leur mort. La radicalisation se fait par le biais des prédicateurs salafistes et par le biais de l'internet.

  • Marc Therrien - Abonné 31 octobre 2016 19 h 13

    Espérer et craindre

    "Les jeunes générations détiennent la clé pour enrayer la radicalisation de façon durable."

    Est-il encore permis d'espérer que les jeunes qui nous suivent pourront nous dépasser et faire mieux que nous qui les avons précédés et éduqués? Ou s'il faut craindre que "la loi du plus fort" est immuable et éternelle. Que faut-il craindre si on arrête d'espérer qu'on pourrait voir émerger un troisième être dont les qualités seraient supérieures à celles de chacune des personnes aux intérêts divergents qui l'ont créé en persévérant par le dialogue à apprivoiser leurs différences pour ensuite les valoriser?

    S'il n'est plus possible de penser la transcendance en espérant le meilleur tout en étant préparé pour le pire, il arrive quoi?

    Marc Therrien

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 1 novembre 2016 18 h 15

    … nous sommes !

    « Lançons un message positif et clair au monde. Restons unis dans l’adversité, ouvrons-nous les uns aux autres et faisons de nos différences une richesse à découvrir et à chérir. » (Christine St-Pierre / ministre RIFQ, Irina Bokova / dg Unesco)

    Bien que ce genre de citation entraîne quelques émotions de solidarité universelle, il demeure que le « domaine de la radicalisation » ne saurait être bénéfique pour personne, tant il est vrai qu’il cherche, sinon de l’horreur, à transgresser, avec le sourire ou l’épée, des valeurs qu’elle refuse d’accueillir pour siennes !

    De plus, si on veut vaincre ou gérer ce domaine, il demeure comme essentiel, ici, d’affirmer ce dont on est et ce dont on souhaite devenir-être plutôt que de s’excuser de devenir-être ce que …

    … nous sommes ! - 1 nov 2016 -