Un choix stratégique

En bout de course, compte tenu des crédits supplémentaires de 3,5 M$ liés au Plan culturel numérique, le budget global des programmes d’aide aux artistes et organismes augmente de 1 M$ cette année.
Photo: François Pesant Le Devoir En bout de course, compte tenu des crédits supplémentaires de 3,5 M$ liés au Plan culturel numérique, le budget global des programmes d’aide aux artistes et organismes augmente de 1 M$ cette année.

Diverses informations ont circulé au cours des dernières semaines au sujet du budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Il m’apparaît important d’apporter des précisions à cet égard. D’entrée de jeu, il faut le répéter, le budget du CALQ a effectivement augmenté en 2015-2016, le portant à 107 millions de dollars, une somme jamais égalée. Cette augmentation est notamment due à des crédits supplémentaires de 3,5 millionsprovenant du Plan culturel numérique du Québec et permet l’implantation de trois nouvelles mesures d’aide pour les artistes et les organismes culturels.

Alors que la planète entière est confrontée aux effets de la révolution numérique, il est primordial d’investir pour permettre à nos artistes, organismes et entreprises d’avoir les outils et les moyens pour se confronter aux meilleurs sur la scène mondiale. Ces nouveaux investissements serviront donc à soutenir des projets en ce sens.

Rappelons que l’ensemble des milieux culturels a identifié la révolution numérique comme un enjeu majeur pour l’avenir de la création et sa diffusion lors des consultations menées par le CALQ. Le conseil d’administration de notre organisation en a fait une priorité qu’il a présentée à la ministre de la Culture et des Communications. Dans les suites de son Plan culturel numérique, le gouvernement du Québec a fait, lors du Budget 2014, un choix stratégique qui témoigne d’une volonté claire de positionner la culture québécoise parmi les leaders mondiaux en la matière.

Par ailleurs, au moment où le gouvernement tout entier fait un effort important pour équilibrer les finances publiques, tous les ministères et organismes sont appelés à contribuer à cet effort collectif. La part du CALQ est de 2,5 millions, ce qui représente 2,3 % de son budget global (107 millions). Les choix gouvernementaux reposent notamment sur l’allégement des structures ; c’est pourquoi une cible transversale a été fixée à l’égard des organismes de regroupement et les structures associatives. Dans cette optique, le CALQ a choisi de protéger et de prioriser :

Le soutien direct aux artistes et aux écrivains;

Le soutien au fonctionnement des organismes de création et de production (orchestres, compagnies de théâtre, de danse et de cirque, centres d’artistes, etc.) et aux organismes de diffusion (diffuseurs spécialisés et pluridisciplinaires, festivals et événements, périodiques culturels, etc.) ;

Les budgets consacrés aux programmes régionaux qui sont préservés intégralement afin de poursuivre notre soutien à l’essor culturel des régions dans le cadre de nos ententes territoriales en cours de renouvellement avec les nouveaux partenaires locaux ;

Les budgets pour l’aide à la tournée de spectacles au Québec et hors Québec et à la circulation des oeuvres en arts visuels et médiatiques et en littérature.

En bout de course, compte tenu des crédits supplémentaires de 3,5 millions liés au Plan culturel numérique, le budget global des programmes d’aide aux artistes et organismes augmente de 1 million cette année. Ces sommes bonifient principalement le programme de bourses aux artistes pour les aider à développer des contenus culturels numériques originaux. L’appel à projets a d’ailleurs été lancé cette semaine. En outre, 2,5 millions seront consacrés à l’aide à la numérisation de contenus culturels et au déploiement d’infrastructures numériques. Ces aides constituent des investissements nouveaux qui pourront profiter à l’ensemble des organismes soutenus par le CALQ, y compris les organismes de regroupement, pour soutenir des projets numériques.

Cela démontre clairement un choix stratégique positif fait en faveur des créateurs pour les épauler en ce moment de transformations importantes dues à la révolution numérique. Le CALQ est déterminé à mettre en oeuvre cette vision.

1 commentaire
  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 juillet 2015 07 h 56

    Les cibles transversales, elles...


    On a donc une partie de la réponse : le CALQ s'engage à maintenir le soutien direct à la création-production-diffusion et même à l'améliorer si on tient compte du numérique. Même si on ne mentionne pas que la plus grande partie de l'augmentation de budget ne résultait que du transfert des sommes versées autrefois à l'OSM par LotoQuébec et qui transiteront désormais par les goussets du CALQ, on n'essaie pas ici de nous faire croire que des sommes additionnelles extraordinaires seront disponibles. C'est ça de pris.

    L'autre partie, qui manque toujours : à supposer que les cibles transversales que sont les « organismes de regroupement et les structures associatives » aient un rôle à jouer dans l'opérationalisation de ces nobles visées, quelle évaluation le CALQ a-t-il fait des conséquences des coupures dont ils seront les « bénéficiaires » désignés ? On ne s'attend évidemment pas à ce que le président du CALQ nous dise que l'UNEQ pourra facilement se passer d'un employé, tel autre organisme de deux, tel autre d'aucun, mais peut-être aurait-il pu montrer quelque préoccupation à l'égard de la perennité de ceux-ci. A moins que.