Lettres: De la Grande Noirceur au noir pas pour rire

Pendant la période qu'on a appelée la Grande Noirceur, période pendant laquelle j'ai grandi sans trop en souffrir, j'étais entouré de religieux, frères et soeurs, tout habillés de noir. La Révolution tranquille arrivée, tout ce noir a disparu. Et puis voilà qu'en ce début de siècle le noir réapparaît.

Le noir est de plus en plus à la mode à la télévision, chez les hommes comme chez les femmes. Il est désespérant de voir toutes ces jolies femmes habillées de noir. [...]

Il faut dire que le noir ce n'est pas une couleur. Le noir, ça fait penser à la mort. Aussi, jadis le noir était, ou presque, le drapeau de la médiocrité. Le noir, ça me rappelle le poète Gilles Hénault qui écrit: «Entends-tu la plainte des sentiers battus?» Allons, jolies demoiselles et jolies dames, jetez le noir à la poubelle. Le temps est venu de porter les couleurs de l'automne.