Lettres: Le piège de la surconsommation

Je m'appelle Daphné et je soufflerai bientôt ma 17e bougie. Si je m'installe devant mon clavier d'ordinateur aujourd'hui, c'est pour vous faire part d'une problématique qui me touche, comme bien d'autres jeunes de mon âge. Bien entendu, celle-ci ne fait pas sensation et ne soulève que très rarement des discours enflammés. Je parle de la surconsommation. Apparue à la suite de la montée de l'économie qui précéda la Deuxième Guerre mondiale, elle est présente plus que jamais.

Tout d'abord, il est important de comprendre que la surconsommation ne se définit pas tant par la quantité des achats que par le déséquilibre émotionnel relié à l'acte d'acheter. En effet, lorsque ma soeur jumelle a vécu sa première vraie peine d'amour, mon premier réflexe, après avoir séché des larmes qui ne voulaient pas se tarir, a été d'aller à la pharmacie avec elle dévaliser les rayons de maquillage.

Ainsi, nous avions créé une fausse solution à un vrai problème qui ne se résorbe certainement pas à coups de fard et de mascara. C'est précisément par ces agissements biaisés qu'on provoque, selon plusieurs spécialistes, un vide psychologique profond. Il résulte de cette vacuité un désir de croissance matérielle. La surconsommation chez les jeunes y trouverait-elle ses sources?

Bien entendu, dans cet univers artificiel à l'arrière-goût de plastique, les marques et les logos nous assiègent. Moi la première, du parfum aux baskets, je croule sous les étiquettes, que je prends plaisir à m'auto-apposer. Les jeunes, cibles de premier choix pour les entreprises, sont les acheteurs de l'avenir.

À l'heure où la Terre se porte de plus en plus mal, on nous conditionne déjà à consommer à un rythme effréné, oubliant que cela exigera de nous un train de vie harassant et nous confinera peut-être à être à l'image du dernier chic, des workaholics. Si on sait que ce style de vie épuisant, qui tente de combler des besoins immatériels par des biens matériels, creuse le néant, on est malgré tout happé par ce tsunami de publicité qui ravage la société.

Il est impératif d'agir puisque chaque génération s'enfonce un peu plus dans ce régime de consommation.

Reprendre son souffle le temps de bien redéfinir nos valeurs peut quelquefois s'avérer salvateur.