Merci pour tout

Notre éditorialiste invité, Jean-Robert Sansfaçon, a profité du creux de l’été pour nous annoncer sa retraite. C’est la deuxième fois qu’il nous quitte, après avoir tiré sa révérence jadis comme rédacteur en chef du Devoir, en 2009. Mais cette fois, c’est la bonne.

Malheureusement pour l’équipe éditoriale et pour les lecteurs et les lectrices du Devoir, notre collègue est déterminé à savourer les doux moments de la vie dans un monde postpandémique, loin de son clavier et près des siens. Notre homme a mérité de la patrie, comme disent les anciens.

D’abord chroniqueur invité au Devoir pendant qu’il était enseignant au collégial, au début des années 80, Jean-Robert est devenu rédacteur en chef adjoint et éditorialiste sous la direction de Lise Bissonnette, en 1993. À la suite du départ de Mme Bissonnette pour fonder une institution phare du paysage culturel québécois, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Jean-Robert a été nommé rédacteur en chef, sous la direction de son complice de longue date, Bernard Descôteaux, un poste qu’il a occupé de 1999 à 2009.

Fidèle à la maison, il est demeuré actif comme éditorialiste invité jusqu’à tout récemment. Économiste de formation, Jean-Robert Sansfaçon était le spécialiste des questions reliées à l’économie, aux finances publiques et aux politiques gouvernementales. Il y a un an, en pleine première vague de la COVID-19, son éditorial intitulé « Le modèle prend l’eau» avait fait grand bruit pour sa dénonciation, lucide, de la piètre qualité des services publics québécois et de leur corporatisme. Jean-Robert savait se montrer dur, mais son analyse était toujours supportée par les faits et une connaissance approfondie de ses sujets de prédilection.

Nous avons recensé près de 3000 éditoriaux de Jean-Robert Sansfaçon dans nos archives. Sa voix et sa contribution au débat d’idées nous manqueront tout autant que sa courtoisie, sa grande sensibilité à l’égard de la condition humaine et son dévouement indéfectible aux succès du Devoir.

Salut l’ami ! Et merci pour tout.

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