Un été en couleur!

L’ensemble du Québec passera en zone verte à compter de lundi prochain, juste à temps pour que les Québécois puissent vivre un été en couleur et en douceur. Le relâchement est bien mérité au terme de la troisième vague de COVID-19, moins meurtrière que les précédentes grâce à l’efficacité de la campagne de vaccination.

Même si la fête nationale ne peut se dérouler dans l’exubérance et l’abandon complet des consignes sanitaires encore cette année, il y a de quoi fêter et se rassembler autour de notre dessein commun. Depuis deux jours, la Santé publique rapporte moins de 100 nouveaux cas quotidiens d’infection au coronavirus. Il s’agit du meilleur bilan depuis le 21 août 2020. Les décès et les hospitalisations, y compris dans les urgences, poursuivent leur tendance à la baisse. Nous nous approchons du « jour zéro » où il n’y aura aucune infection, aucun décès, ni aucun patient infecté dans les hôpitaux.

Malgré les imperfections et les ratés, le Québec amorce la saison estivale avec 70 % de la population vaccinée (pour un total de 7,5 millions de doses). Le Québec se compare avantageusement au reste du monde, quoiqu’il reste encore du chemin à parcourir. Environ 20 % des Québécois ont reçu leur deuxième dose. Nous devrons poursuivre la campagne de vaccination et intensifier les messages de sensibilisation durant le creux de l’été, sans perdre de vue que la menace est toujours là.

Le premier ministre, François Legault, n’exclut pas l’émergence d’une quatrième vague à l’automne. La progression des variants, le dernier en date étant le Delta, inquiète les autorités. Ce variant qui est en voie de devenir la souche dominante de la COVID-19 est deux fois plus dangereux que le virus originel, en plus de résister davantage aux vaccins. Selon les estimations de la directrice régionale de santé publique pour la région de Montréal, l’exceptionnelle Dre Mylène Drouin, le variant Delta, en provenance de l’Inde, suscite deux fois plus d’hospitalisations que la moyenne. « Ce n’est pas terminé. Il ne faut pas balayer nos efforts des derniers mois », a-t-elle prévenu mardi, tout en appuyant le retour en zone verte de Montréal.

En date du 15 juin, le tiers des 18 à 39 ans n’étaient pas encore vaccinés. Que ce soit par insouciance ou par témérité, cette cohorte pose un « défi spécial » aux autorités, a reconnu le premier ministre Legault. Ces jeunes adultes ont des amis, des collègues ou de proches parents qui ont été vaccinés. C’est aussi à eux d’intercéder afin qu’ils assument leurs responsabilités. Nous avons fait trop de sacrifices et nous avons pleuré trop de morts pour accepter qu’un segment de la population se désolidarise du projet visant à construire le monde postpandémique.

Dans l’immédiat, nous pouvons envisager la lumière au bout du tunnel. Le retour en zone verte signifie que nous pourrons accueillir à la maison ou asseoir à la même table dans les restaurants 10 personnes de trois bulles différentes à l’intérieur, et 20 à l’extérieur, dans les cours arrière. Les spectacles extérieurs, avec une capacité maximale de 3500 personnes, et les événements sportifs pourront reprendre. Du coup, des villes touristiques comme Montréal et Québec pourront renouer avec l’exultation de la communion festive.

Un été presque normal est à nos portes, ce qui nous permettra de déconfiner les esprits. Depuis près d’un an et demi, la Santé publique et les autorités gouvernementales ont instillé la peur des contacts pour limiter la propagation de ce terrible coronavirus. Ce faisant, un trait distinctif de l’expérience humaine a été laminé sans ménagement, soit le besoin de socialiser. Les réflexes de confinement sont enracinés dans notre psyché collective. La Santé publique ne peut se concentrer seulement sur la courbe statistique des infections. Elle a une responsabilité à assumer pour rassurer la population quant à l’innocuité des contacts au fur et à mesure que progresse la campagne de vaccination. Elle doit même encourager les interactions dans un souci de préserver la santé mentale des Québécois, mise à mal par le confinement. Il faut donner aux Québécois l’envie de renouer avec cette liberté acquise à la dure.

 

Il est dommage que nous ne puissions pas passer des « petits partys » aux « partys moyens » juste à temps pour la fête nationale. La présidente générale de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Marie-Anne Alepin, exprimait sa déception devant l’annulation du défilé pour une deuxième année consécutive. Les Montréalais sont tout de même conviés au Quartier des spectacles pour le « Défilé inversé », un parcours parmi des installations artistiques interactives. Le grand spectacle de la fête sera aussi diffusé sur les quatre principaux réseaux de télévision.


Voyons plus large que le défilé et le spectacle. Dans notre combat contre la pandémie, dans les gestes du gouvernement Legault pour assurer la pérennité du français, dans la modification de la Loi constitutionnelle de 1867 pour reconnaître que les Québécois forment une nation et que le français est la langue officielle du Québec, il y a amplement de raisons de fêter cette année. Chacun sur notre balcon, nous pouvons partager notre fierté d’être Québécois.

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