Herron, l’horreur

Lorsqu’un service de police en est rendu à pénétrer dans un CHSLD et à traiter le lieu comme une « scène de crime », on comprend que, comme société, on vient de franchir l’infranchissable. Voilà des années que des fragments d’horreur dévoilés çà et là ont permis de comprendre que, hélas, le Québec ne rayonne pas en matière de soins prodigués aux aînés. L’horreur décrite ces jours derniers au CHSLD Herron de Dorval résulte du croisement de deux tragédies : une pandémie assassine, frappant au Québec précisément là où les ressources manquent le plus cruellement.

Le cas du CHSLD Herron est-il unique ? Trois enquêtes menées simultanément — santé publique, police et coroner — permettront d’expliquer comment 31 décès ont pu y survenir en quelques semaines, et ce, dans un intrigant secret. Pour l’instant, seules cinq morts ont été liées à la COVID-19, mais ce bilan s’alourdira. Les incompréhensions s’additionnent : quelle part de responsabilité revient au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, apparemment informé de quelques irrégularités dès le 29 mars dernier ? Quelle part de blâme repose sur le groupe Katasa, propriétaire de cette résidence exigeant de ses occupants des loyers mensuels oscillant entre 3000 $ et 10 000 $ ?

Des patients affamés, assoiffés, laissés plusieurs jours dans des couches souillées. Des résidents décédés, mais pas de constat de décès effectué. Des patients tombés au bas de leur lit. Et autour d’eux, le vide. Du personnel de soutien, infirmier et médical absent, parce qu’infecté par la COVID-19 ou craintif de l’être. Dans un contexte où les arcs-en-ciel pullulent sur fond de « ça va bien aller » rose bonbon, c’est le tiers-monde pour certains de nos aînés — et cher payé en prime !

Le premier ministre, François Legault, a voulu se faire rassurant lundi en indiquant que le portrait général des 2600 résidences pour aînés (publiques et privées) est plutôt reluisant, en dépit de « quatre ou cinq cas sous surveillance ». L’existence d’un seul de ces hospices infectés par la négligence est suffisante pour qu’à nouveau, on conclue à l’échec d’un système. La pandémie a servi de catalyseur à des maux que l’on connaissait depuis des lustres, dénoncés tour à tour par le Vérificateur général et le Protecteur du citoyen, entre autres.

Herron fait la manchette ces jours-ci, mais d’autres petits Herron, à divers degrés, se cachent partout, comme on l’a vu à Sainte-Dorothée, à LaSalle et ailleurs au Québec. Il faut l’admettre : le casse-tête est insoluble en temps de crise, et c’est bien avant qu’il eût fallu s’y attaquer. Le personnel est fragile, mal payé (13 $ l’heure pour un préposé aux bénéficiaires), surchargé car insuffisant et largué par des proches aidants interdits de séjour dans les CHSLD, ce qui laisse à découvert des pans entiers de soins non prodigués.

Québec, qui espère toujours conclure une négociation avec les employés de l’État en pleine pandémie, brandit l’exemple venu du terrain pour militer à nouveau en faveur de hausses salariales plus importantes pour certains corps de métier, les préposés aux bénéficiaires en l’occurrence. C’est un objectif vital : la capacité de rétention et d’attraction de ces métiers ô combien indispensables est intimement liée aux salaires.

Pleins feux sur le personnel, donc, et qu’en ces temps de crise, on remise, de grâce, les promesses de jours meilleurs associées aux Maisons des aînés ! La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, en vantait encore les mérites lundi alors qu’on l’interrogeait sur les conditions précaires dans lesquelles certaines résidences divisent les zones dites chaudes (avec risque de contagion élevé) des zones froides — un vulgaire drap. Ces maisons du futur reposent pour le moment seulement sur des maquettes, et marteler la perspective d’oasis de bonheur est en ce moment non seulement inutile, mais quasi inapproprié.

Dans les premiers temps de la pandémie au Québec, les scénarios de la santé publique ont reposé sur un objectif très précis : préparer le réseau de la santé à recevoir des milliers de cas et aplanir la courbe pour éviter un condensé de cas simultanés trop important pour la capacité d’accueil. Pour libérer des lits en centres hospitaliers — 6000 de ces lits sont toujours libres —, on a donc redirigé des patients vers les CHSLD. L’heure des bilans n’est pas encore venue, car nous sommes encore en pleine vague, mais avons-nous joué cette carte de la meilleure manière qui soit, sachant l’immense vulnérabilité du réseau destiné aux soins de nos plus vulnérables ? Certains constats seront aussi inévitables que douloureux.


 
66 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 14 avril 2020 01 h 08

    Où se trouve la responsabilité de l'état?

    Je ne comprends pas pourquoi nos gouvernements donnent des permis à ces entreprises prédatrices d'ouvrir ces maisons d'horreurs pour faire de l'argent sur le dos de nos ainés? L'inspection de ces atrocités maintenant est trop peu, trop tard, surtout après la dénonciation du Vérificateur général.
    Comment peut-on laisser faire une entreprise qui exige 10,000 $ de chaque résident, mais refuse de payer ses préposés plus que 13.00 $ l'heure? C'est scandaleux.
    Une société civilisée ne délaisse pas ses citoyens les plus vulnérables à la merci de la cupidité de ces vautours.

    • Gilles Théberge - Abonné 14 avril 2020 08 h 23

      Oui c'est vrai que le gouvernement est faible, pour ne pas dire qu'il a un faible pour le privé. Pourquoi le privé, dans la situation des aînés ? Mais en plus c'est la loi de l'offre et de la demande qui prime, comme pour l'achet de pneus d'été...!

      Et pour la première fois de ma vie, je suis obligé de dire, que je trouve que l'intansigeance syndicale, m'écoeure, au plus haut point.

    • Claude Bariteau - Abonné 14 avril 2020 08 h 34

      Il y a de CHSLD public et d'autres privés conventionnée et non conventionnés.

      La question qui se pose : qui a inventé l'idée de transformer les CHSLD en institution privée dont les les propriétaires cherchent à retirer des gains monétaires sur le loyer des personnes ainées et la main-d'oeuvre sans qu'il y ait des balises claires sur le nombre de personnes ainées maximum et minimum dans une institution et, selon ces données, sur la main-d'oeuvre requise pour offrir des services adéquats.

      Avec ces balises, la question des salaires doit être prise en compte, car elle devrait être équivalente pour tous les employés.

      De telles balises précisées impliquent des suivis réguliers de la part des personnes à l'emploi du gouvernement pour que les ervices aux personnes ainées soient traitées équitablement partout au Québec, ce qui implique la possiblité d'intervention, de tutelle, et cetera.

      À l'évidence, la mise en place de CHSLD privé nécessitait des balises et une supervision serrée, car, sans elles, des cas comme celui du CHSLD Héron pouvait se produire. Vous avez raison Mme Alexan. L'État a permis l'entrée de vautours.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 avril 2020 09 h 17

      1. On n'a pas «transformé» les publics en privés conventionnés ou non conventionnés. Les trois se sont développés ensemble.
      2. Tous les privés ne sont pas à but lucratif.
      3. L'agrément des CHSLD n'est accordé que s'ils respectent des balises clairement définies pas le MSSS.
      4. La question des salaires se pose de façon structurelle chez les privés non conventionnés.

      Ce dernier point me semble le plus important. Il y aurait lieu d'abord de réexaminer la rémunération des personnels oeuvrant en santé en prenant mieux en compte la charge affective que les employés ont à supporter, tout particulièrement dans les CHSLD. Ensuite, il faudrait que tous les établissements soient contraints par la loi d'offrir les mêmes conditions de travail et salariale aux employés, quel que soit le type de CHSLD.

      On évoque plus volontiers la pertinence de supprimer les privés non conventionnés au vu des problèmes rencontrés à Dorval. On ne règlera pas cela avec la question rhétorique de l'éditorialiste.

    • Pierre Turgeon - Abonné 14 avril 2020 09 h 35

      Personne ne peut demander à des personnes non formes de se transformer en intervenants en situation d’isolement et contamination. Je vous le dit le mot clé c’est hébergement versus hospitalier. Ce mot à lui seul explique le manque de professionnel de la santé le manque d’équipement le manque de pratique d’hygiène en milieu pour personnes âgées

      Je vous rappelle que le personnel des CHSLD se sont fait répéter pendant des années que l’institution est avant tout un milieu de vie pour les usagers et non plus des patients en milieu hospitalier.

      Le gouvernement a demander à tout le monde de prendre dés précautions à sa place, les parents ne vont pas visiter leurs aînés, les personnes ainés restent chez eux. Le gouvernement s’est déresponsabilisé sur les individus sans avoir mis en place le plan de protection pour les résidences de toutes sortes.

      Aujourd’hui une personne âges est plus en sécurité chez elle à ne recevoir aucun service que d’être en contact avec le réseau et ses intervenants formés, équipés et soutenus à des hauteurs tellement variables.

      Malheureusement, des dr Weiss, y en pas 5000 et surtout pas en CHSLD

      Moi-même j’ai eu affaire à lui il y’a des années dans les premiers temps du VIH, quand les intervenants se demandait le niveau de transmission et que encore les administrateurs ne savaient rien. Alors j’ai appeler le docteur pour avoir les réponses.

      Vous êtes vous posé la question sur le déblocage miracle de la telemedecine, pas fous les doc, 100 médecins morts en Italie. Voilà, eux is l’ont l’affaire pas besoin de masques de blouse ou de purrel.

      Pendant ce temps on envoie les travailleurs au front pas d’équipement. Et on parle même d’envoyer les prof. C’est pathétique.

      Je reçois ma pension du réseau de la santé depuis 9 ans, et je paye de l’impôt sur ce montant. Oui je sais je suis un gras dur, mais je l’ai gagné durement pendant 36 ans a desservir des personnes. J’ai été dénigré pendant ces années pcq je revendiquais je dénonça

    • Yves Mercure - Inscrit 14 avril 2020 09 h 48

      Comptable créatif. Privé n'est pas tout vautour et tout ce qui est publique n'est pas angélique. La gestion de l'état consiste au departage et aller aux rectifications qui s'imposent. Un lobbyiste en entrevue R-C hier soir, représentant une association du domaine, indiquait les difficultés d’embauche, de gestion et d’encadrement, me semble-t-il, des milieux de vie et résidences privés. Si l’on prend comme référence un milieu désormais célèbre, 150 personnes payent en moyenne 7,000$ mensuel pour l’habitat, donc, revenu mensuel de plus d’un million. Si on assigne du personnel préposé au taux de 20$ heure, avec un ratio d’un préposé pour 10 personnes, en 24 heures (3 périodes de 8 heures) on est autour de 7000$ de dépense quotidienne, pour 216,000$ par mois. Ajoutez une direction générale pour 100$ l’heure, on aura 16,000$ par mois. Il faut aussi la gérance spécialisée en entretien, comptabilité et… en fiscalité pour lesquels il faudra compter 68,000$ mensuels. Une hypothèque de bon emprunteur ira chercher un autre 100,000$ pour amortir et liquider en délais raisonnable. Il va sans dire que les économies d’échelle favorisent une saine gestion quant aux couts de construction et de maintenance, mais passons sur ces détails si l’entreprise est multisite, avec filiales, Cies. a numéro et peu d’actionnaires… En arrondissant pour 100,000$ mensuels les frais inhérents, on débourse dans le demi-million par mois. Bien certain que des imprévus surviennent, même sans pandémie… Mais avec l’autre demi-million qui reste, l’imprévu se repose sur une bonne marge de manœuvre et le proprio peut même déduire les frais, immatriculation et autres de son Datsun 2001 légèrement rouillé mais sobre du côté essence…
      La misère semble du coté du payeur. Si vous passez les salaire autour du minimum, vous engranger un 75,000$ de plus par mois et il semble possible de voir un carrossier pour rafraichir la peinture du Datsun. La misèere du locataire semble parfois plus grande que celle du proprio.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 14 avril 2020 10 h 56

      On a connu la même chose avec Tomassi et ses garderies.

    • Claude Bariteau - Abonné 14 avril 2020 11 h 40

      M. Maltais Desjardins, il faut se demander pourquoi il y eut des CHSLD privés (ou différemment organisés) conventionnés ou non conventionnés ?

      Par ailleurs, leur agrément, s'il respecte des balisses, celles-ci sont-elles objets de vérification ? De plus, pourquoi les non conventionnés n'ont pas de balises pour leur facturation ?

      Il n'y a pas que les salaires. Il y a les balises, leur supervision et celle de la qualité des services.

      Un historique s'impose, notamment sur le passage d'un service public vers un service à trois volets, ce qui se met en place après le rapport Rochon sous le gouvernement Bouchard et se poursuit sous les gouvernements Charest et Couillard.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 avril 2020 12 h 13

      ... et sous les gouvernement Marois et Legault ;)

      Concernant les encadrements, vous trouverez sous le dernier commentaire de monsieur Gélinas un document qui précise les exigences auxquelles les établissements sont astreints. Par ailleurs, l'agrément est renouvelable aux cinq ans. Évidemment, ces balises ne sont peut-être pas l'objet d'une application stricte, mais elles existent.

    • Serge Pelletier - Abonné 14 avril 2020 13 h 11

      Mme Alexan, la situation est très similaire dans des CHSLD-Étatiques, et ce même si les salaires sont le double que dans ce centre privé. La cause est simple, fort simple aucune accusation criminelle contre les gestionnaires, qu'ils soient de milieu privé ou étatique... Peut-être un jour une ou deux pour le secteur privé servant à calmer le peuple.... Bien au contraire, pour les milieux étatiques, le Premier Ministre en personne a affirmé en pleine TV, à la face de tout le peuple québécois, que quand il regardait, le matin, matin après matin, la liste où se produisait des effets catastrophiques que les gestionnaires des CHSLD étaient tous compétents... Et les gestionnaires, eux de répondre en justification, comme le fit le bureaucrate Eichmann lors de son procès en 1961... "À ce moment-là, […] je me suis senti vierge de tout culpabilité. Les personnalités éminentes du (...) s’étaient exprimées (...). Les « pontes » avaient donné leurs ordres. Il me restait à obéir. […]".

    • Pierre Turgeon - Abonné 14 avril 2020 13 h 19

      Suite et fin

      Je reçois ma pension du réseau de la santé depuis 9 ans, et je paye de l’impôt sur ce montant. Oui je sais je suis un gras dur, mais je l’ai gagné durement pendant 36 ans a desservir des personnes. J’ai été dénigré pendant ces années pcq je revendiquais je dénonçais. Aujourd’hui on tente de revaloriser des intervenants qu’on a écraser pendant des décennies. Tu coûte cher on paye assez d’impôt de même. Dans le temps on coupait un poste et demi de PAb pour afficher un poste d’infirmière, pour ne pas ajouter de budget, c’est comme cela que la tâche s’alourdissait pour ceux qui restaient, et que pour baisser la charge travail, bien on baissait les soins , le nombre de bain, les activités de loisir, on haibille plus les personnes on les laisse en jaquette bleu.

      Eh oui ça prend une crise pour voir le portrait d’une société. Et je vous paye encore aujourd’hui plus d’impôt que certains médecins spécialiste incorporé et peut être même plus que vous

      C’est normal je suis un gras dur du système.

    • Claude Bariteau - Abonné 14 avril 2020 15 h 04

      M. Maltais Desjardins. Sous le gouvernement Marois (18 mois ?), il y eu le rapport Hébert, sans suite avec le gouvernement Couillard. Sous le gouvernement Legault : des ajouts financiers pour combler des postes et une réflexion sur les établissements avec une ministre attitré aux ainé/e/s. Dans le premier cas, peu de résultat positif -il manque 1,250 personnes-, dans le deuxième, la réflexion a donné des idées neuves, mais pas de réalisation significative avant plusieurs années.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 avril 2020 16 h 27

      Merci, monsieur Bariteau. Vous avez une référence pour le « rapport Hébert » ? Google est muet.

    • Claude Bariteau - Abonné 14 avril 2020 16 h 48

      M. Maltais Desjardins, voici la référence au rapport : file:///Users/ClaudeBariteau/Downloads/765-20130530.pdf

      Mon nom apparaît parce que je l'ai consulté. C'est la première fois que je note cela.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 avril 2020 17 h 14

      Le lien pointe vers une copie locale (sur votre ordinateur)

    • Claude Bariteau - Abonné 14 avril 2020 18 h 34

      En inscrivant sur Google :

      Le rapport Hébert 2013 sur l'assurance autonomie

      vous devriez voir : Livre Blanc sur la création d'une assurance autonomie

      Cliquez sur ce lien. Vous serez en possession du rapport.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 avril 2020 22 h 57

      Le livre blanc ne traite pas la question du passage d'un « service à trois volets ».
      Par ailleurs, il faut avoir à l'esprit que les CHSLD sont des centres d'hébergement et non des hopitaux. Le problème, je crois, ne réside pas dans le fait qu'ils soient tantôt privés tantôt publics mais que les SLD n'y soient pas systématiquement encadrés par les CISSS ou le CIUSSS, y compris en matière de dotation et de rémunération des personnels dispensant ceux-ci. L'hypothèse du PQ, c'était que les SLD devraient être davantage accessibles en maintien à domicile plutôt que dans les établissements où trop de personnes âgées sont locataires, soit de l'État, soit des opérateurs comme Katasa.

    • Claude Bariteau - Abonné 15 avril 2020 08 h 08

      L'idée du ministre Hébert était de désengorger les CHSLD en augmentait kles ervies à domicile par des orgsmismes de type communautaire. afin de diminuer l'isolement d'ainé/es dans des institutions divisées en trois types à la suite des raports Rochon, Arpin et Clair. Il ne s'agissait pas de transformer ce service à trois volets mais d'en diminuer l'expansion en favorisant un rapport aux ainé/e/s différents par des soins à dominicle pour les ainé/e/s ne nécessitant des soins complexes.

      Dit autrement, il s'agissait d'ofrir un service semblable à ceux offerts dans des CHSLD pour des services considérés de longues durées et dans des organismes privés qui offraient de tels services. Avec cette approche, des personnes comme ma mère, auraient pu demeurer chez elles et avoir un dervice de soins et des suivis adéquats plutôt que de se retrouver dans un CHSLD alors qu'elles ne nécessitaient pas des soins comme ceux des CHSLD.

      On peut parler d'une hypothèse du PQ. Personnellement, je parle du rapport Hébert parce qu'il n'a jamais été l'objet d'un projet de loi déposé à l'Assemblée naitonale.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 avril 2020 08 h 22

      Merci monsieur Bariteau. Vous confirmez ma compréhension des intentions du ministre Hébert.

    • Claude Bariteau - Abonné 15 avril 2020 09 h 30

      Le problème n,est pas votre compréhension, mais le fait que le service à trois vitesses s'est accentué en faveur du privé. L'article de Madame Boivin dans Le Devoir du 15 avril fait état d ela situation et du personnel.

      « En 2020, au Québec, il n’y a que 313 CHSLD publics, alors que le secteur privé est composé de 99 CHSLD privés (conventionnés ou non), de 950 ressources intermédiaires (RI) à but lucratif et de 1791 résidences privées pour aînés (RPA), dont 90 % sont à but lucratif », que les «anges-gardiennes» sont recrutées par des firmes privées qui offrent leurs services et que ces «anges-gardiennes» n'ont pas un mot à dire car elles n'ont ni voix ni reconnaissance de leur travail.

      Il ne leur reste souvent que le refus de travailler pour préserver leur dignité. Il manque 1250 personnes dans les services de soins aux personnes âgées.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 avril 2020 09 h 36

      Je ne vois pas en quoi ce que vous dites réduirait la pertinence de ce que j'affirme.Si ce n'est pas cela qui est en cause, je ne vois pas bien pourquoi vous me relancez là-dessus.

    • Claude Bariteau - Abonné 15 avril 2020 17 h 22

      M. Maltais Desjardins, par erreur de ma part, ma réponse s'est retrouvée plus loin. La voici.

      Nous disons peut-être la même chose. Je privilégie des balises, des règles pour les salaires et des suivis par le ministère ; vous, vous demandez plus de pouvoir d'intervention de la part des CIUSS, des organismes apparus en 2015 dans les diverses régions du Québec. J'ai parcouru la loi, version février 2020, les CIUSSS ont en effet des responsabilités, peuvent demander des rapports précis, mais n'ont guère de possibilité d'interventions sans l'accord du Ministère après l'avoir informé. Leur donner plus de pouvoir implique des précisions et des mandats qui leur permettent d'avoir un droit de regard sur les établissements qu'ils intègrent. Ça se fait dans un cadre de décenralisation et de responsabilsation. Il existe sûrement des pratiques de ce genre dans divers pays.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 avril 2020 22 h 34

      Merci monsieur Bariteau, j'avais lu votre commentaire cet après-midi et présumait qu'il avait sa place dans notre échange. Je vous en remercie et me réjouis de nous trouver plutôt d'accord, pour autant que je peux en juger et sans présumer.

  • Joël Tremblay - Abonné 14 avril 2020 03 h 55

    Les gens sont vulnérables parce qu'ils sont rassemblés dans des cages à poule pour mourir, mais construisons plus de cages à poules pour mourir!

    À la base, les gens afffectés le sont à cause de leur incapacité à s'isoler et leur dépendance envers les autres pour palier à leurs déficiences physiques pour effectuer leurs activités de la vie quotidienne..

    Mais selon le gouvernement, la solution est de continuer à caser la monde dans des petites chambres dans des cages à poules...

    C'est clair que ça va bien finir tout ça...

  • William Dufort - Abonné 14 avril 2020 05 h 34

    L'horreur

    "...Des patients affamés, assoiffés, laissés plusieurs jours dans des couches souillées. Des résidents décédés, mais pas de constat de décès effectué..."

    Aussi insoutenable soit-elle, il ne faudrait pas que l'horreur que l'on découvre chez nos aînés fasse sombrer l'horreur que l'on découvrait, il y a quelques mois à peine chez nos enfants, abandonnés dans les processus de la DPJ.

    Quelle est donc cette société qui abandonne litéralement ses membres les plus vulnérables à leur sort sans que personne n'intervienne avant que les drames ler plus horribles ne fassent la manchette?

    Nous avons besoin d'une Commission Laurent pour les aînés, c'est évident, mais nous avons aussi besoin de voir notre gouvernement profiter de l'occasion pour scruter tous les organismes dont l'activité affecte la vie des gens pour s'assurer qu'au-delà du respect des processus, ces bonnes gens font le travail que l'on s'attend d'eux.

    Spontanément, je pense aux hôpitaux disfonctionnels, par exemple...et il ne faudrait pas que la liste s'allonge seulement au gré des histoire d'horreur à venir.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 avril 2020 05 h 55

    Nos ignorances

    Madame Chouinard en donne un bel exemple en liant les conditions salariales des employés des CHSLD privés non conventionnés aux enjeux de négociation des conventions collectives. Les préposés des publics et des privés conventionnées varient entre 19,47 $ et 21,37$ l'heure. En réalité, tant qu'on peut regarder ailleurs, on ne sait pas trop ce qui se passe par là. En 2015, Jean Bottari organisait une marche pour la dignité. Il y avait 30 personnes. Je n'y étais pas.

  • Patrice Soucy - Abonné 14 avril 2020 06 h 20

    Première ligne

    Avant de s’indigner au sujet des CHSLD et autres débarras à vieux, qui les a placé là, au nom de quel commodité? Nous tous, par individualisme, par égoisme, afin de poursuivre nos vies d’éternels adolescents. Certes, les raisons légitimes ne manquent pas: petits appartements mal adaptés, vie professionnelle, manque de temps, lourdes pertes d’autonomie ingérables. Mais que dire de ces maison trop grandes, de tout ce luxe inutile, de ces risibles selfies touristiques, de ce temps gaspillé à chercher en soi la bonne longueur d’onde spirituelle? La première institution humaine est la famille. La première ligne est là. La recherche de solution doit commencer par le début.