Projets indépendantistes: au-delà du réel

Québec solidaire est sorti de son congrès plus indépendantiste que jamais, du moins si on considère certaines propositions adoptées par les quelque 600 militants réunis en fin de semaine à Longueuil.

Si QS remporte les élections en 2022, une perspective qui semble stimuler les troupes, son gouvernement fera des « gestes de rupture » avec le Canada d’entrée de jeu, sans attendre l’issue des travaux de l’Assemblée constituante chargée de rédiger une Constitution d’un Québec indépendant, un texte fondateur qui serait soumis à la population par la voie d’un référendum dans un premier mandat. Un gouvernement solidaire entend violer le cadre constitutionnel canadien, la Loi constitutionnelle de 1867 étant « illégitime », a dit Sol Zanetti, l’ancien chef d’Option nationale, « un torchon colonial », a renchéri l’ancienne présidente d’ON, Émilie Charbonneau. Sur le strict plan de la légitimité démocratique, ils n’ont pas tort, et cela vaut aussi pour sa modification imposée au Québec en 1982.

« L’acte d’autodétermination exige inévitablement des ruptures », a soutenu la co-porte-parole, Manon Massé. Ainsi, un gouvernement solidaire percevrait d’emblée tous les impôts, les taxes et autres contributions fédéraux sur le territoire québécois et remettrait ce qu’il jugerait être son dû au gouvernement fédéral par la suite. Il abolirait le poste de lieutenant-gouverneur du Québec ainsi que le serment d’allégeance à la reine que les élus de l’Assemblée nationale sont dans l’obligation de prêter. Dès le premier jour d’un gouvernement solidaire, les pipelines et les gazoducs ne relèveraient plus d’Ottawa, mais bien de Québec, qui en bloquerait le passage sur le territoire québécois.

Deux ans après la fusion d’ON et QS, ces engagements reprennent des éléments du programme de la formation politique fondée par Jean-Martin Aussant. Dans un sens, l’aval donné à ces gestes de rupture parachève la fusion des deux partis et confirme que l’approche de QS au regard de l’indépendance est résolument oniste.

Évidemment, la perception par Revenu Québec des taxes et impôts fédéraux payés sur le territoire québécois n’est pas sans poser des problèmes pratiques. Que ferait le gouvernement solidaire si Ottawa refusait de se soumettre aux nouvelles règles du jeu, comme il faudrait s’y attendre, et forçait les contribuables québécois à lui verser des impôts sous peine d’amendes ? Pris entre deux feux, le pauvre contribuable devrait-il payer deux fois ?

Jean-Martin Aussant, qu’on ne pouvait taxer de naïveté, avait une réponse toute prête. Si d’aventure, Option nationale, avec sa plate-forme indépendantiste radicale, remportait la victoire et formait le gouvernement, ces questions d’intendance provinciale ne se poseraient plus, les électeurs ayant décidé, de façon non équivoque, que le Québec deviendrait un pays. La réalité politique ne serait plus du tout la même. Nous serions dans un autre monde, ce qui permettait à ON, et permet aujourd’hui à QS, de ne pas accorder d’importance aux détails terre à terre. Ainsi, puisque l’élection d’un gouvernement solidaire en 2022 n’est pas une possibilité réelle, point besoin pour QS de s’enfarger dans les fleurs du tapis.

Pour sa part, le Parti québécois est loin d’avoir un plan de match défini. En congrès à Trois-Rivières, les péquistes ont adopté une simple déclaration de principes où le parti s’engage « à tout mettre en oeuvre pour mener le Québec à son indépendance nationale ». Son action politique « se concentrera sur la fondation d’un pays, non pas sur la gestion ordinaire d’une province ». C’est vague et bon enfant : rien de concret n’est encore arrêté. Ce sera à son prochain chef de voir à la suite des choses. L’élection de 32 députés du Bloc québécois apporte certes un baume au PQ, mais on ne peut associer cette renaissance à une montée indépendantiste, d’autant plus que le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, veut essentiellement faire fonctionner le Parlement fédéral.

Sur les lignes de côté s’est placée la députée « souverainiste indépendante » Catherine Fournier, qui publie un nouveau livre intitulé Le projet Ambition Québec : s’organiser pour l’indépendance. Selon l’élue, la promotion de l’indépendance passera par des initiatives non partisanes, par une « flotte » plutôt que par un « vaisseau amiral ». Huit mois après sa démission du PQ, on ne peut pas dire que sa vision s’est incarnée dans la réalité.

Pour l’heure, QS est peut-être plus indépendantiste que jamais — on peut d’ailleurs se demander ce qu’en pensent les gauchistes internationalistes dans ses rangs —, mais la rivalité belliqueuse qu’il oppose au PQ n’a pas baissé d’un cran. La réalité, c’est que les indépendantistes resteront profondément divisés tant que QS et le PQ se regarderont en chiens de faïence.

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55 commentaires
  • Roger Gobeil - Inscrit 19 novembre 2019 03 h 49

    Un bon film

    Ouf... ce n'est pas demain la veille. Toute cette histoire ferait un bon scénario de film surréaliste. Une chance que Legault et la CAQ sont là pour gérer avec réalisme le Québec.

  • Raymond Labelle - Abonné 19 novembre 2019 03 h 56

    Poser des gestes anti-constitutionnels élus par une minorité est anti-démocratique.

    Un gouvernement de QS pourrait être élu avec moins de 50% des voix. Il est en fait rare qu'un gouvernement soit élu avec 50% ou plus des voix..

    Considérer alors avoir le mandat de poser des gestes allant contre la Constitution et avec l'idée de pousser le homard dans la cage de la souveraineté est anti-démocratique.

    Les gestes d'indépendance ne peuvent démocratiquement être posés qu'après un référendum victorieux portant sur cette question.

    • Pierre Bernier - Abonné 19 novembre 2019 11 h 10

      Que fit le gouvernemnt fédéral en 1982 ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 19 novembre 2019 14 h 39

      @Raymond Labelle,

      "Les gestes d'indépendance ne peuvent démocratiquement être posés qu'après un référendum victorieux portant sur cette question." - Raymond Labelle

      Le Québec s'est fait encu.. par les libéraux durant 15 ans, et ils n'ont pas eu besoin ni d'une majorité de 50%+1, ni de référendum pour le faire. Le politique n'est pas le légalisme. D'ailleurs, dans la loi du DGEQ, les référendum ne sont que consultatifs. Un gouvernement peut procéder en toute légalité avec une majorité simple de députés.

      « Il y a trois manières de faire l'indépendance : par la guerre, par référendum ou par un vote de l'Assemblée nationale » — Jacques Parizeau

    • Jacques Patenaude - Abonné 19 novembre 2019 18 h 08

      Bon vous avez raison Le Québec s'est fait encu" par les libéraux durant 15 ans, et ils n'ont pas eu besoin ni d'une majorité de 50%+1, ni de référendum pour le faire. Le politique n'est pas le légalisme". Là-dessus on s'entend mais dites moi. Que devrions nous faire si le gouvernement fédéral exige que nous payons nos impôt directement en se rappelant que ce sont pour les employés une retenue automatique sur nos paient. Devrions-nous demander que le fédéral nous rembourse ? Que fait-on si le système juridique refuse de se prononcer sur les lois votée par le parlement du Québec car elles n'ont pas été sanctionnée par le Lt-gouverneur? et enfin que ferait-on si le référendum sur la constitution était rejeté?
      Je m'excuse si je vous soumet des questions aussi triviales mais ça peut quand même en inquiéter quelques uns.

    • Raymond Labelle - Abonné 19 novembre 2019 21 h 23

      En toute légalité? Il s'agit ici de faire exprès d'aller au-delà des pouvoirs prévus par la constitution actuelle - ce qui est illégal.

      Mais au-delà de la légalité, il s'agit de se diriger vers l'indépendance de facto avant même que la population ne se soit prononcée sur la question, ce qui pose un problème de légitimité et constitue une entorse sérieuse aux principes démocratiques.

      Quant aux agissements de tel ou tel gouvernement à l'intérieur de sa juridiction, c'est une question d'une autre nature, même quand on réfère à de mauvais agissements. Il est vrai qu'un gouvernement a beaucoup de latitude pour agir à l'intérieur de sa juridiction - nous ne sommes pas dans une démocratie directe. Mais on peut quand même dire que le parti élu a une orientation générale identifiable est qu'il est élu en fonction de cette orientation générale identifiable - on a une idée générale de l'orientation du PLC, du parti conservateur, du NPD ou du parti vert, même si les situations précises sont difficiles à prévoir. Et il y a possibilité de sanction aux élections suivantes.

      Faire l'indépendance est une question structurelle fondamentale et précise qui requiert une consultation ciblée - d'autant plus que c'est difficilement réversible.

      La démocratie représentative a ses bons et ses mauvais côtés, ça pourrait être une longue discussion mais quoiqu'il en soit, on ne devrait pas invoquer ses moins bons côtés comme justification à des pratiques anti-démocratiques sur des décisions aussi fondamentales que l'indépendance.

    • Raymond Labelle - Abonné 20 novembre 2019 08 h 14

      "Que fit le gouvernemnt fédéral en 1982 ?" PB

      Le fait que nous n'ayons pas choisi notre constitution ne rend pas légitime de faire l'indépendance de facto avant un référendum. La population ne préférerait pas nécessairement la faire à partir de la situation actuelle. Faire l'indépendance c'est plus qu'amender une constitution seulement et de prévoir tel ou tel droit, c'est amputer un État et en créer un autre.

      On peut ne pas être d'accord avec la constitution de 1982 mais il faut reconnaître que, comparé à la situation précédente, celle-ci a eu pour effet de préserver de façon plus ferme les droits fondamentaux, par un texte au-dessus des parlements fédéral et provinciaux, qui ont quand même la possibilité d'y déroger par l'usage de la clause dérogatoire, conçue pour être une sanction politique. Et on peut encore limiter les droits fondamentaux, sans avoir recours à la clause dérogatoire, si une telle limite est "raisonnable dans le cadre d'une société libre et démocratique".

      Ce n'est pas tellement ce qui est dans la constitution de 1982 qui peut choquer une tranche politique au Québec que ce qui n'y est pas - limites au pouvoir fédéral de dépenser en matière de juridiction provinciale, droit de retrait avec compensation financière, pouvoirs en matière de culture et d'immigration, droit de véto en matière d'amendement, etc. Suite aux promesses du camp du NON en 1980, on s'attendait à plus pour le Québec, à certaines reconnaissances particulières. Mais, encore une fois, il s'agit de ce qui n'est pas dans la constitution de 1982 et non de ce qui y est.

      Mais même dans l'hypothèse où on aurait eu un texte différent raisonnable pour le Québec et ayant obtenu son accord, cela serait demeuré le fruit d'une entente entre gouvernements.

    • Raymond Labelle - Abonné 20 novembre 2019 08 h 41

      « Que fit le gouvernemnt fédéral en 1982 ? » PB

      N’oublions pas que l’accord de Charlottetown a été soumis à un référendum. En gros, il s’agissait de Meech, plus certains autres éléments (autochtones, sénat). Et que ça a été rejeté. Si ça avait passé, nous aurions eu à peu près ce qui était dans Meech.

      La mémoire étant une faculté qui oublie de manière sélective et se surrappelle avec biais cognitifs (merci M. Therrien!), rappelons-nous ceci.

      Avant que l’accord de Meech n’échoue, celui-ci était considéré avec mépris par les indépendantistes. Mais son échec a été présenté comme une chose terrible par les indépendantistes et aussi, bien sûr, par les partisans sincères de l’accord. Cet échec a ravivé la flamme nationaliste.

      L’une des critiques pan-canadienne contre Meech était qu’il avait été négocié derrière des portes closes – d’où le référendum sur l’accord de Charlottetown.

      Or, les indépendantistes ont mené une campagne active contre l’accord de Charlottetown, qui aurait donné au Québec le contenu de Meech – ça n’était pas assez selon eux. C’était la supposée première période vers l’indépendance – il fallait s’assurer de ne pas arriver à un accord satisfaisant le Québec.

      Et ça a été rejeté aussi dans d’autre provinces, mais pour d’autres raisons – entre autres peut-être parce qu’on trouvait peut-être que le Québec avait trop.

      Tout ceci pour dire qu’il est difficile d’interpréter le résultat négatif d’un référendum sur la constitution – rejeté parce que trop ou parce que pas assez? À propos de ceci ou de cela? Parce qu'on préfère le statu quo ou parce que la proposition ne s'en éloigne pas assez?

      Lorsque c’est accepté, c’est plus clair – même si certains peuvent moins aimer tel ou tel élément, ceux qui ont voté pour acceptent au moins l’ensemble.

    • Gilles Théberge - Abonné 20 novembre 2019 10 h 19

      Non seulement QS risque d'être élu avec moins de 50%+1 des votes mais monsieur Dutrisac pose une bonne question. Que pensent « les gauchistes internationalistes dans ses rangs »...

      À cela on peut en rajouter d'autres. Ainsi par exemple que pensent les anglos membres de QS, qui sont littéralement malades de penser à un Québec indépendant...

      Que pensent les 40% de membres de QS qui sont fédéralistes. Incluant ceux qui ont voté pour le NDP, privant le Bloc d'une pluralité de députés au parlement fédéral...

      ET que pensent tous les membre de QS qui, ici entre autres, se fendent en analyses toutes plus Sybillines, pour dire une chose est son contraire au sujet de l'Indépendance...

      Il est certain que les gestes posés sont des gestes forts et le signe d'une volonté des Québécois de rompre avec le pouvoir colonialistes canadien, ce qu'il est en réalité.

      Mais pour ça, il faudra que la volonté du peuple s'exprime clairement et formellement. Et ce n'est pas avec une guerre telle celle qui existe entre QS et le PQ qu'on y parviendra.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 novembre 2019 12 h 35

      @Gilles Théberge,

      Que pensent « les gauchistes internationalistes dans ses rangs » - Gilles Théberge

      On voit bien que Dutrisac est complètement déconnecté de se qui passe dans la gauche.

      C'est depuis l'UFP (2002) que cette question est réglée dans nos rangs, puisqu'un Québec indépendant pourrait justement s'affirmer en tant que pays à l'échelle internationale, ce qu'il fait difficilement en tant que province, qui plus est, soumis aux politiques néolibérales et pétrolières du Canada.

      "Que pensent les 40% de membres de QS qui sont fédéralistes. Incluant ceux qui ont voté pour le NDP" - Gilles Théberge

      Québec solidaire était déjà indépendantiste aux élections de 2018 et ce n'est pas tout le monde qui ne comprend pas que l'indépendance se décide au référendum et non aux élections.

      Et d'ailleurs, Québec solidaire n'est pas en guerre contre le PQ, ce sont les péquistes qui se déchainent en insultes, mensonges et en dénigrements, parce que Québec solidaire s'affirme davantage sur la question nationale et qui expriment leur frustrations d'avoir mal joué la partie en repoussant encore une fois l'idée d'un référendum dans un premier mandat.

      Aujourd'hui comme hier, pour les péquistes, leurs erreurs, sont toujours la fautes des autres.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 novembre 2019 12 h 42

      @ Raymond Labelle



      "En toute légalité? Il s'agit ici de faire exprès d'aller au-delà des pouvoirs prévus par la constitution actuelle - ce qui est illégal." - Raymond Labelle

      Je retire illégal, c'était mal formulé.

      Par conrtre, une fois élu, le gouvernement agit avec la légitimité démocratique de son élection. Qui plus est, quand il a déclaré ses intentions avant d'être élu comme Québec solidaire vient de le faire publiquement et médiatiquement lors de son Congrès.

      Nul ne pourrait prétendre ne pas avoir voté en toute connaissance de cause avec une telle diffusion de cette information. C'est donc ici que s'opposent légitimité et légalité.

    • Raymond Labelle - Abonné 20 novembre 2019 17 h 40

      M. Montmarquette, il ne suffit pas qu'une minorité vote en connaissance de cause au cours d'une élection générale pour faire l'indépendance ou des gestes d'indépendance nous y menant irrévocablement - ça prend un référendum sur cette question qui a l'appui de la majorité de la population.

      Faire l'indépendance n'est pas comme appliquer un programme proposé dans le cadre de sa juridiction en campagne électorale.

      Pour appliquer un tel programme, oui il y a légitimité démocratique - les gens qui ont voté pour ce parti ont voté à cause de ce programme, et le parti est au pouvoir - ne pas appliquer le programme trahirait les gens qui ont voté pour lui, même si le parti n'a pas obtenu 50% des votes - j'en conviens.

      Mais faire l'indépendance n'est pas un élément de progamme comme un autre.

    • Raymond Labelle - Abonné 20 novembre 2019 23 h 59

      CM, je précise et nuance. Si un parti est élu en demandant le mandat de faire un référendum sur l'indépendance, et donc la réaliser en cas de résultat positif, il est légitime que ce parti mobilise l'appareil d'État pour préparer l'indépendance. Par exemple, le plan "O" de Parizeau, préparer l'équipe de négociation avec le gouvernement fédéral, préparer les délégations du Québec pour les appuis internationaux, etc.

      Voire, ne pas le faire serait irresponsable. Non seulement légitime de le faire, mais même un devoir.

      Là où il ne faut pas dépasser la ligne rouge, c'est dans la prise des possession de pouvoirs d'un État souverain, non encore détenus par le gouvernement, avant même d'avoir obtenu un résultat positif dans un référendum sur la souveraineté. C'est ce type d'action que je qualifie d'anti-démocratique. Car on fait quelque chose que seul le mandat d'un référendum permettrait de faire, avant même d'en avoir le résultat.

  • Clermont Domingue - Abonné 19 novembre 2019 05 h 01

    Rien d'interdit,

    L'irréel c'est du rêve et le rêve ça peut durer longtemps.

  • Robert Bernier - Abonné 19 novembre 2019 05 h 31

    Finir de tuer le PQ

    La voie politique empruntée par QS est évidente: achever le PQ. Aux dernières élections QS a viré "full écologie" et est allé chercher une part importante de la jeunesse, une jeunesse qui n'a pas tant de connaissance politique que l'on pense. Avec ce virage "full indépendance", QS ira chercher la part "caribous" qui loge encore au PQ. Peu importe que la jeunesse qu'on a ravie en 2018 ne soit pas très nationaliste-indépendantiste, QS n'a de toute façon pas l'intention réelle de faire ce qu'il dit. Le but est de porter le coup d'estoc au PQ. Après "on verra".

    • Claude Bariteau - Abonné 19 novembre 2019 10 h 35

      À vous lire, on peut être tenté de voir QS en crypto-fédéraliste chargé de porter le coup fatal au PQ, ce que le PM Trudeau-père a cherché à faire en utilisant le FLQ comme levier après la création du PQ.

      Ça n'a pas marché, le PQ étant élu en 1976 après les scandales qui ont marqué le PLQ sous Bourassa. Sauf que Trudeau est revenu à la charge en 1980, puis Chrétien en 1995 qui, se croyant en guerre, fit tout pour stopper la mobilisation autour du PQ en recourant à des tactiques anti-démocratiques.

      Depuis, on est dans le « on verra ».

      Le PQ se cherche et QS s'affirme comme promoteurs de gestes de ruptures et fait de la rédaction d'une constitution par des constituants l'acte créant l'État indépendant du Québec alors que cette création peut se faire bien avant par une décision du peuple québécois.

      Être dans l'« on verra », c'est être dans le Canada. Aussi dans la province de Québec. Nulle part part ailleurs quand précisément il importe d'être ailleurs, là où les choses qui nous concernent se passent.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 19 novembre 2019 15 h 46

      « QS s'affirme comme promoteurs de gestes de ruptures et fait de la rédaction d'une constitution par des constituants l'acte créant l'État indépendant du Québec alors que cette création peut se faire bien avant par une décision du peuple québécois. » C. Bariteau

      Effectivement, Québec Solidaire place l’Assemblée Constituante comme pièce maîtresse pour donner naissance à l’État indépendant du Québec. Est-ce le scénario présupposé par QS que l’histoire choisira?

      Ou est-ce que le peuple choisira de fonder l’État québécois en dehors d’un scenario « institutionnel »? Sans attendre «qu’un parti » le convoque par voie institutionnelle. C’est possible. Cependant, pour supposer un tel processus, il faut supposer une profonde crise politique et constitutionnelle et d’immenses soulèvements populaires durables.

      L’exemple actuel du Chili illuste.... que c’est possible! Que les mouvements sociaux sont plus à gauche que les partis qui disent les représenter.
      À Santiago, il y a un mois, suite à la hausse du tarif des billet de métro, des étudiants de lycées, pour protester, ont sauté les tourniquets sans payer. Le lendemain, des milliers et des millions de chiliens et de chiliennes qui sont sortis dans rue. Cette révolte et les manifs durent depuis un mois à Santiago et tout le pays. C’est la vie chère, imposée par l’économie néolibérale depuis 50 ans qui est remise en question! Le raz-le-bol de l’injustice sociale et de la corruption de la classe politique et économique est au coeur de la révolte.

      Incapable de contrôler par la répression la colère du peuple, le gouvernement Piñera a reçu l’accord des partis d’opposition pour appeler une AC en octobre 2020. Mais la « classe politique » a tellement perdu de crédibilité que les manifestants voient la manipulation sous cet appel venu d’en haut.... Il n’y aurait pas à se surprendre, que les manifestants, s’appuyant sur leurs propres organisations ne convoquent un Assemblée Constituante populaire!

  • Yvon Montoya - Inscrit 19 novembre 2019 06 h 15

    C’est vraiment du Groucho Marx en politique. Il ne reste plus qu’aux militants de QS a apprendre le catalan puisque ils apprécient en politique la sauce catalane. Il n’y a pas de vrai Parti de Gauche au Quebec, juste du folklore. Au moins on peut dormir en paix face a tant d’amateurisme intellectuel et culturel, et Je ne parle pas de politique.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 19 novembre 2019 15 h 36

      Pour une fois, je suis d'accord avec vous. Champagne!!!