Maxime Bernier, un dangereux agitateur

En annonçant la création de son parti à la mi-septembre, le député beauceron Maxime Bernier portait son populisme avec fierté. Ce serait un « populisme intelligent basé sur des réformes sérieuses » inspirées par des politiques publiques « bien songées ». Il n’a tenu parole qu’à moitié. Il est bel et bien populiste, mais de la pire mouture.

On ne peut reprocher à un citoyen de choisir des moyens démocratiques pour défendre ses idées, et M. Bernier n’a pas chômé. Au début de novembre, il avait recruté plus de 33 000 membres, récolté plus de 300 000 $ et affirmait avoir déjà 100 organisations locales en gestation ou sur pied.

On peut l’en féliciter, mais les éloges doivent s’arrêter là, car nombre d’idées qu’il défend depuis cet été sont inquiétantes. Dans un discours donné samedi dernier à Calgary à l’invitation du controversé groupe Rebel, le chef autoproclamé du Parti populaire du Canada (PPC) n’a fait que courtiser les franges les plus à droite de la mouvance conservatrice.

Sur l’immigration, il persiste à dénoncer une politique qui vise, selon lui, « à modifier de force le caractère culturel et le tissu social du Canada ». À son avis, « plus il y aura d’immigrants, plus il sera difficile de les intégrer dans notre société et plus grandes seront les perturbations sociales et culturelles ». La solution qu’il avance pour le moment : réduire le nombre d’immigrants accueillis chaque année.

Il n’hésite pas à alimenter les préjugés et les peurs irrationnelles. Dimanche, il diffusait sur Twitter une vidéo montrant une foule pakistanaise déchaînée s’opposant à la libération de la chrétienne Asia Bibi, accusée de blasphème. « Le multiculturalisme radical est la croyance erronée selon laquelle toutes les valeurs et les cultures peuvent coexister dans une société. C’est impossible. Nous devons protéger notre société contre ce type de barbarie », ajoutait-il. Comme si cette barbarie était à nos portes, comme si de tels appels à la haine et au meurtre étaient tolérés ici. De la pure démagogie incendiaire.

Au sujet des changements climatiques, il a de nouveau mis en doute le consensus scientifique sur le fait que l’activité humaine serait responsable de l’excès de production de CO2. Des scientifiques sont d’un autre avis, dit-il. M. Bernier étant incapable de trancher, sa politique « songée » sera d’abandonner l’Accord de Paris et de n’ajouter « aucune nouvelle taxe, réglementation ou subvention […] pour lutter contre les changements climatiques ».

Sa position sur l’Accord de Paris est cohérente avec sa politique étrangère, marquée par un fort mépris pour les Nations unies et une absence totale d’esprit de solidarité envers les plus démunis de la terre. Avec lui, il n’y aurait plus d’aide canadienne au développement, point.

Sur le front économique, pas de surprise. M. Bernier n’a jamais caché sa foi en un État réduit à sa plus petite taille, son opposition farouche à la gestion de l’offre et aux subventions aux entreprises et son souhait d’instaurer un taux d’imposition unique et de mettre fin à la péréquation.

Il prétend vouloir traduire ces grands énoncés en politiques « favorables à tous les Canadiens ». Mais tenir compte de tous les Canadiens signifie aussi penser aux enfants et à leur avenir, donc de voir à long terme, ce que ses propos contredisent.

En rognant l’État, en rejetant la lutte contre les changements climatiques, en instillant la peur de l’autre et en nourrissant la division, M. Bernier montre son vrai visage. On le savait idéologue, on le découvre en politicien à courte vue, prêt à bien des bassesses pour faire le plein d’appuis. Il est heureux qu’il n’ait pas été élu chef du Parti conservateur l’an dernier, mais il est malheureux qu’il importe sur le terrain politique canadien un discours aussi délétère.

33 commentaires
  • Marilou Bourdages-Longpré - Inscrite 16 novembre 2018 01 h 05

    Ramassis de conneries gauchistes.

    Une fois de plus, on voit très bien la propension au journal Ledevoir à manipuler l'information de sorte à diaboliser des personnages comme messieurs Trump et Bernier afin de se conforter dans leurs idéologies naïves de gauche. Une personne moindrement bien informée auprès de médias non conventionnels et surtout non-financés par l'État sait très bien que l'immigration est une menace bien réelle à la conservation de la culture et de la langue ainsi que de la laïcité des nombreux pays qui subissent actuellement cette invasion massive qui est loin de se terminer puisque le pacte d'immigration de l'ONU serra signé le mois prochain, ouvrant grand nos frontières à des millions de dangereux islamistes, de leur violence, de leur culture violence et de la charia qui l'accompagne. Des hommes tels que ceux mentionnés plus tôt sont les rares personnes qui ont pris cette menace au sérieux et qui ont une chance de nous sauver de ce tragique destin. J'espère que le maximum de personne prendront vite conscience que les journaux de propagande tel que le devoir ne sont la que pour servir les intérêts des maîtres qui les paient, et non le peuple.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 16 novembre 2018 10 h 07

      Si le politicien dont on parle est de ceux qui peuvent nous protéger des dangers qui nous menacent, comment expliquer que c’est le genre de personne qui oublie des documents top-secrets de l’OTAN dans l’appartement de la guidoune qui lui servait de maîtresse ?

      Une guerre avec la Russie, ferait-elle moins de morts qu’une invasion de réfugiés latino-américains ?

    • Christian Dion - Abonné 16 novembre 2018 10 h 45

      On sait qu'une frange importante des supporteurs Trump sont ingnorants et sous-scolarisés.Des discours simples en 144 caractères sans substance avalisés par des simplets. Peu-on en conclure la même chose quant à ceux de Bernier?
      L'ignorance engendre la peur.
      Christian Dion,abonné

    • Denis Vallières - Abonné 16 novembre 2018 12 h 53

      Voilà un commentaire qui transforme les peurs irrationnelles en réalités et les opinions en vérités. Sachant qu'une pétition pour faire sortir le Canada du pacte sur les réfugiés est actuellement parrainée par Maxime Bernier, le parti pris qui se fait passer là pour de l'objectivité n'est même pas subtil. Certaines formulations semblent tout droit sorties de sites Web d'extrême-droite, telles : " l'immigration est une menace bien réelle"; l'"invasion massive " qu'on subira; "des millions de dangereux islamistes" à nos frontières; "ce tragique destin" dont vont nous sauver ces hommes (!); etc.

    • Martin Bouchard - Abonné 16 novembre 2018 18 h 03

      À Mme Marilou: ouf er réouf! La SQDC est ouverte aujourd'hui. Allez vous chercher un petit joint et relaxer un peu! Ça va calmer un peu vos idées complotistes!

    • Jean-Henry Noël - Inscrit 17 novembre 2018 10 h 10

      L'immigration est le fer de lance de la CAQ aussi. idem pour le multicuralisme. Oserait-on qualifier monsieur Legault de populiste ?

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 16 novembre 2018 03 h 29

    L’agitation autour d’un agitateur

    Celui dont parle Mme Cornellier fait partie des politiciens qui se nourrissent de la controverse qu’ils créent.

    Le moins qu’on en parle, le mieux c’est pour tout le monde.

    • Odette Bernier - Abonnée 16 novembre 2018 13 h 55

      Coudonc, Madame, êtes-vous native d'Hérouxville ou propagandiste de Trump? Au cas où vous l'ignorez, le Devoir est le seul journal québécois indépendant financé par ses abonnés. Journal gauchiste dites-vous? Vous me faites rire. Et vous, quels sont vos sources d'informations? Médias sociaux? Votre entourage? Fox News aux USA? D'où vous vient cette étroiture d'esprit? J'imagine que vous étiez contente du massacre des musulmans à la mosquée de Québec qui fut perpétré, soit dit en passant, par un des nôtres, jeune homme blanc, catholique, non musulman. Voilà où la fermeture d'esprit peut conduire â pareil geste. L'auteur de cette tuerie s'est laissé embrigadé par des propos qui ne font qu'engendrer la peur et la haine. Avez-vous tant peur que les immigrés volent nos jobs? Il paraît qu'en Beauce il manque de main d'œuvre. C'est leur religion rt ou leur culture qui vous dérange? Pourquoi cette peur? Réfléchissez. Au delà de la politique il y a l'humanisme. Bonne journée.

    • André Joyal - Inscrit 16 novembre 2018 19 h 34

      Mme Bernier ! À quelle madame vous vous en prenez avec autant de virulence? Rien à voir avec Monsieur. J. P. Martel qui, aux dernières nouvelles, était toujours un homme... pro-immigration ( voire musulmane).

  • Gaston Bourdages - Inscrit 16 novembre 2018 05 h 08

    Pourquoi le populisme existe-t-il ?

    Comment un être humain en arrive-t-il à épouser une telle philosophie qui semble pour et chez certaines personnes se métamorphoser en doctrine. J'ai fouillé un peu pour obtenir des informations sur le groupe Rebl que vous citez madame Cornellier. Je n'ai rien trouvé. J'ai le sentiment que monsieur Bernier est aussi assoiffé de pouvoir ( s ) et qu'il table sur le désabusement, le désenchantement, le cynisme pour faire passer ses messages avec des idées... je dirais même narcissiques. Je soupçonne que monsieur Bernier aime être applaudi. Se peut-il qu'il en vienne à être un copier/coller des comportements de monsieur Trump ?
    J'appréhende....
    Gaston Bourdages,
    Saint-Mathieu-de-Rioux.

  • Gilles Bousquet - Abonné 16 novembre 2018 06 h 42

    "Maxime Bernier, un dangereux agitateur" ?

    Pourquoi le désigner " agitateur et dangereux" ? Peut-petre dangereux pour l'environnement, pour le Parti conservateur et pour le filet social mais, est-ce qu'il s'agite plus que d'autres politiciens qui ne sont pas qualifiés d'agitateurs, eux ?

  • Gilles Delisle - Abonné 16 novembre 2018 08 h 52

    Des propos fort justes!

    Dans nos societes, il y a eu de grands hommes et de grandes femmes qui ont marqué l'histoire de leur empreinte. Ainsi, ici au Qu/bec, il y a eu des Lévesque, des Parizeau et plus récemment, des Landry. Mais il y a aussi des politiciens-crétins qui croient passer a l'histoire par leurs décisions imbéciles et saugrenues. Maxime Bernier est de cette mouture!