Politique familiale: mères au travail

Une étude dévoilée mercredi par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) montre que la rémunération horaire des femmes québécoises par rapport aux hommes a manifestement progressé depuis 1998. Une autre étude, rendue publique le même jour par Statistique Canada, établit qu’en 20 ans, la participation au marché du travail des femmes ayant de jeunes enfants s’est considérablement accrue au Québec, dépassant nettement celles des Ontariennes dans la même situation.

Ceci ne peut s’expliquer que par les politiques familiales du Québec, notamment les services de garde à contribution réduite. Les mères ontariennes doivent payer le gros prix pour confier leurs enfants à des garderies commerciales non subventionnées, ce qui éloigne nombre d’entre elles du marché du travail.

En 1996, en pourcentage, moins de Québécoises que d’Ontariennes, avec enfants ou non, travaillaient (70 % contre 75 %). Mais depuis, la proportion de femmes actives sur le marché du travail au Québec a grimpé de 11 %, tandis qu’elle est restée stable en Ontario. Cette hausse est due aux mères qui ont recours aux services de garde. De fait, la plus forte augmentation s’observe chez les Québécoises dont le plus jeune enfant est âgé de moins de trois ans, qui ont vu leur participation au marché du travail bondir de 19 %, passant de 61 % à 80 %, tandis qu’en Ontario, cette participation ne gagnait que 4 points de pourcentage, pour s’établir à 70 %.

En ce qui a trait au salaire horaire, les femmes québécoises gagnent aujourd’hui tout près de 90 % du salaire des hommes, une hausse de 5 points de pourcentage en 20 ans. Au Québec, les mères ayant deux enfants ont la même rémunération horaire que les femmes sans enfant, tandis qu’il existe un écart considérable en Ontario et en Alberta (12 points). La plus grande présence des mères québécoises sur le marché du travail pourrait expliquer cette différence.

Dans son étude, Statistique Canada note que le taux de fécondité du Québec dépasse celui de l’Ontario depuis 2005 après avoir été similaire pendant 40 ans. Il atteint 1,59 enfant par femme en 2016 contre 1,46 chez nos voisins. Là encore, l’accès à des services de garde à faible coût et le programme d’assurance parentale, plus généreux au Québec qu’en Ontario, peut expliquer cet essor.

Plus de Québécoises dans la vingtaine sont en couple et elles ont davantage d’enfants que les jeunes Ontariennes. L’agence avance que la plus grande acceptation sociale de l’union libre au Québec (le choix de 79 % des femmes dans la vingtaine qui sont en couple, contre un peu moins de 50 % en Ontario) facilite la formation de familles chez les jeunes.

Quoi qu’il en soit, à l’approche des élections, le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec devraient y penser deux fois avant de nuire davantage aux services de garde à contribution réduite. Ces deux études confirment que nos politiques familiales donnent de bons résultats en facilitant l’accès des femmes au marché du travail. C’est un atout économique, certes, mais c’est surtout une question d’égalité et de justice sociale.