Fiasco de la Formule E: honte à Coderre

L'ego démesuré de l’omnimaire Denis Coderre, jumelé au manque de courage de son comité exécutif, a pesé lourd dans le fiasco de la Formule E.

Le rapport rendu public lundi par le Bureau de l’inspecteur général (BIG) a confirmé avec moult détails révoltants ce que l’on savait déjà.

Le cabinet du maire Coderre pilotait le dossier de la Formule E du premier au dernier virage tortueux. L’organisme à but non lucratif (OBNL) Montréal c’est électrique n’était qu’une coquille vide dirigée par un gestionnaire fantoche, Simon Pillarella, dont l’utilité était de servir de paravent pour le promoteur Evenko, que le maire souverain avait choisi pour organiser la course.

Denis Coderre devrait avoir honte. Au contraire, il pousse le narcissisme à la limite de la perversion en reprochant à la nouvelle mairesse, Valérie Plante, d’avoir tiré un trait sur la Formule E trop vite pour qu’elle soit rentable.

Montréal c’est électrique n’avait ni l’expertise ni la légitimité pour faire la promotion de l’électrification des transports et améliorer le bilan environnemental de la métropole. Sa création résultait d’une manoeuvre grossière du cabinet du maire pour faire indirectement ce que la loi municipale ne lui permettait pas de faire directement, soit subventionner Evenko. Les leçons à tirer de ce scandale sont nombreuses.

Pour les maires : le fiasco de la Formule E invite à la modestie. Ils devraient s’abstenir de jouer aux promoteurs, un rôle dans lequel ils sont historiquement mauvais.

Pour le comité exécutif : ses membres élus sont redevables à la population, et ils doivent prendre leur rôle plus au sérieux. Dans le dossier de la Formule E, ils ont avalisé bêtement le plan du maire. Ils auraient dû exiger les avis juridiques, remplis de mises en garde, qu’on leur a cachés.

Pour le gouvernement du Québec : il doit en faire plus pour freiner l’usage des OBNL pour dépenser des fonds publics en toute opacité dans le monde municipal. Les mesures proposées dans la réforme de la loi sur l’accès à l’information sont nettement insuffisantes.

Pour le BIG : l’inspecteur Denis Gallant a du travail à faire pour élucider les liens qui unissaient l’ex-maire Coderre à Evenko, auquel l’administration a pratiquement sous-loué pour presque rien le parc Jean-Drapeau, saccagé au préalable pour satisfaire aux exigences du promoteur.

Pour la mairesse Plante : elle peut déjà resserrer les règles administratives entourant le recours aux OBNL et leur financement par la Ville de Montréal, et continuer d’exiger que la pleine lumière soit faite sur la filière Coderre-Evenko.

11 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 31 mai 2018 05 h 42

    Votre pertinente réflexion, monsieur Myles, sur...

    ...l'usage que peuvent faire des politiciens d'OBNL m'amène à penser à l'OBNL prévue à La Presse. Comment tout cela se fera-t-il si elle se réalise ?
    Est-il possible de faire de la politique tout en respectant ce qui est dit comme étant moral, ? « Moral » m'étant synonyme de propreté, d'honnêteté, de transparence, de vérité, de probité voire même de vertu.
    Une action, un geste dit légal peut être à la fois être combien immoral ! Pire encore lorsque cette action va à l'encontre du bien commun.
    Monsieur Coderre est certainement passé tout droit dans une courbe de sa course.
    Gaston Bourdages,
    Saint-Mathieu-de-Rioux, Qc.

  • Patrice Godin - Abonné 31 mai 2018 07 h 41

    Bémol

    Et par chance, la population n'a pas voté pour Coderre, avec un bémol...

    • Mario Jodoin - Abonné 31 mai 2018 08 h 42

      Comme M. Myles nous avait incité à le faire (je sais que c'est ce que votre commentaire signifie)! Il aurait pu ainsi ajouter son nom aux personnes qui ont des leçons à tirer de ce scandale...

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 31 mai 2018 08 h 27

    Et vlan !

    N'oublions pas que Denis Coderre a été formé par les libéraux du scandale des commandites. Ce pourri ne pourra plus revenir en politique. Je ne sais pas qui va encore l'écouter à la radio.

  • Colette Pagé - Abonnée 31 mai 2018 09 h 20

    OBNL souvent associé au, patronage et à une mauvaise gestion .

    Ou comment faire indirectement ce que la Loi nous empêche de faire directement. Ce n'est pas d'aujourd'hui que les Villes afin d'échapper notamment aux appels d'offres empruntent cette voie pour ne pas avoir à rendre compte de la gestion et de l'argent dépensé. Dans de nombreuses villes, des OBNL sont créés pour subventionner des équipes de hockey de la Ligue Junior majeure du Québec dans le cadre d'entente commerciale qui èchappe à l'obligation de transparence.

    Désormais pourquoi ne pas exiger que lorsqu'un OBNL reçoit de l'argent public qu'il soit tenu de rendre ses états financiers publics et qu'ils soient tenus en regard de l'octroi de contrats de suivre de bonnes pratiques.

    Avec les années de pouvoir se pourrait-il que le Maire Coderre ait oublié de méditer la fable de La Fontaine sur la grenouille voulant devenir plus grosse que le boeuf. Et pouf ! Un choc électrique et le rêve part en fumée.

    • Serge Lamarche - Abonné 31 mai 2018 14 h 09

      Intéressant d'apprendre que la magouille de Coderre était une magouille ordinaire poussée un peu plus loin.
      Quand même: il y a eu une formule E à Montréal!

  • Solange Bolduc - Inscrite 31 mai 2018 10 h 07

    Et pourtant , Brian Myles nous avait recommandé de voter pour Coderre !

    Ainsi donc, le sort en est jeté: Valérie Plante pourra continuer à se promener en limousine, et s'émousser encore longtemps d'un rire ridicule, mais triomphant!

    J'ai quand même voté pour la mairesse, parce que je la trouvais allumée, et surtout que je ne voulais rien savoir de Coderre !

    Maintenenat que je sais que Plante est une multiculturaliste à temps plein, pour le bilinguisme patent, et une inclusive, elle va nous mener où? Elle ne sera pas mieux que Coderre en ce sens , pire peut-être ? On verra la suite !...

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 31 mai 2018 13 h 13

      M. Brian Myles n'est pas devin.

    • Serge Lamarche - Abonné 31 mai 2018 14 h 10

      Promouvoir l'anglais n'est pas du multiculturalisme!

    • Solange Bolduc - Inscrite 31 mai 2018 21 h 22

      Bien sûr que je sais bien que M. Myles est loin d'être devin, M. Le Blanc, sinon il aurait prédit ce que l'on apprend maintenant au sujet de l'ancien maire Coderre qu'il a appuyé! De plus, notre Directeur du Devoir n'aurait certainement pas cherché à influencer notre vote, dans son éditorial, en l'appyant, et surtout au détriment de Valérie Plante !