L’Hôtel-Dieu de Québec: la vie du Vieux

La dernière volte-face de Régis Labeaume pourrait en cacher une autre plus intéressante encore.

Le maire de Québec a en effet indiqué récemment qu’il penchait désormais pour le maintien de l’Hôtel-Dieu dans le Vieux-Québec. En mars, rappelons-le, il s’était dit favorable à son déménagement dans Limoilou. Il faut dire que Pauline Marois venait d’effectuer son étonnante sortie pour le déménagement, la construction d’un « hôpital neuf » ; sortie fondée sur aucune étude, mais qui avait eu l’effet de stopper net le projet de rénovation de l’hôpital, pourtant bien engagée depuis 2005. Depuis, le gouvernement a remis les boeufs devant la charrue, réclamant deux études pour évaluer sa décision. Et le voilà qui hésite. Normal, une de ces deux études a été remise au ministre et démontre que le projet de Limoilou (l’Enfant-Jésus) impliquerait d’importants coûts supplémentaires. Plus d’un milliard de plus, soutenait l’ancien ministre Yves Bolduc ; et cela ne comprend pas le changement de vocation de l’édifice de l’Hôtel-Dieu, soulignait-il, « autre facture de 500 à 600 millions ».

À cette inquiétude pour des coûts supplémentaires, le maire de Québec a ajouté que la conversion du cadavre immobilier de l’Hôtel-Dieu en bureaux pour fonctionnaires pourrait tarder. Entre-temps, les institutions d’enseignement multiséculaires du Vieux-Québec en pâtiraient, leurs inscriptions chuteraient. Hautain, le ministre de la Santé Réjean Hébert a rejeté ces préoccupations légitimes du revers de la main, soutenant qu’il ne baserait pas, lui, sa décision sur « l’achalandage de deux écoles ». Ce dernier oublie que le choix d’un emplacement est une décision urbanistique de taille. Les écoles pourraient en effet en souffrir ; mais avec elle, aussi, nombre d’autres dimensions qui font que le Vieux-Québec n’est pas encore totalement un Disneyland.

Et c’est là l’autre volte-face intéressante du maire : par ses propos, il a prouvé qu’il pouvait voir et traiter ce quartier « joyau du patrimoine » autrement que comme un décor pour activités festives ou sportives. C’est à marquer d’une pierre blanche.


 
2 commentaires
  • Éric Alvarez - Inscrit 28 août 2013 06 h 26

    Douce illusion!

    Je pense que vous vous bercez d'une douce illusion M. Robitaille.

    Comment peut-on être maire de Québec et changer d'idée sur un sujet aussi important en 6 mois? Comment, à la base, peut-on être maire de Québec et être heureux de voir l'Hôtel-Dieu quitter le Vieux-Québec?

    Si M. Labeaume a changé d'idée, c'est beaucoup plus parce qu'il sent le vent de l'opinion changer sur ce sujet. Cela a peu à voir, malheureusement, avec une quelconque idée de valorisation d'un patrimoine.

  • Yvon Bureau - Abonné 28 août 2013 11 h 22

    Garder et bâtir ailleurs

    Que l'HDQ demeure un hôpital, et quelques étages debureaux au besion. ET que l'on batisse un CH neuf, ailleurs, moderne et accessible+++

    Mon appui va au Dr Yves Fradette et à son groupe, et à leur position.