Le confort dans l’inconfort

Le confort dans l’inconfort est l’un des grands principes derrière le sport que je pratique depuis presque cinq ans maintenant. Si, au départ, cette pratique m’a paru si exigeante que j’ai cru que je n’y parviendrais jamais, je constate avec le recul que cela fonctionne ; j’aborde chaque entraînement avec ouverture. Je connais maintenant ma force et ma capacité à m’amuser tout en étant déstabilisée. Cette attitude me sert non seulement au gym, mais dans plusieurs facettes de la vie. Elle me servira certainement dans les prochaines années si, ou plutôt lorsque nous devrons traverser un marché baissier et une situation économique plus difficile. Évidemment, avec la situation boursière actuelle, il est plus facile de trouver ce confort inconfortable en période d’accumulation qu’en période de décaissement.

Voici ce que m’écrivait une lectrice cette semaine : « Âgés de 71 et 75 ans, mon conjoint et moi sommes en période de décaissement. Nous disposons d’un portefeuille d’environ 800 000 $ chacun, composé à plus ou moins 50 % en actions. J’ai hérité de 240 000 $ récemment et j’hésite à investir ce montant. Observant les marchés depuis janvier, j’ai pensé investir 10 000 $ chaque mois, à la même date que nos retraits FERR [Fonds enregistré de revenu de retraite]. Étant donné que je souhaite surtout protéger le capital, prévoyant qu’il n’y aura pas tant d’années pour nous refaire, je me sens plus conservatrice. J’ai pensé utiliser des produits garantis liés au marché, mais je me sens peu sûre pour choisir. »

Le bon profil

 

Le contexte actuel offre l’occasion à de nombreux investisseurs de revoir leur tolérance au risque. Rappelons-nous qu’il est impossible de ne pas ressentir certains inconvénients lorsque les marchés sont moins bons. Le bon niveau est celui que vous pourrez tolérer sur une longue période, car contrairement à la volatilité des marchés, un marché baissier potentiel peut durer plusieurs mois. Contrairement à la remontée rapide du marché baissier après mars 2020, le prochain épisode pourrait bien être plus long.

Les investisseurs aguerris se rappelleront les 17 longs mois de baisse des marchés après la crise de 2008 et seront peut-être plus calmes. Les nouveaux investisseurs verront leur tolérance au risque être mise à l’épreuve pour une première expérience. Ainsi, avant de vous attarder aux produits et à leur comparaison, je crois que vous devriez concentrer votre réflexion sur votre portefeuille et votre planification financière, afin de déterminer s’ils sont basés sur le bon profil.

Dans le cas de notre lectrice, son portefeuille, déjà composé à 50 % en revenu fixe, passerait avec l’utilisation des produits garantis pour le montant de son héritage à 70 %, soit un profil beaucoup plus conservateur que modéré.

Produits garantis, ou non

 

Avec la hausse des taux, le marketing des institutions financières nous laisse croire qu’un certificat de placements garantis (CPG) de 5 ans à un taux de rendement de 3 % est une offre incroyable en ce moment ! Compte tenu de l’inflation actuellement observée, ce type de produit protège le capital, mais en contrepartie, il diminue fortement le pouvoir d’achat des investisseurs. Quant aux produits garantis liés aux marchés dont parle notre lectrice dans son message, il s’agit bien d’un CPG, avec la même protection du capital, mais avec un potentiel de rendement légèrement plus élevé à terme. Ce type de CPG boursier présente souvent une échéance plus longue, avec un rendement maximal annuellement.

N’oubliez pas que l’institution, elle, présente un taux de rendement cumulé qui peut sembler impressionnant, mais qui, lui, n’est pas annuel ! Pour tous les produits garantis actuellement, mon conseil serait de porter attention à la durée, sachant que les taux sont en hausse, et cela, en considérant également vos besoins de décaissement personnels. Qui dit « garantis » dit « immobilisés ». L’idée d’investir sur les marchés de façon régulière, comme notre lectrice l’envisage, me semble une bonne idée : si elle choisit les marchés boursiers, elle se prémunit contre la volatilité et si elle choisit les produits garantis, ceux-ci pourraient lui offrir des taux plus élevés dans les prochains mois.

Notre lectrice devrait également demander à son gestionnaire de patrimoine un plan de décaissement précis, qui tient compte de la fiscalité de son couple, de ses besoins annuels, du coût de la vie, le tout basé sur des tests de solidité en fonction du rendement. Si le plan fonctionne avec des taux de rendement projetés très faibles, le choix des produits garantis pourrait alors leur apporter une paix d’esprit même si le rendement à long terme risque d’être sacrifié.

La rente, une piste à explorer

Notre lectrice ne bénéficiant pas d’un régime de retraite à prestations déterminées, elle pourrait envisager l’achat d’une rente viagère pouvant diversifier et remplacer une portion du revenu fixe de son portefeuille. Puisque les régimes d’État consistent déjà en des rentes garanties indexées, il ne s’agit pas de transformer tout le portefeuille avec cette solution — qui comporte aussi des désavantages —, mais de rester ouvert à celui-ci, si le profil de tolérance au risque est devenu plus conservateur et votre âge, plus avancé.

Enfin, une bonne stratégie universelle qui vous permet d’apprivoiser l’inconfort actuel est aussi de rester proactifs avec les éléments que vous pouvez maîtriser : vos choix budgétaires, la valeur des conseils que vous obtenez et le maintien de l’épargne.

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