Quelle stratégie utiliser une fois les REER et CELI maximisés?

Cette semaine, nous renouons avec les questions d’un de nos lecteurs : Stéphane.

« Mes REER et CELI sont maintenant “pleins”, et j’estime des surplus disponibles pour épargne de 10 000 $ à 20 000 $ (pour 5-10 années). De plus, j’ai 50 000 $ qui “dorment” dans un compte bancaire, et j’hésite entre les investir dans mon portefeuille de placements et acheter un CPG (il semble y en avoir un à 3,25 % pour cinq ans).

C’est tout de même 20 % cinq ans plus tard. Doit-on payer de l’impôt sur les rendements des CPG ? Je crois que non, mais si c’est oui, j’imagine que la gestion de patrimoine demeure la meilleure idée, ou devrais-je accélérer le remboursement de l’hypothèque ? »

Recourir ou non aux CPG

 

Répondons d’abord à la question de notre lecteur : les certificats de placement garantis (CPG) sont la façon la plus sûre d’investir de l’argent. L’investisseur prête son argent à l’institution financière en échange d’un taux garanti à échéance. Une précision importante, donc, est que le taux de 3,25 % qu’a relevé Stéphane pour le produit cinq ans est le taux à la fin du terme.

En réalité, il s’agit d’un taux composé annuellement qui n’est même pas près du 1 % !

Généralement, plus le terme est loin, plus le taux offert est intéressant. Notre lecteur doit garder en tête que ce type de produit n’est pas liquide, car même avec les produits rachetables, l’épargnant doit généralement payer une certaine somme pour accéder au capital avant la fin du terme.

De plus, dans le contexte de la hausse prévue des taux d’intérêt, une échéance de cinq ans me semble très longue.

Ainsi, les CPG devraient plus que jamais être réservés à l’épargne à court terme et aux investisseurs ayant une tolérance au risque très faible. Si Stéphane envisageait les CPG pour se prémunir contre la volatilité actuelle des marchés, ma réponse serait tout autre. En effet, pendant les périodes de volatilité, les investisseurs ont tendance à vouloir privilégier la préservation du capital.

Il faut toutefois se rappeler que la tranquillité d’esprit que notre lecteur ira chercher avec le CPG comporte un coût d’opportunité majeur. En effet, à long terme, il y a beaucoup plus de chances qu’un portefeuille de qualité en revenu fixe génère plus de rendement que les produits garantis.

Stéphane devrait donc privilégier l’investissement sur les marchés si son horizon de placement est à long terme.

En ce qui concerne l’imposition des CPG, vous devez savoir qu’ils génèrent du revenu d’intérêt. Puisque notre lecteur mentionne ne plus avoir de droits de cotisation inutilisés pour ses REER et CELI, il doit savoir que ce revenu sera imposable annuellement selon la date anniversaire du produit.

Puisque le traitement fiscal du revenu d’intérêt est moins avantageux que celui du revenu de dividende ou du gain en capital, il est conseillé de détenir ce type d’investissements dans les comptes enregistrés afin d’optimiser fiscalement le portefeuille.

L’argent qui dort

Le fait que Stéphane mentionne dans son message avoir « 50 000 $ qui dorment » à sa banque m’a accroché un sourire aux lèvres, car j’utilise moi-même très souvent cette expression avec les clients.

Contrairement à l’être humain, l’argent n’a pas besoin de dormir ! S’il est important de prévoir un fonds d’urgence pour les imprévus, je constate bien souvent que les gens sont aux antipodes sur cette question : soit ils n’en ont aucun, soit il est trop garni.

Mon conseil ici serait de limiter le fonds d’urgence à un montant correspondant à maximum trois mois de dépenses budgétaires et d’investir la différence.

Investir ou rembourser le prêt hypothécaire ?

Afin de résoudre le dilemme entre investir et rembourser le prêt hypothécaire en accéléré, il convient de se poser quelques questions. Quel est le taux d’emprunt de Stéphane, versus quel taux de rendement peut-il espérer obtenir avec ses investissements selon son profil de tolérance au risque ?

Cette comparaison doit tenir compte du taux d’imposition de notre lecteur. Par exemple, si le taux effectif est de 30 %, un taux d’emprunt de 2,5 % équivaudrait à 3,25 %, alors qu’un rendement de placement non enregistré de 5 % est plutôt de 3,5 %.

Il ne fait aucun doute, selon ce critère, que tant qu’à acheter un CPG, l’épargnant devrait rembourser son prêt hypothécaire, surtout si le produit hypothécaire permet de réemprunter plus tard à même des investissements et ainsi de transformer des intérêts non déductibles en intérêts déductibles.

La présence d’un conjoint dans le portrait pourrait aussi influencer la recommandation, et demander que le calendrier de remboursement actuel soit suivi pour respecter l’autonomie d’investissement de chacun.

3,25 %
Ce taux qu’a vu notre lecteur pour un certificat de placement garanti cinq ans est celui obtenu à la fin du terme. En réalité, il s’agit d’un taux composé annuellement qui n’est même pas près du 1%

Investir hors REER et CELI

 

Comme notre lecteur n’a pas d’enfant, le REEE n’est pas une solution pour lui. Toutefois, rappelez-vous que dans le cas d’un parent ayant des enfants à charge, la maximisation des REEE serait ici la première mesure à prendre.

Puisqu’il cotise déjà au maximum à ses REER et CELI chaque année, Stéphane devra procéder à l’optimisation fiscale de son portefeuille, comme mentionné plus haut.

Enfin, puisque notre lecteur s’intéresse à des produits de placement garantis, il est possible de croire que sa tolérance au risque n’est pas la plus forte. La stratégie d’assurance retraite serait potentiellement à explorer, s’il a également des besoins en planification successorale.

À voir en vidéo