Combien vous coûtent les épices d’automne ?

Non seulement je suis une nostalgique dans l’âme, mais je suis également une grande romantique. Les paysages d’automne m’exaltent chaque année et j’aligne les randonnées en forêt (beaucoup trop de clichés, je sais). Mis à part mon amour de la saison, ce qui me renverse également chaque année à l’automne, c’est notre engouement collectif pour les épices d’automne ! Si seul un tiers des contribuables cotise à un REER, on soupçonne que 100 % de la population (votre humble planificatrice comprise) s’est déjà procuré une boisson chaude inspirée du marketing de la citrouille. Mais quel est le coût véritable de ces cafés à 5, 6, voire 8 $ ?

L’automne est parfois gris et ces délicieuses potions nous réchauffent le cœur. Dans mon coin de pays, les files au service à l’auto sont parfois si longues le matin qu’elles refoulent jusque sur les artères principales. Coup du hasard ou non, elles sont toujours plus longues les jeudis, jour de paie pour plusieurs. Chaque semaine, je regarde la scène avec une certaine désolation ; sachant que la majorité des ménages n’épargnent pas suffisamment pour leur retraite, comment trouvent-ils les moyens de s’offrir jour après jour un luxe qui les éloigne de la liberté financière ? Sachant que de nombreuses personnes travaillent à un taux horaire de 15 $, comment peuvent-ils faire ce choix, et parfois du lundi au vendredi ? Il me semble essentiel de comprendre le véritable coût de ne pas faire soi-même son déjeuner ou son café le matin.

Calculez le coût de renonciation

Chaque choix budgétaire présente un coût de renonciation à l’épargne que vous pouvez réaliser avec le même montant en faisant un choix différent. Ainsi, le fameux café pumpkin spice latte ne coûte pas véritablement de 5 à 8 $ par jour. Il correspond à un montant potentiellement épargné de 1500 à 3000 $ par année ! Ce n’est pas tant que ça, vous dites-vous ? Pourtant, si vous épargnez 40 $ par semaine et que vous investissez ce montant en bourse à 5 % de rendement annuel, ces petits cafés que vous vous êtes offerts sans y penser vaudront 10 ans plus tard près de 27 000 $ si investis dans un REER, et un peu plus de 24 000 $ s’ils sont placés dans des placements non enregistrés…

Évidemment, plus vous êtes jeune au moment de lire ces lignes, plus vous êtes en mesure de profiter de cette habitude de calculer l’occasion d’épargne perdue lorsque vous vous apprêtez à dépenser. La magie des intérêts composés étant ce qu’elle est, ces mêmes cafés économisés pendant une décennie de votre jeunesse correspondent à un solde de placement REER de près de 91 000 $ après 35 ans. On imagine d’ici l’économie si la dépense quotidienne comprend le déjeuner complet ! Par ailleurs, le calcul du coût de renonciation à l’épargne s’applique à toutes vos dépenses. Je vous invite à le garder en tête lors des prochaines grandes décisions financières de votre vie.

Pensez en « dollars avant impôts »

Voici une méthode qui fonctionne très bien pour moi au moment de faire le choix d’une dépense budgétaire : j’ajoute les impôts que j’ai dû payer pour m’offrir la dépense. Je comprends qu’elle me coûte en réalité toujours plus cher. Connaissez-vous votre taux d’imposition effectif ? Celui-ci est inscrit sur le sommaire de votre déclaration de revenus. Ainsi, s’il est de 40 %, rappelez-vous que vous avez dû gagner 10 $ pour vous payer votre café à 6 $. Mais si vous en achetez chaque jour, du lundi au vendredi, ce poste annuel de dépense passe à 1560 $. Vous avez donc dû travailler pour 2185 $ pour vous offrir le luxe de ne pas faire votre café le matin. Selon votre taux horaire, vous pouvez maintenant décider si celui-ci est assez bon pour sacrifier tous ces efforts et les impôts qui viennent avec. L’image est plus percutante lorsqu’on l’applique à l’ensemble de nos choix ou encore des dépenses importantes. Par exemple, des mensualités de dépenses d’achat ou location de voiture de 10 000 $ par année coûtent en réalité 14 000 $ de revenu brut, selon ce même calcul. Cela représente facilement près du quart du revenu annuel brut de plusieurs personnes !

Gérez votre ménage comme si c’était une entreprise

Mes clients les plus avancés dans leurs objectifs financiers sont ceux qui utilisent le budget annuel, afin de savoir où va leur argent et d’ajuster leurs choix en conséquence. Ils ont compris l’importance d’un budget de caisse, car les dépenses et revenus ne sont pas linéaires. La gestion des liquidités est votre meilleur atout. Mais surtout, ils font une « tenue de livres » régulière, voire mensuelle, afin de suivre l’évolution de leurs dépenses et revenus réels par rapport au budget adopté en début d’année afin de s’ajuster.

D’ailleurs, on me demande souvent si le montant indiqué pour différents postes est « correct ». Rappelez-vous qu’il n’y a pas de bonne réponse pour savoir combien vous devriez dépenser en épicerie, vêtements, voyage. Il faut faire les choix qui s’imposent pour prioriser le plus important selon vos propres valeurs, buts et objectifs. Toutefois, mon conseil est assurément de voir l’épargne comme une dépense fixe, afin d’ajuster les dépenses discrétionnaires avec ce qui reste une fois celle-ci déduite des revenus disponibles.

En terminant, je vous lance le défi ce week-end : serez-vous capable de faire vos sorties d’automne et d’aller admirer les couleurs en résistant à l’appel du parfum des épices d’automne ?

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