Parlons médailles, puisqu’il le faut bien

Photo: Philip Fong Agence France-Presse

D’entrée de Jeux, j’ai une confidence à faire : je n’éprouve absolument aucun intérêt, et même plutôt de l’agacement, lorsqu’il est question du nombre de médailles qu’un pays remporte aux Jeux olympiques.

Loin de moi l’idée de diminuer l’importance sportive et personnelle pour un athlète de haut niveau de grimper sur le podium, mais cette fixation patriotique sur le nombre des trois premiers rangs remportés — plutôt que des quatre, six ou dix premiers rangs — dans des épreuves réservées aux meilleurs de leur discipline au monde me semble tordue. Est-ce la faute d’un biais égalitaro-gauchiste mal soigné ou parce que j’ai été élevé par des parents qui ont consacré leurs carrières à la pratique du sport par le plus grand nombre plutôt que par une élite ? Je ne sais pas. Mais c’est à mon corps défendant que je vous parle ici « des vraies affaires ».

Selon les preneurs de paris, le Canada devrait remporter 21,5 médailles à Tokyo cette année, dont 4,5 d’or, rapportait jeudi la CBC. Ce sont essentiellement le résultat des Jeux de Rio, où le Canada avait récolté 22 médailles, dont 4 d’or — et tant pis pour celui ou celle qui héritera de la moitié de médaille. Les prévisions des soi-disant experts en la matière iraient d’un total de 18 jusqu’à une trentaine de médailles, soulignait vendredi matin le Comité olympique canadien, qui a décidé cette année de ne pas avancer ses propres prédictions. Il faut dire que l’exercice est toujours périlleux, et qu’il l’est encore plus aujourd’hui après 18 mois pendant lesquels les athlètes ont eu peu d’occasions de se rencontrer et de se mesurer au sommet.

Se basant sur l’analyse des résultats depuis les derniers Jeux d’été, la firme spécialisée Gracenote prédit quant à elle 21 médailles au Canada, dont 80 % seraient remportées par des femmes, alors qu’elles ne comptent que pour 65 % des 371 athlètes de l’équipe canadienne. À Rio, déjà, les Canadiennes avaient gagné les trois quarts des médailles de l’équipe.

Les noms qui reviennent le plus souvent parmi les favoris sont notamment ceux du décathlonien Damian Warner, des plongeuses Meaghan Benfeito, Caeli McKay et Jennifer Abel, des canoéistes Laurence Vincent Lapointe et Katie Vincent, du sprinteur Andre De Grasse et de la nageuse Kylie Masse. On retrouve souvent aussi ceux de Jessica Klimkait (judo), de Rosie MacLennan (trampoline), d’Ellie Black (gymnastique), d’Erica Wiebe (lutte), d’Evan Dunfee (50 km marche), sans parler de la paire Sarah Pavan et Melissa Humana-Paredes au volleyball de plage, ainsi que de l’équipe féminine de soccer.

La grande inconnue, expliquait à la CBC un analyste de Gracenote, c’est la Chine, qui s’avère l’une des grandes puissances du sport avec les États-Unis, mais dont on a très peu vu les athlètes en action ces derniers mois.

Les paris sont ouverts. Et tant pis pour Pierre de Coubertin qui disait que l’important est de participer.

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.



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