La guerre de tous contre tous

« Tout anticommuniste est un chien ! »

Cette affirmation ne vient ni d’un blogue complotiste ni d’une radio poubelle. Elle n’a pas non plus été proférée par un « goon » hystérique frappé de « masculinité toxique ». Elle trône en bonne place dans une entrevue donnée en 1965 par nul autre que Jean-Paul Sartre. Le même qui avait aussi écrit qu’« abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ».

Les belles âmes qui frissonnent à la lecture des invectives qui s’échangent aujourd’hui sur les réseaux sociaux feraient bien de relire ce qui s’écrivait à la belle époque de la guerre froide. Elles comprendraient notamment que, si les réseaux sociaux accentuent la polarisation de la société, ils ne servent que d’amplificateur. Car celle-ci vient de beaucoup plus loin.

Nous n’en avons pas conscience, mais nous sommes les enfants gâtés d’un monde apaisé né à l’orée de la chute du mur de Berlin. Le débat harmonieux rimait alors avec la sociale démocratie. L’exemple le plus symbolique en fut probablement l’émission littéraire Apostrophe, où Jean d’Ormesson pouvait converser avec Philippe Sollers, et Alexandre Soljenitsyne avec Jean Daniel. Le temps d’une trêve de quelques décennies, nous avons vécu dans ce que l’historien Pierre Nora nomme « l’espace privilégié des controverses apaisées de l’âge démocratique ».

Or, ce monde est aujourd’hui en voie de disparition. Non seulement les empires sont-ils de retour, mais en adhérant à la mondialisation sauvage, en soutenant l’ouverture tous azimuts des frontières aux capitaux, aux marchandises et à l’immigration de masse, la social-démocratie a ébranlé la classe moyenne et ravivé la lutte des classes. Ce qu’elle ignorait, c’est qu’elle signait du coup son propre suicide politique.

On ne s’étonnera pas que, rejetée par les classes populaires, la gauche soit dans un état de désintégration avancé dans la plupart des pays européens. Une étude récente de la Fondapol nous apprend qu’en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, elle ne rassemble pas plus de 25 % de l’électorat. Elle ne va pas mieux au Québec. L’effondrement du Parti québécois est à inscrire dans ce cadre.

Même si elle tient d’abord à l’échec référendaire de 1995, la déroute du grand parti national qu’a été le PQ fut le résultat du choc entre son progressisme universaliste et un nationalisme de plus en plus démonisé à gauche. Comme de Gaulle en France, René Lévesque écorcherait aujourd’hui les oreilles de la bien-pensance. Qu’on songe à sa façon de pourfendre les « Rhodésiens » du West Island, de dénoncer la « noyade » des francophones due à l’immigration orchestrée par Ottawa et à sa défense de l’affichage unilingue en français. Celui dont le nationalisme puisait aussi bien chez Pierre Vadeboncœur que chez Lionel Groulx serait vite renvoyé dans la « fachosphère ».

Que s’est-il donc passé à gauche au moment où la fracture politique s’approfondissait autour de nouveaux clivages ? Sourde à la souffrance des classes populaires, qui étaient pourtant sa raison d’être, celle-ci a choisi la fuite en avant pour se réfugier dans le monde paisible de l’utopie. Ce ne serait pas la première fois. Grand spécialiste de l’histoire de la gauche, l’historien Jacques Julliard n’hésite pas à parler d’une « troisième glaciation » de la gauche après le bolchevisme d’après-guerre et le maoïsme des années 1970. Les débats byzantins sur le « suprémacisme blanc » qui ont cours au sein de Québec solidaire en sont un exemple caricatural. En France, Jean-Luc Mélenchon défile aujourd’hui contre l’islamophobie dans des cortèges de femmes voilées.

Si on avait dit à un militant syndical des années 1980 que la gauche lui reprocherait un jour son « racisme systémique » et sa « culture du viol », qu’elle défendrait le droit de « changer de sexe », tiendrait des rencontres non mixtes, rejetterait la promotion au mérite au profit d’une sélection sur des bases raciales et considérerait l’idée même d’identité nationale comme raciste, il serait tombé de sa chaise.

Certes, ce « parti du Bien » est loin d’être majoritaire. Mais la naïveté le disputant à la lâcheté, il donne le ton dans presque tous les grands médias, contrairement à une droite toujours plus diabolisée. Renouant avec ses démons totalitaires (« changer l’homme »), la gauche s’est mise à pratiquer la censure à l’université, à congédier des journalistes et des caricaturistes, à interdire certains mots, à faire annuler des pièces de théâtre, à vandaliser des statues et à donner des cours de « rééducation ». Elle pousse même la vertu jusqu’à inventer ses propres règles de grammaire, autrement appelées « écriture inclusive ».

Il y a pourtant des limites à traiter le peuple de raciste et à vouloir le rééduquer. Sur fond d’un approfondissement réel des affrontements de classe dans la société, il y a là une des sources évidentes de l’hystérisation des débats. Les suppliques victimaires et moralistes qui érigent le « respect » en valeur suprême n’y changeront rien. Car le premier respect et le seul qui compte, c’est de dire la vérité. Or, la vérité choque souvent les âmes sensibles. Pourtant, elle seule pourra permettre de réconcilier une société où la guerre de tous contre tous semble devenue la règle.

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54 commentaires
  • Serge Trudel - Inscrit 7 mai 2021 00 h 48

    La gauche est un mouvement de mépris et de destruction

    Cette ineptie qu'est l'écriture inclusive correspond ni plus ni moins à de l'exhibitionnisme grammatical. Les membres de la gauche font tout pour se faire remarquer, et plus souvent qu'autrement pour les mauvaises raisons. Prenons simplement comme exemple la député (sic) Catherine Dorion avec son coton ouaté porté honteusement à l'Assemblée nationale ou encore sa photo de jambes à l'air prise alors qu'elle est assise irrespectueusement sur le bureau du président de l'Assemblée nationale. Il s'agit là de deux actions consciemment prises par une femme adulte dans le but évident et avoué de choquer, de déranger et d'attirer l'attention sur elle et sa petite personne qui, autrement, ne mériterait aucune espèce de considération que ce soit.

    On a vu ce que le communisme a donné comme mouvement historique et social. L'Histoire a rendu un jugement implacable et définitif à ce niveau. Le capitalisme et la démocratie, malgré leurs défauts, demeurent le meilleur système entre tous ceux proposés à l'humanité pour diriger celle-ci. Ce n'est pas moi qui le dis, mais un certain Winston Churchill.

    Deux adjectifs caractérisent et résument entièrement et parfaitement tous les membres de Québec solidaire : bouffons et irresponsables. S'ils prenaient le pouvoir, avec leur ignorace crasse des principes de base même de l'économie, en à peine 4 ans, ils auraient vite fait de transformer le Québec en un champ de ruines fumantes!

    • Pierre Rousseau - Abonné 7 mai 2021 08 h 14

      Monsieur Rioux écrit « Sur fond d’un approfondissement réel des affrontements de classe dans la société, il y a là une des sources évidentes de l’hystérisation des débats. » En voici un bel exemple où la nuance est complètement absente et où un monde en noir et blanc, digne du McCarthyisme du siècle dernier transpire. Oui la gauche tire l'élastique, tout comme la droite (Trumpisme oblige) mais le monde est plein de nuances et des fois il est bon de tirer l'élastique pour retrouver ensuite un juste milieu.

    • André Blanchard - Abonné 7 mai 2021 08 h 55

      Une certaine lassitude m’accable lorsque je vois des gens qui ne se sont pas remis de l'apparence de Catherine Dorion à l'Assemblée nationale. Je me rappelle des propos de ma mère (femme merveilleuse) qui trouvait que je ne faisais pas très monsieur avec mes cheveux longs dans les années 70. Et puis, on s'y ait habitué. Il n’est pas inhabituel de voir des jeunes bousculer certaines normes bien établies. On voit que la cravate est en train de prendre le bord. Sinon, pourquoi n’avons-nous pas conservé la redingote du XVIIIe siècle à l’Assemblée nationale ? Et puis les qualificatifs de monsieur Trudel sur Québec solidaire me font revenir aux qualificatifs que l’on attribuait à tous ceux qui se disaient indépendantistes dans les années 60. Certes, Québec Solidaire est encore loin de la prise du pouvoir compte tenu de certaines de ses positions (effectivement farfelues) mais j’inviterais monsieur Trudel à lire le programme et à démontrer que tous ses points de vue (en particulier sur la santé) sont complètement irréalistes. On avancerait à ce moment-là.

    • Marc Pelletier - Abonné 7 mai 2021 09 h 09

      M.Serge Trudel,

      Votre dernier paragraphe me semble traduire une forme de hargne inutile et revancharde.

      Chez les élus de Québec solidaire, comme dans tous les partis politiques, il y a des personnes qui se distinguent par leurs talents et leur capacités de jouer adéquatement un rôle très efficace au sein des parlementaires.

      Vous l'aurez deviné : je ne suis pas un partisan de ce parti mais j'ai toujours la conviction qu'aucun parti n'a tout vrai ni tout faux !

      Il faut éviter le plus possible d'être ou de devenir de " moutons de Panurge " , des adorateurs du " veau d'or " ou encore des béni-oui-oui.

    • Michel St-Laurent - Abonné 7 mai 2021 09 h 52

      Quels seraient, selon vous, les défauts du capitalisme et de la démocratie? Votre appréciation est un peu courte... Il y aurait pourtant beaucoup à dire contre...

    • Nadia Alexan - Abonnée 7 mai 2021 11 h 19

      Il faut faire la part des choses. Oui. La gauche moderne a perdu ses repères en délaissant sa protection traditionnelle du peuple contre l'autoritarisme et la misogynie des religions.
      Par contre, la droite a toujours favorisé la loi du plus fort contre le peuple. Les atrocités commissent par la droite sont injustifiables. Après la négligence criminelle de Boeing avec les deux avions 737 MAX abattus et la mort de 346 personnes, l'entreprise a licencié 30 000 travailleurs et ses ventes et ses stocks ont chuté en faisant état d'une perte de 12 milliards de dollars. Quoi qu'il en soit, le nouveau patron de Boeing, David Calhoun, a réussi à se payer environ 10 500 dollars de l'heure, quarante heures par semaine, en plus des avantages et des avantages.
      Les cadres font fortune, tandis que les travailleurs licenciés font la queue dans les banques alimentaires.
      L'évasion fiscale des 1% les plus riches des ménages américains ne déclare même pas un cinquième de leurs revenus, selon les études. Les ultra-riches s'en tirent en délocalisant vers des paradis fiscaux et des entreprises de relais.
      S'ajoute à cette évasion illégale le pouvoir de la classe supérieure sur le Congrès pour truquer les lois fiscales afin qu'ils puissent éviter encore plus d'impôts.
      Le New York Times a déclaré à ses lecteurs que l'étude de l'Institut sur la fiscalité et la politique économique (ITEP) avait révélé: «55 des plus grandes entreprises du pays n'ont payé aucun impôt fédéral sur plus de 40 milliards de dollars de bénéfices l'année dernière.»
      Vingt-six sociétés n'ont payé aucun impôt fédéral sur le revenu depuis 2017, selon l'étude ITEP. Ceux-ci comprenaient Nike et FedEx.
      Apple, dont le quasi-monopole, sans surprise paie très peu d'impôts fédéraux sur le revenu - bien que les États-Unis soient le pays de sa naissance et la source d'un vaste programme de R & D pour les entreprises financé par les contribuables américains. Malheureusement, près de 7 Américains sur 10 pensent que les entreprises

    • Christian Roy - Abonné 7 mai 2021 12 h 37

      @ M. Trudel,

      Bien d'accord avec vous. Tout le monde sait bien que la Gauche est par définition maladroite et disgracieuse (d'où vient d'ailleurs l'expression "gaucherie'). La Gauche au pouvoir à Québec, n'y pensez même pas... tout irait de travers !

      Ainsi, à chaque fois que je lis un commentaire négatif sur le gouvenrement en place, je me demande si nous n'aurions pas élu depuis des années, et sans le savoir, des gouvernements de Gauche. C'est toujours "Tout croche, non ?!!!"

    • Diane Boissinot - Abonnée 7 mai 2021 14 h 35

      M. Trudel.
      Vous écrivez: "Le capitalisme et la démocratie, malgré leurs défauts, demeurent le meilleur système entre tous ceux proposés à l'humanité pour diriger celle-ci. Ce n'est pas moi qui le dis, mais un certain Winston Churchill."

      Je croyais qu'il ne parlait que de la démocratie. J'ai bien peur que vous y ajoutez erronément le capitalisme.

      De toute façon, il me semble que la démocratie peut être tout autant de gauche, de droite ou de centre-gauche. C'est ça justement la démocratie.

  • Yann Leduc - Abonné 7 mai 2021 03 h 32

    Le bordel conceptuel

    Il n'y a pas que la "gauche" qui hystérise le débat et diabolise l'adversaire. La "droite" n'est pas en reste. En fait, depuis quelques années, on a l'impression d'assister à une confusion idéologique et conceptuelle telle qu'on ne sait plus trop ce qu'est la gauche et la droite.Tout un chacun se permet de calomnier, de diaboliser l'adversaire pour tenter de le discréditer. On voit même parfois des ennemis là où il n'y en a pas.

    Prenons un exemple. Suite à un attentat commis contre des musulmans en France, Jean-Luc Mélenchon, leader socialiste français, participe à une manifestation contre l'islamophobie, tout comme il avait participé à une manifestation contre l'antisémitisme quand un attentat avait été commis contre des Juifs. Or, il se trouve qu'il y avait des femmes voilées dans la manif. Plusieurs commentateurs de droite ont du conclu, ou laissé sous-entendre, que Mélenchon jouait ainsi "le jeu des islamistes" alors que Mélenchon, laïque convaincu, a toujours condamné fermement l'islamisme. Qu'est-ce à dire ? On est complice de l'islamisme si on participe à une marche où il y a des femmes voilées ? N'est-ce pas là une accusation gratuite, un amalgame grossier ?

    Par ailleurs, Rioux et les conservateurs de droite se réfèrent constamment à la "gauche" quand ils condamnent le "racialisme", confondant ainsi la "gauche économique" et la "gauche racialiste", comme si on ne pouvait pas être de gauche (pour plus de redistribution des richesses) mais contre le concept de race ! Pourquoi s'embarasser de nuances et de clarté, quand on veut diaboliser deux idéologies à la fois ? Allons-y pour le deux pour un, achetez une diabolisation et obtenez la deuxième gratuitement !

    Comme s'il n'y avait pas assez de confusion, Rioux, un homme de droite, reprend à son compte une expression utilisée par la gauche pour décrire le capitalisme ("la Guerre de tous contre tous"), pour en fait .... discréditer la gauche !

    On est pas sorti du bordel conceptuel !

    • Richard Lupien - Abonné 7 mai 2021 07 h 40

      Je vous remercie monsieur Leduc d'avoir bien vu et compris le jeu du chroniqueur. Trop souvent en le lisant, nous n'en sortons pas grandi. Il n'y a jamais de perspective qui nous permettrait d'espérer une sortie du bourbier.

    • Jean-François Trottier - Abonné 7 mai 2021 09 h 02

      M. Leduc, je suis désolé de vous le dire, vous défoncez des portes ouvertes.

      Le monde entier a assisté au Trumpisme.

      La droite bébête est au pouvoir au USA depuis 40 ans. Les (salauds ou crétins?) de Chicago ont réduit l'économie à un seul paramètre, celui de l'écoulement des biens. Plus ça va vite, plus ca paye... les riches. Et c'est vrai!! Vrai et profondément inhumain. Pour une science humaine, ce qu'est et doit être l'économie, pas fort.
      Chaque ralentisseur potentiel a été voué aux gémonies, donc tout contrôle interne et... les nationalismes non-Américains.

      Le néolibéralisme sévit à plein. Il a favorisé l'arrivée de Trump, ce qui est bien pire.
      Tout le monde connait les exagération débiles de la droite, et sa façon de confondre tout ce qui n'est pas elle-même comme de la "gauche radicale".
      C'est exactement ce que fait la gauche de type QS, qui qualifie de capitaliste ou de néolibéral tout ce qui ne vient pas de son petit nombril "hautement moral".
      Résultat, tout ce qui n'est pas à droite (pour la droite) et tout ce qui n'est pas à gauche (pour la gauche) est diabolique et chaque mouvement est condamné à être de plus en plus à droite pour les uns, à gauche pour les autres, de crainte d'être accusé par les pairs de déviationnisme.
      Ainsi naît le wokisme, théorie de la haine érigée en appel à un idéal : les Proud Boys de la victimite.

      Pour conserver ses votes Massé doit se débarrasser de cette image marxiste qui lui colle... pour la bonne raison que QS est marxiste bord à bord. C'est pas demain que les médias auront un regard critique devant Manon-la-débonnaire!.. la menteuse en chef plutôt.

      Le Programme est très clair :
      Banque de service nationalisée, qui agira contre la spéculation sur les devises.
      Nationalisation des mines, en sous-titre mort à la prospection.
      Pharma-Québec (bonne idée) dirigé par... le gouvernement!
      Tout sur l'organisation de quartiers !!

    • Céline Delorme - Abonnée 7 mai 2021 09 h 38

      M Leduc: Citation: "comme si on ne pouvait pas être de gauche (pour plus de redistribution des richesses) mais contre le concept de race ! "
      votre phrase citée est très intéressante. Pouvez-vous me citer quel parti actuel, ou personne politique en fait la promotion? Je cherche en vain actuellement.

    • Pierre Desautels - Abonné 7 mai 2021 11 h 56


      Bien dit. Si Christian Rioux n'était pas Trumpiste, il aurait déjà un peu plus de crédibilité. Mais, en attendant...

    • Christian Roy - Abonné 7 mai 2021 12 h 00

      Vous dites M. Leduc,

      "On voit même parfois des ennemis là où il n'y en a pas."

      Sans contredit, M. Rioux le fait avec panache. Faut lui donner ça ! À ce titre, il s'agit d'une excellente chronique.

    • Pierre Robineault - Abonné 7 mai 2021 12 h 49

      Rioux un homme de droite? Peut-être, puisqu'en étant de gauche mais à la droite de l'extrême gauche tout est possible, mais terriblement gauche et risible.

  • Guy Demers - Abonné 7 mai 2021 04 h 32

    Comme pour les quantas - revois nos manières de découper le ou les mondes - pour comprendre

    Formé à la sociologie des années 1960, je vois ici une présentation qui invite, à changer de lunettes pour analyser ce qui se passe et voir le monde social, comme on l'a fait en physique, en disant, monsieur Rioux, qu'il y a plusieurs vérités et pas qu'une seule. Votre analyse vaut la peine d'être décortiquée et analysée elle-même, comme l'a faitun David Bohm en physique et, en ce qui me concerne, un Spinoza, en philosophie, science politique et théologie, plus réemment un Jossua même. J'apprécie donc ce « tous contre tous » que vous proposez comme manière de voir, qui porte connaissance utile et salubrité démocratique en même temps. Au sujet de la référence à Québec Solidaire, je dois dire que je ne m'y trouve plus avec les vieux schémas de gauche et que je reviendrais plus faclement au fond d'acharnement démocratique et éducatif d'un Victor Hugo - « Les fleurs » (Distinguons seulement : Il y a souffrance et souffrance, p.83). Guy Demers, Montréal.

    • Michel St-Laurent - Abonné 7 mai 2021 09 h 57

      Assez incompréhensible, car mal écrit...

  • Yvon Montoya - Inscrit 7 mai 2021 06 h 24

    Un ami, Philippe Corcuff, spécialiste en science politique vient d'éditer un important essai dont Marc Angenot, Walter Benjamin et Emmanuel Levinas en sont les parrains théoriques parmi d’autres, et il dira du dernier opus délirant de Mathieu Bock-Côté qu’on aimerait prendre sa main en lui disant en douceur: «  Ce n’est rien qu’un cauchemar mon ami! » Le titre de cet essai « La grande confusion. Comment l'extrême-droite gagne la bataille des idées », éditions Textuel, coll. « Petite Encyclopédie critique ». Un travail lucide surtout précis mais pas avec des anecdotes sortis d’un autre siècle. De plus vous considérez que nous ne devrions pas juger les hommes du passé avec nos considérations actuelles mais vous écrivez paradoxalement: « Comme de Gaulle en France, René Lévesque écorcherait aujourd’hui les oreilles de la bien-pensance. « Est-ce cela la pensée de Droite: être jugé par les hommes du passé? Ce que vous nous racontez comme fable n’est pas pris au sérieux en France mais alors pas du tout et il est facile a le savoir. Comme le dira l’historien Patrick Boucheron, l’ecrivain Kamel Daoud et le journaliste Ali Baddou, les hommes de Doite en France se croient en 3ieme République de 1870/1940 (rires de la part de tout ce beau monde). Polarisation?

  • Cyril Dionne - Abonné 7 mai 2021 06 h 59

    Le phénomène de la polarisation, la nouvelle gauche et Québec solidaire

    Que j’aime cette expression « la mondialisation sauvage ». Rien de plus vrai.

    Ceci dit, Jean-Paul Sartre a souvent perdu de bonnes occasions de se taire. Le champion l’Union soviétique de Staline nous disait sans rire que « La liberté de critique est pleine et entière en URSS » alors que la répression politique battait son plein dans les camps de rééducation ou goulags. Mais lorsque vous regardiez de plus près, vous vous aperceviez que ses livres faisaient l’objet de tirages gigantesque au pays de Staline et que Sartre en tirait la majorité de ses revenus.

    Le phénomène des réseaux sociaux est aussi celui de la démocratisation de l’information à son plus simple dénominateur commun. Le « father know’s best » des médias traditionnels a perdu toute sa vigueur et importance en 2021. Les jeunes ne suivent plus.

    La polarisation ne découle-t-elle pas de cet empressement multiculturaliste pour ne pas dire communautariste de jumeler des gens qui ne partagent aucune valeur culturelle dans un territoire délimité? N’est-elle pas la conséquence évidente d’une Tour de Babel qui a échoué, échoué lamentablement partout sur la planète? Ne prend-elle pas sa source de l’ancien empire britannique où le soleil ne se couchait jamais? La nouvelle gauche est anglo-américaine et parle la langue de Shakespeare.

    Dans le cercle des convictions politiques, cette nouvelle gauche a fait un tournant politique tellement important qu’elle se retrouve aujourd’hui à droite. Le mouvement « woke » en est sa meilleure illustration : on ne se base plus sur les faits vérifiables et reproductibles, on se base sur les émotions et les ressentis dans un schème autoritaire qui ostracise et conduit au bûcher de la très sainte rectitude inquisitoire tout ceux qui l’oppose. La dissension n’est plus permise. Pardieu, dans les universités on ne débat plus et on prend les dires de certains comme des vérités inaliénables sans aucune vérification.