La honte

On prend rarement le temps, au Québec, de rappeler qu’il n’y a pas si longtemps que tous les Français parlent français.

C’est que l’Europe s’est développée au Moyen Âge comme un ensemble de royaumes aux frontières instables, et donc les monarques se mariaient entre eux, évoluant dans un univers culturel et linguistique à part de populations très diversifiées. Et la France ne fait pas exception. L’occitan, le catalan, le breton, le picard, l’alsacien, le basque ne sont que quelques-unes des langues autochtones de la France, parlées comme langues maternelles et souvent comme seules langues de bien des sujets de la France de l’Ancien Régime, dans l’indifférence quasi totale de la monarchie. Ce qui importait au pouvoir politique des rois qui ont administré notamment la Nouvelle-France, c’était surtout que le français soit normé et imposé comme langue de l’État et de l’administration pour supplanter le latin, et donc le pouvoir de l’Église.

C’est principalement avec la Révolution française qu’on s’est mis à s’intéresser à cette diversité linguistique, perçue alors comme un obstacle à la circulation des idées politiques républicaines et laïques. Et après la période de va-et-vient politique qu’a connue la France au XIXe siècle, la Troisième République instaure dans les années 1880 une série de lois sur l’instruction primaire obligatoire — en français — sur l’ensemble du territoire. On veut alors une république, unie et unitaire. Et avec l’industrialisation et la montée du capitalisme, la bourgeoisie dominante a avantage à créer une masse qui suit les mêmes normes, travaille de la même manière, consomme les mêmes produits et les mêmes journaux.

Dans les écoles de France, on déploie un ensemble de châtiments, souvent physiques, pour punir les enfants qui parlent leur langue maternelle. On leur enseigne finalement non seulement le français, mais aussi l’infériorité de leur culture et de leur milieu familial. En occitan, on parle de vergonha pour nommer l’effet des politiques républicaines sur la psyché populaire. La honte. C’est par la honte, et souvent par la violence envers les enfants, que le français est devenu la langue de la République. Le projet linguistique républicain est donc fondamentalement un projet disciplinaire. Il faut parler le français, le bon, le patriotique, le beau, l’exact, le supérieur, le vrai, le pur. Une liste de notions qui, faut-il le spécifier, n’ont d’assises dans aucune science du langage. Les dogmatiques les plus orthodoxes de la langue française n’ont souvent (nécessairement) aucune notion de sociolinguistique.

L’unitarisme républicain a bien sûr été amené dans les colonies françaises au même moment qu’il a été imposé en France même. On a aussi tenté, tant bien que mal, d’enseigner aux fils des potentats « indigènes » non seulement le français, mais aussi la fierté et le sentiment de supériorité qui viennent avec le rapprochement avec la norme, ainsi que la honte et le mépris de sa langue maternelle ou des variants locaux du français. Cette honte, elle laisse des traces, d’une génération à l’autre, tant en France que dans son (ex) empire.

Après des décennies de lavage de cerveau, une France transformée par cet idéal politique « redécouvre » le Québec, et sa langue qui a échappé à cette entreprise de réingénierie sociale républicaine. Et une partie des élites québécoises, à son contact, internalisent aussi cette honte et la transmettent à leur tour aux gens d’ici, au nom, paradoxalement, de la fierté nationale. Frustrés d’être l’objet des moqueries des Hexagonaux, on se moque à son tour des Saguenéens ou des gens d’Hochelaga. Des Parisiens disent aux élites montréalaises qu’elles sonnent comme le Moyen Âge, et elles, à leur tour, traitent les Acadiens, les Cajuns et les Franco-Manitobains comme des vestiges du passé.

Si l’on prend rarement le temps d’expliquer cette histoire de la langue française au Québec, c’est notamment que l’on se préoccupe, avec raison, de la place prépondérante de l’anglais en Amérique du Nord, et surtout de cet autre projet impérialiste qu’est le Régime britannique à l’origine du Canada moderne. On croit que nos insécurités linguistiques nous viennent de cette situation de minoritaires sur le continent. C’est vrai, en bonne partie. Mais il ne faut pas non plus oublier d’examiner cette francophonie, le projet politique qu’elle porte, ses effets insécurisants et sa logique disciplinaire génératrice de honte et de hiérarchie qui pèsent sur les francophones « hors norme » de tous les continents, Européens y compris.

Il faut réfléchir à la langue française en Amérique non seulement face à l’anglais, mais aussi face à elle-même, dans toute sa complexité. Qu’est-ce que cela veut dire de dénoncer les tentatives d’assimilation et de stigmatisation vécues par les enfants francophones des Amériques aux mains des Britanniques et des Américains, tout en ayant participé à des projets missionnaires visant à assimiler les enfants haïtiens, sénégalais ou innus et à stigmatiser leur langue maternelle ? Qu’est-ce que ça signifie de dénoncer le règlement 17 qui a longtemps compliqué l’enseignement du français en Ontario pendant que l’État québécois s’acharne à franciser les jeunes du Nunavik ? Qu’est-ce qui se produit quand des militants de gauche, qui militent pour l’équité et l’inclusion, s’en prennent à l’orthographe des internautes moins scolarisés qu’eux plutôt qu’à leurs idées ? Ou lorsqu’on « se donne un accent » pour faire sérieux à la télévision d’État ou à l’université ?

Dénonce-t-on les effets néfastes de l’impérialisme britannique parce qu’on est anti-impérialiste ou parce qu’on lui aurait préféré un impérialisme différent, où l’on aurait été plus dominant ? Est-on contre le mépris des Franco-Québécois ou contre le mépris tout court ? Se pencher sur ces questions, c’est s’interroger sur ce que l’on veut que notre francophonie signifie à la face du monde, et aussi sur la manière dont les francophones se traitent entre eux, et sur le rapport traversé de contradictions, d’émotions et souvent d’insécurité de chacun envers sa langue et son identité. À nous de voir, avec les francophones de partout dans le monde, ce que signifie parler français, de mettre en question ses normes et de s’approprier (enfin) sa langue.

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67 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 1 avril 2021 00 h 57

    Que c'est bien dit!

    Je n'ai rien à ajouter!

    • Cyril Dionne - Abonné 1 avril 2021 09 h 12

      Vous trouvez qu’il n’y a rien à ajouter M. Jodouin? Ah! « Ben câline de bine ».

      Le siècle des Lumières et sa Révolution française nous ont donné nos gouvernements démocratiques d’aujourd’hui. Sans cette étape politique, les peuples du monde en seraient encore aux monarchies et aux dictatures religieuses comme c’est le cas encore dans plus de la moitié des pays de la planète. Napoléon, le dictateur, était un Corse qui a été ridiculisé souvent lorsqu’il fréquentait l’académie militaire à Paris à cause de son accent. Disons que cela ne l’a pas empêché de devenir ce qu’il est devenu.

      Qui se moquent des Saguenéens ou des gens d’Hochelaga? On m’a dit que j’avais un accent au Québec, moi qui suis Franco-Ontarien et puis après? C’est ce qui arrive lorsque vous avez baigné toute votre vie dans un bassin anglo-saxon et j’en suis sorti plus fort. Non seulement cela a aiguisé mes notions sociolinguistiques, mais cela m’a permis d’avoir une perspective tout autre que d’être compartimenté.

      Pour les Acadiens, les Cajuns et les Franco-Manitobains, ils ne sont pas seulement des vestiges du passé, mais ils vivent aujourd’hui la louisianisation, un mot poli pour dire l’assimilation complète. En passant, les Acadiens se sont battus contre les Québécois lors des référendums et se sont alignés avec les fédéralistes et multiculturalistes « of Canada ». Ils récoltent aujourd’hui ce qu’ils ont semé.

      Ce ne sont pas les Français d’Amérique qui ont colonisé la planète. Nous n’avons rien à voir avec l’assimilation des haïtiens, sénégalais ou innus (voir église catholique) et nous n’avons pas stigmatisé leur langue maternelle. Dans le cas des deux premiers, ce sont eux qui ont voulu être assimilé afin de pouvoir goûter aux richesses occidentales. En Afrique, plusieurs en sont à leur 2e ou 3e assimilation volontaire. L’anglais semble maintenant être prisé là-bas.

      Nous n’avons rien à cirer des francophones des autres pays. Nous avons notre langue, notre culture et notre territoire.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 avril 2021 15 h 05

      Le titre évoque la honte et la conclusion invite à « s'approprier (enfin) sa langue ». La honte de quoi ? Et que veut l'auteure par « s'approprier sa langue » ? en écrivant dans un français accessible aux Québécois et aux francophones hors Québec qui, pour des raisons historiques, ont développé une langue française avec des sons, des expressions et une syntaxe qui leur est propre.

      Le français est la langue officielle du Québec. Ça implique une standardisation pour assurer une communication, des échanges et des débats entre les Québécois et Québécoises vivant au Québec. Dit autrement, ça implique une appropriation de cette langue analogue à l'appropriation faite dans tous les pays dont la langue officielle est le français. Aussi, quand Mme Nicolas parle d'appropriation, je pense à la standardisation du français dans le Québec devenu un pays avec un État indépendant.

      Ceci dit, il ne s'agit de la standardisation en réduisant la diversité, mais en partageant un corpus commun qui permet de débttre entre nous et d'échanger avec les autres membres de la francophonie.

  • Julien Bilodeau J.b Musique - Abonné 1 avril 2021 04 h 22

    l'idéal

    Cette leçon d'histoire, ou, plutôt, de "sociolinguistique", étalée sur, quoi, 15 siècles (?), si tant est qu'elle commence, en faisant contre mauvaise fortune bon coeur, avec l'avènement de Clovis 1er, par exemple, cette leçon de sociolinguistique dis-je, nous renseigne sur les destins heureux et, ou, funestes, des diversités linguistiques soumises au temps, à l'espace et, surtout, aux rapports qu'entretiennent l'espèce. Il s'en passe des choses et, soyons clair, au Québec, on prend rarement le temps de se le rappeler.
    D'abord, on y apprend que l'impérialisme institutionalisé sous toutes ses formes ("religieux", "unitariste", "monarchique", "capitaliste", "bourgeois dominant", "orthodoxe", "républicain", "disciplinaire", "dogmatique"...on en vient, effectivement, à en perdre son latin) lave le cerveau de ses sujets de sorte qu'il est "transformé par un idéal politique" qui orchestre une "réingénierie sociale" et impose, en bon conquérant qu'il est sans s'en rendre compte, une langue "bonne", "patriotique", belle, "exacte", "supérieure", "vraie"et "pure", autant d'attributs étrangers à la "science des langues" qui elle, au contraire, n'est pas sans jouir de pureté formelle. C'est comme si le Speak White avait toujours existé, au sein d'une même langue, partout, tout le temps, à tous les niveaux. D'hochelag à Pââris, une suite infinie de contacts qui "internalisent" et se transmettent leur honte réciproque. Une véritable pandémie !
    Puis, on réalise qu'il s'agit finalement d'une conception matérialiste de l'histoire. D'une technocritique patentée où toutes les différences sont instrumentalisées pour démontrer " la logique disciplinaire génératrice de honte et de hiérarchie" qui accable tant le dominant que le dominé.
    On voudrait nous faire réfléchir sur toutes ces choses, mais je crains que cette réthorique, à terme, ne nous mène qu'à une forme d'espéranto javelisé.

  • Lise Moisan - Abonnée 1 avril 2021 07 h 47

    Enfin une vision à 360 degrés de la question

    À l'aube de mes 70 ans de vie au Québec, je dois avouer que je n'ai jamais rien lu ni dans les journaux, ni ailleurs en fait, qui, en si peu de mots, fait aussi bien le tour de cette question, trop souvent polarisante et réductrice, axée sur la seule question de la compétition politique entre l'anglais et le français.
    Merci, Mme Nicolas de ce texte fort et raffraichissant qui rappelle les enjeux politiques historiques et l'instrumentalisation de la langue et des les langues dans tous les projets hégémoniques.

    Lise Moisan, Montréal

  • Robert Bernier - Abonné 1 avril 2021 07 h 51

    Si je vous comprends bien

    Si je vous comprends bien, on n'a même plus le droit de demander qu'ici, au Québec, les choses se passent en français?

    • Léonce Naud - Abonné 1 avril 2021 09 h 36

      Vous avez très bien compris.

    • Céline Delorme - Abonnée 1 avril 2021 11 h 14

      Mme Nicolas, nous fait ici la longue liste de toutes les injustices, mépris et fautes des français et francophones dans l'histoire du Monde des derniers 500 ans.
      Comme Mme Nicolas collabore majoritairement à des médias et organismes anglophones, qui représentent l'autre "colonisateur" du pays, je serais curieuse de savoir si elle produit aussi des "Auto-ciritiques " aussi détaillées contre les colonisations de l'Empire Britannique, et de l'Empire Etats-Unien, dans ses communications aux médias anglophones? Est-ce que les médias anglophones sont aussi contents de recevoir ses leçons de culpabilisations?
      Exemple: le Québec ne devrait pas instuire les inuits en français....Milite-t-elle aussi pour que les enfants Inuits ne recoivent pas de leçons en anglais? Alors dans quelle langue pourront-ils communiquer avec les autres?

    • Sylvie Hébert - Abonnée 1 avril 2021 11 h 55

      Oui, j'ai compris la même chose que vous, décidément madame Nicolas se surpasse aujourd'hui!

    • Joane Hurens - Abonné 1 avril 2021 12 h 30

      Et moi qui croyais avoir compris tout autre chose.

    • Marc Therrien - Abonné 1 avril 2021 12 h 32

      Bien sûr qu'on a ce droit. Madame Nicolas souhaite peut-être qu'on reconnaisse et admette simplement qu'on préfère dominer en français que d'être dominé en anglais.

      Marc Therrien

    • Francis Dupuis-Déri - Abonné 1 avril 2021 12 h 57

      Si vous pensez qu'elle dit qu'on n'a pas le droit que les choses se passent en français au Québec, c'est sans doute que votre chien a dévoré le bas de la page de votre copie du journal. Voici la fin de la chronique, pour que vous puissiez la lire en entier : «......s’interroger sur ce que l’on veut que notre francophonie signifie à la face du monde, et aussi sur la manière dont les francophones se traitent entre eux, et sur le rapport traversé de contradictions, d’émotions et souvent d’insécurité de chacun envers sa langue et son identité. À nous de voir, avec les francophones de partout dans le monde, ce que signifie parler français, de mettre en question ses normes et de s’approprier (enfin) sa langue.» De rien !

    • Robert Morin - Abonné 1 avril 2021 14 h 20

      Ça me conforte dans la compréhension que j'ai aussi de cet article alambiqué, aux conclusions en forme de non-dit.

    • Claude Bernard - Abonné 1 avril 2021 14 h 54

      M Bernier
      Je ne comprends pas comment vous en venez à cette conclusion.
      Le texte parle de la honte de mal parler français; cette honte existe dans une partie de la population et pousse souvent à se fermer aux notions de lutte pour le sauver.
      La facilité avec laquelle l'anglais envahit l'espace montréalais peut-elle être contrecarrée si on ne maitrise pas sa langue maternelle.
      Autrement dit, un double danger nous menace: l'attrait de l'américain auprès des jeunes et leur refus de se donner la peine d'apprendre le «vrai» français.
      Si on en vient à penser qu'on parle une langue en quelque sorte différente de celle de la France, quel mal y aurait-il à leurs yeux d'y ajouter des bouts en anglais ou de ne voir là que rien de plus normal.
      Pour les jeunes, on dirait que le seul endrois où on parle notre langue c'est au Québec et le reste de la planète parle anglais.
      Mme Nicolas n'a pas tort de le souligner.

    • Marc Therrien - Abonné 1 avril 2021 17 h 13

      Bien sûr qu’on a le droit. Madame Nicolas nous parle beaucoup de l’esprit républicain qui valorise l’uniformité et la conformité et qui, ceci étant, peut être tenté davantage par le « Tout Un » que le « tous uns » des libéraux. On sait que le Québec développe son goût pour la république; la République qui affirme le droit et impose le devoir, comme le disait Victor Hugo.

      Marc Therrien

    • Jean Richard - Abonné 1 avril 2021 17 h 17

      @M. Bernard – « Le texte parle de la honte de mal parler français » – Pas tout à fait. La honte, la vergonha dont il est question ci-haut est celle de parler sa langue maternelle. Langue maternelle ? Oui, en France au XIXe siècle, on ne parlait pas que français. Il y avait le breton, l'occitan, le basque, le provençal et quelques autres. Et vint la Révolution français, qui n'avait pas que des vertus, mais ce qui avec un certain recul s'apparente à des vices.
      Il fut un temps pas si lointain où dans ce Canada mené par des Anglais, l'usage du français fut interdit dans les écoles, les cours de récréation et l'espace publique. Les enfants contravenants étaient punis. Et le mot d'ordre donné ressemblait à ceci : dites aux enfants que c'est honteux de parler français.
      Il fut un temps encore moins lointain où la même médecine fut appliquée à la Catalogne, sous la dictature franquiste. Pas question de parler catalan dans l'espace public, y compris à l'école et dans la cour de récréation.
      Les Anglais voulaient anéantir le français, les Castillans voulaient en faire autant avec le catalan.
      Jamais deux sans trois : et les Français ? Eux, ce n'est pas une langue qu'ils ont tenté (et trop souvent réussi) de faire disparaître, mais plusieurs. Récemment, j'ai rencontré (à distance) une dame dans la septantaine qui me racontait que ses parents à l'époque où ils étaient enfants, étaient punis s'ils parlaient le provençal à l'école. On leur enseignait que c'était très mal de parler cette langue inférieure.

    • Claude Bernard - Abonné 1 avril 2021 18 h 42

      M Richard
      Le texte parle, entre autre, de «variants locaux du français».
      Le québécois, en est un justement.
      Les querelles que font à Mme Nicolas certains commentateurs sur le maniement des concepts qu'elle emploie ne tiennent pas compte de ce détail, dommage.
      La variante québécoise que j'entends sur la rue, dans les commerces, les salles d'attente, les parcs etc... serait imcompréhensible en France tant dans sa forme que dans sa prononciation.
      On la retrouve chez Tremblay, Deschamps, Charlebois etc... et elle reçoit un bon accueil en France où elle a la cote de nos jours dans une version exportable à l'usage des touristes et autres voyageurs.

  • Jean Lacoursière - Abonné 1 avril 2021 07 h 56

    C'est beau les accents...

    ...mais parler un français marginal quand on espère voir les immigrants apprendre notre langue, c'est se tirer dans le pied.

    Je ne verrais pas d'intérêt à me battre pour vivre et travailler en français chez nous si ce français était joualisé au point de nuire à « l'ouverture sur le monde » (et vice versa) que la langue française permet.

    • Pierre Bernier - Abonné 1 avril 2021 11 h 51

      Eh oui !

    • wisner Joselyn - Abonné 1 avril 2021 12 h 13

      Moi qui suis d'ailleurs, je ne partage pas du tout votre avis sur le manque d'intérêt pour ce français 'joualisé' comme vous dites. À mon arrivée à Montréal en 1976, j'ai commencé à 'comprendre' mieux le Québec (et Montréal...) en lisant Tremblay (À toi pour toujours...., 'La grosse femme....', les belles-soeurs entre autre). Je crois que vous devriez au contraire vous battre de toutes vos forces pour préserver cette spécificité Québécoise.

    • Léonce Naud - Abonné 1 avril 2021 12 h 36

      Cher M. Joselyn. Selon vous: «Entre jouaux, le joual suffit». C'est çà?

    • Marc Therrien - Abonné 1 avril 2021 17 h 20

      Ainsi, le désir de la société d’accueil pour une intégration dévorante de ses citoyens nés hors-pays s’exprime aussi dans sa volonté d’harmoniser les minorités audibles.

      Marc Therrien

    • Claude Bernard - Abonné 1 avril 2021 18 h 50

      M Lacoursière
      Vous avez à la fois raison et tort.
      Raison, avec l'ouverture sur le monde par le français dit international; tort, avec la nécessité de s'intégrer à la manière de parler de la majorité qui est est un des «variants locaux du français» dont parle Mme Nicolas.
      Si les immigrants doivent pousser à la roue avec nous, on doit se rapprocher dans le langage parlé qui crée les liens nécessaires à combiner nos effors.