Ceci n’est pas un parti

Aurait-on pu imaginer un gouvernement péquiste développer une politique linguistique sans consulter ses militants ? Pendant des décennies la question a été examinée sous tous les angles dans toutes les instances du parti. En novembre 1996, Lucien Bouchard est venu à un cheveu de démissionner parce que les délégués au congrès du PQ exigeaient le retour à la loi 101 originelle.

Depuis plus d’un an, le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, parle de « mesures costaudes » pour renforcer la loi, sans qu’aucun débat ait eu lieu au sein de la CAQ. Certes, la pandémie a plongé les partis politiques dans une sorte d’hibernation, mais la réalité est que, dix ans après sa fondation, la CAQ demeure une coquille vide, sans grande pensée propre.

On peut sans doute être reconnaissant à François Legault d’avoir redonné une certaine fierté aux Québécois, qui se faisaient dire depuis des années que la différence dont ils réclamaient la reconnaissance n’avait rien de très édifiant et qu’ils devraient plutôt se pénétrer des valeurs canadiennes. La CAQ en tant que parti n’a cependant joué aucun rôle dans ce réveil, sauf de servir de porte-voix à son chef.

Le « Nouveau projet pour les nationalistes du Québec », qui sert de bible à l’autonomisme caquiste, a été rédigé entièrement par les adjoints de M. Legault. Il a été présenté à un conseil général en novembre 2015 et la supposée consultation n’a entraîné aucune modification. La même chose peut être dite du rapport sur la langue que la députée d’Iberville, Claire Samson, a produit en 2016 et que M. Legault a tout de suite présenté comme la politique de son parti.

  

Depuis longtemps, le PLQ n’est plus la « machine à idées » qu’il était à l’époque de la Révolution tranquille et que Philippe Couillard avait prétendu faire renaître. Jean Charest avait commandé à Claude Ryan un opuscule sur les « valeurs libérales », mais cela ne pouvait masquer l’incurie intellectuelle du parti lui-même.

Il est cependant arrivé que des militants aient le courage de s’opposer aux dérives les plus choquantes. La tentative de privatisation du mont Orford par le gouvernement Charest a provoqué une levée de boucliers. En 2010, un délégué au conseil général, Martin Drapeau, a osé dénoncer le refus de déclencher une enquête sur la corruption de l’industrie de la construction et ses liens avec le financement du parti. Il est vrai que personne ne l’a appuyé.

Si le PQ s’est bien assagi depuis quelques années, les révoltes périodiques contre les atermoiements du chef ont marqué son histoire. M. Legault est bien placé pour le savoir. À QS, les militants ont brutalement mis un terme aux tentatives de « convergence » avec le PQ et rappelé la direction du parti à l’ordre sur la question de la laïcité.

Quelqu’un a-t-il entendu la moindre voix s’élever au sein de la CAQ pour discuter les orientations décrétées par le chef ? René Lévesque était le père fondateur du PQ, mais le parti n’a jamais été sa créature, tandis que la CAQ a été dès le début l’instrument des ambitions de François Legault, et c’est ce qu’elle demeure largement dix ans plus tard.

  

Malgré quelques recrues notables, comme Jacques Duchesneau, Gaétan Barrette ou Dominique Anglade, on a longtemps reproché au chef caquiste de ne pas être entouré d’une équipe suffisamment solide pour aspirer au pouvoir. Cette lacune a été comblée en 2018. Sans parler d’une « équipe du tonnerre », son gouvernement compte des éléments dont la qualité ne jure pas avec celle de leurs prédécesseurs.

Il n’y a cependant là personne qui soit de taille à forcer la main au premier ministre, comme Camille Laurin l’avait fait avec René Lévesque, auquel il avait imposé sa vision de la loi 101. Simon Jolin-Barrette est sans aucun doute désireux de la renforcer, mais c’est M. Legault qui va tracer la ligne. Aux Finances, tout le monde reconnaît qu’Eric Girard est un homme compétent, mais il n’a certainement pas la marge de manœuvre dont bénéficiait Jacques Parizeau.

En décembre 2019, M. Legault avait surpris tout le monde en réfléchissant tout haut à la possibilité de se retirer à mi-mandat s’il était réélu en 2022. Réalisant la perplexité dans laquelle cette perspective risquait de plonger les électeurs il a rapidement corrigé le tir, mais voilà maintenant qu’il saute par-dessus le cheval et confie dans une entrevue à La Presse qu’il se voit encore au pouvoir dans dix ans. Il ne devra pas se surprendre d’être comparé à Duplessis.

Il reste que l’après-Legault soulève des interrogations. Il ne manquera certainement pas de prétendants à sa succession, mais il sera difficile de maintenir la relation très personnelle que M. Legault a établie avec les Québécois. Si lui-même peut et préfère sans doute se passer d’un véritable parti, qui n’est pas toujours de tout repos, celui ou celle qui le remplacera pourrait en avoir grand besoin.

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71 commentaires
  • Hermel Cyr - Abonné 23 février 2021 06 h 17

    Un signe des temps…

    En fait, le temps des partis est peut-être fini. L’époque où la politique était alignée sur des positions idéologiques qui s’inscrivaient dans une durée identifiable, avec un passé à dépasser, un présent où l’action politique se faisait et un futur où résidait un projet n’a plus cours.

    Nous sommes à l’âge du « présentisme »! Toute politique devient la politique de l’instant. Ce qui était vrai hier devient autre chose aujourd’hui, et demain … on verra !

    C’est pour ne pas comprendre ce temps immobile qu’on saisit difficilement les Macron et Legault. Ces politiques ne vivent pas d’idées et de projets, ils n’ont pas besoin de militants. Suffit de savoir lire l’émotion des électeurs « hic et nunc » et le tour est joué. Les programmes, les projets, les comités de consultation, les militants… tout ça c’est du théâtre, c’est décoratif … comme le « Nouveau projet pour les nationalistes du Québec ». On le publie pour se donner l'air d'exister, et on souhaite que les électeurs l’oublient aussitôt…

    L’expression consacrée à la mode n’est-elle pas « on passe à autre chose » ?… Le temps passera. Demain sera un autre présent, un présent sans passé et sans avenir.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 23 février 2021 08 h 10

      "Toute politique devient la politique de l'instant." En effet, on ne peut mieux dire M. Cyr. Aucune mémoire enregistrant ce qui s'est passé et surtout...aucune vision d'avenir. C'est là, là, maintenant...

    • Pierre Grandchamp - Abonné 23 février 2021 08 h 58

      M. Cyr, mais implicitement, il y en a une politique de la CAQ: celle de ne pas en avoir en ce qui concerne l'avenir politique du Québec.En fait, on revient à "l'autonomie provinciale" de Duplessis des années 1950. Là où le bât blesse: entretemps, il y a eu la constitution de 1982 orpheline du Québec et la CAQ n' a aucune solution à proposer pour que le Québec y retourne. Bien sûr que, en temps de pandémie, ce n'est pas le temps de parler de cela.Mais, avant la pandémie, c'Était, aussi, silence radio.

      Je trouve la situation actuelle du Québec, avec la CAQ, comparable à celle des Francophones hors Québec:"autovalorisation compensatrice de l'impuissance du dominé". Tu cries pis tu ramasses les miettes...pis tu recommences à crier, pis tu ramasses encore les miettes! Or, cela, c'est une politique!

    • Cyril Dionne - Abonné 23 février 2021 09 h 51

      C'est plus qu'un signe des temps M. Cyr.

      La CAQ n'est pas un parti politique puisqu'il n'y a aucune idéologie. En fait, c'est une coquille vide mercantile, comme si la vie se résumait à celui qui a le plus de jouets, gagne. Investir 1,8 milliards dans une compagnie privée pour créer 600 emplois revient à dire qu’ils les ont acheté tout simplement. Misère. Ceci coûte 3 millions par emploi échelonné sur une période de 30 ans à 100 000$ par année. Le fantôme de Bombardier nous revient encore une fois. Les parallèles du populisme de la CAQ avec le phénomène Trump sont tonitruants à la différence près qu’un avait agit et l’autre regarde tout simplement la caravane passer. En fait, tout comme dans la crise sanitaire avec ses 10 318 décès à l’heure de ce commentaire.

      On pourrait dire de même des Québécois présentement qui sont en mode passive sans prendre contrôle de leur propre destiné. Ils ont trouvé un parti qui fait du surplace et qui les accommodent bien. On a déjà joué dans ce film et cela finit toujours très mal pour les perdants.

    • Denis Blondin - Abonné 23 février 2021 09 h 52

      Fini, le temps des partis?

      Avez-vous déjà entendu parler d'un parti enregistré sous le nom de Québec Solidaire?

    • Jean-Charles Morin - Inscrit 23 février 2021 11 h 48

      Après QS et son parti sans chef, voici la CAQ et son chef sans parti. Comme antinomie dans l'approche politique, il est difficile de trouver mieux.

      Cela tend à démontrer qu'au Québec, à gauche comme à droite, bien des gens tentent de faire de la politique autrement.

      Mais l'électorat aime davantage l'innovation venant de la droite que celle venant de la gauche, préférant nettement les têtes sans corps aux corps sans tête. À méditer...

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 février 2021 13 h 25

      "Après QS et son parti sans chef.." - Jean-Charles Morin

      Québec solidaire dispose d'une direction collégiale et démocratique dans l'instance du parti.

      Et d'une cheffe parlementaire à l'Assemblée nationale.

      Sans argumentation, la droite en est sans cesse réduite à diffuser sa propagande et ses préjugés.

    • Cyril Dionne - Abonné 23 février 2021 15 h 14

      Je suis bien d'accord avec vous en ce qui concerne Québec solidaire M. Morin. lol

    • Nadia Alexan - Abonnée 23 février 2021 15 h 38

      Pour une fois, je suis d'accord avec vous, monsieur Dionne, «qu'investir 1,8 milliard dans une compagnie privée pour créer 600 emplois revient à dire qu’ils les ont achetés tout simplement."
      Par contre, de là à dire que la CAQ n'a pas d'idéologie, cela n'est pas vrai. L'idéologie de la CAQ se traduit ainsi: le pouvoir mercantile pour les riches et par les riches. C'est le néolibéralisme à outrance.

    • Jean-Charles Morin - Inscrit 23 février 2021 15 h 40

      "Québec solidaire dispose d'une direction collégiale et démocratique dans l'instance du parti. Et d'une cheffe parlementaire à l'Assemblée nationale." - CM

      Contrairement aux partis dits "traditionnels" où le chef, avant de diriger le pays, doit d'abord obtenir un mandat de député auprès de la population et où tous les membres de son futur cabinet sont élus au suffrage universel direct, la "direction collégiale et démocratique" de QS qui chapeaute l'aile parlementaire du parti ne dispose d'aucun mandat des électeurs en tant que tel. Pourtant c'est cette instance - mieux connue sous le sobriquet de "politburo" - qui dirige tout depuis les coulisses sans avoir de comptes à rendre à la population. La seule légitimité dont la plupart de ses membres peuvent se réclamer a été obtenue des quelques centaines de délégués et d'activistes qui prennent le contrôle du parterre lors des assemblées générales.

      Comme modèle de démocratie, force est d'admettre qu'on a déjà vu mieux.

      Quant à sa "cheffe parlementaire", le poste de leader parlementaire n'a rien à voir avec celui de chef de parti. Vous jouez ici sur les mots.

      Au chapitre de la propagande et des préjugés, la "nouvelle gauche" racialiste et communautariste ne donne pas sa place. La "méchante" droite se trouve ainsi en très bonne compagnie.

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 février 2021 17 h 17

      @Nadia Alexan,

      "Par contre, de là à dire que la CAQ n'a pas d'idéologie, cela n'est pas vrai. L'idéologie de la CAQ se traduit ainsi: le pouvoir mercantile pour les riches et par les riches. C'est le néolibéralisme à outrance." - Nadia Alexan

      - Et quel parti, selon vous, est-il le plus crédible pour combattre ledit pouvoir mercantile et le néolibéralisme au Québec?

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 février 2021 17 h 34

      @Jean-Charles Morin,

      Québec solidaire n'a pas de leçon de démocratie à recevoir des caquistes.

      Faut être culotté pour accuser Québec solidaire de manque de démocratie, et d'autant plus, quand on se dit ouvertement caquiste.

      - Et de quelle légitimité François Legault disposait-il pour accorder 250 millions au Cirque du Soleil?

      Réponse : aucune.

      Jamais Legault n'avait mis ça dans son programme.

      Par contre, il a renié son engagement démocratique "FONDAMENTAL" envers la population d'instaurer un scrutin proportionnel sur le mandat précis qui l'avait fait élire.

      Sans compter que notre petit néo-Duplessis des temps modernes gouverne par décrets, par bâillons successifs et a fermé l'Assemblée nationale durant DES MOIS !

      Allôô.. démocratie ??

      Québec solidaire n'a pas de leçon de démocratie à recevoir des caquistes qui ne peuvent même pas élire leurs propres candidats "NOMMÉS" par le "cheuf" !

    • Jean-Charles Morin - Inscrit 23 février 2021 20 h 14

      "Québec Solidaire n'a pas de leçon de démocratie à recevoir des caquistes. Faut être culotté pour accuser Québec Solidaire de manque de démocratie, et d'autant plus, quand on se dit ouvertement caquiste." - CM

      "Se dit ouvertement caquiste": Monsieur Montmarquette m'apprends ici quelque chose que j'ignorais moi-même. Il est un expert pour lire des choses qui n'ont jamais été écrites. Mais si cela lui fait plaisir, il peut bien croire tout ce qu'il veut à mon sujet.

      En fait, pour tout dire, tous les partis me déçoivent: la CAQ par son discours creux et son nationalisme de pacotille, le PQ pour avoir perdu en route sa boussole et ses repères, QS pour son absence de sens pratique et sa rigidité sectaire, doublée de sa prétention ridicule de se croire plus fin que les autres, et finalement le PLQ pour l'ensemble de son oeuvre. Mais il y en a dans le lot qui déçoivent davantage. Monsieur Montmarquette, qui maintenant sait tout sur mon compte, doit bien se douter desquels.

      P.S.: Je comprends parfaitement Monsieur Montmarquette d'être amer en ce qui concerne le dossier du scrutin proportionnel. Mais espérer la lune a toujours tenu de la naïveté. Désillusion garantie en bout de ligne. Avoir cru, ne serait-ce qu’un instant, que les gens au pouvoir seraient assez idiots pour torpiller leurs chances d’hériter à nouveau d’un gouvernement majoritaire, démontre néanmoins le manque de réalisme qui a toujours handicapé la réflexion chez QS.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 février 2021 07 h 45

      @Jean-Charles Morin,

      "Québec solidaire pour son absence de sens pratique et sa rigidité sectaire.' - Jean-Charles Morin

      Je vois mal comment il soit possible de qualifier Québec solidaire de "sectaire" quand ont sait que Québec solidaire est non seulement issu de l'Union des forces progressistes qui regroupait lui-même quatre parti politiques, soit le RAP, le PDS, le PCQ et le Parti vert, mais que la création elle-même de Québec solidaire s'est faite sur la fusion de trois autre formations, soit, l'UFP, Option citoyenne et Option nationale.

      Finalement vous ne faites que confirmer ce que je disais précédemment:

      Sans argumentation, la droite en est sans cesse réduite à diffuser sa propagande et ses préjugés.

      Il ne suffit pas de crier à l'absence de sens pratique à la rigidité sectaire. Il faut le démontrer.

      Et question de "sens pratique", Québec solidaire dispose de plus de 6 millions de financement, et qui plus est, est le seul parti à avoir ramasser plus de dons que l'année qui précédait.

      Il faut croire que QS est plus organisé et plus pratique que certains voudraient bien le laisser croire.

      Rendez-vous aux élections avec votre "militante abstention", quand on sait qu'en rejetant Québec solidaire vous allez aussi rejeter ces éléments de programme :

      Une forte augmentation des prestations d'aide sociale
      Un revenu minimum garanti
      Un salaire minimum à 15$ de l'heure
      La gratuité scolaire du CPE à l'université
      Un régime de pension universel de l'État
      La réduction des tarifs de transport en commun de 50%
      Une assurance dentaire pour tout le monde
      La construction de 12,000 logements sociaux par année
      L’augmentation du nombre de paliers d'impôts pour une fiscalité plus équitable
      L'impôt-pandémie pour les riches et les grandes entreprises
      Des CLSC ouverts 24 heures par jour 7 jours sur 7
      La création de Pharma-Québec
      L'augmentation des redevances sur les ressources naturelles
      La lutte aux changements climatiques
      Etc.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 février 2021 08 h 20

      "Tous les partis me déçoivent,, QS pour son absence de sens pratique" - Jean-Charles Morin

      - Quel manque de sens pratique y a-t-il dans cette récente proposition de Québec solidaire ?

      Il est temps de se poser la question suivante:

      "Comment se relever de la pandémie" - Québec solidaire :

      Depuis des décennies les gouvernements au Québec nous servent toujours la même recette: couper dans les services publics et ignorer les demandes des travailleurs et travailleuses essentiels. Ces politiques du chacun pour soi n’ont pas créé la pandémie, mais elles ont certainement contribué à empirer la situation. Le Québec après la crise doit marquer une rupture avec ces mauvaises habitudes des gouvernements du passé.

      https://plan.quebecsolidaire.net/?fbclid=IwAR1nqHlwwn9rb621dxI7UqokyxwDuTGm5h08SmLeUooz2bLr9lUy_N4_iHQ

      .

    • Jean-Charles Morin - Inscrit 24 février 2021 12 h 09

      "Québec Solidaire est non seulement issu de l'Union des forces progressistes qui regroupait lui-même quatre parti politiques, soit le RAP, le PDS, le PCQ et le Parti vert, mais que la création elle-même de Québec solidaire s'est faite sur la fusion de trois autre formations, soit, l'UFP, Option citoyenne et Option nationale." - CM

      Quand on met ensemble des gens du même acabit ou venant des mêmes milieux marginaux, il ne faut pas s'attendre à trouver autre chose au final.

      QS compte dans ses rangs combien d'entrepreneurs, d'hommes d'affaires et de scientifiques pour asseoir sa crédibilité et valider ses prétentions? Poser la question, c'est y répondre. Le profil-type d'un militant solidaire est connu depuis toujours et n'a pas changé depuis.

      La liste de promesses plus ou moins racoleuses que vous vous plaisez à citer à tout propos ne prouve qu'une chose: chez QS, on confond le sens pratique avec le clientélisme.

      Toutefois, je suis d'accord avec vous sur un point: dans le domaine de la santé, le gouvernement s'est toujours révélé un mauvais gestionnaire. Aussi ce n'est pas en resserrant son emprise bureaucratique sur un réseau que son laxisme fonctionnariste contribue à débiliter que les choses vont s'améliorer.

      Mais rassurez-vous: aux prochaines élections, je ne m'abstiendrai pas. Du reste, je ne me suis jamais abstenu. Je me contenterai de voter pour le moins pire et je peux vous dire tout de suite que ce ne sera ni QS ni le PLQ.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 février 2021 13 h 38

      @Jean-Charles Morin,

      "Je peux vous dire tout de suite que ce ne sera ni QS ni le PLQ... " - Jean-Charles Morin

      J'en conclue donc que vous être contre :

      Une forte augmentation des prestations d'aide sociale
      Un revenu minimum garanti
      Un salaire minimum à 15$ de l'heure
      La gratuité scolaire du CPE à l'université
      Un régime de pension universel de l'État
      La réduction des tarifs de transport en commun de 50%
      Une assurance dentaire pour tout le monde
      La construction de 12,000 logements sociaux par année
      L’augmentation du nombre de paliers d'impôts pour une fiscalité plus équitable
      L'impôt-pandémie pour les riches et les grandes entreprises
      Des CLSC ouverts 24 heures par jour 7 jours sur 7
      La création de Pharma-Québec
      L'augmentation des redevances sur les ressources naturelles
      La lutte aux changements climatiques etc.

      Vous avez bien droit,

      Mais c'est très révélateur de la droite économique des affairistes et des sangsues de l'État qui n'en n'ont que pour leurs profits et se contrefoutent des démunis, du monde ordinaire, du bien commun et de l'environnement.

      Le capitalisme est amoral disait Michel Chartrand..

      Et j'en constate les ravages sur cette tribunes tous les jours.

  • Pierre Labelle - Abonné 23 février 2021 06 h 51

    Les babines et les bottines!

    Les ambitions ainsi que les ambiguités de Legault sont devenus sa marque de commerce. Ses babines précèdent ses bottines, mais le problème c'est que ces dernières ne sont pas toujours au rendez-vous. Pour ce qui est de 2018 monsieur David, je dirais plutôt que les électeurs en avait plein le casque des mesures d'austérités à Couillard, de là l'élection de la CAQ, pas grand chose à voir avec une supposé équipe solide autour de Legault comme vous le dite. Depuis plusieurs années je dis et répète que ce dernier est un carriériste. Ses ambitions l'aveugle. Son côté dictatorial, un jour peut-être le perdra, son objectif lors de son départ du PQ était de devenir premier ministre, il l'a maintenant atteint. Quel est le prochain? Tant qu'à S.J.B.,sa réforme costaude de la loi 101 qu'il nous promet depuis tellement de mois, ceux et celles qui s'attendent à une révolution du style 1977, genre Camille Laurin, la déception sera grande car le premier n'est pas le deuxième. Monsieur Laurin discutait et débattait d'égal à égal avec René Lévesque, le ministre aux mesures costaudes lui marche au pas que lui dicte François Legault. Absence de colonne vertébrale....

  • Robert Bérubé - Abonné 23 février 2021 07 h 12

    Un PM sans vision...

    Ou plutôt une vision d'un vendeur de ''char''. C'est Lui qui possède sa vérité et l'impose à ses commettants. On a que regarder la direction que prennent les projets de transport collectifs à Montréal et à Québec et le peu de considération qu'Il a face aux oppositions formulées par leur administrations. Oui, ce PM nous fait penser à l'ère Duplessisme et à la grande noirceur. Souhaitons nous une meilleure option pour le prochain scrutin.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 23 février 2021 08 h 19

      "Une vision d'un vendeur de"char"." Une bonne "grosse minoune". En tout cas, on ne peut certainement pas dire qu'avec Legault "on est en voiture " et qu'on roule vers l'avenir: les "gros chars " consomment beaucoup, coûtent cher et sont très polluants...

    • Bernard LEIFFET - Abonné 23 février 2021 16 h 38

      Monsieur Bérubé, voilà qu'aujourd'hui le sacre de François Legault vient de se faire! Il se félicite devant les médias d'avoir fait mieux que la Santé! Habituellement, cette attitude de supériorité, vis-à-vis les citoyens, a un nom commençant par un « p » ! Ne mêlangeons surtout pas monsieur Jacques Parizeau qui lui avait des convictions sans être pédant, un autre p!

  • Pierre Grandchamp - Abonné 23 février 2021 07 h 43

    Marque de commerce: la demi-mesure!

    -Test de valeurs pour immigrants. La CAQ avait promis, dur comme fer, que les candidats à l’immigration auraient été tenus de réussir un test des valeurs québécoises dans un délai de trois ans pour obtenir un « certificat de sélection » leur permettant de demander le droit de « résidence permanente » et éventuellement la citoyenneté canadienne. En cas d’échec, ils étaient menacés d’expulsion pure et simple. https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/566175/l-art-de-la-demi-mesure. Elle a accouché d’un ridicule test de valeurs pouvant être passé à distance pcq sa promesse était irréaliste dans le cadre fédéral.

    - Laïcité. La CAQ avait promis une loi pour défendre le port de signes religieux ostentatoires dans une fonction d’autorité. Elle a exempté les écoles privées.Elle a reculé pour se protéger dans le cas de poursuites possibles dans le cadre fédéral.

    -Mode d’élections. La CAQ avait promis, dur comme fer, que les prochaines élections se feraient à la proportionnelle. Elle change son idée pour un référendum sur la question.Parce que la majorité de ses députés sont contre.

    • Bernard Plante - Abonné 23 février 2021 10 h 23

      On pourrait ajouter:

      - Recul de 50 ans pour la Loi sur la santé et sécurité, où comme dans le bon vieux temps on redonne toute la latitude aux employeurs de refuser les demandes;
      - Révision de la Loi sur l'indemnisation des victimes d'actes criminels qui réduit l'accès des victimes en exigeant que la cause soit officiellement reconnue comme criminelle par la Cour;
      - Retrait de zones environnementales protégées pour satisfaire les forestières au détriment de la survie d'espèces telles le caribou, et de la disparition de nos dernières forêts anciennes;
      - Appui au projet de pipeline GNL qui, pour se vendre, nous demande de "penser mondial" car à cette échelle il réduirait supposément (et cela reste à prouver) les émissions, mais qui refuse que ses propres émissions soient analysées dans leur ensemble en sachant que si c'était le cas le projet serait assurément rejeté car n'atteignant pas les critères;
      - Prise en charge unilatérale et forcée du projet de tramway de Québec pour satisfaire ses électeurs de banlieues, tassant du même coup une décennie d'efforts et de planification d'experts du domaine;
      - Délégation des obligations de protection du patrimoine aux MRC alors qu'il est évident que pour être efficace cette obligation doit non seulement relever de Québec mais être grandement renforcée pour mettre fin au carnage patrimonial qui sévit depuis trop longtemps.

      Avec la CAQ, ça va vite. Mais ça va où?

    • Nadia Alexan - Abonnée 23 février 2021 16 h 21

      Je rêve toujours des réformateurs visionnaires des années 1960, qui avait à coeur le bien commun et la justice sociale, des hommes et des femmes qui ont produit la Révolution tranquille, tels que René Lévesque, qui a eu le courage de nationaliser Hydro-Québec, Guy Rocher de la Commission Parent et la réforme scolaire, Jacques Parizeau, la Caisse de l'économie, maitres chez nous, la loi 101, le système de soins de santé publique, l'assurance des médicaments, la loi qui protège les consommateurs, et j'en passe. L'effervescence de ces années était majestueuse et incomparable. On avait besoin du gouvernement pendant ce temps pour réglementer les excès des riches. Le gouvernement était la solution, un outil pour le bien.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 23 février 2021 17 h 19

      Mme Alexan.

      Je suis de ceux qui déplorent le fait que ce gouvernement ait fait disparaître la démocratie scolaire pour nous installer le même système hermétique et sans transparence qu'en santé. On a remis, comme en santé, la gesation des écoles entre les mains des fonctionnaires!

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 février 2021 17 h 38

      "On avait besoin du gouvernement pendant ce temps pour réglementer les excès des riches." - Nadia Alexan

      Donnez-nous donc quelques exemples où le PQ avais remis à sa place les profits exorbitants des riches?

      "On se disait sociaux-démocrates, même si on jamais trop su ce ça voulait dire." - René Lévesque

  • Louise Collette - Abonnée 23 février 2021 07 h 46

    Et

    Et un véritable <<boys club>> le gouvernement Legault.

    • Patrick Boulanger - Abonné 23 février 2021 08 h 40

      La CAQ, un club des vieux copains? Pourquoi soutenez-vous cela? Si wikipédia a raison, les femmes sont nombreuses au conseil des ministres.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 23 février 2021 09 h 46

      @ M. Boulanger Legault serait moins tolérant avec ses ministres féminins. A lire là-dessus:
      https://www.journaldemontreal.com/2021/02/22/francois-legault-plus-tolerant-envers-ses-ministres-masculins

      Deux ont été renvoyées. Deux autres, à ma connaissance, ont été rétrogradées; dont Mme McCann qui était à la Santé.

    • Hélène Paulette - Abonnée 23 février 2021 10 h 39

      @Boulanger, on appelle ça du "pink washing"...

    • Pierre Grandchamp - Abonné 23 février 2021 11 h 29

      En complément à M. Boulanger.

      Si les ministres Roberge et Jolin-Barrette avaient été des femmes, ça ferait longtemps qu'ils auraient été dégommés.