Voyages en quarantaine

Malgré tout ce qui a été fait à l’échelle mondiale, nous en sommes encore avec quatre voyageurs aériens sur cinq qui restent à la maison, freinés dans leur élan par la COVID-19 et le poids des mesures de restriction de voyage. Ici, la quarantaine imposée aux voyageurs à leur retour fait mal.

S’il est retenu que les voyageurs entrant au pays ont servi de catalyseur à l’éclosion de la première vague en mars, les industries de l’aviation, du voyage et du tourisme n’ont vraiment pas lésiné depuis sur les mesures pour minimiser, voire annihiler, le risque de contagion afin qu’il n’y ait pas de transmission tant entre passagers que d’un pays à l’autre.

L’établissement de corridors avec des pays ayant maîtrisé la courbe de la pandémie sous la forme d’une reprise des liens et d’un arrimage avec les pays ayant déjà mis en place des protocoles d’hygiène et de biosécurité a aussi été proposé.

Pour leur part, les voyagistes ont accompagné leur offre d’une assurance COVID-19, tout en apportant plus de flexibilité à leur politique d’annulation ou de changement de dernière minute. Et en appliquant un protocole sanitaire rigoureux à destination afin de protéger les voyageurs et les employés.

Dépistage systématique

Mais mardi, lors de son assemblée générale, l’IATA a dû se rendre à l’évidence qu’en sus de tout ce qui a déjà été fait, seuls les tests de dépistage systématiques pourraient contribuer à un redressement de la situation dans l’attente de la généralisation d’un vaccin.

« Les compagnies et les aéroports ont déployé une série de mesures pour assurer leur sécurité sanitaire, allant de procédures d’embarquement dématérialisées au port du masque obligatoire dans les avions en passant par des nettoyages renforcés des appareils. Mais la clé du redémarrage réside dans la réouverture des frontières et la levée des mesures de quarantaine. »

Selon une étude réalisée par l’organisation, qui représente les compagnies aériennes, si les tests étaient généralisés au départ, le risque de voir un passager contaminé à bord d’un avion serait de 0,06 %, c’est-à-dire 12 cas positifs non dépistés pour 20 000 passagers à l’arrivée. Dans un communiqué publié le 8 octobre, l’IATA ajoutait que, depuis le début de 2020, on dénombre 44 cas confirmés de COVID-19 associés à un vol aérien. Au cours de la même période, 1,2 milliard de personnes ont pris un vol. Cela équivaut à un cas sur 27 millions de voyageurs.

Pour l’avion uniquement viennent s’ajouter les analyses menées par les grands manufacturiers d’avions — les Airbus, Boeing, Embraer — démontrant le haut taux d’efficacité du système de ventilation des appareils, une efficacité confirmée par les tests menés par l’United States Transportation Command en août. Le port du masque à bord ajoute aussi une couche de protection additionnelle.

Se greffe en appui à l’argumentaire l’étude universitaire lancée en septembre par McMaster HealthLabs auprès des passagers débarquant à l’aéroport Pearson de Toronto et impliquant quelque 21 000 tests qui ont pris fin le 2 octobre.

On observe dans ce projet mené conjointement avec Air Canada et l’aéroport torontois que la proportion de participants à l’étude qui ont obtenu un résultat négatif à la COVID-19 est de 99 %, contre 1 % qui ont été déclarés positifs. Ainsi, des 8644 personnes qui ont participé à l’étude, 89 ont été déclarées positives. La majorité de ces résultats (68,5 %) ont été découverts le jour 1, 25,8 % ont obtenu un résultat positif le jour 7 et 5,6 %, le jour 14.

Une entrave à la reprise de l’économie et de l’emploi

La répartition des cas positifs par période de dépistage indique que 0,7 % des cas ont été détectés à l’arrivée, 0,3 % le septième jour et moins de 0,1 % le quatorzième jour. Dans ses conclusions préliminaires, McMaster soutient que ces résultats viennent appuyer une approche privilégiant le dépistage et une quarantaine
écourtée.

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, a mis en exergue l’impatience de toute l’industrie en évoquant les restrictions exceptionnelles aux frontières mises en place par le gouvernement fédéral et leur « impact démesuré », a-t-il écrit dans une lettre d’opinion publiée dans Le Devoir le 15 octobre. « Bien que ces mesures aient pu sembler appropriées d’un point de vue de la santé publique lors des premières semaines de la crise, leur application qui se maintient depuis sept mois constitue une entrave majeure à la reprise de l’économie et de l’emploi. »

Restrictions assouplies

Selon les données de l’Organisation mondiale du tourisme, en septembre, 115 destinations, ou 53 % de toutes les destinations dans le monde, avaient assoupli leurs restrictions. L’agence spécialisée des Nations unies ajoute que les destinations qui ont assoupli leurs restrictions peuvent reposer sur un système de santé de haut niveau et présentent un bas taux d’infection sur une base relative.

En revanche, 93 destinations mondiales, ou 43 %, maintiennent la fermeture de leurs frontières, plus de la moitié figurant dans la liste des pays les plus vulnérables.

1 commentaire
  • Huguette Jean - Abonné 27 novembre 2020 19 h 02

    Réponse à M. Bérubé

    Tout à fait d'accord avec vous. Dans les transports aériens, les mesures nécessaires sont prises. Je compte partir pour la Floride d'ici quelques semaines.