Comment te faire confiance avec cette arme sans me fatiguer

Tu nous frappes avec un bâton pendant quelques siècles. On n’en compte plus les morts. De peine et de misère, on finit par t’arracher le bâton. Pour tenter de comprendre nos blessures et en guérir, on garde le bâton parmi nous. Comme objet dangereux, mais important pour notre histoire. On tente de comprendre sa violence, de le désarmer, d’en faire autre chose, peut-être de la poésie, ou un médium de catharsis.

Mais toi, on ne te fait plus confiance avec le bâton. Peut-être que tu te sens coupable pour les coups passés. Tu as changé, répètes-tu. Tu voudrais aussi te joindre à nos réflexions et à nos expérimentations autour du bâton. Mais dès que tu t’en approches, plusieurs lèvent les bras, prêts à parer les coups. Peut-être n’as-tu aucune intention de frapper. Mais nos corps sont encore pleins d’ecchymoses, et la mémoire traumatique est puissante. Et puis, on sait que même si tu ne veux pas blesser, il se peut qu’en jouant avec le bâton, tu nous frappes encore. Par accident. C’est qu’il te reste encore tellement à apprendre. Ta maladresse est légendaire. Il n’y a pas moyen, donc, que tu t’approches du bâton sans qu’on se braque. On ne te l’a pas enlevé pour rien, le bâton.

Il y en aura peut-être parmi nous qui ne voient pas pourquoi tu ne pourrais pas expérimenter aussi avec le bâton. Peut-être ont-ils la chance d’être de cette génération qui a grandi parmi les leurs, sans être exposée dès l’enfance aux nostalgiques dits « décomplexés » de la belle époque du bâton, qui réussissent encore trop souvent à nous voler l’arme au milieu de la nuit, malgré la vigilance des modernes, et à éveiller chez les plus jeunes la complexe conscience du passé. Peut-être réagissent-ils aussi différemment à tes accrochages accidentels. Peut-être peinent-ils à comprendre comment un coup plus faible peut faire plus mal sur une plaie à vif. Peut-être que leurs plaies à eux sont mieux cicatrisées.

Tu voulais bien faire, tu es désolé. Encore une fois ! Mais pas assez désolé pour accepter que te soit révoqué ton permis de port du bâton, vu les dommages. Peut-être es-tu un peu désensibilisé, après toutes ces images de misère et ces vidéos de morts-spectacles, à l’idée qu’on puisse avoir mal. Tu caricatures notre exaspération avec cet ami dont tu découpes les mots pour t’en fabriquer des cautions plutôt que de le traiter en ami. Tu nous dépeins comme une meute barbare sans visage, prête à attaquer la raison, le savoir, la liberté, la civilisation. Réalises-tu que c’est en brandissant un spectre terriblement similaire que les tiens ont justifié durant des siècles les coups de bâton ? C’est sans conteste : il te reste encore beaucoup à apprendre.

Tellement qu’on finit par se demander, parfois, si tu ne fais pas un peu semblant de ne pas comprendre. C’est qu’on voit très bien ta maîtrise des dynamiques sociales douloureuses lorsqu’il ne s’agit pas de nous.

Lorsqu’il est question de toi, par exemple, tu comprends parfaitement que la méfiance puisse subsister même quand le « progrès » fait son chemin, si les relations de pouvoir sont toujours profondément inégalitaires et que la paix en demeure fragile. Tu sais très bien que décréter « tu ne discrimineras point » ne peut empêcher ces encore-plus-dominants-que-toi de dominer là où ils sont les plus nombreux ni permettre l’avènement d’un régime de « domination inversée ». Lorsqu’ils veulent philosopher sur le pour et le contre des règles officielles et officieuses dont vous vous êtes dotés pour plus ou moins vivre ensemble, tu te braques aussi, plus vite que l’éclair. Et puisque tu as plus de pouvoir, tu réagis encore plus que nous — même si la force des coups qu’on a chacun reçus est sans commune mesure. Avec tes cicatrices à toi, il ne faut pas rigoler. Même que certains parmi les tiens prêchent pour cesser de cohabiter avec ceux qui les ont blessés, car ils les croient irréformables. Pendant ce temps, tu exiges que nous, on te fasse encore confiance avec le bâton ?

Lorsqu’il s’agit des femmes autour de toi, tu as aussi fini, tant bien que mal, par apprivoiser la notion de consentement. Tu fais encore des faux pas monumentaux — ta ma-ladresse n’est pas légendaire pour rien —, mais tu n’en es plus, espérons-le, au stade du « une femme m’a dit un jour qu’elle voulait, donc toutes les femmes doivent vouloir ! » Si tu enseignais, tu ne souhaiterais pas que tes étudiantes arrivent en classe les bras levés, prêtes à parer les attouchements, trop méfiantes pour être disposées à apprendre. Tu as donc accepté qu’il fallait enseigner en évitant de toucher spontanément, peu importe l’intention pédagogique, parce que les siècles d’irrespect et d’abus pèsent encore sur les rapports sociaux. Quand tu veux, tu t’adaptes. On le sait. Tu serais amplement capable de discuter avec nous de notre histoire sans remettre la main sur le bâton. Ton obsession pour celui-ci est d’autant plus frustrante.

Mais personnellement, je ne suis pas inflexible, et je crois qu’on pourrait trouver une manière de s’entendre. Tu pourrais t’attaquer à tous les systèmes, les règles et les manières de faire qui ont rendu les coups de bâton en bonne partie obsolètes, puisque ces nouvelles technologies politiques arrivent à nous maintenir « en place » tout en ayant l’élégance d’éviter la violence grotesque. Tu pourrais vider tes musées de nos trésors volés. Tu pourrais obtenir qu’on cesse de piller les terres dont on nous a kidnappés pour mieux nous donner des coups de bâton. Tu pourrais définancer ceux qui nous donnent des coups de bâton en toute légalité, encore et malgré tout, pour maintenir ton sentiment de sécurité au prix de la nôtre. Tu pourrais nous faire une vraie place dans tes universités. Tu pourrais t’assurer qu’en tout, localement, internationalement, nous ayons reçu juste réparation pour les siècles passés à recevoir des coups de bâton.

Si tu réussis tout ça, je n’aurai aucun problème à ce qu’en contrepartie, tu puisses faire du mot-arme ce que bon te semble. Le marché te semble équitable ?

200 commentaires
  • Eric Ouellet - Abonné 20 octobre 2020 14 h 56

    Les tiens?

    Réalises-tu que c’est en brandissant un spectre terriblement similaire que les tiens ont justifié durant des siècles les coups de bâton ?

    Est-ce du racisme "les tiens"?

    • Nadia Alexan - Abonnée 20 octobre 2020 17 h 33

      Au contraire, madame. C'est «le devoir du mémoire» de l'horreur qui doit vous préoccuper. On ne corrige pas la barbarie en la cachant sous le tapis. La «catharsis» que vous évoquez se passe par la démonstration de l'ampleur de la sauvagerie.
      En Allemagne, on ne cache pas l'histoire sordide du nazisme. Au contraire, leur passé fasciste est enseigné à tous les niveaux scolaires pour que l'on n’oublie jamais.
      La même chose se passe avec les juifs qui affichent carrément l'horreur de la «Shoah» dans les musées.
      «Ceux qui ne peuvent pas apprendre de l'histoire sont condamnés à la répéter.»

    • Claude Bernard - Abonné 20 octobre 2020 17 h 37

      Il te reste encore beaucoup à apprendre

    • Claudette Bertrand - Abonnée 20 octobre 2020 19 h 36

      Si j'ai bien compris la teneur de la chronique , madame Nicolas nous parle de la situation qui a prévalu au Rwanda, mais parle de bâton au lieu de machette. Comment demander répartation quand l'histoire dans sa marche effrénée, se répète sans cesse, en tout lieux, toutes époques et indépendament des races et des sociétés?

    • David Millar - Abonné 21 octobre 2020 06 h 41

      Simplement - merci, Emilie Nicolas, de nous avoir livré ta vérité vécue.

    • François Poitras - Abonné 21 octobre 2020 09 h 18

      Lorsqu’on s’accroche à une vision du monde en noir et blanc, on pense en noir et blanc.

      Le bricolage manichéen de Mme Nicolas, farci de clichés et d’aprioris risibles ne tient que dans sa condescendance ostentatoire.

      Bref, comment faire la n sans se fatiquer

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 21 octobre 2020 11 h 20

      Au Rwanda les coups de «bâton» ce sont les noirs qui se les ont donnés entre eux, Outous contre Toutsi...Les blancs n'ont rien à y voir...

    • François Poitras - Abonné 21 octobre 2020 20 h 15

      Je comprend et j'accepte votre nuance M. Bariteau. Mais j'aimerais rappeler que le crime du mot n est le fait d'une femme francohone très à gauche cherchant à conscientiser ses étudiants sur l'évolution des mots dans une société libérale. Un fait, ou de multiples faits totalement escamotés de la chonique fantasmatique de Mme Nicolas.

  • Clermont Domingue - Abonné 20 octobre 2020 15 h 12

    Un lourd fardeau.

    Pourquoi portez-vous sur vos épaules le lourd fardeau de l'humanité noire?

    • Claude Bernard - Abonné 20 octobre 2020 17 h 41

      Que voudriez-vous qu'elle fasse en tant que chroniqueuse?
      Qu'elle s'en lave les mains?
      Qu'elle préfère le confort et l'indifférence?

    • Céline Delorme - Abonnée 20 octobre 2020 18 h 14

      En effet Madame Nicolas, Les USA nous apprennent que la norme est de ne jamais prononcer le mot en N. C'Est une grande preuve d'anti racisme chez tous les Etats-Uniens. La société des USA a beaucoup de leçons à donner aux autres peuples pour leur apprendre à mieux respecter les personnes Noires, car on sait que le racisme est complètement disparu de ce pays.

    • Claude Bariteau - Abonné 21 octobre 2020 07 h 18

      J’ai lu cinq fois le texte de Mme Nicolas, les deux dernières à tenter de comprendre sa visée et sa portée.

      Construit sur une opposition entre un « nous », qui inclut son « je », ce texte cible un « tu » sans « vous » parce qu’il signale les exigences pour être un « vous » : attaquer tous les systèmes, vider ses musées, cesser de piller leurs terres, dé-financer les donneurs de coups, faire une vraie place dans les universités et offrir une juste réparation au « nous » pour les siècles passés à coups de bâton.

      Si les « tu » y parviennent, le « je » du « nous » affirme dit n’avoir aucun problème que ce « tu » devienne un « vous » puisqu’alors il y aurait un régime de « domination inversée ».

      Vu sous cet angle, ce texte a tout d’une analyse structuraliste exemplaire avec, en finale, contrairement aux avancées des structuralistes réputés, la promotion d’une inversion de domination, ce qui renvoie à une lutte pour la prise du pouvoir.

      Or, dans ce texte, le « nous », s’il identifie ce que le « tu » dois faire, il est muet sur les actions politiques qui lui reviennent pour inverser la domination, sauf le recours à la dénonciation.

      Le titre du texte, « Comment te faire confiance avec cet arme sans me fatiguer » en témoigne. L'auteure préfère les mots à l'action.

    • Raynald Rouette - Abonné 21 octobre 2020 07 h 35

      Si madame Nicolas et Le Devoir (nouveau) pensent faire "œuvre utile" ils se trompent. Tout comme dans bien d'autres campagnes contre le Québec depuis quelques années, rien de bon ne ressortira de tout cela, au contraire...

    • Pierre Fortin - Abonné 21 octobre 2020 11 h 23

      George W. Bush exprimait plus franchement la même position en décrétant « Vous êtes avec nous ou contre nous ». Il semble bien que la contribution de Mme Nicolas serve à cultiver la division et la mauvaise conscience même si elle ne le dit pas clairement. Mais pendant combien de générations les petits blancs devront-ils payer pour les crimes des siècles passés ? Croit-elle vraiment que la récrimination soit de nature à soigner les plaies ?

      Mme Nicolas ne précise pas à qui elle s'adresse, « Tu nous frappes ... », pas plus d'ailleurs que ceux dont elle se fait la porte-parole, « ... on garde le bâton parmi nous ». Et quand elle parle de « notre histoire », on peut se demander à quoi elle réfère au juste. Sa chronique de la semaine dernière nous montrait avec quelle rigueur elle traite les réalités historiques lorsqu'elle affirmait « Le gouvernement du Québec [des années 1960 ] a voulu assimiler de force les Inuits du Nunavik, par exemple, à la culture francophone [...] ». Comme si le Québec en pleine Révolution tranquille s'amusait à jouer au colonialiste ! Tordre ainsi l'histoire est honteux.

      Le plus ironique dans cette affaire c'est que le texte de Mme Nicolas illustre admirablement ce que la professeure Lieutenant-Duval enseignait, la "resignification subversive" des mots, croyant peut-être qu'on peut retirer le sens qu'ils portent ou corriger la réalité passée en les frappant d'interdit. Elle n'a toujours pas compris que les préjugés, même les plus tenaces et les plus offensants, ne sont jamais que le reflet de l'ignorance de ceux sur qui les professent. Cultiver la mauvaise conscience comme elle le fait ne peut contribuer qu'à braquer les gens, même ceux qui sont le plus ouverts à la cause qu'elle défend.

      Une chronique immature et contre-productive.

    • Anne-Louise Raymond - Abonnée 21 octobre 2020 14 h 16

      Émilie Nicolas porte en elle la Grande Hache de l'Histoire, cher monsieur. Elle ne porte rien sur SES épaules. Elle porte cette Histoire en elle. Ce qui n'est pas du tout la même Histoire. C'est de son Histoire la petite et la grande qu'il est ici question. Son témoignage m'importe. Ce qu'elle me demande, c'est une autre ... Histoire histoire... Et j'y réfléchis. Je ne suis peut-être pas d'accord avec sa demande. Mais son témoignage, est fort. Elle prend la parole. Point.

    • François Poitras - Abonné 21 octobre 2020 15 h 46

      Selon votre analyse M. Bariteau, Mme Nicolas combat le racisme par le racisme --ou racisme inversé. Voilà un procédé parfaitement absurde. Mais qui nous informe sur les motifs cachés de sa démarche.

      Dans l'histoire du monde, aucune société n'a accueilli autant de gens d'origines diverses que les sociétés occidentales, Plus encore, aucune société n'a autant cherché à briser les inégalités discriminatoires de nature racistes ou autres.

      Ce qui à ses yeux confère à nos sociétés une insupportable supériorité.

    • Claude Bariteau - Abonné 21 octobre 2020 16 h 45

      M. Poitras, son texte parle de « domination inversée » et non de racisme inversé. C'est ma lecture.

    • Pierre Fortin - Abonné 21 octobre 2020 18 h 14

      Matière à réflexion

      Je me permets de reprendre le texte d'opinion du professeur Patrick Moreau sur le sujet dans la page Idées de ce matin :

      « [...] Mais il y a une passion malsaine à jouer en permanence la vertu outragée et à susciter à répétition des dénonciations souvent injustifiées. Le sentiment de toute-puissance que procurent de tels agissements — et que la réaction démissionnaire des institutions ne fait, bien sûr, qu’encourager — ne devrait pas être tenu pour quelque chose d’éthique dans une démocratie.

      « Là aussi s’exprime d’ailleurs un pouvoir, mais pas celui qu’on croit. C’est un pouvoir de nuisance qui mine la cohésion sociale, comme la solidarité, [...] »

      Question : les propos du Prof. Moreau s'appliquent-ils à la chronique de Mme Nicolas ?

      Le texte du professeur Moreau : https://www.ledevoir.com/opinion/idees/588160/mots-interdits

    • François Poitras - Abonné 21 octobre 2020 21 h 11

      Vous avez raison M. Morin d’amener le commentaire du prof Moreau, une excellente analyse qui malheureusement omet l’essentiel : quelles sont les motivations derrières ces incessants dégoupillages d’indignation, ces dégoulinades mortifères de sensibleries sur fond de conscientisation infantilisante ? Patrick Moreau : Il est d’ailleurs pour le moins étonnant qu’une telle conception ait pu se faire jour jusqu’au cœur de l’université. Cela témoigne éloquemment de l’étrange régression intellectuelle où l’on tombe dès lors que l’on ne s’intéresse plus qu’aux symboles et aux images, superficielles par définition, aux dépens de la réalité. Depuis la photo fameuse d’un char allégorique un jour de Saint-Jean jusqu’à l’injonction de déclarer croire au racisme systémique, en passant par le déboulonnage de statues, nous nageons dans des luttes symboliques qui se nourrissent de perpétuels émois scandalisés, mais qui ne font guère qu’effleurer la réalité, tout en débouchant sur un avatar contemporain du pharisaïsme.

  • Sylvain Auclair - Abonné 20 octobre 2020 15 h 15

    Quel mot?

    Le mot utilisé dans le titre de l'essai de Pierre Vallières recoupe deux mots en anglais, dont l'un est plus péjoratif que l'autre. Cet autre mot, justement, est un mot espagnol, qui veut simplement dire noir (qu'il s'agisse de personnes ou de choses). Comment vont faire les hispanophones si le nom d'une couleur doit disparaitre de leur langue?

    • Claude Bernard - Abonné 20 octobre 2020 17 h 46

      Avez-vous d'autres questions moins superficielles?

    • Charles Bénard - Abonné 20 octobre 2020 20 h 29

      Ce serait plaisant que la prochaine fois, M Auclair, vous prenier le temps de vous questionner sur l'impact de l'emplois de ce mot dans la langue anglaise et français. Dans ces langues, qui sont doté des termes "noir.e" et "black", à quoi sert l'existence du terme en "N"?

    • Sylvain Auclair - Abonné 21 octobre 2020 07 h 24

      Je ne sais pas pourquoi on a utilisé un mot espagnol. C'est une questio d'histoire des langues et d'histoire de la littérature , pas de questionnement personnel. Et de toute manière, comme je l'ai dit, de quel mot en N parlez-vous? Il y en a deux en anglais.

    • Jean-Paul Carrier - Abonné 21 octobre 2020 09 h 45

      Il y a aussi le mot Afro-Américain.

    • Sylvain Auclair - Abonné 21 octobre 2020 17 h 24

      Afro-Américans, comme dans Afro-Amrécains blancs d'Amérique? D'aileurs, quand on fait l'histoire des connotations d'un mot, on ne fait pas l'histoire d'un autre mot qui l'a remplacé.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 20 octobre 2020 15 h 20

    Quelqu'un peut me dire

    Que fait cette chroniqueuse au 'Devoir' ?

    • Louise Collette - Abonnée 20 octobre 2020 16 h 39

      Il y a un moment que je me pose la question Monsieur LeBlanc.

    • Patrick Papineau - Abonné 20 octobre 2020 16 h 54

      Elle fait contrepoids à Christian Rioux. Un vrai journal d'opinion doit présenter divers point de vue, ce que fait Le Devoir. J'étais aussi en désaccord quand des individus suggéraient le renvoi de M. Rioux qu'en lisant votre commentaire.

    • Claude Bernard - Abonné 20 octobre 2020 17 h 42

      Et vous, qu'y faites-vous, en tant que commentateur abonné aux «bravos»?

    • Simon Grenier - Abonné 20 octobre 2020 18 h 01

      Elle chronique, c'est-à-dire qu'elle livre son opinion personnelle et éclairée, au bénéfice de tous.

      Je suis en profond désaccord avec ce qu'elle exprime aujourd'hui mais en comparaison, on est très, très loin de la médiocrité-choquante-qui-attire-les-annonceurs de plusieurs autres médias.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 20 octobre 2020 18 h 23

      Ne le prenez pas personnel M. Claude Bernard.

    • Marc Therrien - Abonné 20 octobre 2020 18 h 48

      « (…) et la mémoire traumatique est puissante.» Me semble que la majorité francophone historique descendante des colons d’origine française qui invoque encore le traumatisme de la colonisation suivant son chevalier impétueux de l’indépendance, Mathieu Bock-Côté, devrait avoir l’empathie requise pour comprendre de quoi il en retourne.

      Marc Therrien

    • Patrick Boulanger - Abonné 20 octobre 2020 19 h 32

      @ M. Papineau

      J'aime bien votre commentaire. J'ajouterais à votre propos qu'il peut être formateur de lire des gens qui ne pensent pas comme soi. Ce faisant, on peut grandir intellectuellement : s'apercevoir que notre position ne tient pas la route; nuancer sa pensée; changer son angle d'analyse; s'apercevoir que notre position intellectuelle est valable, mais comprend plusieurs failles; s'apercevoir que l'on est ignorant sur certains ou... plusieurs points; etc.

    • Claude Bernard - Abonné 20 octobre 2020 19 h 47

      M Le Blanc
      Comment le prendre autrement, quand on connait votre capacité d'analyse et la qualité de certains de vos textes?

    • Jean-Charles Morin - Abonné 20 octobre 2020 20 h 06

      "(Il) me semble que la majorité francophone historique descendante des colons d’origine française qui invoque encore le traumatisme de la colonisation suivant son chevalier impétueux de l’indépendance, Mathieu Bock-Côté, devrait avoir l’empathie requise pour comprendre de quoi il en retourne. " - Marc Therrien

      Empathie, sans doute. Compréhension, certainement. Approbation béate, certainement pas.

      À ce que je sache, Mathieu Bock-Côté n'est jamais monté sur ses grands chevaux pour exiger la censure et instaurer une police des mots.

      Vous vous plaisez à mêler les cartes.

    • Isabelle Lecompte - Abonnée 20 octobre 2020 23 h 28

      Elle nous fait reflechir, et le moins qu'on puisse dire en lisant les commentaires, y'a du travail à faire. Pouvez-vous juste vous taire et ecouter ce que les autres ont à nous dire, sans devenir agressif et donneur de lecons?

    • wisner Joselyn - Abonné 21 octobre 2020 13 h 21

      La même chose que Christian Rioux. Elle nourrit notre réfléxion qu'on soit d'accord ou non avec elle.

    • Raynald Richer - Abonné 21 octobre 2020 13 h 33

      Si vous cherchez un contrepoids à Christian Rioux, regarder plutôt du côté de Francine Pelletier. Émilie Nicolas est une idéologue qui se situe à l’extrême de la gauche identitaire et son opposé serait plutôt de l’ordre de Jeff Fillion.
      Bien sûr, il n’a pas une aussi bonne plume et il maîtrise moins de mots, mais lui aussi vit dans une espèce de monde semi-imaginaire peuplé d’ennemis.
      Malheureusement, il n’y a pas grand-chose à apprendre des extrêmes sinon qu’ils existent. On toujours peut y jeter un coup d’œil de temps en temps pour voir jusqu’où ils sont rendus.

    • Robert Morin - Abonné 21 octobre 2020 14 h 02

      @Marc Therrien
      J'inverserai votre énoncé selon lequel : «Me semble que la majorité francophone historique descendante des colons d’origine française qui invoque encore le traumatisme de la colonisation suivant son chevalier impétueux de l’indépendance, Mathieu Bock-Côté, devrait avoir l’empathie requise pour comprendre de quoi il en retourne.» en vous relançant ce questionnement : Me semble que la minorité francophone menacée dans cet océan anglosaxon nord-américain devrait aussi avoir droit au respect de sa diversité de la part de personnes qui prétendent détenir le monopole de la rectitude politique, de l'inclusion et de la diversité culturelle, mais qui, du même souffle, n'hésitent jamais à mépriser les francophones. Je vous rapelle que lors de l'attaque infâme sur Robert Lepage au nom du concept étasunien d'«appropriation culturelle», la plupart des manifestants à Montréal afiichaient des pancartes unilingues anglaises, et que dans le présent dossier d'inquisition contre l'enseignante Duval, ils ne se gênent pas pour recourir à des insultes de type «pea-soup» ou «frog», à tel point que certains enseignants francophones de l'Université d'Ottawa expriment maintenant ouvertement les pressions méprisantes dont ils sont l'objet à cause de leur appartenance à la minorité linguistique francophone. La réciprocité du respect est incontournable.

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 21 octobre 2020 15 h 44

      Isabelle Lecompte: vous pourriez commencer par pratiquer ce que vous professez! Irène Doiron

    • Marc Therrien - Abonné 21 octobre 2020 18 h 22

      Il est bien entendu, M. Robert Morin, que tant que l’on persiste dans la transmission intergénérationnelle de la mémoire traumatique on peut se demander s’il y a un intérêt réel à en guérir. Il est à espérer que la mémoire traumatique puisse se guérir un peu, car l’amour entre traumatisés connaît beaucoup d’embûches. Pour le reste, je ne me surprends pas qu’un ou deux esprits qui pensent en noir plutôt qu’en blanc ne se montrent pas du tout impressionnés par l’appropriation que Pierre Vallières a fait de leur étiquette pour construire un oxymore percutant et vendeur.

      Marc Therrien

    • Marc Therrien - Abonné 21 octobre 2020 18 h 38

      Bien d’accord avec vous M. Jean-Charles Morin. MBC est davantage un combattant actif du style : parlez-moi de ce mot dont vous nous accusez et montrez-le-moi clairement de façon à ce que puisse le nier voire l’anéantir.

      Marc Therrien

    • Robert Morin - Abonné 21 octobre 2020 19 h 44

      @Marc Therrien

      Donc, si je comprends bien votre raisonnement, il faudrait brûler tous les exemplaires de l'ouvrage de Vallières, Nègres blancs d'Amérique, puisqu'on ne pourra plus jamais en citer le titre en milieu universitaire? Ça ne vous rappelle pas de tristes épsodes de censure et d'inquisition qui ont eu cours par le passé?

    • Marc Therrien - Abonné 22 octobre 2020 07 h 46

      Bien non, M. Robert Morin. Pas besoin de réactions si radicales et violentes. Prenez simplement le temps de lire le texte de Louise Arbour intitulé « Les maux et les mots » dans Le Devoir d’aujourd’hui, 22 octobre. On cherche l’empathie qui prévient les passages à l’acte agressifs.

      Marc Therrien

  • Robert Bernier - Abonné 20 octobre 2020 15 h 36

    Ouf! On n'en a pas fini

    Ouf! On n'en a pas fini avec les SLAV et les Kanata et tous les rejets d'appropriation culturelle et toute la culture de l'annulation. Voici donc un incident, celui de l'UO, qui amène à notre conscience la profondeur des gouffres qui déchirent nos sociétés.

    • Claude Bernard - Abonné 20 octobre 2020 17 h 44

      Le gouffre est profond, combien davantage pensez-vous qu'est la blessure?

    • Jean-Charles Morin - Abonné 20 octobre 2020 20 h 15

      "Le gouffre est profond, combien davantage pensez-vous qu'est la blessure?" - Claude Bernard

      Qu'est-ce qui est le plus révoltant pour vous, Monsieur Bernard, le fait qu'un enseignant soit mort décapité en France ou la profondeur de la "blessure" dont souffrait son assaillant du fait que cet enseignant avait osé transgresser les tabous que la communauté du second se fabrique?

    • Claude Bernard - Abonné 20 octobre 2020 23 h 11

      M Morin
      Je commentais le texte de M Bernier dans le cadre de la chronique de madame Nicolas

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 21 octobre 2020 11 h 29

      @ Claude Bernard...

      Un gouffre, ça se remplit et une blessure, ça guérit...Mais ce n'est pas en muselant un mot que l'on y parviendra, ni en insultant ceux qui disent le contraire de nous... Interdire la liberté d'expression est aussi un acte raciste...