Dr Horacio Arruda: le vacancier

Dans l’entrevue qu’il a accordée au collègue Alec Castonguay, dans le cadre de son reportage intitulé « Au cœur de la bataille pour sauver le Québec », le Dr Horacio Arruda avait confié : « Quand j’ai vu la contagion communautaire en Chine, je me suis dit : Oh là là ! Si ça sort de là, c’est clair que ça va arriver ici et qu’on va être dans le trouble. »

La première victime de la COVID-19 en Europe est décédée dans la région de Padoue, en Italie, le 21 février. Le lendemain, un des plus grands quotidiens italiens titrait : « La contagion effraie l’Italie ». De toute évidence, le virus était bel et bien sorti de Chine. Il serait pour le moins étonnant que le directeur national de santé publique du Québec n’en ait pas été informé.

Une semaine plus tard, cela n’a pas empêché le Dr Arruda de se rendre au Maroc pour participer, les 28 et 29 février, à une conférence sur le cannabis. « On m’attendait là-bas », a-t-il argué. Il est cependant permis de croire que les organisateurs de la conférence ne lui auraient pas tenu grief de son désistement. Bien des premiers ministres ont annulé des visites officielles à l’étranger pour bien moins.

Après la fin de la conférence, il a cru bon de demeurer au Maroc pendant une autre semaine. Des vacances qui étaient sûrement méritées. Tout comme l’étaient celles que comptait prendre le sous-ministre de la Santé, Yvan Gendron, qui a pourtant dû les annuler à trois heures d’avis le 3 mars afin de mettre en place le plan d’urgence. Faut-il rappeler que les vacances de l’ensemble du personnel de la santé ont aussi été annulées par décret ?


 

Le Dr Arruda est finalement rentré au Québec le 8 mars, soit la veille de sa rencontre avec le premier ministre Legault, qui a alors pris conscience de l’ampleur du danger. Une rencontre que Jonathan Valois, directeur de cabinet de la ministre de la Santé, manifestement impressionné par sa performance, a qualifiée de « Horacio show ». Au cours des derniers mois, le Québec tout entier a pu apprécier les talents qui auraient fait de lui un excellent comédien, s’il n’avait pas finalement opté pour la médecine, mais un comédien doit entrer en scène au bon moment.

Depuis le début de la pandémie, M. Legault a réussi à imposer l’image d’un gouvernement ayant réagi plus rapidement que les autres quand il a été informé de la gravité de situation. Le problème est que cette information lui est parvenue trop tard. Il est vrai que le Québec a été la première province canadienne à ordonner le confinement, mais la semaine de relâche était déjà passée, et le mal était fait. Malgré ses erreurs, M. Legault a fait preuve d’un leadership remarquable durant la crise. Le meilleur général ne peut cependant pas remporter la bataille s’il ne connaît pas la position de l’ennemi.

Il est vrai qu’un branle-bas de combat plus hâtif n’aurait rien changé à la pénurie de préposés aux bénéficiaires dont les conséquences ont été si désastreuses dans les CHSLD, mais la contagion aurait sans doute été moindre si on avait fourni au personnel disponible, et donc commandé plus tôt, l’équipement de protection nécessaire.


 

Il est trop commode de distinguer une victoire et une défaite dans la lutte contre la pandémie, comme l’a fait le premier ministre. Il a félicité encore une fois les Québécois pour leur discipline, qui a permis de limiter la contagion communautaire, mais les personnes âgées qui vivent en établissement sont partie intégrante de la communauté. Certes, leur âge et leur état de santé rendaient celles-ci vulnérables, mais on ne peut pas isoler ce qui s’est produit dans les CHSLD, pas plus qu’on ne pourrait relativiser le drame vécu par les victimes des inondations printanières en disant qu’il n’y en a pas eu ailleurs.

Ce n’est ni M. Legault ni le Dr Arruda, mais la société québécoise tout entière qui a choisi de privilégier ce modèle d’hébergement pour les personnes âgées, alors que d’autres provinces ont davantage mis l’accent sur les soins à domicile. S’il en avait été autrement, le bilan global de la pandémie au Québec aurait sans doute été bien meilleur.

À entendre M. Legault plaider la nécessité du projet de loi 61 pour réduire les délais dans la réalisation des projets d’infrastructure et être en mesure de construire plus rapidement de nouveaux CHSLD et des Maisons des aînés, on n’a toutefois pas l’impression qu’il existe une réelle volonté de revoir ce modèle.


 
61 commentaires
  • Yann Leduc - Abonné 16 juin 2020 01 h 36

    La faute de la société toute entière ?

    "Ce n’est ni M. Legault ni le Dr Arruda, mais la société québécoise tout entière qui a choisi de privilégier ce modèle d’hébergement pour les personnes âgées"

    Est-ce qu'on a demandé aux Québécois leur avis sur les CHSLD ? Est-ce qu'on leur a présenté leur pour et les contre de ce modèle, des alternatives ? Les Québécois étaient-ils d'accord pour que des hommes d'affaires véreux prennent en charge des CHSLD et demandent des loyers exorbitants aux ainés pour ensuite les négliger et les maltraiter ?

    • Claude Therrien - Abonné 16 juin 2020 07 h 42

      Tout à fait d'accord avec vous. Quand nous a-t-on demandé en tant que peuple de choisir un modèle comme les CHSLD? Jamais. Les CLSC ont toujours été une coquille vide et nous avons contemplé cet échec sans avoir rien à y dire.

    • Yves Laframboise - Abonné 16 juin 2020 08 h 44

      On a pas besoin de demander aux Québécois leur avis sur les CHSLD. Avec 18% des personnes âgées dans ces institutions au Québec, contre 6% dans le reste du Canada, leur avis est déjà donné. Vous en avez fréquenté, un CHSLD ? Allez-y. Quand on fait le décompte des personnes qui ne reçoivent jamais de visiteurs (une petite enquête suffit auprès des préposés...), vous perdez certaines de vos belles illusions sur le fameux avis des Québécois. La réalité parle.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 16 juin 2020 09 h 03

      Quand on suggère que c'est « la société québécoise tout entière » qui est responsable, il faut prendre en compte que les personnes vivant en CHSLD ont eu part à ces choix, durant leur vie active, et en sont encore les premiers acteurs pour autant que leur santé mentale le leur permet et non de pauvres petits poulets sur le sort de qui on peut exercer épisodiquement sa compassion avant de partir en vacances. En réalité, plusieurs privés non subventionnés existent soit parce que des gens chosissent de vivre dans des milieux en principe plus cossus ou sous un mode coopératif.

    • Pierre Labelle - Abonné 16 juin 2020 09 h 11

      Oui nous devons tous faire un examen de conscience. Qui, si ce n'est nous tous, qui sommes "trop occupé" pour rendre visite à nos proches proches dans ces CHSLD? Qui préfère les placer là plutôt que de les aider à demeurer dans leur foyer? Oui c'est de la faute de la société tout entière, car c'est un choix de société que le nôtre, celui de se déresponsabiliser face à nos aînés(es), et je fais partie de ces derniers, seul chez-moi sans jamais de visite.

    • Claude Gélinas - Abonné 16 juin 2020 09 h 26

      Sauf erreur, au début de la pandémie une liste d'attente comprenant près de 4 000 demandeurs attendaient une place en CHLSD. C'est dire la popularité des CHLSD qui si la tendance se maintient devrait diminuer à la suite du nombre de personnes décédés dans ces établissements.

      Cette popularité qui semble en regard du Canada faire du Québec une société distincte semble être motivée principalement par la déficience criante voire scandaleuse dans les services de maintien à domicile attribuable notamment à un manque d'effectif de même que par l'augmentation de la maladie d'Alzheimer.

      Car, il n'y a pas si longtemps, les nouveaux arrivants, arrivaient en CHLSD avec leur voiture et leurs valises à la main comme s'ils arrivaient à l'hôtel après selon l'expression avoir fermé maison.

      Également la multiplication des résidences privées un marché fort lucratif a fait salivé de nombreux investisseurs se voyant délivrer des permis sans aucune exigence particulière avec comme résultat des centres comme Héron avec du personnel mal formé et sous payé.

      Désormais, la priorité doit aller aux services de maintien à domicile quitte à mettre sur la glace les nouvelles Maisons pour aïnés que certains qualifiient de projet jovialiste de Madame Marguerite Blais alors que l'autre priorité doit reposer sur la mise à niveau des CHLSD.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 juin 2020 09 h 43

      Administer, c'est prévoir.

      Mme McCann, admirable avec ses 68 ans, provient du réseau hermétique de la santé.Legault est en politique depuis plusieurs années.Les boîtes fermées CISSS et CIUSSS aussi.Vous connnaissez le DG de votre CISSS ezt les membres du CA?

      Et la ministre des aînées Blais? Pauvre elle! Elle est là-dedans depuis plusieurs années et ne savait pas qu'il manquait 10 000 préposés??

    • Cyril Dionne - Abonné 16 juin 2020 10 h 19

      Vous avez raison M. Leduc. Le degré de responsabilité est à géométrie variable.

      Ceci dit, le Dr Horacio Arruda devrait tout simplement être démis de ses fonctions. Encore plus facile parce qu’il fait parti de ceux qui sont nommés par des partis politique et dans son cas, par le parti libéral.

      Dire sans rire qu’ils ont fait un bon travail durant la 1ère vague de la pandémie est ridicule. C’est un échec complet sur tous les fronts avec plus de 617 morts par million au Québec et 1 798 décès par million à Montréal à l'heure de ce commentaire. Oui, la population en général est aussi coupable de cette catastrophe humanitaire dans les CHSLD, mais celle-ci n’avait pas le pouvoir pour changer la situation. Ceux qui sont élus et nommés, oui.

      Est-ce qu’on pourrait choisir un scientifique comme chef de la Santé publique qui ne pense pas à faire un « show » tout le temps et à personnaliser cette crise? Cela, c’est aux représentants du gouvernement de le faire parce que ce sont eux qui ont été élus et qui en portent l’entière responsabilité au final. Faire des vidéos et donner des recettes alors que les gens mouraient par centaines dans les CHSLD était et demeure une blague de mauvais goût. Les faits SVP et pour le reste, disparaissez.

      Il y aura une 2e vague à l’automne et nul ne peut être prophète pour en diagnostiquer la virulence et le degré de contagion. Nous aurons probablement à faire face à une nouvelle version de ce même virus après mutation et on espère tous que celui-ci va s’éliminer par lui-même, ce qui est une possibilité. Mais nous ne pouvons pas courir cette chance et cette fois-ci, tous pourraient y passer incluant les plus jeunes. L’apparition d’une 2e vague en Chine nous laisse perplexe et soucieux puisque la saison des grippes ne sera pas ici avant l’automne. C’est maintenant qu’il faut agir.

    • Raymond Labelle - Abonné 16 juin 2020 12 h 33

      Quant aux résidences de personnes âgées. La Colombie-Britannique et le Nouveau-Brunswick, dès le début, ont établi des zones chaudes et des zones froides respectées et ont fermement interdit le passage du personnel de l'une à l'autre dans une résidence et interdit le passage d'une résidence à l'autre, une fois constaté que c'était des nids à infection. De plus, on était conscient de la nécessité prioritaire de bien équiper les employés en zone chaude.

      Au Québec, on faisait des équipes volantes, qui se promenaient d'une résidence à l'autre, la frontière entre zone chaude et froide était poreuse et les employés au front, dans les zones chaudes, sous-équipés. Des camionnettes des agences de placement pleines de préposés d'agence les regroupaient collés les uns aux autres pour les amener au lieu de travail et ils travaillaient en différentes résidences, des nids à infection, d'une journée à l'autre. On aurait voulu le faire exprès pour propager la maladie que l'on n'aurait pas fait beaucoup mieux. Ça a pris beaucoup de temps avant de corriger ces erreurs manifestes.

      On avait recours aux agences parce qu’on manquait de personnel, mais même avec les employés issus des agences et même en manque de personnel, rien n'empêche de n’affecter des groupes de personnel désignés qu’à des résidences désignées pour minimiser les échanges.

      On peut aussi envisager que ce problème soit également une cause importante de la transmission communautaire, par le biais des préposés aux bénéficiaire infectés dans les résidences retournant chez eux.

      Quant à l'argument Gingras: la science déjà connue depuis des lustres suffit pour savoir que l’on doit limiter le plus possible les contacts entre personnes infectées et personnes non infectées.

      Tout le peuple québécois ne peut être tenu responsable de ces manquements de la direction de la santé publique.

    • André Labelle - Abonné 16 juin 2020 15 h 00

      M. Dionne

      Qui parle de géométrie variable ? C'est vous pas M. Leduc. Mais laissez croire que c'est M. Leduc et que vous êtes d'accord avec lui. N'est-ce pas là un processus malhonnête qui vous est propre et habituel : déformer la pensée d'un autre pour utiliser un argument farfelu : le remercier.

      Êtes-vous à ce point allergique à l'émergence d'une personnalité au point de le mettre au pilori ? Sur quelle base avez-vous décrétez que M. Arruda devait disparaître ?
      Vous évoquez des erreurs. Lesquelles ? C'est facile, surtout quand utilise allègrement la malhonnêteté intellectuelle, de porter des jugements après les faits. Toute la planète a progressivement découvert les caractéristiques de ce coronavirus. Il a fallu quelques semaines pour comprendre son fonctionnement, sa contagiosité, son mode de propagation. Seuls les trolls patentés et jaloux se servent aujourd'hui de ces connaissances pour abattre le messager qu'ils détestent pour la seule raison de sa popularité.
      M. Dionne vous établissez votre image, votre marque de commerce. Ce que je trouve intéressant c'est la façon que vous la gérez.
      «Ce que je préfère avec Internet c'est que l'on rentre dans la vie de vrais saligauds sans avoir à les fréquenter.»
      [Penn Jillette]

    • Cyril Dionne - Abonné 16 juin 2020 16 h 22

      Cher M. Labelle,

      Avec la page d'information du JDM qui vient de paraître :

      https://www.journaldemontreal.com/2020/06/12/le-dr-arruda-minimisait-le-coronavirus-et-faisait-des-blagues-au-debut-de-la-pandemie#cxrecs_s

      En plus de statistiques effroyables, 620 morts par million au Québec (2e au monde) et pour Montréal, 1 807 décès par million (2e au monde après New York) à l’heure de ce commentaire qui fait du Québec, le 2e pire endroit sur la planète en proportion de sa population, disons poliment que celui-ci a plus qu'échappé la balle. Et a contrario de ceux qui veulent m'associer avec « les trolls patentés et jaloux », je ne me cache pas. Le chef de la Santé publique doit donner les faits et seulement les faits scientifiques. Or, ce ne fut pas le cas. Seulement ceux de l’Ontario et du ROC nous ont donné l’heure juste en ce qui concerne la pandémie et le nombre de décès potentiels sans mesure drastiques comme le confinement et la distanciation sociale pour ensuite disparaître et laisser toute la place aux gens élus et responsables. Disons poliment, nous connaissons le fameux docteur Fauci de la Santé publique des États-Unis et M. Arruda n’est certainement pas de sa trempe.

    • Cyril Dionne - Abonné 16 juin 2020 16 h 42

      Et en passant M. Labelle, je l'avais souligné au mois de mars que le docteur Arruda n'était pas à la hauteur de sa tâche en ce qui concerne cette pandémie. En termes plus clairs, si le Québec avait la population des États-Unis, ce ne serait pas 118 924 décès que nous aurions, mais bien 205 000 morts et plus, presque le double. Oui, misère.

    • Marc Therrien - Abonné 16 juin 2020 17 h 44

      M. Labelle,

      Je perçois plutôt M. Dionne comme s’accordant avec Craig Barrett, président d’Intel, pour dire que « Internet sera à l’économie du 21è siècle ce que l’essence fut au 20è siècle. La puissance des ordinateurs c’est l’essence d’internet. » Internet, c'est bien davantage que les réseaux sociaux.

      Marc Therrien

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 16 juin 2020 21 h 32

      Monsieur Dionne, si les lecteurs veulent se faire enfumer par le JdeM, ils sont capables tous seuls.

    • Raymond Labelle - Abonné 16 juin 2020 21 h 40

      En effet M. Dionne, je ne sais pas quels mots utiliser. Les politiques dépendent aussi d'une bonne fonction publique. On ne peut être expert en tout. Ici, c'est la DSP qui a fait défaut, j'en ai bien peur.

  • Louise Davis - Inscrite 16 juin 2020 02 h 43

    Qui se soucie des aînés?

    Pour l'instant, à part les CHSLD, personne ne se soucie des aînés. Et ça restera ainsi parce qu'ils n'ont plus de poids dans la balance. Ceux qui investissent, qui rapportent des taxes sont intéressants pour les gouvernements. Ceux qui passent à Go leur coûtent trop cher.

    • Pierre Samuel - Abonné 16 juin 2020 09 h 07

      @ Mme Louise Davis :

      Pourtant, chère Dame, savez-vous que de nombreux aîné(es) paient plus d'impôts à leur retraite que lors de leur période dite " active " alors que les gouvernements n'ont jamais cessé de profiter de l'implication bénévole d'une immense partie d'entre eux ?

      Pourtant, confiné(es) sévèrement étaient-ils et elles sans égard à la condition physique et mentale de chacun(e) !

      Salutations cordiales !

  • Raynald Blais - Abonné 16 juin 2020 05 h 52

    À moins que...

    On n’accuse pas « la société québécoise tout entière » d’avoir choisi les modèles d’hébergement des CHSLD et autres, sans défendre les intérêts de ceux qui profitaient des économies faites sur le dos des travailleurs et des aînés pour s’enrichir. Les travailleurs, les aînés et leur famille ont dénoncé à maintes reprises le danger suspendu au-dessus de leur tête. Mais leurs voix n’étaient pas entendues tant l’engouement pour les profits et les surplus dominait. Si les grandes entreprises se sont faites plutôt discrètes sur les profits, l’État, par la voix de ses ministres, claironnait que les surprenants surplus réalisés venaient de leur judicieuse administration et de la précédente. Ils avaient tout sourire d’avoir ramassé plus d’un milliard en surplus à redistribuer à leurs amis.
    On n’accuse pas tout le monde quand la classe dominante nous expose à de grands dangers pour son propre bénéfice, à moins que…

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 16 juin 2020 06 h 24

    Revoir

    Oui, il faudrait revoir le modèle.

  • Claude Bariteau - Abonné 16 juin 2020 06 h 59

    Quant le Dr Arruda est au Maroc, il sait que la COVID-19 s'irradiera au Québec. Il multiplie ses avis et suit à distance le dossier, mais ne revient pas. Durant cette période, la ministre responsable de la santé ne parvient pas à persuader le PM Legault de ce qui s'annonce et se produira.

    C'est un point important. Le PM Legault n'en est pas clairement informé et son attention porte plus sur le budget. À son retour, le Dr Arruda persuade le PM Legault de l'urgence de la situation. Le changement d'attitude du PM en découle. Mais il est déjà trop tard.

    Le Québec est depuis en rattrapage et doit faire face non aux choix « de la société québécoise tout entière pour un modèle d’hébergement des personnes âgées plutôt que des soins à domicile », mais d'une approche du PLQ avec les PM Charest et Couillard pour créer des institutions privées et couper dans les services collectifs.

    Changer ce modèle implique beaucoup plus que des investissements en infrastructure. Certes, il faut revoir des édifices désuets, corriger le manque de personnels et de direction et empêcher une rotation du personnel en période de crise samitaire. Il faut en même temps réaliser des changements structurels qui impliquent des services mobiles sécuritaires aux personnes aptes à vivre à la maison et des services complémentaires de longue durée. C'est un défi de moyen terme.

    S'y ajoutera très vite, un autre défi qui proviendra à l'automne d'une deuxième vague mêlée à l'irradiation saisonnière de l'nfluenza. Le Dr Arruda a beaucoup de travail en vue. S'il avait été présent au Québec fin février, il aurait sûrement su convaincre le PM Legault avant le 8 mars de procéder en urgence, ce que n'ont pu faire les personnes de son service et la ministre responsable de la santé, qui a du aviser le PM Legault.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 juin 2020 08 h 30

      M. Bariteau, j'apprécie la justesse de votre analyse. Dans les circonstances, Legault s'est bien comporté. Mais, quand le feu est pris, on ne tire pas sur le chef pompier; mais, une fois la tempête calmée, on peut certainement se poser les questions que vous soulevez. Moi, j'en rajoute une: impardonnable que la question du manque CRIANT de préposés n'ait pas été solutionnée quand c'était le temps. La ministre de la Santé provient du réseau, Legault est en politique depuis plusieurs années...et toutes ces boîtes sclérosées,hermétiques que sont les CISSS et CIUSSS contrôlées par le/la ministre­..

      Personne n'est élue par la population pour siéger sur ces boÎtes.Et seul le DG, NOMMÉ PAR LE MINISTRE, peut aller sur la place publque.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 juin 2020 12 h 11

      Et la ministre des aînés pour qui la fonction consistait à aller coupe des rubans? Elle était là sous le PLQ.La CAQ est allée la chercher pour continuer les coupes de rubans: elle aurait dû allumer les lumières sur la problématique du manque de préposés.

      Déclaration du ministre de l’Éducation, en février 2020, au moment de l’adoption de la loi annonçant, sous bâillon, la fin des commissaires d’écoles élus : « Les enseignants, les professionnels, les directions d’école vont enfin pouvoir prendre des décisions et orienter mieux les services au bénéfice des élèves, parce que c’est pour eux autres qu’on travaille». Or, c’est exactement cette philosophie qui a mené à la création des CISSS et/ou des CIUSSS qui gèrent la santé dans votre région. Comme si les ex-commissaires d’écoles étaient des personnes désincarnées!

      Il n'y a plus de contre pouvoir en éducation chez les francophones; il n'y a pas de contre pouvoir en santé! « Les CISSS et les CIUSSS, devenus un symbole de lourdeur bureaucratique, ont été pointés comme la principale cause de l’incapacité du réseau à mieux y réagir ».-Michel David-

      Le manque criant de préposés a joué un rôle majeur dans la prolifération des décès en CHSLD et dans certaines résidences d epersonnes âgées. Parce que des employés infectés transmettaient le virus aux patients et que de ces employés se promenaient entre établissements.

    • André Labelle - Abonné 16 juin 2020 15 h 36

      Vous avez raison.
      Le lundi-matin, comme le disait Maurice Richard (???!!!) on peut commentez le match de la fin de semaine mais pas le rejouer.
      Mais je ne suis pas certain que le monde scientifique avait alors toutes les informations qui auraient pu orienter plus sûrement les décisions des autorités sanitaires.
      Évidemment il y aura toujours des trolls pour tenter de démolir ce que d'autres personnalités publiques font de bien. Oublions-les !

      Maintenant que nous connaissons mieux l'ennemi ; maintenant que la population, donc nous, comprenons mieux les tactiques pour y résister, bref nous serons mieux préparés et plus ouverts (car nous en avons tous payé le fort prix), à faire face à cette deuxième vague. Les arguments et les consignes de MM. Arruda et Legault nous atteindrons plus facilement.

      Par contre, M. Grandchamp écrit : « Or, c’est exactement cette philosophie qui a mené à la création des CISSS et/ou des CIUSSS qui gèrent la santé ». Il me semble bien qu’avec leur création, c'est une centralisation des pouvoirs à laquelle nous avons assisté. L'abolition des commissions scolaires qui peut être discutée, s'apparente beaucoup plus à une décentralisation des pouvoirs qui seront exercés au niveau des écoles. Mais cette décentralisation favorisera-t-elle une meilleure gestion de l'éducation ? Comme le disait un célèbre capitaine : « Ça mes petits bonhommes, c'est une autre histoire ... ! »

    • Jean-Yves Arès - Abonné 16 juin 2020 19 h 00

      Comme l'indique Jeannine Delorme plus bas, la vaste majorité des personnes en CHSLD requièrent bien trop de soins pour être maintenue a domicile.

      M. David dans sa chronique de "si on avait", y va a tâtons pour discrédité M. Arruda qu'il qualifie de "vacancier" avec un exemple plus que boiteux pour lui reprocher ce moment d'arrêt,

      " celles que comptait prendre le sous-ministre de la Santé, Yvan Gendron, qui a pourtant dû les annuler (ses vacances) à trois heures d’avis le 3 mars afin de mettre en place le plan d’urgence. Faut-il rappeler que les vacances de l’ensemble du personnel de la santé ont aussi été annulées par décret ?"

      Faudrait rappeler à M. David que le décret en question a été adopté le 20 mars, soit une éternité plus tard alors que le regard sur la situation changeait de jour en jour.

      Fin février on ne savait pas que des personnes asymptomatiques pouvaient propager le virus. Il faut voir le portrait de situation qu'en donnaient trois spécialistes, incluant M. Arruda, à l'émission des Francs Tireurs, diffusée le 4 mars (et donc enregistré les jours précédant, probablement fin-février).
      http://lesfrancstireurs.telequebec.tv/episodes/522

      À remarquer que cette section de l'émission sur le site web de Radio-Québec a été coupée et modifiée quelque temps après avoir été mise en ligne. On y a retirer un propos de la spécialiste Caroline Quach-Thanh qui disait qu'on pouvait voyager dans les pays qui n'ont pas déclarer de cas ,tout comme elle-même était pour le faire le dimanche suivant...

      La suite sera un peu gênante pour elle puisqu'a son retour son conjoint a développer des symptômes, et toute la famille a dû se mettre en quarantaine.

      Après coup il est bien facile de dire "si avait fait ceci ou cela...". Pour l'instant on dicrédite pour dicréditer.

    • Raymond Labelle - Abonné 16 juin 2020 21 h 34

      "Fin février on ne savait pas que des personnes asymptomatiques pouvaient propager le virus."

      Certains virus sont contagieux avant l'apparition de symptômes et d'autres non. Justement, quand on ne sait pas pour un virus en particulier, raison de plus pour être prudent.

      Fin février, la Colombie-Britannique et le Nouveau-Brunswick avaient déjà adopté les politiques de faire des assignations exclusivement à certaines résidences et à certaines zones pour les différents employés pour éviter la propagation.

      Et ce n'est pas après coup que la Colombie-Britannique et le Nouveau-Brunswick ont adopté les bonnes mesures, elles les ont adoptées en temps utile. Pas besoin, dans leur cas, de faire le gérant d'estrade, ils ont bien agi. Même pas besoin de leur dire "vous auriez dû faire ceci ou cela", car ils l'avaient fait.

    • Cyril Dionne - Abonné 16 juin 2020 21 h 41

      M. Bariteau, vous avez des preuves pour appuyer votre thèse? Désolé, mais le vidéo produit par le Journal de Montréal nous donne la suggestion que M. Arruda faisait tout le contraire et prenait à la légère le coronavirus venu de Chine. Encore une fois, on le voit dans ce vidéo et bon dieu qu’il aime être la vedette.

      https://www.journaldemontreal.com/2020/06/12/le-dr-arruda-minimisait-le-coronavirus-et-faisait-des-blagues-au-debut-de-la-pandemie#cxrecs_s

    • Pierre Grandchamp - Abonné 17 juin 2020 07 h 55

      @ M. André Labelle

      La décentralisation des ex-commissions scolaires était possible.Quant à moi, il suffisait de placer les électionms scolaires en même temps que les municipales pour améliorer la participation. Je suis un démocrate et je déplore ces nouveaux Centres de services scolaire(CSS) sosies des CISSS qui nous ont conduits au désastre actuel en santé. Regardez le vide actuellement pour parler du scolaire dans les milieux. .....tout comme de la santé.

      Le commissaire était comme votre conseiller municipal de quartier. Et le commissaire président était comme votre maire.Maintenant dans votre CSS, seule la personne, nommée par le ministre, occupant le poste de DG, peut parler pour le CSS. Comment cette personne peut aller contre son ministre? Il n'y a plus de contre pouvoir au scolaire.Je comprends les anglophones d'avoir tenu tête au ministre.

      En passant, les commissions scolaires étaient des CENTRES DE SERVICES. Le ministre n'a rien inventé.

      Que diriez-vous si, dans votre municipalité, personne ne serait élu? ET que, dans votre conseil municipal, il y ait, notamment, des représentants des employés nommés par leurs pairs? Et votre DG, nommé par le ministre, pas par le conseil, serait la seule personne pouvant parler pour chez vous?

      Essayez de savoir ce qui se passe dans le CISSS de votre région. Et de votre CSS.Appelez les DG:une patente de fonctionnaires!