La peur des mots

Au Québec comme ailleurs, la mort de George Floyd, étouffé sous le genou d’un policier de Minneapolis, a provoqué une indignation à laquelle l’Assemblée nationale a fait écho, mais on s’est bien gardé de réclamer l’examen de conscience collectif culpabilisant dont plusieurs invoquaient la nécessité il n’y a pas longtemps.

Dans la foulée de l’attentat de la grande mosquée de Québec, en janvier 2017, le gouvernement Couillard s’était rendu à la demande de nombreuses personnalités, mais aussi de Québec solidaire et de Projet Montréal, appuyés par la Commission-Jeunesse du PLQ, qui réclamaient la tenue d’une commission d’enquête sur la discrimination et le racisme systémique, comme le gouvernement de Kathleen Wynne en avait créé une en Ontario.

Des voix s’étaient aussitôt élevées pour s’opposer à un exercice qu’on craignait de voir se transformer en procès de la société québécoise tout entière et contribuer à la diviser davantage qu’à l’unir. La défaite du PLQ à l’élection partielle dans Louis-Hébert a eu l’effet d’un électrochoc. Manifestement, l’idée avait déplu aux électeurs, qui y avaient vu un blâme adressé aux Québécois, comme le répétait la CAQ. Le gouvernement avait aussitôt fait volte-face. La ministre de l’Immigration Kathleen Weil, qui dirigeait l’opération, avait été mutée à l’Accès à l’information et à la Réforme des institutions démocratiques. Son successeur, David Heurtel, s’était empressé de remplacer la commission d’enquête par un inoffensif « Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination », qui avait toutes les apparences d’une sortie de secours.


 
 

Le drame de Minneapolis a eu pour effet de remettre la question à l’avant-plan. Tout en admettant qu’il y a du racisme au Québec, le premier ministre Legault rejette toujours l’existence d’un racisme « systémique », ce qui est pourtant l’évidence, de peur que la population comprenne « systématique » et l’accuse de faire lui-même ce qu’il reprochait jadis aux libéraux.

Le PLQ et Québec solidaire ont eu le bon sens politique de ne pas insister pour inclure le qualificatif litigieux dans leurs motions. Ce refus d’appeler les choses par leur nom est sans doute désolant, mais le plus important est d’agir pour faire en sorte que cessent la discrimination et le profilage racial, qui demeurent le lot quotidien des minorités visibles au Québec. Les exemples sont trop nombreux pour qu’on puisse le nier.

Il est certain qu’une commission d’enquête peut aider une société à se regarder dans les yeux, mais le sujet est déjà suffisamment documenté pour qu’on soit en mesure de déterminer les mesures à prendre. Que le gouvernement Legault ait accepté de s’engager à « présenter, dans les meilleurs délais, un plan de lutte contre le racisme et la discrimination » constitue déjà un progrès. Il faudra toutefois s’assurer que cela ne se limite pas un vœu pieux.


 
 

On peut se demander pourquoi le gouvernement ontarien a pu se doter d’une Direction de lutte contre le racisme et créer une commission d’enquête sur le racisme sans que personne s’y oppose ou y voie une condamnation collective, alors que cela était perçu comme un crime de lèse-nation au Québec.

Diffusées en direct sur le Web, les audiences tenues dans une dizaine de villes ontariennes, dans un climat parfois très tendu, n’ont pourtant pas fait dans la dentelle. Le maire de Toronto, John Tory, qui y assistait, s’est fait dire : « Votre police est raciste. » À Hamilton, on a dénoncé « la discrimination de couleur qui existe depuis très longtemps dans les services de pompiers ». Un intervenant de confession sikhe a lancé au ministre délégué à l’Action contre le racisme, Michael Coteau : « Il y a des gens racistes dans le gouvernement même. »

Des décennies de Quebec bashing ont peut-être rendu notre épiderme plus sensible. La loi 22, puis la loi 101 ont été qualifiées de nazies dans le reste du Canada. Plus récemment, la charte des valeurs et l’adoption de la loi 21 sur la laïcité ont donné lieu à une nouvelle entreprise de culpabilisation. De manière générale, toute initiative visant à protéger l’identité québécoise a été présentée comme une manifestation d’intolérance et d’exclusion. Bien entendu, un Québec souverain serait le théâtre d’une violation systématique des droits des minorités.

Depuis la Conquête, des générations de Québécois se sont perçues comme des victimes. Même si bien des choses ont changé, ces derniers acceptent toujours mal qu’on les croie capables d’oppression. On peut toujours le comprendre, mais cela n’excuse rien. Il ne s’agit pas de s’autoflageller, mais simplement de regarder la réalité du racisme en face et de la changer.


 
108 commentaires
  • Patrick Boulanger - Abonné 4 juin 2020 00 h 28

    Àoutch!

    Intéressant cette nouvelle de La presse et qui met en relief un commandant qui dénonce le racisme et le profilage racial au sein du SPVM. Àoutch! : https://www.lapresse.ca/actualites/202006/03/01-5276258-un-commandant-denonce-le-racisme-et-le-profilage-racial-au-sein-du-spvm.php

    • Françoise Labelle - Abonnée 4 juin 2020 07 h 08

      L'article se termine sur une note positive.
      «Dans une entrevue que l’on retrouve sur le site internet du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), [...] M. Vilécus a déclaré que le profilage racial était une réalité et un problème qui ressurgit constamment, mais que toutes les mesures étaient prises pour y mettre fin. »

  • Pierre Desautels - Abonné 4 juin 2020 03 h 54

    Bravo.


    Merci à Michel David pour cette chronique. Il aura fallu un tel incident aux USA pour enfin commencer à voir la réalité du racisme quotidien chez nos voisins du Sud, chez nos voisins du Canada, et dans notre propre cour.

    • Cyril Dionne - Abonné 4 juin 2020 09 h 33

      Bravo pourquoi?

      Que M. David dit que les Québécois sont racistes? Vous savez, le racisme supposément systémique existe sur des notions pseudo-scientifiques parce que pour qu’il existe, il s’agit seulement de dire qu’il n’existe pas au Québec. Donc, en suivant cette ligne de pensée, on peut accuser tout le monde sans preuve à l’appuie parce que les personnes disent que le tout est une fabrication intellectuelle.

      Bon, pour l’Ontario, une province que je connais très bien puisque j’y ai passé toute ma vie, le gouvernement de Kathleen Wynne, pour faire plaisir à sa base, avait appelé à une commission d’enquête sur la discrimination et le racisme systémique. Et durant l’élection générale qui s’ensuivie, les libéraux furent aussi rayés de la carte en Ontario. Dans cette foulée, la ville de Toronto avait aussi, à l’instar des groupes racisés, appelé pour une commission d’enquête afin de déterminer statistiquement quelles races et ethnies commettaient les crimes dans la ville reine. Une équipe universitaire indépendante choisit par les minorités visibles avait conduit cette enquête. Lorsqu’il fut le temps de présenter leur rapport et statistiques, les mêmes gens qui avaient appelé pour cette enquête, ne voulaient pas qu’elle soit dévoilée parce qu’elle indiquait clairement que la plupart des crimes étaient commis par des gens racisées.

      Oui, le profilage racial est odieux et n’a pas de place chez nous. Idem pour la discrimination. Ceci dit, en Ontario, ils n’ont jamais voulu faire aucune enquête sur la discrimination systémique qui existe envers les francophones de cette province. On imagine aussi que si vous êtes différent que par votre langue et culture, non pas par la couleur ou la race, les gens n’ont pas de temps à perdre. Et les Québécois ont raison de se sentir encore victimaires puisque lorsqu’il s’aventure hors des sentiers québécois et vont dans le merveilleux royaume du ROC, ils en récoltent que des attributs racistes et discriminatoires.

    • Jacques Bordeleau - Abonné 4 juin 2020 10 h 47

      Mais non, M Desautels, la réalité du racisme quotidien aux USA n'a aucune commune mesure, même proportionnellement, avec la nôtre, nulle part au Canada, encore moins au Québec.

      Jacques Bordeleau

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 4 juin 2020 11 h 27

      À M.Dupuis,
      M.Montmarquette comprend très bien la portée et la signification du voile, faut être innocent et déconnecté pour ne pas comprendre l'objectif de la laicité et de pl21 mais QS se doit de diviser les québécois, c'est leur seule chance de régner et d'obtenir des votes.
      Ce qui n'arrivera pas par chance..

    • Pierre Desautels - Abonné 4 juin 2020 11 h 57


      @Jacques Bordeleau

      Je n'ai pas écrit que cette réalité est la même partout, mais que cette réalité existe aussi au Québec. Plusieurs sont dans le déni à cet égard. Du racisme au Québec? Ben voyons donc.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 juin 2020 17 h 00

      @Daphnee Geoffrion,

      "QS se doit de diviser les québécois, c'est leur seule chance de régner et d'obtenir des votes."- Daphnee Geoffrion

      L'art de dire n'importe quoi.

      Je vous ferez remarquer que c'est le péquiste Jacques Parizeau qui a semé la division et a ouvert cette guerre avec l'argent et les votes ethnique en 1995. Pas Québec solidaire. Ce qui après coup a donné lieu à la débandade sur les accommodements raisonnables de l'ADQ (ancêtre de la CAQ) en 2007; suivie de la campagne de 7 mois sur la Charte des valeurs du PQ en 2012, puis de la campagne sur les signes religieux de la CAQ en 2018. Alors que Québec solidaire n'avait même pas la laïcité au programme aux dernières élections.

      - Allons! Un peu de courage Mme Geoffrion !

      - Allez jusqu'au bout de vos idées et soyez cohérente !

      Et foutez à la porte des services publics tous ceux et celles qui pratiquent ou adhèrent à une religion!

  • Michel Pasquier - Abonné 4 juin 2020 05 h 37

    Les droits et les devoirs

    Que les minorités, sous entendu les immigrants la plupart du temps, aient des droits égaux à ceux qui vivent dans ce pays, très bien.
    Le problème avec ce genre d’exercice est que dans ces grands machins bureaucratiques il y a toujours des ‘’âmes éclairées’’ pour qui tout est un droit et qu’ils occultent consciencieusement les devoirs.
    Ainsi tel a le droit de ne pas porter de casque de sécurité sur un chantier. Tel autre a le droit d’exiger que les fenêtres de la salle de sport soient barricadées. Tel autre a le droit d’exiger que la piscine municipale soit réservée pour les femmes pendant un créneau horaire. Tel autre exige d’être exempté des règles édictées par le gouvernement en situation de pandémie. Etc, etc
    Et les devoirs ? eh bien justement chacun a le devoir de vivre dans l’espace public selon les règles de la société qui lui fait l’honneur de l’accueillir. Et ce n’est pas du racisme que d’exiger que ces règles soient respectées.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 4 juin 2020 09 h 04

      Vous avez bien raison mais c'est malheureusement ainsi que l'opposition gagne des votes, notamment le PLQ et QS, au détriment du bien commun.
      On détruit les liens pour une poignée d'extrémiste qui promettent leur vote à des partis opportunistes et désespérés.

    • Nadia Alexan - Abonnée 4 juin 2020 09 h 15

      Vous avez raison, monsieur Pasquier, il y'a des droits, mais aussi des devoirs. On pourrait enseigner ceci dans un cours de citoyenneté dans nos écoles. Par contre, il y'a des individus et des policiers qui n'arrivent pas à comprendre la fraternité universelle de tous les êtres humains et ces personnes n'hésitent pas de lancer les insultes et les humiliations sur les noirs ou sur les immigrants. Nous avons des lois contre la haine, il faudrait simplement les appliquer.
      Le policier accusé du meurtre de George Floyd avait au moins 18 infractions à son nom avant cette tragédie sans qu'il soit discipliné. Les policiers qui se croient en dessus de la loi doivent être sanctionnés pour un délit.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 juin 2020 09 h 41

      @ Michel Pasquier,

      "Le problème avec ce genre d’exercice est que dans ces grands machins bureaucratiques il y a toujours des ‘’âmes éclairées’’ pour qui tout est un droit et qu’ils occultent consciencieusement les devoirs." - Michel Pasquier

      Le problème, c'est que le Québec a institué une discrimination systémique en instaurant la loi 21.

      Tout le monde a le droit de travailler dans le système public, sauf ceux et celles qui portent un signes religieux. Alors que ce droit est inclus dans trois Chartes : La Charte québécoise des Droits et Libertés; la Charte canadienne et la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

      Il devait bien y avoir une raison pour ça, non?

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 4 juin 2020 10 h 37

      À M.Montmarquette
      En effet les religions sont discriminatoires, sexistes et homophobes, elles ne respectent pas les droits de l'homme ( et de la femme encore moins) dans leur dogmes et leur application quotidienne.
      Alors que ceux et celles qui ne peuvent de passer de s'identifier à un tel mouvement n'ont pas leur place dans un état de droit.
      On ne peut exiger ce qu'on se refuse à soi même et aux autres.

    • Pierre Fortin - Abonné 4 juin 2020 10 h 44

      Merci de ramener un peu de bon sens, Monsieur Pasquier, car il y a aussi le sens et le poids des mots.

      Bien sûr que le racisme existe dans la société québécoise comme c'est probablement le cas dans toute société. De là à affirmer que ce racisme est systémique, il y a un énorme pas à franchir qui ne doit pas se faire à la légère. Le Robert définit le mot "systémique" ainsi : « Qui se rapporte ou affecte un système dans son ensemble. » Et pour ceux qui ne saisiraient pas le sens du mot, il continue en apportant cet exemple : « insecticide systémique, qui contamine toute la plante rendue toxique aux insectes qui l'attaquent. » Alors quand on prétend que le racisme est systémique au Québec, entend-on par là que toute la société québécoise est raciste ?

      Si on désire s'attaquer intelligemment à ce problème social que tout le monde décrie, il faudrait d'abord éviter l'enflure verbale et nommer correctement les choses. Et pour nommer correctement le racisme au Québec, il faut d'abord savoir le caractériser en le qualifiant et en le quantifiant avec justesse. Alors, qui peut se prononcer là-dessus avec un minimum de précision et de mesure ?

    • Bernard Dupuis - Abonné 4 juin 2020 11 h 01

      M. Montmarquette,

      Ce que vous ne comprenez toujours pas, c’est que les signes religieux ont un sens qui n’est pas banal. Ceux-ci utilisés par les employés de l’état va à l’encontre du principe supérieur de la séparation entre l’état et la religion.

      Que penser de Trump qui se fait photographier avec une bible à la main pour affirmer sa politique de la loi et de l’ordre se faire réélire aux prochaines élections? C’est la négation même du principe de la séparation entre la religion et l’état. C’est pourquoi je préfère la loi 21 qui nous libère à l’absence de loi qui nous enchaîne à la bible.

    • Nadia Alexan - Abonnée 4 juin 2020 11 h 08

      À monsieur Montmarquette: vous vous entêtez de qualifier la loi sur la laïcité de discriminatoire. Vous n'arrivez pas à comprendre que les lois civiles doivent avoir préséance sur les croyances religieuses.
      On a le droit de pratiquer sa religion, sans pour autant la brandir comme un panneau publicitaire.
      La religion se pratique en privé, on n’a pas besoin de l'afficher comme un porte-étendard.
      Aimeriez-vous que vos enfants soient enseignés par un professeur qui affiche ses affiliations suprémacistes du KKK? Comme fonctionnaires qui représentent l'État neutre, on n'a pas le droit de brandir nos affiliations ni politiques ni religieuses pendant l'exercice de nos services aux citoyens. Cela n'est pas une atteinte à nos libertés individuelles. Au contraire la laïcité garantit le respect de toutes les croyances.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 4 juin 2020 11 h 32

      "Tout le monde a le droit de travailler dans le système public, sauf ceux et celles qui portent un signes religieux." - CM

      Cette simple petite phrase démontre à quel point l'argumentaire de son auteur est parasité par des vues partisanes biaisées.

      Se basant sur ce que dit Monsieur Montmarquette, une personne qui n'est pas familière avec la réalité d'ici pourrait être amenée à croire que la fonction publique québécoise est le règne d'une discrimination raciste et vicieuse. Pourtant, dans les faits et malgré ce qu'il s'obstine à prétendre, un nombre important d'employés portant des signes religieux, probablement des milliers, travaillent actuellement partout dans le système public sans être inquiétés de quelque manière. Cela, Monsieur Montmarquette se garde bien de le dire.

      Si les tenants de Québec Solidaire s'acharnent à dénoncer ce qu'ils appellent le "racisme systémique", d'autre part ils s'appliquent, avec une ferveur qui ne se dément pas, à la "distorsion systémique" de la réalité chaque fois que cela fait leur affaire.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 juin 2020 13 h 41

      @Jean-Charles Morin,

      "Vous n'arrivez pas à comprendre que les lois civiles doivent avoir préséance sur les croyances religieuses."-Jean-Charles Morin

      Et vous, vous n'arrivez pas à comprendre que les lois civiles ne peuvent avoir préséance sur les Chartes et les droits et libertés fondamentales.

      Ceci dit, poussez donc votre logique jusqu'au bout, et sortez tous les médecins, les infirmières et les préposées aux bénéficiaires qui portent un signe religieux du système public et il ne restera plus grand monde pour soigner nos vieux et nos malades dans CHSLD et les hôpitaux.

      Car non seulement cette loi est discriminatoire pour les enseignantes. Mais elle est inéquitable et discriminatoire entre les enseignantes et les travailleurs de la santé de comme l'ensemble des travailleurs et travailleuses de la fonction publique.

      Une laïcité de deux de pique incohérente et inapplicable qui n'a rien à voir avec la séparation du pouvoir religieux du pouvoir de l'État qui ne fait que s'attaquer aux droits individuels et sans régler de problèmes autre que de servir de système défoulatoire aux nationalistes identitaires incapables de faire la différence en la laïcité de l'État et les droits fondamentaux.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 4 juin 2020 15 h 47

      M.Montmarquette,
      Les religions, les droits religieux et leur structure sexiste et homophobe ne peuvent défendent LEUR dogme sexiste et homophobe avec NOTRE charte des droits et les libertés fait justement en parti pour protéger les femmes et les minorités sexuels.
      C'est un non sens et une injustice juste de le demander et d'en débattre.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 juin 2020 16 h 43

      @Daphnee Geoffrion

      "Les religions, les droits religieux et leur structure sexiste.." - Daphnee Geoffrion

      Vous défendez bien VOTRE dogme de laïcité dénaturée et instrumentalisée à des fins sexistes et xénophobes et politiques qui exclue principalement des femmes que vous ne protégez de rien, non seulement en les privant du droit de travailler, mais en exacerbant la haine les préjugés et le racisme à leur égard.

      Autrement dit, comme Nadia Alexan, vous vous attaquez aux femmes que vous prétendez défendre.

      Allôôô? ..le féminisme???

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 juin 2020 17 h 21

      @Nadia Alexan,

      "Aimeriez-vous que vos enfants soient enseignés par un professeur qui affiche ses affiliations suprémacistes du KKK?" - Nadia Alexan

      L'art de dire n'importe quoi et d'inventer des problèmes qui n'existent pas.

      1 ) Le Ku Klux Klan n'est pas une religion.

      2 ) En 50 ans d'école publique au Québec, jamais aucun cas de prof membre du KKK n'est apparu.

      On a le droit de pratiquer sa religion, sans pour autant la brandir comme un panneau publicitaire.- Nadia Alexan

      Un signe religieux n'est pas de la publicité, pas plus que l'on ne vend des voyages en Afrique parce qu'on est Noir.

      Comme fonctionnaires qui représentent l'État - Nadia Alexan

      Les enseignantes, les médecins, les infirmières etc, ne représentent pas l'État, ils travaillent pour l'État, méchante différence.

      "La laïcité garantit le respect de toutes les croyances."- Nadia Alexan

      Justement, la laïcité de l'État garantit le droit de liberté religieuse, pas le droit d'imposer un athéisme d'État.

      La laïcité est essentiellement la séparation du pouvoir politique du pouvoir religieux et non la discrimination à l'emploi de certains citoyens pour motifs religieux.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 4 juin 2020 17 h 23

      @Christian Montmarquette

      Dans une de vos dernières interventions, vous m'attribuez publiquement une citation qui appartient en fait à Madame Alexan (i.e.: "Les lois civiles doivent avoir préséance sur les croyances religieuses.").

      Vous devriez faire preuve de plus de rigueur intellectuelle. Même si je suis en principe d'accord avec les propos de Madame Alexan, je ne chercherai jamais à m'attribuer des mots qui ne sont pas les miens.

      Nonobstant ce qui précède, prétendre que les convictions religieuses ont préséance sur les lois civiles du fait de la Charte des droits et libertés tient du sophisme. Et si les convictions religieuses, de par leur nature même, vont à l'encontre de cette même charte (promotion, au nom de Dieu et de la foi, de l'intolérance, du racisme, de l'inégalité homme-femme, des mutilations génitales, etc...), qu'est-ce que vous faites alors si les lois régissant la société civile sont incapables de vous protéger?

    • Anne Arseneau - Abonné 4 juin 2020 17 h 48

      @ Christian Montmarquette

      Vous écrivez « Et vous, vous n'arrivez pas à comprendre que les lois civiles ne peuvent avoir préséance sur les Chartes et les droits et libertés fondamentales. ».

      Les droits humains ont évolué dans l'histoire, et y'a pas de raisons pour qu'ils n'évoluent plus. Ceux auxquels vous faites référence (les droits de l'homme) ont été rédigé par 9 personnes (dont une seule femme) et ont été adopté par 50 États sur 58, en 1948. Les choses ont bien changé quand même, depuis ! Et il y a tellement matière à interprétation. Moi, j'aimerais bien voir, de mon vivant, de nouveaux droits humains rédigés par un «comité» paritaire homme-femme et adopté par une majorité de pays. Quant à la Charte canadienne, elle a été pensé par Pierre Elliott Trudeau. Ce sont des hommes qui ont rédigé ces chartes, pas Dieu ! C'est quoi votre entêtement/obsession à vous y coller comme s'il s'agissait de textes sacrés, immuables ?!

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 juin 2020 18 h 23

      @ Daphnee Geoffrion

      "NOTRE charte des droits et les libertés fait justement en parti pour protéger les femmes et les minorités sexuels." - Daphnee Geoffrion

      À croire que vous n'avez jamais lu la Charte des Droits et liberté de la personne du Québec:

      3. Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association. 1975, c. 6, a.3.

    • Léonce Naud - Abonné 4 juin 2020 21 h 52

      Cher M.Montmarquette.

      Selon Samuel de Champlain, le fondateur de la Nouvelle-France : « Les États reposent solidement :sur quatre arcs-boutants : la force, la justice, la marchandise et le labourage. » (Marins bâtisseurs d’Empires)

      Quatre siècles plus tard s'agitent des sectes prosternées devant des Chartes, créations humaines récentes qui sacralisent les droits individuels aux dépens des droits collectifs. Ces chartes minent les quatre arcs-boutants dont parlait Champlain, socles millénaires des États. Elles conduiront à l’effondrement des nations qui en sont affligées en l’absence de d’autres Chartes concurrentes, ces dernières vouées aux devoirs et obligations de la vie en société.
      Les Chartes, tout comme les Dieux, sont œuvres humaines, donc mortelles. À l’instar des Dieux, elles sont nées, elles vivent et elles mourront. Entre leur naissance et leur mort, les dévots se précipitent. Rien n'est durable sous le soleil, sauf la bêtise.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 4 juin 2020 22 h 23

      À Montmarquette
      La laïcité ne demande pas de lapidé des femmes qui refusent ses dogmes mais juste d'enlever son voile de 9h à 5h.
      En refusant un poste à une poignée d'intégriste ici au Qc la laïcité supporte des millions de femmes dans le monde.

      Drôle que Qs pense l'environnement comme si le Québec était sous une cloche de verre mais ignore la cause des femmes au niveau international.

      Votre propagande répétitive dénuée de sens manque de substance.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 juin 2020 07 h 08

      "La laïcité ne demande pas de lapidé (sic) des femmes qui refusent ses dogmes" - Daphnee Geoffrion

      Vous n'êtes pas une tenante de la neutralité de l'État face aux religions.

      Vous êtes une tenante de l'aversion de l'État envers les religions.

      Si vous voulez lutter contre les religions, faites-le.

      Mais ne venez pas nous jouer du violon en prétendant que vous êtes neutre face aux religions.

      Votre conception étriquée et frauduleuse de la laïcité n'a rien à voir avec la séparation du pouvoir politique du pouvoir religieux. Il y a belle lurette que la religion ne contrôle plus le gouvernement au Québec.

  • François Poitras - Abonné 4 juin 2020 06 h 28

    La notion de racisme systémique implique des lois ou des règlements, sinon un encouragement social ou politique à cultiver une pensée raciste ou à poser des gestes discriminatoires. Hors du profilage racial des services de police, un profilage où la notion de « système » demeure néanmoins à démontrer, le racisme systémique n'existe simplement pas au Québec. À ne pas confondre au racisme individuel, celui de la peur de la différence et de l’ignorance.

    • Marie-France Pinard - Abonnée 4 juin 2020 08 h 16

      Pas besoin de lois ni de règlements pour éviter de louer son logement à une famille noire en prétendant qu'il est déjà loué ou pour refuser la candidature d'une minorité visible, à compétencec égale, dans les services publics ou ailleurs. Pas besoin de lois ni de règlements pour visiter Montréal Nord ou Côte des neiges et constater que ces quartiers à très grande proportion de minorités visibles sont très défavorisés. Plus de chômage, plus de présence dans les prisons, faut-il continuer ? Sans parler des Premières Nations dont les conditions de vie dans certaines réserves sont rien de moins que révoltantes. Mins de budget pour l'éducation et la santé, logements trop petits et insalubres, suicides., alcoolisme, etc. M. Poitras, je vous suggère d'ouvrir les yeux, au plus vite et de cesser de vous cacher derrière "les lois et les règlements". Il est plus que temps.

    • Marie-France Pinard - Abonnée 4 juin 2020 08 h 20

      Au fait, M. Poitras, la Loi sur les Indiens, çà vous dit quelque chose...en parlant de lois et de règlements discriminatoires ? Je vous suggère fortement de prendre le temps de la lire. C'est très instructif...

    • David Cormier - Inscrit 4 juin 2020 08 h 39

      Oui, mais là soudainement, à la suite d'un drame survenu aux États-Unis, vous devez adhérer à ce dogme du racisme systémique sans réfléchir et sans qu'on ait à vous prouver qu'il existe, ou sinon vous êtes un indésirable. Michel David, tout comme presque toute la classe médiatique, est tombé dans le panneau.

    • Joane Hurens - Abonné 4 juin 2020 08 h 58

      De plus en plus d'études "démontrent" que la discrimination existe à l'embauche et dans l'accès au logement également. Le déni systématique ne fera pas disparaître la réalité du profilage racial.
      Le Québec, société moderne en mutation, serait immunisé contre le "racisme systémique"? Pour l'avoir observé et combattu dans mon milieu de travail, le racisme systémique- et non systématique- doit être nommé pour être éradiqué. Les coûts personnels et collectifs sont trop élevés pour le laisser pourrir le vivre-ensemble.

    • Léonce Naud - Abonné 4 juin 2020 21 h 59

      Marie-France Pinard : vous avez l'air de vous y connaître en matière d'Indiens ! Dites, le statut autochtone au Canada prend-il force à la fécondation ou bien à la naissance ? Si ce statut légal n'origine pas de la fusion du sperme et de l'ovule lors de la fécondation, par quel miracle apparaît-il lors de la naissance ?

  • Michel Lebel - Abonné 4 juin 2020 07 h 04

    Le racisme: un mal universel

    François Legault a affirmé tout récemment que ''les Québécois n'étaient pas racistes mais qu'il y avait du racisme au Québec''. Toute une perle! Incapable de dire que ''des'' Québécois étaient racistes, ce qui relève de l'évidence. Ma connaissance du monde me dit aussi qu'il y a des racistes dans la plupart des pays. Et notamment chez des membres de corps intermédiaires appelés à assurer l'ordre, tel l'armée et la police. Vaste chantier que d'éliminer le racisme dans un pays. Mais il faut tenter de le faire par des mesures appropriées. Au nom de l'égale dignité de toute personne.

    M.L.

    • Nadia Alexan - Abonnée 4 juin 2020 11 h 37

      À monsieur Lebel: Oui, il y'a des racistes dans toutes les sociétés, mais le racisme systémique se distingue par des lois racistes qui discriminent contre certaines minorités. Par exemple, l'État d'Israël pratique l'apartheid institutionnel inscrit dans la loi et les pays musulmans théocratiques pratiquent la discrimination institutionnelle contre les femmes en matière de l'héritage.
      Ce n'est pas le cas du Québec où l’on n'a pas des lois discriminatoires. Par contre, il y'a des individus qui pratiquent le racisme. Ces gens doivent être sanctionnés sous nos lois contre la haine.

    • Pierre Desautels - Abonné 4 juin 2020 17 h 06


      @Nadia Alexan

      Il y a une loi discriminatoire au Québec, la loi 21. C'est pour cela que le Gouvernement Legault a honteusement mis de côté notre Charte Québecoise des droits et libertés pour éviter des contestations.

    • Nadia Alexan - Abonnée 4 juin 2020 21 h 42

      À monsieur Pierre Desautels: Une loi est discriminatoire quand elle est imposée sur quelques minorités seulement.
      Par contre, la loi 21 n'est pas discriminatoire parce qu'elle s'applique à tous les citoyens/citoyennes de toutes les couleurs, toutes les cultures, toutes les religions et toutes les ethnies. Les signes religieux ne sont pas acceptables dans la fonction publique qui doit être neutre. Afficher ses croyances politiques ou religieuses n'est pas propice à la neutralité de l'État. Pourtant ce n'est pas très difficile à comprendre.

    • Pierre Desautels - Abonné 4 juin 2020 23 h 33

      @Nadia Alexan
      Il faut être vraiment naïf pour croire que cette loi aurait été votée si la question du voile n'était pas au centre du débat. Non. Cette loi visait seulement des des femmes francophones, instruites, et qui participaient entièrement à notre société. Honte.

    • Nadia Alexan - Abonnée 5 juin 2020 12 h 49

      À Pierre Desautels: C'est votre interprétation de la loi 21, mais ce n'est pas l'intention des électeurs.