L’austérité demain?

Au sortir supposé de cette crise sanitaire, personne ne prévoit que nous aurons rendez-vous avec des lendemains qui chantent.

Pour mieux comprendre ce qui nous arrive, il n’est pas interdit d’observer à quel point une crise financière comme celle subie par la Grèce a pu s’avérer socialement destructrice. En 2008, la crise provoquée par des spéculateurs avait révélé à la face du monde non seulement la fragilité de la Grèce déstructurée, mais surtout la nature autoritaire d’un capitalisme qui entend désormais diriger les pays comme un conseil d’administration, au nom d’une vérité unique, qui prend l’allure d’une religion qu’il se charge de justifier par la culpabilisation des personnes mêmes qui en subissent les principaux effets.

Écrasée par des politiques d’austérité, la Grèce s’est lézardée et s’est mise à tomber sous les coups répétés des marchés financiers. Dans Adults in the Room, un film qui vient enfin d’apparaître sur les écrans virtuels des cinémas, Costa-Gavras s’est employé à démontrer cette mécanique destructrice. Le film reprend le récit des événements vécus par Yánis Varoufákis, l’ancien ministre des Finances réformiste du pays.

Aux Grecs, on recommandait de conserver l’espoir et de souffrir en silence de sacrifices dont l’accumulation n’engendrerait pourtant pas de jours meilleurs. La crise fut en effet sans cesse aggravée par l’effet de spirale créé par une campagne d’austérité des finances publiques exigée par les bailleurs de fonds internationaux.

Au plus fort de la pression exercée contre la population, la radio britannique rapportait que les moyens manquaient désormais aux Grecs pour payer jusqu’à leur lotissement au cimetière. Je me souviens avoir été troublé en écoutant la BBC affirmer que les Grecs avaient dû se soumettre à la douleur et à l’incertitude qui accompagnent une crise financière jusque dans les derniers retranchements de l’existence. « Dans de nombreux cas », affirmait la BBC, « un sentiment de dignité dans la mort leur est également refusé ».

Selon ce reportage, diffusé le 26 novembre 2015, même la mobilisation des ressources nécessaires au maintien en terre des disparus était devenue trop dispendieuse. Aprèsquelque temps en terre, le corps du défunt devait être exhumé afin qu’on puisse le placer dans un ossuaire, jugé plus économique. Ce reportage soutenait que des gens n’avaient même plus les moyens d’assurer cet ultime hommage.

Le pays des morts offre toujours un miroir vivant dans lequel l’image d’une société rebondit de ses profondeurs jusqu’à nous. Les éclats de l’existence que contiennent les cimetières scintillent, pour peu qu’on sache les questionner.

Mais la mort peut aussi être une glace sans tain où l’observateur croit voir une partie du monde qui l’entoure tout en oubliant volontiers de se considérer comme faisant partie du décor. Ainsi, le poids que fait porter le système capitaliste mondial sur les Grecs se traduit-il vraiment, tel que le soutenait la BBC, par cette pratique qui conduit à retirer de la terre des êtres chers ?

Cette image morbide des conséquences financières imposées à la Grèce a beau être saisissante, elle s’articule autour d’une double erreur de perspective. D’abord, en laissant croire qu’on doit, grâce à l’acquisition d’une concession perpétuelle au cimetière, assurer une place individuelle à chaque mort afin de l’honorer. Dans ce petit pays au sol rocailleux qu’est la Grèce, retirer les os de la terre correspond en fait à une pratique ancienne, laquelle n’a rien à voir avec la crise économique, mais s’accorde plutôt aux dogmes de l’Église orthodoxe, qui s’oppose à la crémation, conjugués aux nécessités que posent un sol ingrat et un manque d’espace engendré par l’urbanisation. Erreur de perspective encore parce que l’image utilisée par la BBC sert en définitive à illustrer ce qu’elle prétend déplorer des politiques ultralibérales, à savoir que, prisonniers comme nous le sommes d’un tel régime d’idées, on parvient à se convaincre de façon moralisatrice qu’un regard uniforme sur le monde suffit à se l’expliquer et, par conséquent, à se l’approprier.

Ce faisant, la BBC en disait donc beaucoup moins sur la pauvreté consécutive à une crise financière effroyable que sur la capacité étonnante des médias à produire des clichés qui s’accordent avec leur besoin sans cesse renouvelé d’illustrer en trop peu de mots des faits sociaux complexes conjugués sous un regard unique.

Même la mort n’apparaît jamais comme ce nivellement ultime auquel nous croyons commodément, moins d’ailleurs par un sens profond de l’égalité entre les hommes que par une peur commune de s’y trouver confronté. L’attention prêtée aux morts ne constitue finalement qu’une façon parmi d’autres d’oublier que la véritable quête d’égalité est d’abord à mesurer du côté des vivants.

En somme, la BBC avait forcé le trait en donnant vie à une image mortuaire pour expliquer cette crise qui, par ailleurs, peut nous aider à comprendre la nôtre. Car il n’en demeure pas moins vrai que l’appétit de quelques puissants ronge jusqu’aux os de la société. Qu’on en juge par le fait que ce sont bien des gens des milieux les moins nantis qui apparaissent jusqu’ici avoir le plus souffert des effets de la crise actuelle.

Dans un passage du livre dont s’inspire Costa-Gavras pour son film, le ministre Varoufákis raconte que son homologue allemand lui affirma un jour que l’austérité était un principe soutenu à majorité par l’opinion publique. Ce à quoi Varoufákis rétorqua qu’une majorité peut se tromper sur les causes des maux qui l’affectent, donnant l’exemple de la peste noire au XIVe siècle, où les gens croyaient nécessaire de pratiquer la saignée et l’autoflagellation pour s’en tirer.

Au cours des prochains mois, comment se vivra la nécessité de devoir défendre plus que jamais les principes d’égalité et de justice menacés d’être inhumés au nom de nouvelles politiques d’austérité ?


 
37 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 25 mai 2020 00 h 53

    Un système capitaliste usurier, qui exploite le monde sans pitié.

    Merci, monsieur Nadeau, de nous rappeler la tragédie de la Grèce prise en otage par l'Union européenne qui la endetté pour se débarrasser des surplus de ses banques.
    Les maitres du monde offrent les bonbons aux peuples qui n'ont pas les moyens, puis ils les crucifient avec l'austérité jusqu'à l'os quand les endettés sont incapables de repayer.
    L'Union européenne sert d'abord les intérêts des banques et des grandes entreprises sur le dos des peuples plus faibles.

    • Clermont Domingue - Abonné 25 mai 2020 08 h 24

      L'austérité est davantage le fait de la bêtise humaine qu'une conséquence du système capitaliste.Aussi longtemps que les biens et services sont disponibles, l'austérité est malvenue.Il arrive cependant que par égoisme, on refuse le partage même si on vit dans l'abondance. Les Grecs l'ont appris. Le Tiers Monde le sait depuis longtemps.

      Le retour des nationalismes et le repli à l'intérieur de ses frontières annoncent de grandes souffrances pour bien des peuples.

      Au Québec et au Canada, nos gouvernements agissent bien jusqu'à présent en attachant moins d'importance à l'argent qu'à la vie des gens.
      Le taux d'intérêt de .25% fixé par la Banque du Canada et les milliards de liquidités créées permettent aux personnes de satisfaire à leurs besoins. Aussi longtemps que les biens et services seront disponibles, ça va bien aller.Mais...?Les biens resteront-ils disponibles si nous refusons de faire nos semailles et nos récoltes? Nos services d'éducation et de santé seront-ils disponibles si nos jeunes ne veulent plus combler les postes à l'école ou à l'hôpital?

    • Françoise Labelle - Abonnée 25 mai 2020 08 h 40

      Je suis d'accord avec vous que l'austérité n'était pas la voie à suivre après 2008 et que nous avons tous payé pour le laisser-faire néo-libéral face à la finance occidentale avant 2008 mais l'UE n'avait pas une grande marge de manoeuvre en ce qui concerne la Grèce. Celle-ci était déjà dans une situation fiscale désastreuse avant 2008. Bien des grecs payaient peu d'impôts. En 2010, le rapport dette/pib grec a atteint 148% (80% pour l'Allemagne, pays exportateur, en comparaison), ce qui risquait de faire perdre confiance dans l'euro.

      L'Espagne a choisi l'austérité, comme le Québec. Dans les années 2000, la finance européenne, non contrôlée par la Banque centrale européenne, a répété l'erreur des subprimes en Espagne et en Irlande. Après 2008, l'Espagne a choisi le chemin de l'austérité: le déficit gouvernemental a été tel qu'elle a dû emprunter. Effet pervers. On a vécu l'austérité ici même au Québec avec les libéraux. Cf. «Tout ça pour ça», Le Devoir, (https://www.ledevoir.com/non-classe/475338/tout-ca-pour-ca). Par la faute de l'UE? L'idéologie néo-libérale (conservatrice!) mondiale était en cause.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 mai 2020 09 h 14

      Mme Alexan, j’aime bien vos interventions au sujet des idéologies politico-religieuses qui ne font que répéter que la femme n’est pas l’égal de l’homme, mais en ce qui a trait au méchant « capitalisme » et à votre position sur les « changements climatiques », disons poliment que vous vous trompez.

      Ceci dit, nous ne pouvons pas continuer à emprunter jusqu’à notre endettement dépasse le PIB du pays. C’est ce qui est arrivé avec la Grèce. Nous en sommes présentement à 50% du PIB et à la fin de la crise, dans deux ou trois ans ou plus, nous serons près du 100% si nous ne l’avons pas dépassé. Vous savez, les gouvernements fonctionnent grâce aux argents qu’ils peuvent emprunter sur les marchés mondiaux tout en démontrant une capacité de pouvoir repayer les emprunts. Mais lorsqu’on se trouve dans cette situation, ce sont les autres qui dictent les conditions. Vous savez, la plupart des argents empruntés par la Grèce venait de la caisse de retraite des petits épargnants allemands.

      Je n’ai aucune sympathie pour les banques et pas plus pour ceux qui s’imaginent que l’argent pousse dans les arbres (voir Québec solidaire). Notre capacité de repayer tous les emprunts sera hypothéquée pour plusieurs années parce la « business » ne sera pas au même point qu’elle était avant crise. Pour tous ceux qui se font un plaisir de cracher sur le pétrole, eh bien, ils devraient savoir que c’est notre plus grande exportation canadienne et qui paie pour beaucoup de dépenses dans les programmes sociaux tout en finançant les énergies vertes. En plus, ceux qui nous prêtent de l’argent, le font sur nos réserves de pétrole parce que celles-ci sont synonymes de la capacité de pouvoir repayer.

      Nous avons présentement 25% de chômage au Québec. Il n’y a presqu’aucune activité économique et ceux qui en sont contents à cause des changements climatiques, eh bien, ne comprennent pas la misère que tout cela va engendrer. Et la plupart de tous les « écolos » vivent au crochet de l’état providence.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 25 mai 2020 09 h 53

      Oui certes...un des effets.... de cette "Mondialisation à outrance" que plusieurs encensent encore. Et que beaucoup ignorent volontairemnt. Ici on parle de l'Union européenne...Mais ailleurs, comment s'appellent-ils, ces promoteurs de projets alambiqués ?
      Il serait bien de les nommer.

      Au Québec, suite aux "ventes de feux" de nos fleurons et de nos cerveaux ( de l'ingénierie, de l'industrie etc.)... dont certains furent grassement subventionnés (par nos taxes et nos impôts) à coups de centaines de millions$$$ par des gouvernements plus que complaisants. Qu'en est-il.? Et, que fait le présent gouvernement pour protéger nos richesses naturelles, nos rivières et nos lacs, notre fleuve et nos forêts, nos terres agricoles et petites fermes locales, l'environnement et l'écologie.etc, etc? La liste est longue....très longue.

      L'eau sera la prochaine "ruée ver l'or" .Où en est-on ? Déjà que nos lacs, rivières et notre fleuve sont menacés par les oléoducs et gazoducs de promoteurs canadians, albertans.. Tous à la solde des USA ...et, grâce (sic) à la servilité de 18 lobbystes dont 10 sont Québécois.

    • Nadia Alexan - Abonnée 25 mai 2020 10 h 07

      Aux commentateurs de cette chronique. Encore une fois, on essaye de justifier les politiques de l'Union européenne concernant le cas de la Grèce et les autres pays pauvres en blâmant les victimes de l'austérité. L'Union européenne favorise les grandes sociétés et les banques. Les pays qui ont gardé leur propre argent sans adopter l'euro comme monnaie sont sortis mieux que ceux qui y sont adhérer. Le FMI et l'UE n'ont rien fait de bon, sauf exacerber la pauvreté de pays moins nantis avec leur politique monétaire néolibérale.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 mai 2020 10 h 24

      @ Cyril Dionne,

      "Je n’ai aucune sympathie pour les banques et pas plus pour ceux qui s’imaginent que l’argent pousse dans les arbres (voir Québec solidaire)." - Cyril Dionne

      Je n'ai aucune sympathie pour ceux qui mentent à répétion.

      Québec solidaire ne croit pas que l'argent pousse dans les arbre.

      Il croit que l'État pourrait financer ses dépenses, notamment, en créant une banque nationale d'État; en augmentant les redevances sur les ressources naturelles; en ayant une fisacalité plus juste et plus progressive et en créant de nouvelles société d'État.

      
« Si ces gouvernements font aujourd’hui des déficits d’opération, c’est principalement parce qu’ils ont eux-mêmes privé l’État de revenus importants. » - Josée Legault

    • Jean-Yves Arès - Abonné 25 mai 2020 11 h 15

      " Un système capitaliste usurier, qui exploite le monde sans pitié. "

      Dites nous mme. Alexan quel niveau de rendement est attendu a votre régime de retraite pour qu'il soit capable de vous verser vos rentes ?

      Mais oui, je pose la question parce qu'il il y a un trrrès grand écart entre les cotisations versées et rentes retirées au total. Et c'est le rendement, en mode pure capitaliste, qui loue ses avoirs qui permet de versé bien plus que les cotisations qui ont constitués le capital.

      Alors, ne devient-on pas usurié soi-même quand on réclame a la fois la plus petite cotisation possible, et en même temps des "bonification" de rentes plus facie a obtenir et plus généreuses ?

    • Robert Mainville - Abonné 25 mai 2020 11 h 45

      @Cyril Dionne
      Votre méconnaissance de l'économie et l'étalage que vous en faites est telle que c'en est devient une forme d'art. Je ne sais comment vous faites...

    • Cyril Dionne - Abonné 25 mai 2020 11 h 53

      « Québec solidaire ne croit pas que l'argent pousse dans les arbre. » Christian Montmarquette – le 25 mai 2020, 10h24

      Ouf ! Oui, dans la théorie, mais pas dans la pratique. Se fiez à notre princesse de la gauche, Josée Legault, pour justifier notre position économique, n’est-ce pas aberrant? M. Arès explique clairement à Mme Alexan dans un sous-commentaire, la dichotomie de la gauche versus les services à lesquels ils cotisent et des rendements qu’ils veulent avoir tout comme par magie. Comme dans on ne veut pas payer plus d’impôts, mais on veut avoir plus de services. Alors, on doit s’imaginer que l’argent pousse dans les arbres pour certains islamo-gauchistes.

      La Caisse de dépôt et de placement du Québec dépend du capitalisme. Sans lui, il n’y pas assez d’argent pour payer pour tous les services incluant les rentes de monsieur et madame tout le monde. On se vente du retour annuel de 8 ou 9% en occultant le fait que ceci se passe en exploitant les autres pays moins nantis. Misère. C’est comme nos idiots du village qui ne veulent pas des méchants GES et que tout soit propre, propre, propre, mais lorsqu’on évoque la notion de la simplicité volontaire, ils font la sourde oreille en textant à leurs amis.

    • Nadia Alexan - Abonnée 25 mai 2020 11 h 57

      À monsieur Jean-Yves Arès: Nos pensions de retraite ne relèvent pas de la générosité de l'État. Nous avons cotisé pendant toutes les années de notre travail pour avoir une revenue modeste pendant notre vieillesse.
      La Caisse de dépôt n'a pas besoin d'investir dans les énergies fossiles, dans l'industrie d'armements ou dans les paradis fiscaux pour un rendement adéquat. Il n'y a pas de justification pour les pratiques usurières, prédatrices des banques et de quelques oligarques comme Jeff Bezos qui refuse de payer un congé de maladie pour ses employés.
      Il ne faut pas extirper l'éthique et l'humanité des finances au nom d'une économie prédatrice qui favorise l'accumulation de l'argent et la cupidité de quelques oligarques sur le dos de la majorité. Lisez les livres de Thomas Piketty sur les inégalités du capitalisme sauvage.

    • Nadia Alexan - Abonnée 25 mai 2020 14 h 06

      À monsieur Cyril Dionne: non, l'argent ne pousse pas dans les arbres, mais les maitres cupides de ce monde ne payent pas leur juste part d'impôt quand ils cachent leurs profits dans les paradis fiscaux pour s'échapper au fisc. Ils privent les coffres de l'État de fonds nécessaires pour les services publics.
      On n'a pas besoin d'utiliser des intérêts usuriers pour un rendement efficace à nos pensions de retraite. Vous devriez lire les économistes les plus célèbres, les récipiendaires du Prix Nobel, tels que Joseph Stiglitz, Paul Krugman et Thomas Piketty pour vous rendre compte que votre perception de l'économie est erronée.
      L'économie néolibérale telle que pratiquer depuis Milton Friedman et l'École de ses disciples, les Chicago Boys a produit une société inégalitaire, avec une richesse qui se concentre entre les mains du 1% de la population, au détriment de la majorité. Le néolibéralisme a été un échec déplorable partout dans le monde où il a été pratiqué. La justice sociale s'impose.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 mai 2020 16 h 58

      Chers MM. Mainville et Domingue,

      Chaque contribuable canadien doit 200 000 $ de dettes fédérales, provinciales et locales, selon la dette du gouvernement canadien de 2019. La dette totale du gouvernement canadien est de 2,7 billions$ ou 2 700 milliards dont 35% appartiennent à des pays étrangers selon les données de 2019. À moins que les gouvernements ne prennent des mesures pour faire face au passif croissant non financé des programmes sociaux, les Canadiens seront confrontés à une réduction des prestations et/ou des augmentations d'impôts. Et cela, c’était en 2019, avant la crise. Le rapport dette/PIB du Canada dépasse maintenant les 50% et sera probablement 100% d’ici deux ans avec cette pandémie. Et plus de 40% de cette dette appartient à des étrangers aujourd'hui.

      Le Japon est l'un des pays les plus développés et les plus influents du monde contrairement au Canada. Cependant, il est également le pays le plus endetté du monde, portant une dette substantielle d'environ 233% du PIB sur ses épaules. Mais seulement 18% (2020) de cette dette appartient à des pays étrangers.

      Le deuxième est la Grèce avec 177%, dont presque la moitié, 47% de cette dette (2019), appartient aux étrangers. Nous ne sommes plus très loin.

      La majeure partie de la dette du Japon (y compris les obligations d’obligations d’État) est détenue par ses propres citoyens, de sorte que le risque de défaut de paiement est beaucoup plus faible. Ce n’est pas le cas du Canada ou de la Grèce.

      Et les taux d’intérêts ne resteront pas à 0% pour longtemps.

      Amen.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 mai 2020 20 h 14

      @Cyril Dionne,

      « On ne veut pas payer plus d’impôts, mais on veut avoir plus de services. » - Cyril Dionne

      À vous entendre, on se croirait sur les ondes d'une radio-poubelle.

      1 ) Québec solidaire n'est pas contre les impôts et propose une fiscalité plus juste et plus progressive. Ce qui ne doit pas tellement plaire aux époux de médecins grassement payés par l'État qui se situent au sommet des revenus dans la société et qui devraient faire leur part quand on sait qu'ils gagnent entre 350,000$ et 750,000$ par année.

      2 ) Dois-je aussi vous répéter que l'imposition est loin d'être le seul moyen d'augmenter les revenus de l'État proposé par Québec solidaire? Notamment, en créant une banque nationale d'État; en augmentant les redevances sur les ressources naturelles et en créant de nouvelles sociétés d'État. 


      À moins que vous ne préfériez, bien sûr, comme vos émules néolibéraux, l’approche capitaliste de la privatisation des profits et de la socialisation des coûts et des pertes, qui se traduit inévitablement par une augmentation de vos impôts?

    • Cyril Dionne - Abonné 25 mai 2020 23 h 44

      @Montmarquette

      À vous lire, on se croirait dans une réunion des Black-blocs ou du Comité central de l’ex Union soviétique.

      Vouloir créer de la richesse en augmentant les impôts des gens déjà surtaxés au Québec est le moyen le plus rapide de descendre dans les enfers du Venezuela ou du Cuba. De toute façon, les riches vont partir et n’en paieront pas. Et c’est la classe moyenne qui vont assumer les coûts. Créer une banque et essayer de jouer aux capitalistes est le moyen le plus sûr d’appauvrir tous les gens et de faire fuir tous les investissements.

      Pourquoi ne pas jouer au gourou économique avec des pays comme Haïti parce que supposément vous avez toutes les réponses. Ne prenez pas des pays qui fonctionnent pour appliquer vos idéologies loufoques. De toute façon, chers membres de la secte politique du Parti islamo-socialiste québécois avec moins de 10% du support et concentrer dans une seule ville, la capitale de la COVID-19, vous ne serez jamais au pouvoir.

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 mai 2020 12 h 23

      "À vous lire, on se croirait dans une réunion des Black-blocs.. (sic) " - Cyril Dionne

      Votre ignorance n'a d'égale que votre mesonge politique.

      Le "black bloc" sont des anarchistes, qui ne font parti d'aucun parti politique et ne votent même pas.

      "Sans organigramme, ni figures centralisées, le black bloc est constitué d'individus et de groupes d'individus anonymes, sans appartenance formelle, ni hiérarchie."

      "Vouloir créer de la richesse en augmentant les impôts des gens déjà surtaxés au Québec" - CD

      Et qui gagnent entre 350,000$ et 750,000$ par année..?

      Arrêtez! Vous allez nous faire pleurer!

      "Créer une banque et essayer de jouer aux capitalistes est le moyen le plus sûr d’appauvrir tous les gens." - CD

      Vous n'aurez qu'à continuer de vous faire arnaquer par les taux usuraires de 20% de vos cartes crédits si ça vous chantent, elles seront toujours diponibles.

      Le but d'une banque d'État, n'est pas le capitalisme, mais de procurer du crédit abordable aux citoyens, de concurencer à la baisse les taux des banques privées et de répartir les profits obtenus dans le financement des services publics.

  • Pierre Deschênes - Inscrit 25 mai 2020 04 h 50

    Alternatives

    D'aucuns semblent nous prédire un avenir sombre alourdi par ce que l'on considérera des dettes accumulées en temps de pandémie. Quand il est déjà particulier de classer comme dettes des mouvements d'entraide nécessaires en temps de crise. L'argent distribué par le gouvernant n'est bien que l'argent citoyen accordé à celui-ci par ses impôts. Pour l’après, je vois deux alternatives: 1) les sommes placées à l’abri de nos régimes fiscaux dans ce que l’on a baptisé paradis du même nom pourraient être récupérées pour servir ce qu’elles ont évité, à savoir le bien commun, et 2) l’argent n’ayant d’autre valeur que celle qu’on lui donne, sortons le papier duquel il est fait et imprimons-en à volonté et au besoin.

  • Paul Toutant - Abonné 25 mai 2020 05 h 58

    Imparfait

    J'ai vu le film Adults in the room de Costa-Gavras lors de sa présensation officielle à l'Impérial, en présence du réalisateur. Le film un peu mal foutu, plein de trous et manichéen au possible, avait été applaudi mollement, si ma mémoire est bonne. On peut compatir avec la population grecque étouffée par les financiers de l'Europe, mais le film ne parle aucunement de certaines mesures qui auraient pu soulager sa misère. La très puissante Église orthodoxe, grand propriétaire foncier grec, ne paye aucun impôt. Pas plus que les armateurs grecs, tous multimilliardaires. Pas un sou. Niet. Les gouvernements grecs, corrompus par ces institutions, n'ont jamais osé aller chercher l'argent où il se trouve: du côté des armateurs, dont Onassis fut un exemple parfait, et dans les goussets d'une église multimilliardaire elle aussi, qui continue à bénir les funérailles des morts de faim. Le film ne parle pas non plus du sport national des Grecs: alimenter une économie parallèle où l'on paye « sous la table » pour éviter de payer des taxes. Heureusement, ici, cela ne se fait pas...

    • Dominique Boucher - Abonné 25 mai 2020 09 h 46

      Oui, la Grèce est en partie l’artisan de son propre malheur: corruption, insoutenabilité de sa dette publique (dont les dépenses engendrées par les jeux olympiques — on a connu un peu ça à Montréal), très grands problèmes structurels, difficulté à prélever l'impôt (fraude fiscale), budget militaire trop important par rapport à la taille du pays, trop grande dépendance aux fonds européens...

      Jean-Marc Gélineau, Montréal

    • Jean-Yves Arès - Abonné 25 mai 2020 11 h 19

      Juste a voir la gestion des titres de propriété. Même pas de cadastre, et donc pas de possibilité d'y établir des impôts fonciers...

      Bref résumé de situation ici,
      http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/grec

  • Raynald Blais - Abonné 25 mai 2020 06 h 40

    Abolir les privilèges

    Lire "la nature autoritaire d’un capitalisme" fait rêver naïvement d’un autre de nature démocratique. Et encore plus, s’il n’est perverti que par "quelques puissants" dont l’appétit est sans borne. L’espoir de les menotter un jour pas très lointain ouvre le chemin à cette critique dépassée que le capitalisme ne soit inhumain qu’à cause des humains. Sans ces avides, les mots d’ordre liberté, égalité, fraternité, scandés par la bourgeoisie pour unir le peuple derrière elle et abolir les privilèges royaux et aristocratiques y gagneraient; et le capitalisme serait meilleur. Mais la réalité est toute autre malgré l’entêtement des naïfs. Il reste un grand pas à franchir pour se rapprocher de l'humanisation de notre monde, soit d’abolir maintenant tous les privilèges, y compris celui de tirer un profit personnel du travail d’autrui.

  • François Poitras - Abonné 25 mai 2020 07 h 11

    Miroir, miroir, dis-moi qui est le plus grand-guignolesque !

    Le chroniqueur reproche aux médias de « produire des clichés qui s’accordent avec leur besoin sans cesse renouvelé d’illustrer en trop peu de mots des faits sociaux complexes conjugués sous un regard unique » ?

    Hors du désagréable verbiage de cette ligne, le lecteur assidu de certains chroniqueurs du Devoir ne peut que sourire en proposant de semblables constats : la simplification abusive, le misérabilisme sentencieux, la peinture-à-numéros du catéchisme militant.

    La ligne suivante par exemple, où la métaphore enfantine tient lieu d’explication du monde : « Il n’en demeure pas moins vrai que l’appétit de quelques puissants ronge jusqu’aux os de la société »

    • Jean Duchesneau - Inscrit 25 mai 2020 18 h 48

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