Travail immunitaire

L’étiquette respiratoire, la distanciation sociale et le lavage des mains sont devenus les nouvelles obsessions de nos dirigeants. Mais ton immunité t’appartient. 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne L’étiquette respiratoire, la distanciation sociale et le lavage des mains sont devenus les nouvelles obsessions de nos dirigeants. Mais ton immunité t’appartient. 

Depuis le début de cette pandémie, j’ai raté peu de « messes » de 13 h. La santé, c’est mon dada. J’ai constaté l’évolution des mesures, porté le masque avant François Legault, je me suis éprise des fossettes d’Arruda Matata et de ses mouchoirs de poche assortis à ses cravates. Même son rap, je craque.

Je lisais dans l’excellent reportage du journaliste Alec Castonguay, de L’actualité, consacré au dénouement en coulisses de cette crise sanitaire, que le D Arruda, directeur national de la Santé publique depuis 2012, n’avait jamais rencontré François Legault avant le 9 mars 2020…

La CAQ a été élue le 1er octobre 2018. Ce n’est jamais une priorité, la santé publique. Ça ne représente que 1 % du budget du ministère de la Santé qui, lui, compte pour près de la moitié de celui de l’État québécois. Un microbe. Dégage, morpion, et retourne à tes campagnes vaccinales ou d’allaitement.

Depuis le début de cette pandémie, on nous parle de masques, de gants, de gel hydroalcoolique, de savon, de distanciation. La prévention se limite à ça. Mais la véritable prévention, c’est ce qui est invisible aujourd’hui et sera ultrapayant demain. Voilà pourquoi les gouvernements n’investissent pas en santé publique, car, contrairement à elle, les élus passent et trépassent. Tests de dépistage (sondages) ou pas.

Les êtres humains préfèrent souvent aller vers leur perte plutôt que de changer leurs habitudes

 

Un directeur de la santé publique m’a déjà glissé, jadis, que la médecine est fabuleuse et spectaculaire en traumatologie, mais peu efficace pour les maladies chroniques. Or, les maladies chroniques, c’est le croissant-beurre de nos docteurs.

Quand le Dr Arruda mentionne, en passant, que la COVID-19 s’attaque surtout aux gens âgés et/ou qui ont des maladies chroniques (diabète, hypertension et autres maladies cardiovasculaires, obésité, cancer, etc.), il ne mentionne jamais les chiffres qui accompagnent cette épidémie grave au sein de notre société valétudinaire.

Ne craignez rien, c’est quasi mondial. Le président Macron est déjà devenu viral, en 2018, en disant qu’il faut responsabiliser les citoyens et diminuer le curatif pour aller vers le préventif.

À l’heure d’une tentative de déconfinement, il serait peut-être opportun d’examiner quelle est notre part de responsabilité, justement.

L’immunité, c’est tout

J’écoutais récemment la vidéo sur l’immunité du cinglant Bill Maher. Il se moquait des Américains : vous ne pourrez désinfecter le monde entier et jouer à Howard Hugues indéfiniment. Il y a 5000 bactéries au centimètre carré dans votre évier de cuisine, 350 000 bibittes invisibles à l’œil nu dans votre oreiller, et on ne parle même pas de vos animaux domestiques, des Tchernobyl sanitaires qui vous lèchent la face.

Malheureusement, les médecins éteignent des feux en ce moment, et en temps « normal », ils prescrivent des médicaments, des Band-Aid. Peu d’entre eux sont sensibilisés à la prévention (par l’alimentation, notamment), et lorsque le patient réussit à les rencontrer, il est souvent tard. Chez 40 % de ces patients, la maladie chronique s’est installée même si elle peut être réversible ou prévenue dans bien des cas. Et on devrait également parler des multimorbidités puisque, selon une étude de l’Institut national de santé publique (INSPQ), 1,1 million de Québécois cumulent au moins deux maladies chroniques, la moitié chez les 65 ans et plus et l’autre moitié chez les moins de…

C’est vertigineux. Et on ne peut blâmer ni les médecins, pompiers de ce système, qui n’ont pas le temps de sortir le tuyau d’arrosage de l’éducation en dix minutes, ni la santé publique, le ti-clin de la grosse machine qu’on ne rencontre que lorsque l’incendie ressemble à une pandémie.

Nous allons tous être exposés au virus. Il faut renforcer votre système immunitaire.

Répéter inlassablement que vous diminuez de 78 % votre risque de maladie chronique en appliquant quatre mesures : arrêter de fumer, bouger 30 minutes par jour, ne pas être obèse et manger sainement (5 à 10 fruits et légumes par jour, un défi !), ce n’est ni sexy ni payant. Rien que taxer les boissons gazeuses, ça prend du courage politique. Imaginez le reste.

La plupart d’entre nous ne souhaitent pas changer leurs habitudes. Les gouvernements l’ont compris et remboursent nos médicaments plutôt que notre abonnement à un panier de légumes bios ou à notre gym. On donne des primes au curatif, jamais au préventif.

J’ai écrit un livre là-dessus en 2016, un essai que le Dr Martin Juneau, cardiologue (Observatoire de la prévention de l’Institut de cardiologie de Montréal), avait recommandé à tous les étudiants en médecine sur sa page FB. Il faut dire qu’il l’avait lu du début à la fin.

Si vous prévenez une maladie chronique (le cancer, mettons), vous les prévenez toutes, ou presque.

Rien n’a changé depuis 2016. Si ! Au moins une chose : le budget de la Santé publique est passé de 2 % à 1 %.

Une catastrophe annoncée

Bien sûr que nos vieillards « sages », dénutris et immobilisés dans des CHSLD, constituaient des victimes de choix pour ce virus. Ils étaient déjà confinés à l’année. La semaine dernière, un groupe de 170 médecins membres de l’Association de médecine intégrative du Canada a publié un communiqué intitulé « Des médecins disent que les carences vitaminiques vulnérabilisent les aînés ».

Ces médecins ne croient pas qu’au curatif, ils s’intéressent aussi à des avenues complémentaires telles que le préventif. Ces docteurs préconisent notamment les vitamines C et D, le magnésium et le zinc en guise de boucliers. « Les vitamines et minéraux jouent un rôle continu dans notre défense contre les agents infectieux », écrit le D Malthouse.

Et le système immunitaire, c’est seulement pour les vieux ? Nenon. 29 % des patients hospitalisés de la COVID-19 ont de 41 à 70 ans. L’ex-hockeyeur Georges Laraque, 43 ans et asthmatique, l’a appris à ses frais et a passé un sale moment à l’hôpital Charles-LeMoyne récemment.

Il faudra des vedettes qui meurent, des héros en civière et des pompiers décédés au front pour nous montrer ce que nous refusons de voir. Nous ne pourrons pas toujours accuser les Chinois de pyromanie en nous gargarisant au 7Up.

Souri en écoutant Bill Maher, à New Rule, sur l’immunité : « Vouloir empêcher les virus de rentrer, c’est aussi stupide que penser arrêter l’immigration avec un mur. » Une vacherie à son président, en passant…

Noté que le mot « hydroxychloroquine » était caché dans le communiqué de l’Association de médecine intégrative du Canada (CIMA). Se pourrait-il que tous les médecins ne chantent pas l’Ô Canada sur la même note ?

Aussi, les recommandations détaillées en supplémentation pour la COVID-19 sur le site de l’organisme.

Revu le documentaire What the Health sur Netflix. Le documentariste qui a enfanté le film Cowspiracy pourchasse les porte-voix des grandes associations de diabète (une « pandémie » actuellement, selon leurs termes, et qui touche 880 000 Québécois), des maladies coronariennes et du cancer pour déterminer leurs liens avec les lobbys de l’industrie alimentaire.

Un film qui fait parler nombre de médecins sur notre mode de vie et l’incidence sur les maladies chroniques. Des témoignages frappants de patients hypothéqués par des multimorbidités et ressuscités par une prise de conscience alimentaire. À voir ou à revoir !


JOBLOG

Le renégat
 

Le Dr Didier Raoult, désormais célèbre virologue et épistémologiste, est considéré comme une des personnalités politiques préférées des Français. Son charisme et son franc-parler n’y sont pas étrangers. En entrevue « exclusive » avec Paris Match (9 mai 2020), il dit : « On ne peut pas mener une guerre avec des gens consensuels. Le consensus, c’est Pétain. Insupportable. » Le Dr Raoult a été rencontré par le président Macron en avril dernier.

Cette autre entrevue télé « exclusive » éclaire aussi sur certains aspects de ses recherches et de la superbe du personnage. Chez nous, aucun médecin ne peut se déclarer ouvertement disciple de Raoult : « Ne me citez pas svp ! » Une cardiologue m’a même mentionné qu’il est criminel de ne pas envisager la piste très sûre de l’hydroxychloroquine, l’eurêka du professeur.

Ce long portrait paru cette semaine dans The New York Times Magazine sur le Dr Raoult décortique le parcours de la star qui a trouvé écho auprès de Trump. Assez décapant merci. Et si la science se construit sur le doute, eh bien, doutons.

14 commentaires
  • Chantal Roussety - Abonnée 15 mai 2020 00 h 22

    travail immunitaire.

    Je suis 100%d'accord avec ce que vous dites,et à 70 ans bientôt je ne prends aucun médicament sauf synthroïd car j'ai subi une thyroïdectomie partielle à 26 ans.Ostéoporose:je marche et je fais des exercices.Un peu trop de cholestérol;je prends des omega 3.et je ne mange que du fromage de chèvre et pas de bacon!Fruits et légumes en abondance ainsi que du poisson.peu de viande (surtout volaille)et 8à 10 heures de sommeil par nuit...Voilà mon "menu"immunitaire ,sans compter la pratique d'un instrument,l'apprentissage d'une nouvelle langue et la prière pour ma vie spirituelle.Alleluia!!!

  • Serge Pelletier - Abonné 15 mai 2020 04 h 11

    Mais Mme Blanchette

    Mais Mme Blanchette qui a autorisé la destruction des stocks d'équipements en sécurité sanitaire (masques, gants, visières, bonnets, combinaisons, liquides désinfectants) pour "sauver" des $$$ au lieu d'en faire la rotation avec le milieu hospitalier (milieu qui en achetait à profusion ailleurs, chez les petits copains). Ce n'est certainement pas le petit commis au comptoir des inventaires qui s'est dit brusquement "tout cela au poubelle"... Que non, l'autorisation et l'ordre venait d'en haut de la pyramide... et qui était en haut, et y est encore... La même personne de qui vous disez "je me suis éprise des fossettes d’Arruda Matata et de ses mouchoirs de poche assortis à ses cravates. Même son rap, je craque". Exactement la même personne qui prônait l'immunité grégaire, l'immunité de communauté, l'immunité collective ou encore immunité de groupe... qui a du reculé sur cela pour se rabattre "les masques cela ne sert à rien, puis c'est très dangereux d'en porter un car... suit un fleuve de niaiseries justificatives au "pas de masque". Ce qui revient à faire par la porte d'en arrière, ce qui est interdit de faire par la porte d'en avant...

  • Hélèyne D'Aigle - Inscrite 15 mai 2020 06 h 50

    Écoutons monsieur Hippocrate : " Tout d'abord , ne pas nuire . "


    Intéressons nous
    " aussi à des avenues complémentaires
    telles que préventif ." ( Josée Blanchette )

    Agir plutôt que réagir ,
    se responsabiliser au lieu
    de s'abandonner à la médecine paternaliste ❗️

    " Le force qui est en chacun de nous ,
    est notre plus grand médecin . "
    ( Hippocrate )

  • Françoise Labelle - Abonnée 15 mai 2020 07 h 45

    Il faut vivre dangereusement, si on est un homme

    Les docs ne chantent pas en chœur, sinon on ne demanderait pas un second avis en cas de diagnostic fatal et on ne demanderait pas de changer de doc quand il/elle nous impose son traitement fétiche. Pour l'instant, selon les études préliminaires, la HQ (hydroxychloroquine) ne semble miraculeuse que contre l'arthrite et le paludisme. La cigarette serait peut-être plus efficace contre la covid. Ou peut-être a-t-elle le même effet à la longue?
    L'obésité, le diabète et l'hypertension sont de bons moyens pour diminuer notre sentence à vie sur terre. Mais des jeunes en santé aboutissent aussi sous respirateur ou sous terre. Mon fils aîné, décédé d'un glioblastome (cancer du cerveau), était en forme comme Terry Fox et, comme lui, il voulait vivre. Le cancer n'est pas causé par un glissement vers la mollesse ou la malbouffe. Celle-ci n'a pas vraiment évolué depuis 20 ans : on produit toujours des soupes au sel et il faut toujours payer plus cher pour qu'on ajoute pas de sucre dans notre bouffe.
    «Valétudinaire» Cette fois, j'ai pris le temps de consulter le dico : «mal en point». Ça sonne bien!
    Vu «ICU Delirium»: une vidéo de The Atlantic sur les très mauvais voyages des patients sous respirateur. J'espère qu'on me permettra le lien:
    https://youtu.be/8_AKe07J7tE . On peut aussi taper: The Atlantic ICU Delirium .

  • Christian Labrie - Abonné 15 mai 2020 08 h 41

    Prévention primaire et médecine

    La médecine clinique, c'est-à-dire la consultation régulière des médecins par les patients, a malheureusement peu d'influence sir la prévention primaire des maladies. Il en est autrement pour la recherche d'identifier des facteurs sur lesquels agir en prévention primaire. Par définition, et encore plus aujourd'hui dans la pratique de la médecine par accès adapté, et par évitement du surdiagnostic, quand un patient voit son médecin, c'est qu'il est malade. La prévention primaire vise justememt à éviter de devenir malade. Les médecins ne sont pas ignorants de l'importance de l'alimentation, de l'exercice, et autres facteurs, même pour la santé mentale, mais en général, le patient aussi.
    À ses débuts, quand le liens avait été fait entre la cigarette et les maladies cardiovasculaires et le cancer, le médecin avait une grande influence sur son patient pour qu'il cesse de fumer. Aujourd'hui, si une personne fume encore, le médecin a peu d'influence pour le faire cesser. Le patient connait déjà les risques, mais il n'a pas été capable de cesser. Des mesures comme l'interdiction dans des lieux publics a eu probablement plus d'influence sur l'impact de la cigarette que les conseils du médecins. La prévention primaire, la plus importante, se fait en amont du médecin.