Parler sans réfléchir

Chacun a les défauts de ses qualités. Les Québécois apprécient avec raison la transparence et le franc-parler de François Legault. L’envers de la médaille est que le premier ministre a une fâcheuse tendance à dire tout ce qui lui passe par la tête. Le mensonge est assurément détestable, mais toute vérité n’est pas nécessairement bonne à dire pour autant, particulièrement en politique. Dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, Voltaire écrivait que « bien des erreurs sont nées d’une vérité dont on abuse ».

Le communiqué publié à la suite d’une saisie que les Peacekeepers ont effectuée à Kahnawake en janvier dernier ne faisait pas spécifiquement état de fusils AK-47, mais des armes de guerre automatiques avaient bien été trouvées dans la réserve. On ne tiendra pas rigueur à M. Legault d’avoir erré sur le modèle, mais ce n’était pas le moment de lancer cette information sur la place publique. La SQ la connaissait et allait certainement en tenir compte.

M. Legault devait aussi être au courant quand il jouait les matamores et proposait de coordonner une intervention des forces policières d’un bout à l’autre du pays pour démanteler les barricades ? Si Justin Trudeau n’avait pas le courage de prendre le taureau par les cornes, le premier ministre se faisait fort de mettre un terme aux « souffrances » des Québécois. Le peu d’enthousiasme de ses homologues provinciaux pour une opération de ce genre aurait dû le faire réfléchir.

Après s’être avancé de la sorte, M. Legault devait bien trouver une raison à l’inaction de la SQ. Franchement, quelqu’un a-t-il été surpris d’apprendre qu’il y avait des armes dans la réserve ? Laisser entendre que les Mohawks pourraient en faire usage ne pouvait que faire inutilement augmenter la tension et inquiéter la population. L’adjoint parlementaire de la ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, lui-même ancien policier, a bien tenté de minimiser cette gaffe en précisant que M. Legault n’avait pas dit qu’il y avait des armes sur la barricade, mais ce sophisme n’a convaincu personne.


 
 

Il est à espérer que cet épisode calmera l’esprit belliqueux du premier ministre et que les discussions entreprises avec les chefs wet’suwet’en débouchent sur une entente qui mette fin au blocus ferroviaire à brève échéance, mais ce ne sera pas nécessairement la fin de l’histoire.

Ses déclarations pourraient bien venir hanter M. Legault, une fois que la barricade aura été démantelée. Maintenant qu’il en a lui-même été informé, il devra expliquer pourquoi on tolère que les Mohawks détiennent des armes interdites sans être le moindrement inquiétés, alors que les chasseurs sont en principe tenus de faire enregistrer des armes parfaitement légales sous peine d’amende.

Il est sans doute réjouissant de voir qu’après plus de 20 ans en politique, M. Legault a conservé sa spontanéité. Personne ne lui demande de se mettre à la langue de bois, mais réfléchir un peu avant de parler n’a jamais fait de tort. Être proche de la population ne signifie pas qu’il faut dire tout ce qu’elle a envie d’entendre.

 
 

Cette semaine stressante semble avoir porté sur les nerfs du premier ministre, qui s’en est pris encore une fois au Journal de Montréal. Il n’est évidemment pas le premier, ni le dernier, à piquer une crise parce qu’un article lui déplaît. Bernard Landry ne se gênait pas pour faire la leçon aux médias. Il lui arrivait même de prendre le téléphone pour donner des cours particuliers.

Même si tout a été fait dans les règles, préciser que Charles Sirois est un ami personnel de M. Legault et le cofondateur de la CAQ pouvait sans doute faire croire à certains qu’Investissement Québec lui avait accordé un traitement de faveur en injectant 5 millions dans une entreprise dont il est le principal actionnaire, mais on aurait crié à la complaisance si cette information avait été omise. Surtout qu’il s’agit d’un deuxième coup de main en peu de temps qui est donné à une entreprise appartenant à M. Sirois et qu’il pourrait bientôt y en avoir un troisième.

À l’époque où elle était dans l’opposition, la CAQ aurait déchiré sa chemise si l’entreprise avait appartenu à un ami personnel de Jean Charest ou de Philippe Couillard. Il est toujours bon de réfléchir aux pratiques médiatiques, mais le premier ministre n’est peut-être pas le mieux placé pour animer cette réflexion. Plutôt que de s’énerver, M. Legault aurait mieux fait de s’employer à « rectifier les faits », comme Robert Bourassa en ressentait fréquemment le besoin.

Jean Charest se plaisait à dire qu’un politicien qui s’en prend aux médias est comme un poisson qui s’en prend à l’eau. Il savait très bien à quel point la colère d’un premier ministre peut être gratifiante pour un journaliste.


 
76 commentaires
  • Clermont Domingue - Abonné 29 février 2020 05 h 16

    Qui fait la leçon à qui?

    Les journalistes peuvent,eux aussi, abuser de leur pouvoir de faiseur de leçon. Dans plusieurs pays,on leur met un frein...

    • Hélène Paulette - Abonnée 29 février 2020 12 h 19

      Vos propos sont inquiétants pour la liberté de presse monsieur Domingue. Ne confondons pas information et sensationnalisme, journalistes et echotiers .

    • Pierre Grandchamp - Abonné 29 février 2020 14 h 25

      M. Domingue,

      Je n'aime pas du tout votre affirmation.A une époque où Félix Leclerc est censuré. En démocratie, mieux vaut quelques "faiseurs de leçon", en autant qu'il y en ait d'autres qui puissent leur répondre.

      C'est comme certains qui reprochaient à l'ex-CSDM d'avoir adopté une résolution anti-loi 21; dans la même veine, cela aurait justifié sa disparition.

    • Marc Therrien - Abonné 29 février 2020 17 h 40

      Sûrement avez-vous bien réfléchi avant d'écrire votre commentaire sans livrer le fond de votre pensée pour qu'elle demeure un peu équivoque. Et plus qu’un frein, vous savez que c’est souvent une balle dans la tête qu’on leur met. Je ne sais pas si vous vous désolez du fait que comme le rapporte "Le Monde": « Quarante-neuf journalistes ont été tués dans le monde en 2019, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF), qui souligne que « même si le journalisme demeure un métier dangereux le nombre de tués n’a jamais été aussi bas depuis seize ans ».

      Marc Therrien

    • Simon Grenier - Abonné 1 mars 2020 06 h 50

      Pays dans lesquels la Russie et les États-Unis se battent pour savoir qui va prendre le contrôle des ressources naturelles de façon dérobée et fourbe, ou dans lesquels les gens disparaîssent sans laisser de trace à partir du moment où il commentent les lacunes de leur société, oui. Voilà une bien étrange comparaison.

    • Christian Dion - Abonné 1 mars 2020 09 h 23

      J'ose croire que vous l'avez juste échappée celle-là?
      Christian Dion

  • Joël Tremblay - Abonné 29 février 2020 05 h 33

    Zéro discernement et zéro intelligence et zéro cohérence

    Le cannabis c'est dangereux avant 21 ans.

    - La CAQ

    La plomb et l'arsenic mesuré DANS l'organisme des enfants d'âge préscolaire du quartier Notre-Dame à Rouyn-Noranda ce n'est pas une raison de paniquer.

    - La CAQ

    C'est tout ce que j'ai à dire.

    • Simon Grenier - Abonné 1 mars 2020 06 h 59

      Vous oubliez:

      "250 000$ est en masse pour se racheter soit une maison de 250 000$, soit une maison de 450 000$."

      et (en Chambre, où je présume on a moins le temps de réfléchir à ce qu'on va lire sur notre feuille toute préparée d'avance par autrui):

      "Il n'y a pas de pénurie de logements à Montréal car une pénurie est théoriquement à 3% d'inocupation et nous sommes à 3.01% faque vos yeules, l'opposition, les pauvres, les gens dont la maison vide est en train de pourrir pis les organismes d'aide au logement."

      de même que:

      "VOYONS DONC M. le journaliste, ne dites pas des mensonges. Il ne manque pas de logements pour les familles sinistrées, ils sont en construction et les gens logeront seulement à l'hôtel pour les 18 prochains mois."

      Règle générale, tous les officiers de la CAQ ont démontré leur capacité à prononcer des phrases qui se contredisent elles-mêmes, quand elles ne sont pas entièrement cohérentes ET fausses.

  • Claude Gélinas - Abonné 29 février 2020 05 h 53

    Le PM un peu trop vite sur la gâchette !

    Au lieu de s'en prendre de façon virulente au Journal de Montréal comme si le journaliste avait menti le PM n'aurait-il pas été bien avisé de rappeler calmement deux vérités : l'ex-fondateur et compagnon du PM dans la création de la CAQ est son ami tout en précisant que dans l'octroi du montant de 5M le PM n'a fait aucune intervention puisque ce programme administré par les fonctionnaires est accessible à toute entreprise qui remplit les critères d'admissibilité. Évoquer la diffiuculté qu'il aurait à expliquer cette situation à ces enfants était verser inutliement dans le pathos.

    Si la déclaration précédente avait été faite, elle aurait eu comme avantage de replacer l'article dans son contexte tout en mettant un point final à la polémique.

    Se pourrait-il que le PM soit un peu soupe au lait et qu'il grimpe facilement dans les rideaux.

    Par contre, si cette pratique du PM se multipliai, comme conséquence, il y aurait un prix à payer à s'attaquer à la liberté de presse et aux journalistes d'enquête si nécessaire à la démocratie.

  • Christian Montmarquette - Abonné 29 février 2020 06 h 44

    Gouverner aux sondages

    "M. Legault devait aussi être au courant quand il jouait les matamores et proposait de coordonner une intervention des forces policières d’un bout à l’autre du pays pour démanteler les barricades ? " ..écrit Michel David

    Or, François Legault ne parle peut-être pas sans réfléchir tant que ça, mais au populisme et au calcul politique, quand on sait que 62% des Québécois favorisent les interventions policières pour mettre un terme aux barricades des autochtones tel que révélé dans le magazine L'actualité.

    • Marc Therrien - Abonné 29 février 2020 11 h 03

      C'est peut-être qu'il réfléchit tout simplement différemment de l'élite intellectuelle. Il y a Manon Massé et GND dont on se moque qu'ils ne soient pas chefs mais porte-paroles de QS et maintenant, il y a François Legault, "cheuf, oui cheuf!", dont on se moque comme porte-parole de la nation Québec.

      Marc Therrien

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 février 2020 13 h 47

      @Marc Therrien,

      "C'est peut-être qu'il réfléchit tout simplement différemment de l'élite intellectuelle. Il y a Manon Massé et GND."- Marc Therrien

      Celle-là je vous la donne, Québec solidaire ne donne pas dans le racolage et l'opportunisme politique. Nous avons nos convictions et elles ne sont pas monnayables pour des votes et à géométrie variable selon les sondages. Comme le PQ qui a sans sans cesse repoussé le référendum pour ne pas risquer de perdre ses élections avec les résultats qu'on connait.

      Car il existe bel et bien deux sortes de partis politiques..

      Ceux qui restent fidèles à leurs valeurs et leurs idéaux et militent selon leurs convictions pour convaincre les électeurs d'adhérer à leur programme et changer la société. Et ceux qui ne font suivre le courant du conservatisme pour accéder rapidement au pouvoir dans leur intérêt personnel, plutôt que dans l'intérêt du bien commun.

    • François Poitras - Abonné 29 février 2020 17 h 11

      Christian Montmarquette : "Québec solidaire ne donne pas dans le racolage et l'opportunisme politique" Haha ! Mais c'est tout ce que ce parti sait faire ! À preuve, le souverainisme de carnaval pour racoler l'électorat du PQ !

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mars 2020 03 h 48

      @François Poitras,

      "À preuve, le souverainisme de carnaval pour racoler l'électorat du PQ.."- François Poitras

      1 ) Vous ne faites que démontrer votre propre contradiction, puisque tout comme vous, les nationalistes identitaires du PQ détestent les "méchants inclusifs" "multiculturalistes" de Québec solidaire, ce n'est donc pas le même électorat.

      2 ) Le "souverainiste de carnaval", c'est le PQ qui l'a.

      Puisque depuis sa fondation, le PQ a constamment reporté, dilué, renié ou mis en veilleuse l'indépendance.


      Qu'il s'agisse du « bon gouvernement de 1976 »; de «l'étapisme» de Claude Morin; de la «mise en veilleuse» des années 80; du «beau risque» fédéraliste de René Lévesque avec Brian Mulroney; de «l'affirmation nationale» de Pierre-Marc Johnson; de l'attentisme des «conditions gagnantes» de Lucien Bouchard; des «1000 jours» d'attente de Bernard Landry; de la «gouvernance souverainiste» de Pauline Marois ou du report du référendum dans un 2e mandat de Jean-François Lisée, ce à quoi il faudra désormais ajouter que même le dernier Congrès de refondation du PQ a refusé d'adopter un référendum dans un premier mandat.

      On ne peut que se rendre à l'évidence. La majorité de son existence, le véritable « article un » du PQ a toujours été « le pourvoir ».

      - CQFD

    • Simon Grenier - Abonné 1 mars 2020 07 h 20

      M. Therrien, M. Legault réfléchit certainement différemment de l'élite politique et/ou intellectuelle, étant issu de l'élite mercantile bas de gamme - celle où on attire la clientèle cheap ou pauvre (très louable, comme modèle d'affaires) avec des cocktails dilués et assaisonnés au sucre Lantic. Cela ne le dispense pas de son devoir de ne PAS briser la vie des gens simplement pour le plaisir de donner un spectacle à sa base électorale - devoir et pouvoir infiniment plus grands lorsqu'on est Premier Ministre.

      M. Weinstock; l'agronome Louis Robert; les 18 000 personnes qui viv(ai)ent en "standby" depuis 1, 2, 5 ans en attendant que leur dossier d'immigration soit finalement balayé aux vidanges; la création in extremis de l'obligation pour les municipalités de s'endetter de plusieurs millons de dollars sans préavis sur le coup de tête d'une autre entité politique (non-élue), alouette. Ce n'est pas normal d'avoir à poursuivre l'État et ses officiers parce que ceux-ci ont volontairement cherché à ruiner sa carrière ou sa vie entière sur la base de potins, de délits d'opinion ou de principes de gestion désuets, simplistes et erronés.

      Petit détour par Québec Solidaire... Chaussure lancée contre une photo de W. Bush, foulards blancs pour ne-pas-imiter la révolution orange en Ukraine, baptiser les grèves étudiantes "Printemps Érable" pour ne-pas-faire-le-lien avec le "Printemps Arabe"... Québec Solidaire est dans le spectaculaire et ça sert bien le parti. Est-ce pire que la bullshit généralisée des partis traditionnels?

  • Pierre Grandchamp - Abonné 29 février 2020 07 h 13

    Un premier ministre impatient, avec une gestion comptable de la chose publique, dont les volte face s'additionnent de plus en plus

    Legault est, définitivement, un homme très impatient, et qui demande des résultats au plus vite. Comme en affaires : « runner un état comme une business » avec une vision comptable de la gestion publique. http://lautjournal.info/20200219/runner-letat-comm

    Or, en politique, il me semble qu’il faut prendre le temps nécessaire, expliquer, avoir une vision autre qu’une vision comptable.Cela donne toutes les gaffes en immigration et un projet de loi 40 changeant, à la vitesse grand V, beaucoup de lois et beaucoup de choses en éducation; sans aucune consultation publique avec des tas d’amendements adoptés à la dernière minute à 3h00 du matin. Résultats : des anglophones s’apprêtent à contester cette loi en cour. Un groupe important de francophones( comprenant des parents, des enseignants, des payeurs de taxes) s’apprête à faire de même, au sujet de l’injustice faire aux francophones de retirer le droit de vote aux élections scolaires et de le laisser aux anglophones.

    Quand son ministre de l’Immigration s’est enfargé dans ses lacets de bottines, dans le dossier des étudiants du PEQ, Legault a accusé les dirigeants de cégeps et universités d’être intéressés par l’argent; et les gens d'affaires intéressés à payer les salaires les plus bas possibles.

    Legault= le pouvoir pour le pouvoir. Ses reculs et les volte face de son parti s’additionnent de plus en plus. Qu’on songe aux élections à la proportionnelle et au "Je ne ferai pas comme Justin", au ridicule test de valeurs, pour les immigrants seulement, à des années lumière des promesses, à la fin des élections scolaires.à L'exemption des école sprivées de la lol 21...

    Mais cette forme de gestion et d'authenticité semblement plaire à plusieurs! En conclusion, quant à moi, ça ne donne pas une vision emballante d'une nation: où s'en va le Québec?

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 février 2020 11 h 54

      @ Pierre Grandchamp,

      Un bon bilan du "fameux" gouvernement Legault M. Grandchamp, auquel on pourrait ajouter son brillant "pote à 21 ans".

      Il faut dire que Legault ne faisait que surfer sur l'écoeurantite aiguë de 15 années de gouvernance libérale et que n'importe qui aurait l'air d'un génie politique après les abus et les magouilles des gouvernements Charest et Couillard.

      Mais la petitesse et le manque d'envergure de ce p'tit provincialiste antidémocratique qui nomme ses candidats comme on engage du personnel, laisse entrevoir plus que jamais que cette prétendue lune de miel se terminera en queue de poisson comme un feu de paille sous la rosée.

    • Simon Grenier - Abonné 1 mars 2020 07 h 27

      Vous avez utilisé le mot juste: M. Legault forme et mène un gouvernement "comptable" et non "économique". La seule différence est que les résultats de toute politique seront cheap et à courte vue, plutôt qu'à courte vue seulement. Un état sur le BS, ça coûte pas cher pis "ça met de l'argent dans les poches de familles!" (Ouais, 8 dollars par semaine ça change la vie d'une famille avec enfants - ou même sans, si celles-ci recevaient la moindre cenne.)

    • Jean-Charles Morin - Abonné 1 mars 2020 12 h 31

      "Il faut dire que Legault ne faisait que surfer sur l'écoeurantite aiguë de 15 années de gouvernance libérale et que n'importe qui aurait l'air d'un génie politique après les abus et les magouilles des gouvernements Charest et Couillard." - CM

      À vous entendre, si cela est si facile, comment expliquer alors que QS n'a pas su vraiment "surfer" sur la vague de mécontentement généralisé et que François Legault a eu l'instinct d'accomplir, pour parvenir au pouvoir, ce que QS n'a pas eu le réflexe de faire?

      Au vu des faits, il faudrait plutôt croire que finalement, contrairement à ce que vous dites, ce n'est pas "n'importe qui" qui peut avoir l'air, et encore moins l'étoffe, d'un génie politique.