La paresse et la dominance

On s’est beaucoup moqué dernièrement de Peter MacKay, et plus largement de tous les politiciens anglophones qui, tout en nourrissant de grandes ambitions nationales, ne prennent jamais le temps d’apprendre le français. On y voit, avec raison, l’expression d’un mépris, ou au mieux d’une indifférence, envers les Québécois et les autres francophones du Canada.

Je ne sais pas combien de fois, au cours des années où j’habitais à Toronto, on m’a approchée pour avouer une jalousie par rapport à mon bilinguisme. « Ah ! Il faudrait que je me remette au français », me disent en anglais ou dans un français laborieux ceux qui ont fait les programmes d’immersion au secondaire il y a un peu trop longtemps. « Mais c’est difficile », ajoute-t-on. Dans ces situations, je sais que la personne est de bonne foi. Je suis aussi certaine, jusqu’à preuve du contraire, qu’elle ne se remettra jamais sérieusement au français. Professionnellement, ça ne lui est pas nécessaire. Et elle peut voyager partout dans le monde et s’attendre à ce que la population locale s’adresse à elle dans sa langue. La tentation de la paresse n’est pas insurmontable, mais elle est très forte.

Souvent, la personne qui lance cette remarque sous-estime le travail qui m’a été demandé, comme francophone de la Rive-Sud de la région de Québec, pour maîtriser sa langue. Le bilinguisme des Francos est souvent perçu comme allant de soi. Ce qui est plus vrai, c’est que la plupart des francophones apprennent la langue dominante du continent avec la conviction que ce n’est pas seulement « intéressant », mais nécessaire, ou du moins très utile. Quand on apprend avec le sentiment qu’il est important d’apprendre, les résultats sont autres. Avec le rôle du dominant, du majoritaire, viennent plusieurs privilèges. Mais vient aussi une tendance à la paresse qui crée bien souvent une asymétrie des connaissances — et pas seulement linguistiques.

Cette paresse de la dominance, j’en ai toujours aussi fait l’expérience chez moi, au Québec. Comme femme noire, j’ai souvent le sentiment d’avoir à me répéter constamment sur les questions de diversité, d’inclusion, d’antiracisme. Je sais que j’ai en face de moi un interlocuteur qui ressent rarement l’urgence, la nécessité d’apprendre — sauf en temps de crise de relations publiques, parce que les manifestants s’en sont mêlés. Sinon, l’ignorance individuelle ou organisationnelle de grands pans de la réalité des minorités au Québec est encore sans grandes conséquences. Je ne nie pas que les consciences collectives se transforment. Mais il y a une lenteur d’évolution qu’on normalise. Je sais qu’en d’autres circonstances, on serait capables de mieux.

Je sais aussi que, comme personne non autochtone, il serait tentant d’être à mon tour paresseuse. Je suis de ceux qui n’ont à peu près rien appris des réalités des Premières Nations, des Métis et des Inuits à l’école, outre la distinction entre un tipi, une maison longue et un igloo. Il est difficile comme adulte de s’intéresser à un sujet avec des bases aussi faibles : ça nous confronte à notre ignorance. Je pourrais aussi avoir honte, me sentir coupable, et en rester paralysée. Je préfère toutefois me mettre en colère contre le système d’éducation qui nous a si mal servis et exiger mieux pour les prochaines générations. Et puis, j’ai assez souvent fait l’expérience amère de la paresse du dominant pour chercher à ne pas faire partie du problème à mon tour. Il me restera toujours beaucoup de choses à apprendre. Mais je peux me botter le cul et m’y mettre. Sérieusement.

« La réconciliation est morte. » Nombreux sont les militants autochtones qui ont utilisé l’expression depuis le début de l’année. Les images des femmes wet’suwet’en emmenées de force par la GRC, en pleine cérémonie, ont fait le tour du pays. Le mouvement de solidarité pour la reconnaissance de la souveraineté autochtone et contre le nouveau pipeline de Coastal GasLink était amorcé depuis longtemps, mais il a désormais pris une ampleur que les autorités n’avaient pas calculée. Des marches tenues à travers le Canada. Des trains et des routes bloqués. Et une génération qui annonce la mort de la réconciliation. Mais a-t-elle déjà été proprement vivante ?

Le rapport de la Commission de vérité et de réconciliation date de 2015. Quatre-vingt-quatorze appels à l’action avaient été lancés. Qui n’a pas encore pris le temps de le lire, depuis 2015 ? Souhaitons-nous sincèrement repenser les dynamiques de pouvoir à travers ce pays ?

Le défi est lourd et complexe. Pour le relever, il faut une connaissance de l’histoire, une familiarité avec les perspectives autochtones, des relations de confiance et un dialogue sain construit sur des compréhensions communes. Qui, chez les non-autochtones — particulièrement chez ceux qui ont le pouvoir politique, économique et médiatique —, s’est sérieusement attelé à la tâche ? Et si on a entamé une réflexion, avec quelle assiduité la nourrit-on ? Est-on habités par un sentiment d’urgence, de nécessité ? Ou va-t-on continuer à évoluer au rythme où Peter MacKay apprend le français et s’en satisfaire ? Sera-t-on encore intéressés et motivés une fois que les trains reprendront leurs routes ?

37 commentaires
  • Hélène Gervais - Abonnée 20 février 2020 06 h 44

    Excellent texte ....

    Je fais partie des paresseuses qui n'ont jamais eu d'intérêt pour la langue anglaise, qui est à mes yeux la langue des envahisseurs. Mais j'en aurais eu pour les langues autochtones si seulement j'avais eu la chance de l'apprendre. Nous restons tous sur un territoire occupé par ce grand peuple dont nous ne connaissons rien ou à peu près. Nous en entendons parler quand il barre une route et c'est à peu près tout.

  • Charles-Étienne Gill - Inscrit 20 février 2020 07 h 01

    Ode à l'intersectionnalité

    Madame a étudié en littérature comparée, elle était donc bien placée pour lire Fanon, Valiières et Aquin, mais aussi Séguin ou Bourgault si la chose l'avait intéressée. Le problème c'est quelle est ensuite allée à Toronto pour faire sa maitrise et son doc et dieu que ça parait : « Avec le rôle du dominant, du majoritaire, viennent plusieurs privilèges. Mais vient aussi une tendance à la paresse qui crée bien souvent une asymétrie des connaissances — et pas seulement linguistiques.»

    Est-elle en train de prétendre que dans les pays «normaux», comme la Suède, la Finlande ou l'Allemagne, la langue commune d'usage, la langue officielle, bref la langue «normale» est parlée par «les dominants»? C'est la langue qui est dominante, pas les gens.

    Pourquoi diantre, les Canadiens anglais seraient-il paresseux parce qu'ils ressemblent aux Allemands ou aux Japonais. Les Japonais sont-ils paresseux?

    Cet exemple permet d'exposer toute la vacuité de l'idéologie à partir de laquelle Madame Nicolas nous fait, encore et encore, la morale. Le Québec de Bourgault ne voulait pas être une province distincte, pas comme les autres, il voulait être un pays «normal», comme tous les autres.

    Ce que tous les références sur la colonisation lues en littérature comparée devraient apporter à notre «columnist», c'est combien il est «normal» structurellement d'apprendre l'anglais au Canada, mais que placée sous l'angle politique de l'intérêt du Québec, les petits Québécois devraient apprendre l'espagnol, il y a une pléthore de pays et de marchés avec lesquels nous pouvons tisser des liens et nous aurions besoins de ces locuteurs. Ça serait un avantage énorme d'avoir une des bilingues pour plusieurs langues au lieu d'une masse molle de bilingues aproximatifs.

    Bref, même canadienne, la politique linguistique devait permettre aux unilingues de vivre dans leur langue, pas de créer des bilingues partout. Si tout le monde est bilingue, une langue est de trop, devinez laquelle.

    • Denis Blondin - Abonné 20 février 2020 10 h 59

      « C'est la langue qui est dominante, pas les gens » ??????

      Monsieur Gil, vous brandissez vos lectures et vos « Diantre » pour bien établir votre statut social dès le départ, mais vous raisonnez ensuite avec des sophismes dignes d'une assemblée de cardinaux très instruits comme vous.

      Croyez-vous sérieusement que, dans les pays « normaux » comme la Suède, la Finlande ou l'Allemagne, les gens qui ne parlent pas la langue « dominante » ont un statut social égal à celui de ceux qui la parlent? Si vous le croyez réellement, vous devez sûrement croire aussi que la terre est plate, telle que vous la voyez.

    • Jacques Patenaude - Abonné 20 février 2020 11 h 09

      Je la trouve bien inspirante cette chronique. Faire appel à notre propre réalité de canadiens français dans ce pays à dominance anglo-saxonne me rejoins beaucoup. J'ai toujours sentit une solidarité avec les autochtones parce que eux-aussi vivent le colonialisme et avec les afro-américains parce que j'ai vécu aussi la réalité de la discrimination envers mon peuple bien que que ce fut à un autre niveau. C'est en se solidarisant avec eux qu'on peut le mieux défendre notre propre cause. Bien-sur que leur situation est pire que la nôtre, historiquement ils étaient moins bien outillées pour se défendre. Mais se solidariser avec eux ne peut que nous aider. D'ailleurs Bourassa, Lévesque et même Bernard Landry l'avaient compris. Divers gestes tels la convention de la baie James en témoignent. Je salut ce changement de ton. Je suis né catholique dont porteur du péché originel dont je me suis en partie émancipé. Plus jamais je ne me laisserai ainsi culpabiliser. Cette fois-ci le ton de la chronique n'est pas celui de la culpabilisation. Celui du "Vous êtes coupable d'être né blanc, homme et venant des régions".
      Je suis né nègre blanc et j'en suis fier . Vallières, Fanon et Aquin auraient plutôt applaudit le discours de la chroniqueuse que le vôtre.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 20 février 2020 13 h 21

      Monsieur Blondin,

      Vous tombez dans le travers que vous me reprochez. Évidemment, il y a des rapports entre dominants/dominés et il suffit, puisqu'on parle de lecture, de se souvenir du statut social des Canadiens français dans le poème de Madame Lalonde, mais si vous avez bien lu le texte de Madame Nicolas, vous comprenez qu'elle reproche la paresse de ses contemporains, mais les contemporains en question n'ont pas à faire « d'effort ». L'enjeu de la lutte des minorités linguistiques, c'est d'obtenir, collectivement, le statut politique pour pouvoir vivre en français. Ce dont elle fait finalement la promotion avec son thème de paresse, c'est un bilinguisme collectif, comme si la capacité pour les francos d'être bien dépendait de la bonne volonté des Anglos de devenir bilingues. Sa thèse repose sur l'idée de la difficulté que nous éprouvons à être compétents dans une langue étrangère, cette expérience devrait nous sensibiliser et elle l'est, c'est une expérience marquante, mais pour un Graham Fraser ou un Anglo qui se destine à changer les politiques du pays, ça n'est pas une obligation pour le reste du peuple ni un fardeau pour l'individu. Donc elle tombe dans un travers, celui par lequel le changement passerait par la prise de conscience de chaque «individu dominant» comme s'il était coupable par association.

      Mais le poème de Lalonde se termine par «Nous sommes un peuple rancunier, mais ne reprochons à personne d'avoir le monopole de la correction de langage [...] c'est une langue universelle, nous sommes nés pour la comprendre, avec ses mots lacrymogènes et ses mots matraques ». Ça veut dire que ça n'est pas la langue en elle-même, mais la relation de domination qui est le problème. Or dans certains cas, en allemand, en japonais, le fait de parler la langue nationale n'entraine pas une domination pour les autres.

      Ce qu'il faut, pour les collectivités minoritaires, c'est un changement de statut, pas un accommodement de la majorité.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 20 février 2020 13 h 53

      J'entends ce que vous dites Monsieur Patenaude, mais je me réfère à la conclusion de Peau noire masque blanc, de Fanon, que vous pouvez lire vous-même et que vous connaissez sans doute : « N’ai-je donc pas sur cette terre autre chose à faire qu’à venger les Noirs du XVIIe siècle ? Dois-je sur cette terre, qui déjà tente de se dérober, me poser le problème de la vérité noire ?Dois-je me confiner dans la justification d’un angle facial ?Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de rechercher en quoi ma race est supérieure ou inférieure à une autre race. Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de souhaiter la cristallisation chez le Blanc d’une culpabilité envers le passé de ma race. »

      http://classiques.uqac.ca/classiques/fanon_franz/p

      C'est cette perspective qui me faire refuser l'argumentaire de la paresse. Il était normal que les unilingues anglais parlent anglais et que l'anglais au Canada soit la langue de l'intégration, parce qu'il serait normal que le français le soit au Québec, comme il devrait être normal que le cri soit la langue « normale»  des communautés crie de la baie James.

      Donc mon argument est le suivant, devant le caractère «normal» de l'unilinguisme, la norme dans le monde, on ne doit pas exiger que tout le monde soit bilingue, mais bien que les communautés minoritaires (historiques et nationales) puissent vivre dans un environnement unilingue, plutôt qu'être poussée vers le bilinguisme anglicisant.

      Or Madame Nicolas est une illustration classique d'une anglicisation culturelle avec sa manière de nous pousser les catégories de Berkeley, dont celles des « minorités ». Son « amère paresse des dominants » est une paresse conceptuelle, car elle fait un vulgaire copier-coller intersectionnel. Que l'on ait des cours sur les Autochtones ou que la mairesse reconnaisse qu'on est sur un territoire non-cédé, ça n'est pas conférer des droits politiques aux Premières Nations.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 20 février 2020 16 h 24

      "Croyez-vous sérieusement que, dans les pays « normaux » comme la Suède, la Finlande ou l'Allemagne, les gens qui ne parlent pas la langue « dominante » ont un statut social égal à celui de ceux qui la parlent?" - Denis Blondin

      Croyez-vous sérieusement, Monsieur Blondin, que dans les pays "normaux" il y a des gens qui ne parlent pas la langue du pays? Que ceux qui viennent d'ailleurs pour s'y installer ne se mettent pas immédiatement à son apprentissage pour se fondre ensuite dans la population le plus rapidement possible?

      Croyez-vous qu'au Japon, outre les inévitables touristes, il y a des gens qui ne parlent pas japonais?

      Si vous croyez vraiment ce que vous ne vous gênez pas d'écrire, alors c'est vous qui croyez que la Terre est plate.

      Monsieur Gill a tout à fait raison de dénoncer la situation linguistique absurde qui accable actuellement le Québec. Il mériterait qu'on l'appuie sans réserve et non qu'on le vilipende comme vous le faites.

    • Jacques Patenaude - Abonné 20 février 2020 19 h 51

      @ CE Gill.
      Manifestement je ne suis pas aussi savant que vous. Moi il me semble tout simplement qu'il y a une avancée dans son discours où elle reprend à son compte sa réalité de canadienne français qui a vécue le problème de notre oppression spécifique et qu'elle constate qu'il y a des liens avec ce qu'elle vie aussi en tend que personne noire. Une nouveauté dans son discours que je salut. Tant mieux, c’est pour moi comme cela que nous avancerons. La question de savoir s'il est normal d'être unilingue quand on vit dans un pays contrôlé par une nation dominante honnêtement ça m’indiffère. Lévesque, Parizeau, Bourgeault et Garon parlaient tous Anglais et pour certains d’entre eux couchaient avec des anglaises. (Joke). Lorsqu'on va en Europe on est toujours surpris de constater que les gens parlent souvent plusieurs langues , à l’exception souvent des anglo, tant pis pour ceux-ci, là n’est pas le problème. Mais somme toute une question auquel j'aimerais vous voir répondre : Est-ce qu'à votre avis Vallières qui s'est solidarisé avec le mouvement noir afro-américains condamnerait les droits des autochtones au nom d'une majorité nationale qui serait comme vous dites normale dans un État-nation québécois? Personnellement je ne le crois pas.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 20 février 2020 22 h 19

      Monsieur Patenaude, Madame Nicolas a une bourse Vanier et elle fait un doctorat, donc les références dont je parle, alors qu'une partie de ses diplômes sont en littérature, elle devrait les connaitre. Elle devrait lire Gilles Havard et savoir, par l'intermédiaire de Christian Rioux, qui l'a fait découvrir aux lecteurs ici, que c'est un chercheur de grand renom, et qu'il a pondu une «Histoire des coureurs de bois» qui permet de bien comprendre les relations entre Canadiens et Autochtones. Dans la même veine, il vient de publier «L'Amérique fantôme», alors qu'il a travaillé longtemps, même s'il est français, sur «La Grande Paix de Montréal», pour nous la faire connaitre. Donc non seulement c'est l'identité des Canadiens (français) en Amérique qu'il nous permet de redécouvrir, mais aussi la relation féconde de ces derniers avec les autochtones. Jean Morisset permet aussi de comprendre qu'aux yeux de orangistes, les Canadiens (français) n'étaient pas des «blancs». C'est niais qu'elle nous parle de tipis et d'igloo.

      Considérer mon Patronyme, mon arrière-grand-père est né à Odanak. Il n'est donc pas question pour moi « de condamner les autochtones au nom d'une majorité nationale dans un état nation québécois » , je ne sais donc pas où vous allez chercher ça, j'ai spécifiquement précisé que la langue « normale » ça devrait être le cri à la baie James...

      J'en ai justement contre l'hégémonie d'une pensée « progressiste » américaine qui racise tout et d'un multiculturalisme qui crée des communautés et de minorités partout pour mieux permettre aux continuateurs de la couronne de régner, ce que Madame Nicolas devrait être en mesure de comprendre. Le Québec, ça demeure une administration régionale qui a des grosses dépenses, pas un état, donc les Québécois demeurent «une minorité», laquelle a en son sein 11 autres minorités, les nations autochtones.

      Vouloir en créer d'autres, artificiellement, c'est faire le jeu de l'empire.

  • François Poitras - Abonné 20 février 2020 07 h 48

    Curieux texte d’Émilie Nicolas où la dimension politique de la crise des blocus est effacée par des notions de paresse et d’indifférence. Comment ne pas constater le grossier mensonge politique de ce pays, son crédo multiculturaliste qui se résume à une illusion néocolonialiste ? Le Canada s'accroche à un pacte fédératif dont l'un des États est absent, le Canada ne cesse de verser des larmes sur l’histoire de ses relations avec les nations autochtones sans donner la moindre suite concrète. La tête emplumée de Trudeau suffit à Mme Nicolas qui ajoute l’insulte à l'injure du déni en omettant de mentionner la toute récente entente signée par la CAQ et les Crees. Dommage d’avoir raté cette occasion de sortir du ronron canadianiste à tous crins.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 20 février 2020 12 h 38

      Le bilinguisme du Canada est un mensonge éhonté. Tout le monde le sait. Cependant, en que francophone, ne serait-il pas préférable de BIEN maîtriser le français avant de passer à l’anglais? Plutôt que de BARAGOUINER deux langues!! Quant aux unilingues anglophones, ils ne font que mettre en évidence leur manque d’ouverture ou encore, ce qui est bien plus grave, leur manque de POTENTIEL...

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 20 février 2020 08 h 04

    Langues autochtones

    Apprenons-les! On se fait un réseau là-dessus?

  • Cyril Dionne - Abonné 20 février 2020 08 h 14

    Il faudra un jour arrêter de blâmer les autres

    Bon, encore les mêmes diatribes.

    Premièrement, personne n’est jaloux de vous si vous parlez français à Toronto. Personne. Tout le monde s’en fiche. Comme un patron m’avait déjà dit à une centrale nucléaire dans le sud de l’Ontario : « on est bien content pour toi que tu parles français, mais ici, la langue de travail est l’anglais ».

    Deuxièmement, tous les francophones en Ontario parlent anglais. Personne ne leur a demandé combien de travail et d’effort ils avaient mis pour acquérir la langue de Doug Ford, ils l’ont fait tout simplement par nécessité. J’ai enseigné à l’école française et anglaise en Ontario et il n’y a rien de remarquable là-dedans.

    Troisièmement, si comme femme noire vous pensez que vous avez à vous répéter constamment sur les questions de diversité, d’inclusion, d’antiracisme, eh bien, c’est que vous cultivez de la dissonance sociétale. Tout le monde dans le fin fond d’eux-mêmes s’en foutent de la couleur, de l’ethnie et j’en passe en autant que celle-ci ne vous procure pas des privilèges et des accommodements déraisonnables aux yeux de autres.

    Finalement, si vous n’avez rien appris des réalités des Premières Nations, des Métis et des Inuits, on n’a pas besoin de blâmer l’école. Pardieu, ils sont tout autour de vous et agissent comme un peuple invisible de peur d’inviter des représailles. J’ai enseigné à des enfants autochtones de ces tribus qui font toujours les manchettes dans le nord de l’Ontario et en leur parlant, ils veulent la même chose que nous. Toute cette propagande de « réconciliation » et de « territoires non cédés » de la gauche plurielle, eh bien les jeunes autochtones s’en fichent. Ils veulent un futur qui leur garantisse un accès à l’éducation, un travail enrichissant professionnellement et personnellement, chose presque impossible vu le Loi sur les Indiens et venant d’une réserve avec les nombreuses embûches qui se trouveront sur leur chemin incluant les conseils de bandes et leurs chefs.