Derrière le rideau

Il y a toujours chez soi, derrière la vitre dont on a écarté le rideau d’un doigt, deux façons de regarder la neige ou la pluie qui tombe d’un ciel gris.

La plus commune consiste à regarder au loin, en un point précis, en éprouvant en soi l’effet de la lenteur avec laquelle la pluie s’efface peu à peu sur le sol, en gerbes mortes, ou encore la neige qui s’accumule petit à petit, malgré le vent et les passants.

L’autre façon de voir, moins habituelle peut-être, exige davantage du regard. Elle n’est pas possible dans tous les types de lumière. À certains moments du jour ou de la nuit, au bénéfice par exemple de l’éclairage d’un lampadaire, on peut parfois suivre longtemps la trajectoire d’une goutte de pluie ou d’un flocon de neige, depuis le moment où il apparaît, en hauteur, dans le champ du regard, jusqu’à ce que son individualité disparaisse, nous rappelant de la sorte que tout mouvement s’écrase à un moment ou l’autre, comme si l’aspiration définitive du monde était d’en arriver à l’immobilité.

À Saint Johnsbury, au Vermont, on trouve une station météorologique installée au coeur d’un vieux musée régional plein à craquer d’animaux empaillés et d’objets disparates sur lesquels le temps semble s’être arrêté. Dans cet intérieur tout en bois dur et sombre, on voit aux murs de l’étage des cadres au milieu desquels se trouvent mises en valeur des figures géométriques parfaites. On dirait des étoiles, des dentelles, des diamants, des cristaux, des coraux. Leurs motifs variés, couchés sur un papier qui jaunit, laissent penser qu’il s’agit d’une suite de modèles utilisés autrefois par des couturières pour la production de courtepointes artisanales. Il s’agit en fait de cristaux de neige, photographiés par un fermier, Wilson Bentley.

Penché sur un rideau de velours noir où il recueille ses flocons blancs, Bentley produira des milliers de photographies de ces cristaux, toujours aussi fasciné, semble-t-il, par la fluctuation de la neige, mais aussi par le brouillard, les gouttes d’eau et de rosée, bref par ces matières fragiles dans lesquelles se manifeste une infinité de structures évanescentes.

À l’heure où la terre se heurte à sa finitude, en nous révélant l’effet de vitesse avec laquelle la nature fond comme neige au soleil, il y a quelque chose de stoïque dans cette quête de Bentley à vouloir conjurer l’éphémère par une contemplation pareille de la nature.

Adepte quant à lui de la spéculation plutôt que de la contemplation, le premier ministre ontarien, Doug Ford, a affirmé, ces jours derniers, dans une rencontre avec son homologue québécois, qu’il préférait somme toute se lancer dans le nucléaire plutôt que d’acheter l’hydroélectricité de ses voisins immédiats, cela au nom d’un provincialisme qui se nourrit à l’idée d’assurer son autonomie énergétique. Les premiers ministres de la Saskatchewan et du Nouveau-Brunswick comptent eux aussi sur le nucléaire.

A-t-on déjà oublié qu’au siècle dernier, nous avions eu peur, non sans raison, de l’hiver éternel promis par le nucléaire ?

Après les accidents nucléaires de Chalk River, de Three Mile Island, de Tchernobyl et de Fukushima, comment peut-on encore vouloir mettre ne serait-ce qu’un pied dans le pré glissant du nucléaire ? Faut-il rappeler la difficulté de gérer les déchets radioactifs et l’incapacité de nos sociétés à s’engager, pour au minimum un millénaire, à maintenir la sécurité autour de centrales vouées à la désuétude bien avant qu’elles ne deviennent sans danger ?

Reportons-nous aux années 1980. Pendant que Sting plaque sur la musique de Prokofiev les mots glaçants du président russe Nikita Khrouchtchev — We will bury you / Nous vous enterrerons —, le téléfilm Le jour d’après, une fiction sur les suites d’une catastrophe nucléaire, vient d’être diffusé.

Au plus fort du spectre nucléaire, un spectre auquel la première dame d’Angleterre n’était pas étrangère, Margaret Thatcher prononça un discours devant les Nations unies qu’on voudrait faire passer aujourd’hui comme une mise en garde éclairée à l’égard des risques des changements climatiques, en faisant abstraction de tout ce qu’elle a pu dire et faire de contraire pour parer ces risques. Derrière ce paravent commode qu’aiment encore utiliser les esprits conservateurs se profilaient, on l’oublie, les dents de l’industrie nucléaire, prête à tout pour vendre la mort maquillée aux couleurs de la vie. Tout en parlant d’environnement, la « dame de fer » avait en effet projeté de construire en masse des centrales nucléaires. Et cette industrie, chez les héritiers du thatchérisme tels que Doug Ford et compagnie, n’a apparemment pas encore dit son dernier mot en se présentant comme une solution de rechange aux énergies fossiles. Autrement dit, par une sublime ironie de l’histoire, on propose de dégeler la crainte du nucléaire au nom d’un combat contre le réchauffement planétaire.

S’il a toujours existé partout, même derrière le rideau de fer soviétique, deux façons bien campées de regarder le ciel, comment justifier aujourd’hui un tel aveuglement devant la menace, pourtant bien réelle, de la crise climatique, sinon par le gel profond de nos esprits devant toute solution de remplacement à notre mode de consommation du monde ? À l’instar des cristaux de neige photographiés par Wilson Bentley, l’aspiration du monde est peut-être arrivée à un point définitif d’immobilité.

33 commentaires
  • Guy Fauteux - Abonné 9 décembre 2019 00 h 29

    Pour Ford le nucléaire est un outil de négociation

    En fait ils veulent justifier les réparations au coût astronomique
    De leurs vielles centrales nucléaires.
    Pour les nouvelles elles essais de vendre du rêve
    Ils sont coincés tout comme l'Allemagne qui a écarté le Nucléaire
    C'est une façon pour eux de nous informer de leur intention
    De compter dans le futur sur des centrales au gaz .

    • Françoise Labelle - Abonnée 9 décembre 2019 07 h 44

      Vous voulez dire qu'ils négocient avec Legault qui leur offre le moyen de ne pas être coincé?
      Ford peut-il se permettre d'autres centrales au gaz?
      Il me semble que l'Allemagne n'a pas écarté mais diminué le nucléaire.
      https://www.smard.de/en/5790

    • Jean-Henry Noël - Inscrit 9 décembre 2019 13 h 08

      Oubliez les grandes centrales nucléaires. Il s'agit, l'avez-vous dit, de Petits Réacteurs Nucléaires dont les pièces assemblées peuvent occuper un faible espace, soit ... --mais comment dit-on 'container' en français -- ... un «containeur» ! Ces PRN remplaceront le charbon et autres sources fossiles et même l'hydro-électricité -- l'eau n'est pas une ressource inépuisable, disponible -- peuvent être fabriqués en usine ou sur place. Et voyager. Si le Québec les ignore, ce n'est pas utile de dénigrer les sociétés humaines qui ont décidé de les adopter.

    • Rémi Lesmerises - Abonné 10 décembre 2019 08 h 50

      La taille n'y change rien. Un réacteur nucléaire produit des déchets, c'est inévitable. Ces déchets sont presque éternels (sur une échelle de temps humaine) et extrêmement mortels. Comment justifier l'utilisation de tels moyens de créer de l'énergie? Surtout quand on sait qu'il existe une pléthore de moyen de réduire drastiquement notre consommation sans réduire notre confort, et que cette économie résulterait en des surplus d'énergie sans l'ajout de nouvelles sources d'énergie. Cette citation de Thatcher : "there is no alternative" qui est utilisée à toutes les sauces par les conservateurs et autres néolibéraux est un mensonge éhonté et une tentative malhonnête de détruire toute pensée critique et toute réflexion pouvant justement mener à des alternatives sensées.

    • Robert Bissonnette - Abonné 10 décembre 2019 09 h 04

      J'aime beaucoup votre article. Quelle belle poésie quand vous parlez des gouttes de pluie, du brouillard ou des flocons de neige. Et vous me donnez le goût d'observer davantage toutes ces formes produites par les flocons de neige. Et quel article bien construit pour arriver à parler du nucléaire. Et la conclusion mentionnant l'immobilité. Votre réflexion me rejoint comme personne. Puis-je me transformer pendant toute ma vie?
      Nicole Gagné abonnée

  • Nadia Alexan - Abonnée 9 décembre 2019 01 h 10

    Le mensonge honteux du nucléaire comme solution aux changements climatiques.

    Selon la recherche scientifique de Gordon Edwards PhD, président-fondateur du Regroupement pour la surveillance du Nucléaire, «il faudrait s'inspirer de l’Allemagne qui a installé plus de 30 000 mégawatts de capacité éolienne en seulement 8 ans. 30 000 MWe représente plus du double de la capacité nucléaire totale installée en exploitation au Canada et il serait impossible de construire 30 000 MW nucléaires en seulement 8 ans. Également avec l'énergie éolienne ou solaire, on bénéficie d'une réduction des émissions de dioxyde de carbone dès la première année, puis d'un avantage supplémentaire la deuxième et encore plus lors de la troisième année, et ainsi de suite, pour atteindre un volume cumulé de 30 000 MWe après 8 ans.»
    «Malheureusement, les gouvernements ne sont pas bien équipés pour mener une enquête indépendante sérieuse sur la validité des affirmations enivrantes faites par les promoteurs, qui oublient toujours le problème persistant des déchets nucléaires et son énorme problème écologique pour les générations à venir.»
    A-t-on oublié Chalk River : le site du premier accident nucléaire majeur en 1947?http://lautjournal.info/20191206/reacteurs-modulai

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 9 décembre 2019 15 h 59

      Madame Alexan, je vous respecte, mais l'Allemagne peine à atteindre ses cibles depuis qu'elle a fermé ses centrales. L'éolien et le solaire sont une fumisterie et ne seraient pas rentables sans les subventions. L'Allemagne a d'ailleurs besoin du charbon (des autres), elle peine à atteindre ses cibles, tandis que la France, pour une fraction des couts, a un bilan inférieur à l'Allemagne (4.56 tonne par habitants, comparativement à l'Allemagne, à 8.7...

      Pour ma part, le mensonge honteux est celui de l'urgence climatique. Vous n'avez pas peur de remarquer la propagande que l'on nous sert au sujet de la laïcité et vous êtes la première à la dénoncer. Pourtant, en regard du climat, êtes-vous déjà allée voir chez Judith Curry, par exemple?

      En définitive, c'est plus de 500 milliards d'Euros (ouis vous avez bien lu) que l'Allemagne (tous secteurs confondus) aura investis pour réduire son empreinte carbone.

      Qu'est-ce qu'on aurait pu faire avec cet argent pour l'environnement? D'abord de la recherche pour des centrales au thorium?

    • Jean Duchesneau - Abonné 9 décembre 2019 16 h 02

      Vous êtes très mal informée Mme Alexan,

      Le gouvernement d'Angela Merkel a précipitamment décidé de sortir complètement du nucléaire d'ici 2022. Ce faisant, ils se sont effectivement tourné vers les énergies éolienne et solaire. Toutefois, ce que vous ne prenez pas en considération c'est que ces deux sources d'énergie sont discontinues, car tributaires de l'ensoleillement et du vent. De plus, ces deux sources d'énergie ne répondent qu'à moins de 20% des besoins. De sorte que des cetrales au charbon ont été réouvertes en attendant la fin de la construction du gazoduc Nord Stream qui acheminera du gaz naturel extrait au nord de la Russie. L'Allemagne devant réduire sa dépendance à l'énergie de la Russie de Poutine, l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance d'Amérique devient primordial, ne serais-ce que pour stabiliser le prix du gaz. En attendant qu'une technologie de stockage viable soit développée, le gaz naturel agit comme régulateur. Au final, l"Allemagne a augmenté ses émissions de GES contrairement à la France qui restedans le nucléaire. Ainsi, par kilowatt/heure produit, l'Allemagne émet 10 fois plus de GES que la France. (Source: Connaissance des énergies).

    • Daniel Grant - Abonné 10 décembre 2019 09 h 13

      Madame Alexan a raison
      Le choix est clair, les énergies de flux comme le vent soleil et marée sont illimitées et ont toujours existé et peuvent donner gratuitement plus que l’humanité aura jamais besoin en énergie.

      Le nucléaire est une autre expérience humaine de géo-ingénierie dépassée qui tente de faire mieux que ce que la nature nous donne gracieusement. À chaque matin nous avons une centrale à fusion nucléaire qui se lève depuis des millions d’années et le seul défi que nous avons est de récolter cette énergie et de l’accumuler.

      Il n’y a pas de soleil la nuit ou quand c’est nuageux?? AH BON!! quelle perspicacité! qui aurait pu y penser!!! Oui ceux qui colportent le concept d’intermittence du soleil et du vent.

      Mais un réservoir d’essence vide c’est de l’intermittence, ou un réservoir de propane vide quand il y a une gréve du CN, ou un bateau-citerne qui se fait attaquer ou un oléoduc attaqué par des gens qui se sont fait voler leur territoire et leurs ressources naturelles ou des guerres du pétroles ou des déversements d’oléoduc qui détruit l’économie locale ou des sanctions économiques par les EU envers ceux qui ne se plient pas à l’idée que le pétrole leur appartient, c’est de l’intermittence aussi et ça coûte des sous ça. Le plus fou c’est que nos élus subventionnent ce genre d’intermittence à coup de milliards par année ($5300 MILLIARDS par année).

      Le temps des torchères quand on ne connaissait pas mieux est terminé, nous sommes à l’ampoule LED aujourd’hui pcq nous avons la technologie.

  • Robert Goyette - Abonné 9 décembre 2019 06 h 48

    Inquiétude non fondée? Plus certain.

    L'industrie politico-économique du nucléaire est omniprésente en terme de lobby et, malgré elle, nous offre des opportunités folles d'inventer toutes sortes de scénarios hollywoodiens marqués par les catastrophes. Elle n'est surtout pas en reste de trouver des solutions à tous ces obstacles qui peuvent affecter voire contrecarrer ses plans et son acceptabilité sociale.
    Une inquiétude m'habite depuis plusieurs années et, plus particulièrement, depuis qu'une part importante d'entreprises privées lorgnent vers l'espace et, plus particulièrement la Lune... Et si notre satellite de toujours devenait le dépotoir des déchets nucléaires mondiaux... Rien n'empêche d'aller y déverser nos saletés. Le terrain est vierge. Mars aussi... Pas beaucoup de Vie pour gâcher le plaisir de faire plus de fric...
    L'Humain est ingénieux pour changer le cours des choses. Il le fait depuis pas mal de temps qui commence aussi à lui faire mal. Souvent pour l'améliorer, mais aussi, malheureusement, souvent pour tout détruire. Il l'a toujours fait pour répondre à son appât du gain. C'est naturel aussi chez lui... Le gain. L'envie.
    Pourquoi cette quête lunaire semble-t-elle soudainement si attrayante et si accessible?
    Si on y réfléchit un petit peu. Depuis le début des années '60, on possède toute la science pour le faire. Les grands le savent très bien...et la NASA et toutes autres organisations de recherches sur l'espace et le nucléaire à travers le monde cherchent des fonds. Sans fins...
    Peut-être suis-je alarmiste inutilement, mais rien n'empêche qu'il me semble que les astro-dollars pointent de plus en plus au firmament...avec les flocons de neige en trame de fond.
    C'est si beau.

  • Robert Bernier - Abonné 9 décembre 2019 06 h 56

    Et qui paiera?

    Je ne crois pas qu'Hydro-Québec ait été bâti, au fil des décennies, grâce à l'argent du fédéral, i.e. l'argent des contribuables canadiens coast to coast. Cependant, Hydro-Ontario, a largement bénéficié, à travers EACL, de l'argent fédéral pour développer et maintenir son énergie nucléaire.

    Et maintenant, au lieu d'acheter même à faible coût l'électricité du Québec, pour être bien sûr de ne pas avantager le Québec, ils proposent de développer de nouveaux réacteurs. En plus du danger du nucléaire, qui ne voit pas que le Québec va encore payer pour aider à développer de la compétition déloyale? Comme on a été obligé de le faire pour l'électricité et les câbles sous-marins de Terre-Neuve.

    Et dire qu'une majorité de Québécois désre encore rester dans ce pays.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 9 décembre 2019 10 h 18

      "Et dire qu'une majotité de Québécois désire encore rester dans ce pays".Que les fédéralistes nous expliquent clairement pourquoi

      cet attachement envers ceux qui non seulement ne nous aiment pas mais souhaitent notre disparition.

      Something is wrong in Québec. Usque tandem abutere patientia nostra ?

      Qui disait que nous sommes un...........peuple.? René s'est-il trompé ? Il manque de poètes mais pas de clowns au Québec.

  • Dominique Boucher - Abonné 9 décembre 2019 07 h 06

    Quadrature du cercle 1/2

    Voir cet intéressant article sur une étude du professeur Derek Abbott parue dans les Proceedings of the IEEE (Institute of Electrical and Electronic Engineering), qui démontre que le nucléaire NʼEST PAS la solution aux besoins en énergies propres de lʼhumanité (https://m.phys.org/news/2011-05-nuclear-power-world-energy.html).

    Lʼauteur note que « la consommation mondiale d'énergie est aujourd'hui d'environ 15 térawatts (TW). Actuellement, la capacité mondiale d'approvisionnement en énergie nucléaire n'est que de 375 gigawatts (GW). Afin d'examiner les limites à grande échelle de l'énergie nucléaire, Abbott estime que pour fournir 15 TW uniquement avec du nucléaire, il nous faudrait environ 15 000 réacteurs nucléaires. Dans son analyse, il explore les conséquences de la construction, de l'exploitation et du déclassement de 15 000 réacteurs sur la Terre, en examinant des facteurs tels que la quantité de terre requise, les déchets radioactifs, le taux d'accidents, le risque de prolifération en armes, l'abondance et l'extraction d'uranium, et les métaux exotiques utilisés pour construire les réacteurs eux-mêmes. »

    *

    Mais, dʼun autre côté — tiré du MIT Technology Review (https://www.technologyreview.com/s/601514/germany-runs-up-against-the-limits-of-renewables/) :

    « À un moment donné ce mois-ci, les sources d’énergie renouvelables ont brièvement fourni près de 90% de l’électricité du réseau électrique allemand. Mais cela ne signifie pas que la quatrième économie mondiale est sur le point de fonctionner à l'électricité zéro carbone. En fait, l'Allemagne donne au reste du monde une leçon sur ce qui peut mal se passer lorsque vous essayez de réduire les émissions de carbone uniquement en installant beaucoup de vent et solaire.

    Jean-Marc Gėlineau, Montréal

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 9 décembre 2019 16 h 00

      Merci pour cette précision...