La revanche de Martine Ouellet

Lorsque Martine Ouellet a quitté le PQ pour prendre la direction du Bloc québécois, ses collègues du caucus péquiste y ont vu un bon débarras. On la voyait comme une espèce d’obsédée totalement dépourvue de sens politique. Aucun d’entre eux ne l’avait appuyée lors de ses deux tentatives de devenir cheffe et ils étaient offusqués de s’entendre qualifier de « provincialistes ».

Maintenant que leur parti a subi la pire défaite de son histoire, les militants péquistes réunis en congrès extraordinaire à Trois-Rivières lui ont donné raison. Dorénavant, le PQ « se concentrera sur la fondation d’un pays, non pas sur la gestion ordinaire d’une province ». C’est en quelque sorte la revanche de la paria d’hier.

Mme Ouellet était cependant conséquente avec elle-même. Si on ne voulait pas gérer une province, il fallait nécessairement quitter le Canada au plus vite, donc tenir un référendum dans un premier mandat. En élisant Jean-François Lisée, les membres du PQ ont plutôt décidé de le reporter à un hypothétique deuxième mandat.

Certains auraient voulu que le PQ tire dès maintenant la seule conclusion logique de son recentrage sur l’indépendance. En atelier, un délégué de Montréal-Ville-Marie a proposé l’amendement suivant : « Par conséquent, notre parti proposera lors de chaque scrutin une voie d’accession à l’indépendance dans un premier mandat ». Un membre de la commission politique a immédiatement objecté qu’il fallait s’en tenir à une affirmation de principe, sans s’égarer dans la stratégie.

Sinon, « la population va se sentir brusquée », a-t-il expliqué. C’est précisément pour éviter de brusquer les électeurs que le PQ s’est employé depuis plus de vingt ans à réunir les « conditions gagnantes », se contentant de proposer une « gouvernance souverainiste ». La grande majorité des participants à l’atelier se sont rangés à son avis.

En assemblée plénière, les délégués ont choisi une voie d’évitement. Plutôt que de proposer une « voie d’accession à l’indépendance dans un premier mandat », il a été résolu de « prendre chacune de nos décisions de façon à nous rapprocher de ce but ultime » et de chercher à « rassembler tous les indépendantistes ».

Le chef intérimaire, Pascal Bérubé, a plaidé que le congrès était simplement « l’étape du quoi », mais ce n’est que partie remise. Il est clair que le PQ ne pourra pas se présenter devant l’électorat sans dire clairement s’il consultera à nouveau les Québécois sur leur avenir politique au cours d’un premier mandat.

Encore une fois, cette question devra être tranchée à l’occasion de la course à la chefferie. Un des candidats potentiels, l’historien Frédéric Bastien, qui mise sur « l’obligation de négocier » établie par la Cour suprême pour forcer Ottawa à rouvrir les négociations constitutionnelles et démontrer ainsi le blocage du fédéralisme, propose à son tour de reporter la tenue d’un référendum à un deuxième mandat. S’il se lance dans la course, ses adversaires vont devoir prendre position, qu’ils le veuillent ou non. Pour l’heure, on ne se bouscule pas au portillon. Qui sait, peut-être que Martine…

Le nouveau héros de la famille souverainiste, Yves-François Blanchet, a effectué une visite-surprise au congrès, accompagné d’une demi-douzaine de députés du Bloc québécois parmi les 32 qui ont été élus le 21 octobre dernier. Il a envoyé un message d’espoir : si le Bloc a pu renaître de ses cendres aussi rapidement, le PQ peut d’autant mieux le faire qu’il dispose de beaucoup plus de temps d’ici la prochaine élection québécoise.

Le succès du Bloc, que plusieurs donnaient pour mort, est assurément remarquable, mais il résulte en grande partie de sa discrétion sur l’indépendance durant toute la campagne. M. Blanchet peut toujours essayer de se convaincre que son alignement sur les positions de François Legault est une invention des médias, personne n’est dupe. Pour l’heure, c’est le « nationalisme décomplexé » de la CAQ qui a la cote.

L’autre manifestation de résurrection qu’on se plaît à donner en exemple est celle du Parti conservateur, qui avait fait élire seulement 2 députés en 1993 avant de reprendre le pouvoir en 2006. On oublie cependant de dire que cela n’a été rendu possible que par la fusion de l’ancien Parti progressiste-conservateur et du Reform Party. Rien ne laisse entrevoir une réconciliation entre le PQ et QS, bien au contraire.

En fin de semaine, le nouveau président du PQ, Dieudonné Ella Oyono, a encore parlé de son parti comme du « navire amiral » du mouvement indépendantiste. Cette prétention à l’hégémonie, difficilement justifiable dans l’état actuel des choses, n’est pas de nature à faciliter un rapprochement.

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37 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 12 novembre 2019 00 h 37

    «[...] c’est le « nationalisme décomplexé » de la... [...]».

    De la concaténation pure. Martine, où elle est? (!) Et sa revanche!? !? Laquelle? Aucun sérieux. «Nationalisme décomplexé»!!! Misère! J'attends le «bulletin» de fin d'année.

    JHS Baril

    Ps. Ceci n'est pas un commentaire.

    • Claude Bariteau - Abonné 12 novembre 2019 07 h 59

      Je commente, car j'étais présent le 10.

      Les vues de Mme Ouellet se retrouvent, mais pas l’idée d’un référendum dans un premier mandat.

      1. La tenue d’un référendum devra abordée au congrès de 2021, de préférence en évitant d’en tenir un sans entente avec le Canada.

      Une telle entente implique que le Canada accepte de reconnaitre la décision du peuple québécois de se doter d’un État indépendant sur le territoire du Québec, le pourcentage précisé par le gouvernement du Québec en 1995 et que les suites concernent la succession des pouvoirs.

      Sans entente, l’alternative est une élection plébiscitaire. Avec un appui de 50% +1 et une majorité d’élus, une nouvelle autorité politique est crée sur le territoire du Québec et mandat est donné aux élus d’instituer l’État indépendant du Québec.

      Le prochain congrès devra préciser qu’un gouvernement du PQ entend négocier une entente pour un référendum en fin de mandat à défaut de laquelle une élection plébiscitaire portera sur la création d’un État indépendant à l’élection suivante.

      2. À ce congrès, des résolutions ont fait écho au peuple et au pays : le premier en écho à sa diversité ethnoculturelle ; le second en relation avec le territoire de l’État indépendant du Québec, ce qui clarifie les choses.

      Par contre, la « nation » fut présentée avec des assises historiques de sorte que l’acquisition « des pouvoirs d’un État véritablement souverain concrétisera son affirmation nationale ». Il y a là une ambiguïté.

      Créer un État indépendant diffère d’une hausse de souveraineté. Un tel État va de pair avec une citoyenneté, un régime politique et un système politique défini par les citoyens et les citoyennes, qui devraient se doter de contrôles sur leurs élus.

      À ce congrès, ces points fondamentaux ne furent pas abordés. Ils devront l’être en 2021 afin que la nation québécoise soit définie en référence à la décision du peuple québécois de se doter d’un État indépendant sur son territoire.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 12 novembre 2019 12 h 20

      "Par contre, la « nation » fut présentée avec des assises historiques de sorte que l’acquisition des pouvoirs d’un État véritablement souverain concrétisera son affirmation nationale. Il y a là une ambiguïté.

      Créer un État indépendant... va de pair avec une citoyenneté, un régime politique et un système politique défini par les citoyens et les citoyennes, qui devraient se doter de contrôles sur leurs élus.

      À ce congrès, ces points fondamentaux ne furent pas abordés. Ils devront l’être en 2021..." Claude Bariteau

      Une nation ne peut émerger et devenir le noyau d'un pays indépendant sans avoir de solides assises historiques. On ne crée pas un pays, réduit à une simple construction politique, pour le seul plaisir de voir de quoi aura l'air le nouveau bébé et si sa petite frimousse est au goût de notre idéologie. Il est fort à parier que le gros de la population ne donnera pas son aval à une naissance "in vitro" qui pourrait facilement virer en fausse-couche si l’on n’y prend garde.. S'il est bien d'évoquer le "comment", il est encore mieux de se rappeler du "pourquoi".

      Il reste à espérer que le PQ existera encore en 2021, l'année où les points fondamentaux que vous évoquez seront enfin abordés... s'ils ne sont pas reportés encore une fois aux calendes grecques, suivant les habitudes bien ancrées de ce parti.

      Je ne puis m'empêcher d'être nostalgique: il me semble que tout était beaucoup plus simple du temps du RIN et du regretté Pierre Bourgault.

    • Claude Bariteau - Abonné 12 novembre 2019 15 h 03

      En démocratie, qui est l'approche privilégiée du mouvement indépendantiste, un État indépendant se crée par le peuple, qui comprend des futurs citoyens et des futures citoyennes.

      Le peuple n'est pas une nation. Il se dote d'un État indépendant par choix et cet État devient celui d'une nation ainsi créée.

      L'indépendance des États-Unis crée la nation américaine. En France, la nation existe avant 1789 mais le peuple a aboli le régime monarchiste pour instaurer un régime républicain. Idem au Costa Rica. Il y eut renversement militaire en 1948 et mise en place d'un deuxième régime.

      Au Québec, le peuple du Bas-Canada a voté un changement de système politique et fut débouté par les détenteurs du pouvoir, l'armée et les opposants à ce changement.

      Le peuple du Québec a une mémoire historique et elle n'est pas celle d'une nation politique.

      Depuis 1763, des promoteurs d'une nation ethnoculturelle identifient les ressortissants français, les « Canadiens français » et les Québécois et Québécoises comme membres d'une telle nation. Le faisant, ils créent de l'ambiguîté au sein du peuple québécois et rassurent du coup les membres présumés de cette nation que, quoi qu'il advienne, ils seront toujours membres d'une nation.

      C'est un frein utilisé par des élites locales pour promouvoir leur association avec les dirigeants britanniques et canadiens et isoler les promoteurs de l'indépendance des autres Québécois et Québécoises, dont ceux et celles de l'immigration passée et récente, d'une démarche du peuple pour créer un État indépendant.

      Les projets de « souveraineté-association » et de « souveraineté partenariat » voulaient hausser les pouvoirs du peuple québécois, pas d'une nation imaginaire, avec l'appui d'une majorité de Québécois et de Québécoises. Créer un État indépendant est de cet ordre et sera une décision du peuple québécois, pas des seuls membres de la nation présumée existante.

      Si ce ne sera pas clair, un État indépendant du Canada n'adviendra pas.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 13 novembre 2019 16 h 00

      @CB à 07:59 Dans les points 1 et 2 de Votre "commentaire" = ( je commente...dites-vous)... Vous êtes donc l'auteur de ces deux points..
      Est-ce que vous commentez en tant que «témoin» (observateur) ou, en tant que «délégué" (mandaté par les circonscriptons/régions)?
      Aves-vous pu émettre votre «point de vue» à un micro ?
      Avez-vous l'intention de le "faire savoir"...? Comme vous le faites aujourd'hui ? Ce serait fort important je crois.!

      Je sais que, pour vous avoir lu régulièrement, vous avez de la difficulté à "écrire/dire" les mots ...nation/peuple ...dans la même phrase .

      Et si je disais ceci:
      "Au Québec (territoire) / un Peuple (les Québécois) / ne peut pas se dire ( présentement) être une Nation québécoise/... Mais ( le jour ) où ce Peuple décidera de se donner, de se voter, de se créer ...un État, un Pays... alors il deviendra une Nation ..
      Est-ce que c'est ainsi ...?

      C'est probabllement le fait que le mot Peuple n'a pas de pareil en anglais...On nous a toujours parlé de Nation canadienne-française.
      On se l'est approprié....et c'est devenu la Nation Québécoise...Un "leurre" semble-t-il qu'on ne nous avait jamais expliqué... de A à Z.

  • Mario Jodoin - Abonné 12 novembre 2019 00 h 50

    Tout à fait!

    « si le Bloc a pu renaître de ses cendres aussi rapidement, le PQ peut d’autant mieux le faire qu’il dispose de beaucoup plus de temps d’ici la prochaine élection québécoise.»

    La réplique de M. David est la même que j'ai eue quand j'ai lu cette phrase en fin de semaine :

    «Le succès du Bloc (...) résulte en grande partie de sa discrétion sur l’indépendance durant toute la campagne. M. Blanchet peut toujours essayer de se convaincre que son alignement sur les positions de François Legault est une invention des médias, personne n’est dupe.»

    Il a simplement surfé sur la loi sur les signes religieux, seul parti fédéral avec cette position. Si le PQ tente d'imiter le Bloc, il aura à affronter un autre défenseur de cette loi, et là, c'est celui qui l'a fait adopter. Ça risque d'être plus difficile! Bref, l'analogie de M. Blanchet ne tient pas.

    • Cyril Dionne - Abonné 12 novembre 2019 13 h 10

      Michel David est un courtisan du pouvoir et un émetteur d'opinions. Ni plus ni moins. Il est le digne représentant des bâtards de Voltaire modernes.

      Il y a seulement un parti indépendantiste au Québec sur la scène provinciale et c'est le Parti québécois. La CAQ est nationaliste. Les autres, le PLQ et Québec solidaire sont des parties fédéralistes, multiculturalistes et enfin, communautaristes.

      Seul le Bloc québécois est indépendantiste sur la scène fédérale. Les autres sont tous fédéralistes. Mais le NPD et le PLC sont centralisateurs et pas à peu près. Le NDP a même un chef religieux à sa tête et il a été rejeté massivement par les Québécois le 21 octobre dernier.

      Alors la seule option pour un Québec indépendant, c'est celle du Parti québécois.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 novembre 2019 18 h 30

      Michel David est un des meilleurs analystes politiques, dans les médias. Je lis fidèlement chacune de ses chroniques.Il est souvent invité à commenter l'actualité politique à la télé. Ses commentaires sont toujours intéressants: j'apprécie son flegme.

  • Léonce Naud - Abonné 12 novembre 2019 04 h 29

    L’obsession référendaire, ou jouer l'avenir de la Nation au poker

    Pour l'excellent chroniqueur du Devoir, les mots indépendance et référendum sont consubstantiels. Cependant, pour quelle raison au juste le Québec ne pourrait-il pas envisager de devenir au moins relativement indépendant « à la canadienne » ? Il suffit pourtant de regarder une carte d’Amérique du nord pour réaliser que dans le cas du Québec comme ailleurs dans le monde, les États ont la politique de leur géographie.

    Qu'est-ce que le Canada ? Ce pays n’est rien d’autre qu’une ancienne colonie britannique devenue un Dominion puis graduellement un pays, chambranlant mais pays quand même, avec une armée, une marine et une aviation. Bref, les vraies affaires. Qui a travaillé là-dessus ? Au vingtième siècle, une poignée de Canadiens anglais ont consacré leur vie à faire du Dominion of Canada une entité politique indépendante de la Grande-Bretagne. Le tout s'est finalement réalisé sans que personne ne pense même à organiser quelque référendum que ce soit sur une éventuelle indépendance du Canada vis-à-vis la Grande-Bretagne. D'ailleurs, avoir demandé à la population canadienne si elle désirait se séparer de la Grande-Bretagne, la majorité aurait probablement répondu non en commençant par les Canadiens français, comme l'a remarqué Jean Lesage en 1963.

    Certains pays naissent de coups de poker. La plupart doivent cependant leur existence à des dirigeants plus avisés qui préfèrent le jeu d’échecs au jeu de poker. D'ailleurs, qu'est-ce au juste que ce jeu ? Un roi, une reine, des tours, des cavaliers, des fous pas si fous que çà, des troupes, des stratégies. De quoi donner des idées…

    Les États ont la politique de leur géographie : http://wikiquebec.org/images/0/03/Carte-du-quebec-

    • Claude Bariteau - Abonné 12 novembre 2019 09 h 25

      Ça parait beau. Mais ça ne l'est pas.

      Mais devenir « au moins relativement indépendant » à la canadienne, implique d'abord une autodétermination interne, ce que la Grande-Bretagne a octroyé au Canada en 1867 pour en faire un bouclier contre une attaque possible des Unionistes américains qui n'ont pas prisés ses appuis aux Sudistes, appuis d'ailleurs donnés à ces Sudistes par le milieu d'affaires de Montréal et de Toronto.

      Parler des pères du Dominion est abusif. Ce projet a été concocté par Brown, le gouverneur de l'époque et la section-ouest du Canada-Uni tous inquiets du non-renouvellement du Traité de Réciprocité ave pour cible le territoire britannique au nord des États-Unis délimité lors de la guerre de 1812 avec les États-Unis.

      Quant à l'autodétermintion externe, le Canada l'a obtenu en 1931 dans une demande conjointe avec les deux autres Dominions, ceux de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande après le Crash de 1929.

      Il en a fait la demande après avir été invité à signer le Traité de Versailles en 1919 à la demande des États-Unis. C'est même à la demande des États-Unis qu'il put signer le Traité de Washington en 1871 à la suite duquel la Grande-Bretagne n'eut qu'un pied militaire à Halifax et que le Dominion se dota d'une armée.

      Si jeu d'échec ou de poker il y eut, ce fut celui de la Grande-Bretagne qu'ont appuyé ces pères et que n'ont même pas eu à jouer en 1931 les représentants des Dominions

      Quant au Dominion du Canada, il a participé à la Première Guerre mondiale grâce à un prêt de 100 000 000$ des États-Unis, le Canada étant endettée avec les investissements dans les chemins de fer.

      Votre poignée de Canadiens anglais, comme vous dites, n'était qu'une poignée au service de Londres en 1867 et a pu se tenir debout grâce aux Américains.

      ----

      Sur l'obsession référendaire, voir mon commentaire plus haut.

  • Roger Gobeil - Inscrit 12 novembre 2019 04 h 45

    Passer le temps

    Vous lire sur ce sujet M. David et parler du PQ, ça passe bien le temps!
    Martine Ouellet est maintenant leur cheffe toute désignée.
    À sa manière, elle est distrayante. Pauvre PQ!

  • Hélène Gervais - Abonnée 12 novembre 2019 05 h 13

    Je ne comprends pas ...

    votre dernier paragraphe M. David. ''En fin de semaine, le nouveau président du PQ, Dieudonné Ella Oyono, a encore parlé de son parti comme du « navire amiral » du mouvement indépendantiste. Cette prétention à l’hégémonie, difficilement justifiable dans l’état actuel des choses, n’est pas de nature à faciliter un rapprochement''. Rapprochement avec qui? le Kanada? il n'y a aucun rapprochement à faire avec ce dernier. Avec les Kébécois? Les Kébécois s'exprimeront d'une façon ou de l'autre sur l'indépendance si le PQ a une option claire et non tergiversée comme ce fût le cas les dernières années. Si le PQ n'est pas le navire amiral de l'indépendance, qui le sera? Certainement pas QS et encore moins les libéraux; la CAQ? je ne pense pas que la CAQ soit indépendante et ne fera jamais du Kébec un pays, encore moins QS.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 12 novembre 2019 10 h 27

      Madame Gervais.
      Cette image du bâteau amiral, si chère aux péquistes, exprime le côté « prétentieux » de ce parti qui se croit LA voie, LA vérité et LE salut!
      Que Dieudonné revienne avec cette prétention... alors que le navire péquiste est en cale sèche et que ses marins naviguent dans des barques dans le sillage de la CAQ.
      Misère!

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 novembre 2019 11 h 26

      @Hélène Gervais,

      "Si le PQ n'est pas le navire amiral de l'indépendance, qui le sera? Certainement pas QS" - Hélène Gervais

      Et ce n'est certainement pas en s'attaquant sans cesse au seul parti de l'Assemblée nationale qui n'a jamais renié ni l'indépendance, ni le référendum que les péquistes vont faire avancer la cause en tous cas.

      Bien au contraire, ils ne font que démontrer qu'ils priorisent l'enjeu électoral sur l'enjeu national, comme cela a presque toujours été depuis l'aube du PQ avec son "bon gouvernement" de 1976, sauf l'épisode du PQ-Parizeau de 1995 qui a vite été remis au rancard dans l'attentisme des conditions gagnantes de Lucien Bouchard.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 12 novembre 2019 12 h 44

      "Cette image du bateau amiral, si chère aux péquistes, exprime le côté prétentieux de ce parti qui se croit LA voie, LA vérité et LE salut!" - Jean-Jacques Roy

      Plus il y aura de vérités à vendre sur le marché des certitudes, préconisant des voies différentes vers le "salut", plus les Québécois se perdront dans ce labyrinthe et plus le but final se révélera hors d'atteinte.

      Ce que vous décrivez comme un "côté prétentieux" est en fait un droit d'aînesse que certains voient comme bien illusoire, j'en conviens.Toutefois il apparaît plus qu’évident que la formation politique qui fera un jour l'indépendance devra être en mesure de rallier TOUS les indépendantistes, même si ceux-ci n'y trouvent pas totalement leur compte.

      À cet égard, des positions trop nettement campées au plan idéologique risquent fort de se révéler contre-productives et même constituer un obstacle majeur à tout rapprochement. Et même si ce ralliement des forces vives s'opère un jour, avec l'afflux migratoire que l'on connaît, il est loin d'être sûr que cet effort ultime sera suffisant.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 12 novembre 2019 16 h 18

      M. Morin.
      D’un point de vue abstrait, c’est vrai que des positions nettement campées (idéologiques) peuvent être un obstacle pour un rapprochement (politique, je présume).

      Cependant, en cas de « rapprochements » (compris comme « alliance » ou « front uni» d’action). Il me semble sain que soient connues et respectées de part et d’autres les points de désaccords. Et s’il y a rapprochement, ce sera sur des points précis au niveau de l’action politique. Par exemple, on voit couramment de tels rapprochements à l’AN.

      D’autre part, si les fondements idéologiques de partis sont à des opposés, il n’est même pas pensable d’établir des alliances... tout au plus certains des accords. La composition de l’AN et les débats législatifs illustrent tout ça!