Sale pétrin

On a tellement parlé — à raison — des malheurs du Parti québécois (PQ) au lendemain des récentes élections qu’on en a presque fini par oublier ceux du Parti libéral du Québec (PLQ) qui, tout en étant moins spectaculaires, sont considérables. Qui plus est, dans une certaine mesure, ils sont inversement proportionnels aux succès de la Coalition avenir Québec (CAQ) à gouverner, à être crédible et, donc, à s’inscrire dans la durée. Cela apparaît de plus en plus comme sur une photo qui trempe depuis octobre dans le révélateur : les libéraux sont dans un sale pétrin.

Depuis plus de vingt ans, le PLQ s’est principalement défini en opposition à deux grands projets : l’indépendance du Québec et la laïcité de l’État qui inclut, selon une forte majorité de citoyens, l’interdiction du port de signes religieux pour certains de ses agents pendant leurs heures de travail. Maintenant que la première de ces idées n’est plus portée par un parti susceptible de prendre (QS) ou de reprendre (PQ) prochainement le pouvoir, les libéraux ont perdu beaucoup de leur précieux carburant. Quant à la laïcité, une fois le projet de loi adopté, il faudra bien enfin passer à autre chose. On ne voit pas comment le PLQ de 2022 pourrait proposer un vaste programme de dé-laïcisation ! On imagine difficilement pire slogan électoral que « Recommençons ce débat ! ».

Que reste-t-il donc de la marque libérale pour le commun des mortels ? L’austérité ? Ce n’est certainement pas ce qu’on peut appeler un attrait. Le centre un peu plus à gauche ? Difficile d’y croire après ces années de compressions budgétaires. Sans parler de l’habilité de la CAQ à couvrir un vaste spectre politique, avec son fond de conservatisme bleu et son étonnant budget de réinvestissement que d’aucuns n’ont pas hésité à qualifier de social-démocrate. Resterait l’économie ? Le premier ministre (et son surprenant ministre Pierre Fitzgibbon) ne donnera pas facilement sa place sur ce terrain, comme le démontre entre autres sa volonté ferme de garder ici les sièges sociaux, dont celui de Transat.

Ce n’est pas pour rien que l’appui aux libéraux est famélique chez les francophones. Le parti ne se distingue pas, ne se démarque plus et ne porte plus d’idéal. L’éventuelle candidate à la chefferie, Marwah Rizqy, avait raison de souhaiter davantage comme programme électoral que « des pailles en bambou pis une deuxième carte d’assurance maladie ». Ses déclarations incendiaires témoignent aussi du danger que la course au leadership se solde par un vrai feu de brousse, marqué par une division entre l’establishment et la députée de Saint-Laurent, mais aussi entre les Montréalais et les quelques régionaux qui restent, entre la frange caquisto-adéquiste repentie et les libéraux purs et durs traditionnels.

Il faudrait tout un sauveur (venu du Parti libéral du Canada ?) pour faire trembler la CAQ et François Legault, compte tenu du problème profond avec la « marque » libérale. Pour incarner non pas le « bon gouvernement », mais le « meilleur gouvernement ». La candidate pressentie Dominique Anglade a-t-elle le niveau ? La bonhomie de Sébastien Proulx apparaîtra-t-elle suffisante ? Quant à Gaétan Barrette, sa réputation de « bully » en chef effraie désormais la plupart des électeurs. De ces trois-là, aucun ne sera plus en phase avec les Québécois que François Legault lui-même. Ce premier ministre qui s’est montré sans détour « en beau maudit », tout en qualifiant les responsables de « monstres » dans l’horrible histoire de la petite fille martyrisée de Granby… Et c’est ce « parler vrai » qui plaît, qui est rafraîchissant, tout autant que la réponse qu’il a donnée lorsqu’il a été questionné sur l’existence de Dieu.

Il est vrai que les trois prochaines années seront parsemées d’embûches pour le gouvernement caquiste. Un jour ou l’autre, un ralentissement économique viendra mettre à mal les finances du Québec. Les débats avec Ottawa resteront tout aussi stériles. Les lendemains d’inondations et les déménagements feront des insatisfaits. L’application de la loi sur la laïcité ne se fera pas sans mal. Quant aux frictions de plus en plus nombreuses avec la Ville de Montréal, elles n’auront guère de répercussions sur les électeurs caquistes, rarissimes sur l’île. Elles pourraient cependant donner du PLQ — qui aura pour rôle, par définition, de s’opposer et de prendre la part de la métropole — l’image d’un parti à la défense d’une ville, d’une seule ville, presque confiné sur le fond, comme il l’est déjà beaucoup par ses appuis et sa députation, au statut de parti municipal plutôt que national. Ainsi, le purgatoire pourrait être long.

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31 commentaires
  • Hélène Gervais - Abonnée 13 mai 2019 05 h 56

    Et il sera lonnnnnnnnnnnnnng ....

    le purgatoire des libéraux; car franchement si on y pense il n'y a pas tant que ça de votes pour eux, car il n'y a que montrial oui j'ai bien écrit montrial, pour voter pour eux, surtout l'ouest de la ville. Pendant que j'y pense, le parti libéral n'a qu'à nommer monsieur steinberg unilingue anglais pour le représenter puisque les votes proviennent surtout de ce côté-là. Ah oui j'oubliais la pinède qui a voté pour le brouillon. C'est dommage que ce parti qui a réussi à débarquer l'union nationale, soit rendu si bas, si anglo, et si peu crédible.

    • Louise Collette - Abonnée 13 mai 2019 08 h 22

      Je suis d'accord avec vous Madame Gervais sauf qu'il faudrait que ça cesse ce mépris de Montréal...écrit par plusieurs n'importe comment, pour mépriser justement...pour rabaisser.
      Je suis née à Montréal, c'est ma ville je l'aime,avec toutes ses qualités et aussi ses défauts et je ne vote pas pour les Libéraux.
      C'est insultant à la fin. À Montréal il n'y a pas que des immigrants et des anglos.
      Parfois je me demande, je ne parle pas de vous nécessairement, mais je me demande si certains ne sont pas, un peu envieux à certains égards, d'où le mépris.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 13 mai 2019 11 h 35

      "À Montréal, il n'y a pas que des immigrants et des anglos." - Louise Collette

      Ce commentaire devrait plutôt s'adresser à l'actuelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui semble ignorer ce détail à la voir agir. J'espère de tout coeur qu'elle vous lira.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 13 mai 2019 13 h 06

      Je suis du même avis que Mme Colette. J’aurais pu facilement faire un copié-collé de son commentaire tellement il ressemble à ce que je pense, étant Montréalaise moi-même. A Montréal, il n’y a pas que des anglos, des immigrants et des libéraux; c’est juste plus évident dans cette grande ville. Aussi, je suis d’avis que le mépris que certains affichent envers Montréal peut provenir d’une certaine forme d’envie à son égard. Quant au long purgatoire prédit par Mme Beaudoin, nous verrons bien.

    • Louise Collette - Abonnée 13 mai 2019 13 h 26

      Monsieur Morin
      La mairesse c'est un cas.... ;-) même si elle me lit elle fera semblant de ne pas voir ou comprendre, qu'elle profite bien de son mandat...
      Il y a actuellement une pétition qui circule qui demande à Madame la mairesse, qui est contre le projet de loi 21, de tenir compte des francophones à Montréal, parmi eux beaucoup de gens ne sont pas d'accord avec sa position, une majorité de francophones d'ailleurs.
      Et ça marche bien la pétition.
      Et bien sûr il y a parmi les nouveaux venus des gens qui sont en faveur du projet 21, il ne faut pas s'imaginer que tous les immigrants ou les anglophones sont contre.
      Je fais du bénévolat auprès d'immigrants et j'entends parfois d'autres sons de cloches.

  • Michel Lebel - Abonné 13 mai 2019 06 h 41

    Un ''nouveau'' truc

    Mais la laïcité, c'est un ''nouveau'' truc électoraliste sorti du chapeau caquiste. La laîcité, avant ces derniers mois, n'a jamais été un sujet de grand débat au Québec. Pour aucun parti. Cette ''nouvelle'' laïcité a été portée par une ''politique'' anti-immigration (réduire le nombre d'immigrants) et une peur de l'islam, y inclus le refus du hidjab. C'est aussi simple que cela. Inutile donc d'en faire un débat d'idées ou phiolosophique. La CAQ a fait son petit nid sur le sujet. À lui, mais aussi à tout le Québec, d'en subir les conséquences. Et elles ne seront pas jolies.

    M.L.

    • Serge Ménard - Abonné 13 mai 2019 07 h 32

      Un "vieux" truc ! Ne vous en déplaise M. Lebel la laïcisation du Québec va de pair avec son éveil identitaire. Notre Révolution tranquille a débuté en 1955 par une émeute suite à la suspension du hockeyeur Maurice Richard, notre héros national. Voici quelques jalons qui nous ont amenées au projet de loi 21 :
      Le slogan électoral « Maîtres chez nous » de 1962 qui rendit valides les demandes de mon peuple.
      La nationalisation de l'électricité et la création d’Hydro-Québec.
      La réforme scolaire laïque et la création du ministère de l’éducation.
      La réforme du système de Santé et la création de son ministère.
      Les écoles anglaises à Saint-Léonard et les fameuses émeutes de 1969. La communauté italienne envoie depuis ce temps ses enfants dans les écoles francophones.
      La loi 101 qui affirmait la primauté du français et en faisait la langue officielle du Québec. Amplement charcuté depuis par la cour suprême du Canada anglais mais nous tenons encore le fort.
      La crise des accommodements raisonnables de 2006 qui a résulté en une loi qui ne respectait pas le caractère laïc du Québec.
      La commission Bouchard-Taylor et son rapport rapidement tabletté par les libéraux pour éviter de perdre des votes aux élections.
      La Charte sur la laïcité et les valeurs du Québec du Parti québécois et son échec électoral par la suite.
      Nous en sommes donc rendus au PL21 qui constitue un jalon supplémentaire mais qui, à mon avis, ne va pas assez loin; mais c’est un pas dans la bonne direction.
      Ce projet de loi sera adopté d’ici la fin juin (2019) car il s’agit d’une promesse électorale d’un gouvernement majoritaire et que la population l’approuve à près de 70%. Ceux qui ne sont pas d’accord n’ont qu’à déménager au Canada anglais; quand on est à Rome, on fait comme les romains.

    • Jean Roy - Abonné 13 mai 2019 07 h 45

      Il me semblait que la laïcité était un vieux truc de la Révolution tranquille, qui a généré plusieurs changements dans la société québécoise, particulièrement dans le monde de l’éducation: création du ministère, sortie graduelle de la religion dans les écoles, laïcisation des commissions scolaires... Un vieux truc qui a simplement pris la vedette, il y a plus de dix ans, avec la chute de l’idée de l’Indépendance! La commission Bouchard-Taylor, la charte des valeurs du gouvernement Marois, la question des accommodements raisonnables ne sont quand même pas si nouvelles dans la vie d’un homme... Il est vrai, par contre, que le PLQ a toujours fait semblant de s’y intéresser et que QS vient de rendre sa position plus claire à ce sujet.

    • Louise Melançon - Abonnée 13 mai 2019 08 h 06

      Où étiez-vous, Monsieur Lebel, durant la dernière décennie, pour dire qu'il n'y a pas eu de débat sur la laicité? De toute façon, vous ne semblez pas être habilité à un débat, car votre position ne bouge pas, et elle est toujours aussi grossière.

    • Clermont Domingue - Abonné 13 mai 2019 08 h 57

      En février prochain, que serez-vous prêt à faire pour qu'une enseignante puisse remplacer sa turque par son voile avant d'entrer en classe?

    • François Beaulne - Abonné 13 mai 2019 09 h 04

      La laicité n'est pas un <nouveau truc électoraliste>. C'est une vision de la société et une valeur du vivre ensemble qui fait débat non seulement dans les sociétés occidentales mais également dans les sociétés à majorité musulmanes, comme en témoigne l'hisotoire de la Turquie moderne, de la Tunisie, de l'Algérie, de l'Irak, de l'Iran, de l'Egypte, et j'en passe....
      Le PLQ, et bientôt QS paient le prix d'avoir voulu instrumentaliser ce débat à des fins partisanes clientèlistes. Mauvais calcul qui leur retombe aujourd'hui en pleine face.
      Et comme le souligne Madame Beaudoin avec raison, ce n'est pas un hasard si ces deux partis apparaissent de plus en plus, sinon irrémédiablement déconnectés de la sensibilité québécoise majoritairement francophone.
      Tant pis pour eux! Ils auront eu leur chance.

    • Martin Bouchard - Abonné 13 mai 2019 09 h 28

      M. Lebel, vos propos démontrent que vous êtes complètement dans le champ! Mais, en ce printemps quand même passablement ensoleillé, restez-y donc si cela vous réconforte!

    • Claude Gélinas - Abonné 13 mai 2019 11 h 01

      Monsieur Lebel, pour un universitaire, votre déconnection de la réalité québécoise étonne. Comment expliquer qu'encore aujourd'hui votre déni et votre aveuglement volontaire vous empêche de faire bouger vos lignes.

      Ne retrouve-t-on pas chez vous, le tout dit avec respect, une attitude fermée et hermétique devant une problématique bien réelle qui s'incrit dans l'évolution normale d'un État laïque qui souhaite faire la promotion de l'égalité hommes-femmes. Rien de plus, rien de moins.

      Car si le débat sur la laïcité n'intéresse personne, n'est pas d'actualité et a été créée de toute pièce par la CAQ comment expliquer les nombreuses prises de paroles d'intervenants issues de toutes les formations et de tous les milieux : philosophes, juristes, sociologues, musulmans, chrétiens, imans etc.

      Et si les Québécois avaient Peur non pas des musulmans mais de la montée planétaire de l'islamisme radical telle que nous le rappelle une voix aussi avisée que Madame Fatima Honda-Pépin serait-ce trop exiger de nos décideurs politiques à qui l'on reprochent souvent de ne pas avoir de une vision pour l'avenir d'agir cette fois en vertu du principe de précaution sans exiger, comme l'a fait si maladroitement Gérard Bouchard, des études scientifiques.

      À quoi sert parfois des études scientiques lorsque les deux auteurs du rapport à 5 M ont après 11 ans tourné le dos à leurs recommandations ?

      Quant aux conséquences désastreuses que vous annoncez comme un oiseau de malheur, elles ne pourront être que temporaires, le temps du changement et de l'adaptation.

    • Gilles Daigle - Inscrit 13 mai 2019 11 h 03

      «Le chien aboie, la caravane passe...»
      - Proverbe d'origine arabo-musulmane

    • Michel Lebel - Abonné 13 mai 2019 11 h 28


      @ Claude Gélinas,

      Je ne vis pas sur une autre planète! Je dis simplement que la notion même de laïcité est étrangère au discours public québécois. Je dis bien la notion même. Certes des réformes de déconfessionalisation de plusieurs institutions ont été faites depuis plusieurs décennies. Tels les hôpitaux,les commissions scolaires, les universités,etc.,mais pas au nom de la laïcité même. C'est tout ce que je veux dire. Enfin je constate que certains commentatreurs réagissent plutôt fortement, ''virilement'' aurait dit Claude Ryan, à mes propos! Il y a toujours un prix à la dissidence, mais ce ''bruit'' ne m'affecte aucunement. Vive le printemps!

      M.L.

      M.L.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 13 mai 2019 11 h 42

      "Il est vrai, par contre, que le PLQ a toujours fait semblant de s’y intéresser et que QS vient de rendre sa position plus claire à ce sujet." - Jean Roy

      La position "plus claire" de QS est un calque de celle du PLQ qui, comme vous le dites si bien vous-même, a toujours fait semblant de s'intéresser à ce dossier. Maintenant ils sont deux à faire semblant. Quel duo!!!

    • Claude Poulin - Abonné 13 mai 2019 11 h 44

      Monsieur Lebel a raison, les jeux sont faits! À quoi sert ce debat? Le gouverment va adopter cette loi 21 qui s'Inscriit dans son agenda poluliste de droite. Il joue sur les émotions qu'alimentent le phénomène de l'immigration et le ressentiment anti-religieux chez une bonne frange de son électorat. Un électorat réfractaire aux transformation sociales et culturelle devant lesquelles il se sent impuissant. Compter sur le discours et les lois (laïcité et immigration qui laissent croire que la CAQ va résussir à calmer le monde et pouvoir enfin passer à autres choses n'est pas une politiqiue sérieuse. On verra que ces choses ne sont pas si simples.

    • Louise Collette - Abonnée 13 mai 2019 13 h 47

      Non Monsieur Lebel.
      Ce débat a été évité par les Libéraux pour ne pas <<froisser>> leurs électeurs, ils ont laissé pourrir la situation pendant des années et il est temps maintenant de régler ça une fois pour toutes. Et qu'on n'en parle plus.
      Vous êtes tellement de mauvaise foi et prévisible. Vous n'aimez pas la CAQ et quoi qu'ils fassent ne trouvera jamais grâce à vos yeux, on a compris.
      Je ne sais même pas pourquoi je vous réponds aujourd'hui, je ne vous lis plus depuis longtemps habituellement, vous êtes tellement prévisible.
      Et pour votre gouverne je n'ai pas voté pour la CAQ mais il faut rendre à César ce qui lui appartient, jusqu'à maintenant ils ne s'en sortent pas trop mal.
      Tout ce qui traîne se salit alors il est temps d'y voir avant qu'il ne soit trop tard. Que ce soit clair, le Québec est laïque et il le restera. C'est le souhait d'une majorité de Québécois.

    • Marc Pelletier - Abonné 13 mai 2019 14 h 27

      Se faire élire en misant sur le désir de changement de la population, sur la laicité et sur l'immigration n'a rien de bien glorieux !

      Dossier à suivre en se croisant les doigts, tout en souhaitant que les avancées souhaitées par la majorité ne reviennent pas nous hanter.

    • Michel Lebel - Abonné 13 mai 2019 16 h 32

      @ Louise Collette,
      D'accord avec vous, je suis sans doute prévisible! Avec le temps qui passe, chacun fait son nid! Mais pour la mauvaise foi, non! Je ne suis pas d"accord. Je n'ai jamais marché das cette ligue. Pour le reste, que voulez-vous, je n'aime pas le populisme et ceux qui y carburent. Mais jamais de haine pour ceux-ci.

      M.L.

    • Nadia Alexan - Abonnée 14 mai 2019 02 h 21

      Encore une fois, vous avez tort, monsieur Lebel. Les Pères de la Révolution tranquille avaient envisagé la laïcité de l'état bien avant l'avenue de la CAQ. On a déconfessionnalisé les écoles, on a sorti le clergé des écoles, on a arrêté l'endoctrinement de catéchisme, et on a enlevé le crucifix de murs de nos écoles, mais vous insistez toujours que la laïcité provient de la peur des immigrants. Ça ne vous passe pas par la tête que les immigrants sont en faveur du projet de loi 21 avec son appui à l'universalité de toutes les croyances et à la neutralité de l'État? Les immigrants ont quitté leurs pays d'origine justement pour échapper le dogmatisme et le fanatisme de ces sociétés qui ne connaissent pas la division entre le gouvernement et la religion. Ils ne veulent pas retrouver le renfermement dans le communautarisme et la ghettoïsation de leur nouvelle vie. Réveillez-vous monsieur Lebel.

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 mai 2019 10 h 05

      @ Serge Ménard,

      « Nous en sommes donc rendus au PL21 qui constitue un jalon supplémentaire.. » - Serge Ménard

      Le projet de loi 21 va à l'encontre que ce tout le PQ des Lévesque, Parizeau, Godin etc défendaient. Soit, un nationalisme civique en opposition au nationalisme ethnique et fera en sorte de pousser un paquet d'immigrants dans les bras du fédéralisme canadien plus tolérant envers ses minorités.

      Et quand on sait que le référendum de 1995 a été perdu par moins de 54 288 voix, cette approche apparait totalement contreproductive. En ce sens je préfère et de loin l'approche de Québec solidaire qui propose une véritable laïcité de l'État et non des individus qui ne s'en prend pas aux droits humains fondamentaux des citoyens. 

Et comme l’explique François Cardinal dans son dernier éditorial, cette loi brouillon et amateure est truffée d’incohérences et de problèmes d’applications.



      LAÏCITÉ LES ZONES D’OMBRE DU PROJET DE LOI

      FRANÇOIS CARDINAL - LA PRESSE

      http://plus.lapresse.ca/screens/72af549d-a137-40aa

  • Denis Paquette - Abonné 13 mai 2019 09 h 00

    et oui nous habitons un monde qui ne finit pas de changer

    il était peut être inclus que son temps était compté que 'l'ere des medecins n'était qu'une sorte d'échapatoire, permettant a l'arriere garde de se faire oublier,voila ou nous en sommes une population désemparée et pres a tout pour se refaire une nouvelle vie,peut être devrais-je dire une nouvelle confiance, ma conviction est que nous venonspeut être de passer a autre chose et peut être a un nouveau pays en devenir , de toutes les facons le monde n'est il pas changeant a ce point

    • Diane Boissinot - Abonnée 13 mai 2019 12 h 29

      @ Monsieur Paquette «et oui nous habitons un monde qui ne finit pas de changer»

      Eh oui, un monde sans majuscule, sans accent, sans ponctuation ... Trop de «troubles».

    • Jean-Charles Morin - Abonné 13 mai 2019 13 h 49

      Madame Boissinot, permettez-moi de vous seconder dans votre commentaire.

      Monsieur Paquette, vous avez bien sûr le droit à vos opinions et à les faire connaître. Toutefois, étant donné que tous les intervenants peuvent reviser leur copie et utiliser un correcteur avant de voir publié leur prose dans les pages de ce journal, vos lecteurs ont aussi le droit, je pense, de lire des textes avec une ponctuation appropriée et contenant un minimum de fautes. Je crois parler au nom de tous en vous disant qu'un petit effort en ce sens de votre part serait fort apprécié.

      La langue française vous remercie à l'avance des attentions que désormais vous lui porterez. Elle vous sera éternellement reconnaissante et la peine que vous y mettrez vous y fera gagner au change, vous verrez.

  • gaston bergeron - Abonné 13 mai 2019 10 h 04

    Ce n'est pas un « truc électoraliste »

    Les Québécois et Québécoises sont majoritairement réfractaires à l'idée que le religieux viennent contaminer le cours des choses de la vie publique et administrative et ils ont depuis très longtemps fait, naturellement et objectivement, les choix politiques et sociaux pour se prémunir de cette contagion. Les tentatives de chantage ou d'intimidation (« les [conséquences] ne seront pas jolies »), les arguments hypocrites ou culpabilisants, bref, tout le discours infamant et habituel du parti libéral, quand il s'agit d'appuyer toute action ou tout mouvement d'affirmation du peuple québécois et de sa culture propre, n'est plus de ce temps. A-t-on encore besoin d'un parti libéral?

    • Michel Lebel - Abonné 14 mai 2019 03 h 24


      Quand je dis que ''les conséquences ne seront pas jolies'', je n'ai aucune intention de faire du ''chantage ou de l'intimidation''. C'est tout simplement ce que je prévois, mais je peux me tromper. Jouer les Cassandre ou faire le ''bully'' n'ont jamais été mes sports préférés! Pour terminer, sachez enfin que je ne suis pas membre du Parti libéral.

      M.L.

  • Pierre Fortin - Abonné 13 mai 2019 12 h 39

    L'honneur, c'est comme les allumettes: ça ne sert qu'une fois – Marcel Pagnol

    S'il est vrai que seulement 10 % des francophones ont soutenu le PLQ aux dernières élections, on peut considérer qu'il s'agit de son noyau dur qui ne le laissera jamais tomber, quoi qu'il arrive. Mais comment s'étonner, après autant de mépris adressé à la population par une obsession aveugle de l'austérité et le démembrement de nos grandes institutions, que les Québécois aient perdu confiance dans le Parti libéral.

    Le redressement de ce parti, aujourd'hui honni, ne pourra pas se faire en mettant à sa tête l'un ou l'autre de ses anciens ministres. Il leur faudrait d'abord reconnaître leurs propres errements, qui ont entraîné le Québec à la stagnation, et qu'ils ont soutenus avec la plus belle conviction néolibérale malgré des années de contestation publique féroce. Le rejet du PLQ aux dernières élections était prévisible tellement son orgueil et sa suffisance étaient devenus intolérables.

    On pourra reprocher tout ce qu'on veut au gouvernement Legault au cours de son mandat — et on n'y manquera pas —, mais on doit lui reconnaître d'avoir remis le Québec en marche : le gouvernail ne sert à rien lorsque le navire est à la dérive. On doit reconnaître que les finances du Québec sont saines grâce au PLQ, mais au prix de combien de cœrcition cela fut-il possible sans que ce soit nécessaire. Mon vieux père aurait demandé « à quoi sert de vendre le poêle pour acheter du bois ? »

    Avant de rêver à reprendre le pouvoir, qu'ils croient leur revenir de droit, les libéraux devraient se pencher sur ce qui peut fonder la confiance et ce qu'ils ont de constructif à proposer. Ils devraient être capables de nous dire ce qu'ils ont appris de leur mésaventure, sans se réfugier dans la hautaine et inestimable suffisance qui leur est devenue coutumière ... s'il n'est pas déjà trop tard car, à force de mentir, on finit par mentir à soi-même.