La tentation du déni

Si aucune erreur n’a été commise durant la campagne électorale, comme Jean-François Lisée semble le croire, la situation du PQ est encore plus dramatique qu’on pouvait le croire. M. Lisée soutient avoir réussi à éviter le pire, mais un résultat aussi catastrophique après un parcours sans faute aurait de quoi décourager les plus optimistes.

Il fallait être culotté pour se féliciter d’avoir sauvé les meubles après avoir promis de mener le PQ sur le « chemin des victoires ». Quoi qu’il en dise, M. Lisée a bel et bien brisé l’élan de son parti — et le moral de ses troupes — avec son attaque incongrue contre Manon Massé lors du deuxième débat en français, mais il ne faudrait pas exagérer l’effet de cette bourde. Le PQ aurait peut-être sauvé quelques sièges de plus, mais sa situation n’aurait pas été tellement plus rose.

Au lendemain d’une défaite, surtout une telle raclée, la tentation est grande de se réfugier dans le déni ou de chercher des boucs émissaires. Le PLQ semble également avoir beaucoup de mal à faire une analyse objective des résultats du 1er octobre.

Certains, comme les anciens députés Nicolas Marceau et Alain Therrien, s’en prennent à la « convergence ». En voulant s’allier à Québec solidaire, le PQ aurait fait fuir ceux qui voient en QS une bande de bolcheviques ou, au mieux, de rêveurs. Cela est très possible. D’ailleurs, de nombreux solidaires étaient encore plus horrifiés à l’idée de faire alliance avec le PQ. La plus grande erreur a peut-être été d’avoir sous-estimé leur répulsion.

Il est également vrai que le report du référendum après 2022 a pu inciter des électeurs souverainistes à tourner le dos au PQ, tout comme des électeurs fédéralistes se sont sentis autorisés à faire faux bond aux libéraux.

 
 

Tout cela n’explique cependant pas pourquoi la popularité du PQ était en baisse depuis vingt ans, malgré la victoire de 1998, remportée avec moins de voix que le PLQ, et le bref gouvernement de Pauline Marois, qui apparaît en rétrospective comme un accident de parcours. On a évoqué avec raison la charte des valeurs, mais elle a accéléré plus qu’elle n’a provoqué cette désaffection.

Il est sans doute injuste de comparer le PQ des dernières années à celui de sa période glorieuse, alors que le bipartisme lui assurait de revenir au pouvoir quand le passage du temps avait suffisamment usé les libéraux.

L’avènement du multipartisme a fait disparaître cet automatisme. Cet éclatement du paysage politique était sans doute inscrit dans le résultat du référendum de 1995. Il était difficile d’envisager un match revanche à court terme. À partir du moment où l’indépendance était reportée sine die, maintenir intacte la coalition du oui devenait pratiquement impossible.

 
 

Au PQ, on se plaît à répéter le mot de Bernard Landry, à savoir que l’indépendance n’est ni à gauche ni à droite, mais en avant. On a cependant beaucoup de mal à accepter que le PQ n’est plus la coalition d’antan ; il ne peut plus qu’être un membre parmi d’autres au sein d’une nouvelle coalition, dont l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel faciliterait la formation.

Il va de soi que la promotion de la souveraineté doit être au centre de l’action du PQ, mais il ne peut pas faire l’économie d’un projet de société et de gouvernement en attendant le Grand Soir. C’est très bien de dire que « la maison doit être accueillante pour tout le monde », mais un parti politique n’est pas un magasin général où chacun peut choisir ce qu’il veut. Cela implique de faire des choix d’ordre idéologique.

Après le virage à gauche du congrès de septembre 2017, voilà maintenant qu’on voudrait ramener le PQ vers la droite, mais est-ce réellement l’orientation social-démocrate du PQ qui a été rejetée le 1er octobre ? Cloner la CAQ est-il la solution ?

Le plus difficile après une défaite est de regarder la réalité en face. Avant de discuter de stratégie, les péquistes devraient peut-être se demander pourquoi la souveraineté n’intéresse plus la jeune génération. On connaît la réponse : « Parce qu’on ne leur en a pas assez parlé. » Vraiment ? Finalement, Jean-François Lisée a peut-être raison : le pire est encore à venir.

72 commentaires
  • Jean-Marc Simard - Abonné 20 novembre 2018 07 h 26

    Questionner les deux référendums perdus...

    «Le plus difficile après une défaite est de regarder la réalité en face. Avant de discuter de stratégie, les péquistes devraient peut-être se demander pourquoi la souveraineté n’intéresse plus la jeune génération.»

    OUI pourquoi le projet souverainiste n'intéresse plus la jeune génération ? Est-ce parce que celle-ci serait davantage altermondialiste que nationaliste et indépendantiste ? Serait-ce parce que elle serait davantage communotariste et écologiste que néo-libéraliste ? Serait-ce parce planétariste que paysagiste ? Serait-ce parce qu' elle serait plus solidariste que péquiste ? Je ne le crois pas...Car il y a des jeunes politisés dans tous les partis politiques, même dans le PQ...Dans mon comté, j'ai voté pour William Fradette, un jeune dans la vingtaine, qui a fait une excellente campagne, en parcourant le comté de part en part et en visitant les électeurs à leur domicile...IL est même venu me rendre visite à mon domicile, moi qui vit loin d'Alma, en banlieu...Pourtant il a perdu ses élections et j'ai perdu les miennes...C'est le candidat de la CAQ, Éric Girard, une personne résidente du village où j'habite, qui l'a emporté...Ce dernier n'a pas fait une campagne aussi soutenue que William, ni venu, comme lui, me visiter...Et pourtant il a gagné...Allez donc savoir pourquoi...
    La débandade du PQ ne date pas d'hier...En fait elle a commencé après le référendum perdu de 1995...Malgré que les québécois francophones aient voté pour le OUI à 60 %, le résultat final a favorisé le camp du NON par une très faible marge...Au lieu de crier au loup et au vote ethnique, Parizeau et Bouchard aurait dû à ce moment demander un recomptage et condamner la fraude fédérale causé par l'afflux massif d'argent fédéral illégal...Devant l'inaction de ses chefs, par peur que le tout dégénère en branle-bas de combat, les Québécois francophones sont devenu défaitistes et amères...Ils ont vu dans cette défaite le renouvellement de la bataille perdue des Plaines...

    • Clermont Domingue - Abonné 20 novembre 2018 09 h 41

      Les mauvais virages ont perdu le PQ. En 1967, j'étais membre du RIN. J'ai écrit un mémo à René Levesque: ( Le Québec a besoin d'un parti socialiste à tendance indépendantiste.) A l'automne, nous avons fondé le MSA. Pendant vingt ans, le PQ a été social-démocrate, soucieux du bien commun et attentif aux pauvres.Par la suite, il s'est embourgeoisé et s'est fixé au centre.

      Il y a quinze ans, il a ratté son virage à gauche, laissant la place à QS.

      Faute d'avoir su lire les aspirations des citoyens,ce parti n'a jamais été capable de présenter un projet de société aux Québécois.

      Avec un virage à droite, le pire est encore à venir.

    • Hélène Paulette - Abonnée 20 novembre 2018 12 h 03

      Parizeau et Bouchard, monsieur Simard? Bouchard,seul, devenu Premier Ministre après la démission de Parizeau, n'a pas voulu contester les résultats du référendum. Bouchard, seul,a fait ce virage à droite avec son déficit zéro! Parizeau s'est mal exprimé sans doute (peut-on vraiment lui en tenir rigueur?) mais avait raison de parler du vote ethnique après les manipulatione de l'immigration fédérale qui a accéléré outrageusement les demandes de citoyenneté du Québec à des immigrants qui n'allaient certainement pas voter oui...

    • Hélène Paulette - Abonnée 20 novembre 2018 12 h 06

      Monsieur Domingue, c'est bien votre "tendance indépendantiste" qui fait problème... Ainsi que celles "mi-figue, mi-raisin" à ménager la chèvre et le choux de René Lévesque. Comme vous voyez, le problème ne date pas d'hier!

    • Jean Duchesneau - Abonné 20 novembre 2018 12 h 53

      On se fout complètement des deux référendums perdus; du chialage pour rien!  On se fout aussi de la responsabilité des uns ou des autres dans la défaite.  Ce qui importe, c’est de se poser la vraie question: "de quoi le Québec a-t-il besoin"?  Se tourner vers l’avenir au lieu d’errer à propos de la tenue d’un référendum avant ou après.  Ce dont les Québécoius ont besoin, c’est d’un projet mobilisateur.

      Le vrai dénie, c’est de ne pas voir jusqu’à quel point le défi de l’environnement est urgent à aborder.  Ma conviction profonde, c’est que les forces vives du Québec devraient converger afin d’apporter au monde, des solutions toutes québécoises au défi no1 du 21e siècle.  Ma conviction aussi profonde, c’est que le Québec n’a pas les coudées franches pour féderrer les forces vives de notre société et que l’indépendance est nécessaire afin de faire profiter au monde de l’immense potentiel de solutions dont dispose le Québec et les Québécois. La vraie question, c'est pas ce que l'indépendance nous apporte mais plutôt ce que l'indépendance nous permet d'offrir au monde.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 20 novembre 2018 12 h 53

      Ce matin, un chroniqueur demandait ce qu'il faudrait faire de toute urgence pour inciter les jeunes [ - de 40 ans ; ceux qui n'avait pas droit de vote en 95 ] à voter OUI à la république du Québec et la réponse qui est venue rapidement ;
      DONNER DES COURS D'HISTOIRE DU QUÉBEC MODERNE ( depuis 1960 ) dès le secondaire 3
      pour qu'ils comprennent rapidement que le Québec a tout à gagner à être un pays indépendant
      et rapidement notre Québec deviendra un pays prospère du G 20 !

    • Jean Thibaudeau - Abonné 20 novembre 2018 16 h 19

      Jean-Marc Simard
      "pourquoi le projet souverainiste n'intéresse plus la jeune génération ? Est-ce parce que celle-ci serait davantage altermondialiste (...), communotariste et écologiste (...), planétariste (...), plus solidariste (...)? "

      Moi non plus, je n'en crois rien. Ce qui est par contre clair à mes yeux, c'est qu'elle est devenue tout simplement INDIVIDUALISTE. Pour elle, le progrès social ne se mesure plus qu'à l'aulne de la LIBERTÉ DE CHOIX personnelle. Cela permet de mieux comprendre pourquoi, de l'extrême-droite jusqu'à l'extrême-gauche de l'échiquier politique, les discours sont devenus quasiment interchangeables, de nos jours.

      Je ne lui tape pas sur la tête! Elle a été élevée comme des enfants-rois par des parents qui ont remisé les idéaux collectifs de la Révolution tranquille après le 2e échec référendaire pour se vautrer eux-mêmes dans le consumérisme personnel. La nouvelle génération n'a donc jamais entendu parler d'autre chose, et surtout pas des notions de bien commun ou de projet collectif.

      La gauche traditionnelle, universaliste, progressiste, féministe, etc.... a ainsi disparu. Le NPD fédéral sera le prochain à l'illustrer en subissant le même sort que le PQ et le PS français l'an prochain.

      C'est bien dommage, parce que la liberté individuelle est bien la DERNIÈRE VALEUR qui peut être utile face au défi environnemental.

  • Gilles Bousquet - Abonné 20 novembre 2018 07 h 32

    Regarder la réalité en face, pas Lisée

    Ça va en prendre un autre chef, au PQ, pour faire face à la réalité du parti indépendantiste, encore en tête, qui craint son article 1 le QUÉBEC UN PAYS qui, faute de promotion par son chef, n'est pas...électoraliste. Faut même le repousser pour ne pas lui nuire. Misère du parti qui n'a pas écouté Mme Ouellet correctement, par électoralisme devenu plus fort que son objectif.

  • Marc Therrien - Abonné 20 novembre 2018 07 h 43

    Jean-François Lisée qui, comme Narcisse...


    Quel être suffisant que ce Jean-François Lisée pour continuer de croire que le PQ est le parti qui a mené la meilleure campagne même s’il a encaissé la pire défaite de son histoire et qu’il a même perdu son statut de parti reconnu à l’Assemblée nationale. Son sentiment de supériorité intellectuelle lui permet de penser que la majorité des électeurs qui lui est inférieure ne saurait reconnaître un vrai talent qui se présente devant elle. L’incident fatal de l’attaque à Manon Massé au «Face à Face » de TVA a révélé qu’il avait tout de Narcisse qui est mort de sa passion pour lui-même qu’il n’avait cesse de vouloir assouvir. Même à l’autopsie de cette défaite quasi mortelle, il continue de chercher à distinguer ses traits de génie.

    Marc Therrien

    • Claude Bariteau - Abonné 20 novembre 2018 09 h 19

      Que M. Lisée se voit sauveur importe peu. Aujourd'hui, le navire amiral est amarré et, au quai, dirigeants et membres d’équipage discutent du cap à cibler, qui est l'indépendance.

      Aussi doivent-ils penser le cap en ayant en tête la création du pays avec une démarche démocratique qui mobilise.

      Un pays, c’est un territoire qui, l’indépendance reconnue, sera celui du pays du Québec reconnu par les autres pays. C’est aussi une autorité, l’État, sur ce territoire. Sans elle, il n’y a pas de pays.

      C’est surtout la mise en place d’un régime politique rejoignant les vues du peuple québécois, qui comprend un système politique au sein duquel des lois sont votées et des décisions politiques sont prises à l’intérieur de règles reconnues par les citoyen/ne/s.

      Ces lois et ces décisions concernent le «vivre ensemble» avec des assises sociales et culturelles, les relations entre les citoyen/ne/s, l’aménagement du territoire, l'économie et la protection de l’environnement, les relations avec d’autres pays, et cetera, des choix qui concerne des projets de société.

      Or, un projet de pays n’est pas un projet de société. Il est l'institution d'un nouveau régime pour débattre de projets de société et de faire des choix collectifs.

      Avec l’indépendance comme cap, il ne s’agit pas de hausser certains pouvoirs de souveraineté dans le Canada, mais de créer un régime politique et un système politique.

      Pour le créer, il faut avoir ces objectifs. La convergence recherchée par le PQ ne fut pas de cet ordre.

      Présumer, comme M. David, qu’il faille un projet de société et des alignements de gestion est une erreur.

      Élus les indépendantistes doivent promouvoir l’indépendance et le projet de pays qu’ils valorisent, à la rigueur ils doivent refuser de gouverner dans la dépendance, ce qui leur permettra de promouvoir ce qui se passerait le Québec devenu pays.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 20 novembre 2018 11 h 34

      Monsieur Bariteau, il me semble que ce que vous conseillez aux péquistes est judicieux (s’ils ont la sagesse de vous écouter) « Aussi doivent-ils penser le cap en ayant en tête la création du pays avec une démarche démocratique qui mobilise.« 

      Par contre, comment pensez-vous qu’un parti indépendantiste mobilisera démocratiquement la population à sortir du Canada si ce n’est incarné dans un projet meilleur ? Le commun des mortels ne sortent pas dans la rue si ce n’est pour des enjeux très importants pour eux-mêmes et les êtres qu’ils aiment. On se mobilise certes pour la liberté et d’étudier et de parler dans sa langue... Mais pour rompre avec un pays (qui mal que mal est celui où tous nous sommes nés ou qui nous a accuilis), il faut concrètement que la majorité des gens saisissent les « points » fondamentaux de ruptures et qu’ils entrevoient sur des assises d’un « projet de vie sociale concret » qu’il faut mener la bataille.

      Il faut plus qu’une vue de l’esprit pour mobiliser les gens... Un projet sur les enjeux fondamentaux de l’heure est essentiel.

    • Claude Bariteau - Abonné 20 novembre 2018 16 h 26

      M. Roy, vous valorisez l'approche de M. David, aussi celle de QS et de péquistes qui entendent tout régler d'un coup, négligeant l'essentiel de ce qu'est un pays.

      Créer un pays n'est pas une vue de l'esprit. Ça consiste à quitter un régime politique et en instituer un autre. Et créer un régime politique implique de se doter collectivement d'un système défini par les citoyens et les citoyennes du Québec et différent de celui du Canada issu du monarchisme constitutionnel britannique.

      En gros, pour quitter le régime canadien, il faut IMAGINER un régime québécois, ce que le PQ et QS n'osent pas faire et se contentent de mettre en place un scrutin proportionnel. Il importe plutôt d'imaginer ce régime comme étant présidentiel et doté d'un parlement avec un pouvoir législatif (assemblée nationale et une chambre des régions) étanche du pouvoir exécutif dont le pouvoir juridique est indépendant, les juges étant nommés par deux-tiers des élus, puis de concevoir des mécanismes pour que les lois votées reçoivent un appui d'une majorité d'électeurs par l'intermédiaire d'un décompte des appuis reçus par les élus.

      Pourquoi ? Parce que c'est ce qui fonde le pouvoir du peuple et c'est ainsi que le peuple peut délibérer et décider des orientations qu,il prévilégie. Actuellement, il n'a pas cette possibilité au Québec et ne l'a jamais eu lorsque le Bas-Canada, le Canada-uni et le Dominion of Canada ont été créés de sorte qu'il ne décide rien pour lui-même et se divise autour d'intérêts divers.

      Pour pouvoir débattre, comme vous dites, sur un «projet de vie sociale concret», il faut avoir les outils pour le faire indépendamment du Canada. C'est ça l'essentiel à défaut duquel il est impossible de débattre de projets de société.

      C'est ça qui fait défaut et c'est autour de ça qu'il importe de s'entendre sur un cadre général à peaufiner l'indépendance étant réalisée, donc l'État et le territoire du Québec étant reconnus.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 20 novembre 2018 20 h 37

      Monsieur Bariteau, vous dites bien : »Créer un pays n'est pas une vue de l'esprit. Ça consiste à quitter un régime politique et en instituer un autre. »
      En effet, dans votre proposiion il y a 2 mots d’action « quitter » et « instituer ». Cette double action, essentiellement politique, nécessite une mobilisation massive, qu’on souhaite démocratique à toutes ses étapes afin d’arriver à terme.

      Évidemment, un parti et/ou une coalition de partis indépendantiste devront définir (imaginer, dites-vous) le « régime politique  et institutionnel » qu’il ou ils souhaitent proposer. C’est essentielle. Dès lors, ce projet devra être débatu par la collectivité sans quoi difficile de « mobiliser ».

      Mais pour mobiliser suffit-il de demander de « quitter » le cadre du Canada pour instaurer notre propre cadre d’un Québec républicain? Pour ma part je crois qu’il faut aller plus loin et proposer un État Indépendant » afin de démocratiser notre économie, se donner les moyens du virage écologique, déterminer nos règles pour l’immigration et le commerce avec nos voisins... etc.

      Les dernières questions que je soulève, plusieurs indépendantistes pensent les résoudre « après » que nous nous ayons séparés du Canada... Dans un nouveau régime et un nouveau parlement? Sans doutes que ces indépendantistes « convaincus » (malgré les contradictions du PQ) sont prêts depuis longtemps à se mobiliser pour quitter le Canada. Ces derniers pensent que l’important est de faire l’indépendance et après discuter comment gérer le nouveau pays.
      Le hic, c’est que l’ensemble de la population ne raisonne pas comme ça. La population actuelle n’est plus la population de 1970 et ni la situation sociale et politique non plus. De sorte, si le mouvement souverainiste veut rejoindre et mobiliser la population actuelle pour « quitter » le Canada... Ne faudrait-il pas qu’elle puisse exprimer ce qu’elle souhaite trouver de « changé » dans le nouveau pays!

    • Claude Bariteau - Abonné 20 novembre 2018 21 h 58

      Monsieur Roy, si créer le pays du Québec, nstituer un noveau régime et implanter, avec l'aval des citoyens et des citoyennes n'est pas un changement que souhaite les Québécois et les Québécoises, il n'y aura pas d'indépendance, ni de débats pour s'entendre sur des projets dans des contextes précis.

      Quand je vous lis, je décode que vous souhaitez que les Québécois et les Québécoises expriment ce qu'ils souhaitent retrouver dans le pays du Québec. Je dis, quant à moi, qu'ils pourront en débattre et s'entendre. L'important, dans un pays n'est pas de faire des souhaits, car ça n'oblige en rien, mais de s'entendre sur des politiques qui rejoignent la majorité des citoyens et des citoyennes.

      Vous êtes dans l'ordre du souhait et vous me dites hors du réel. Le souhait, par définition, est hors du réel. Et pour réaliser des projets collectifs, il importe d'abord de se doter de moyens pour les débattre et réaliser les choix collectivement identifiés.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 20 novembre 2018 22 h 48

      Je crains pour ma part que créer le pays du Québec, instituer un noveau régime et implanter, avec l'aval des citoyens et des citoyennes ne soit plus un changement que souhaitent les Québécois et les Québécoises. Ils et elles ont peut-être tort, mais je crois qu'ils ne se sentent pas tant dépouillés des moyens d'exercer leur volonté souveraine à l'intérieur du cadre canadien. Paradoxalement, les immenses changements que le PQ a pu réaliser dès les quatre premières années de son règne auront sans doute atténué le sentiment d'impuissance qu'éprouvaient un grand nombre d'entre eux et dont seule l'indépendance paraissait pouvoir les guérir. De sorte que sans égards à l'enracinement profond de votre conviction, qui en fait tout sauf une vue de l'esprit, en termes pratiques, quand elle ne répond plus aux attentes des citoyens, le résultat est un peu le même. Votre remède est peut-être le bon... mais si le malade ne reconnait plus la nécessité de se l'administrer, les monographies les plus convaincantes seront de peu d'effet.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 21 novembre 2018 01 h 57

      La réflexion que vous apportez Monsieur Maltais est intéressante puisqu’elle reflète le scepticisme que ressenti et partagé par une couche de la population.

      Cependant, j’ail’impression que votre lecture est déphasée pour interpréter la source du  »non intérêt » de la population devant le projet d’indépendance... On croirait, à vous lire, que la population est désintéressée parce qu’elle serait  satisfaite » des acquis ou des gains sociaux obtenus au cours de la révolution tranquille. Cycle qui, en passant, s’est étendu sur une période de 20 ans, grosso modo entre 1960 et 1980.

      Vous oubliez Monsieur Maltais, que l’échec référendaire en plus de la crise économique des années 80 ont mis une fin abrupte à la mobilisation de la jeunesse étudiante, syndicaliste et ouvrière des années 60 et 70.
      Vous oubliez que la jeune génération des années 80 est celle qui, au chômage et au travail précaire, a commencé à se plaindre que les baby boomers avaient tout ramassé.

      Ensuite, lorsque s’effondre le mur de Berlin à la fin des années 80, les intellectuels et les militants et progressistes québécois ont caché leur manuel marxisant pour s’abreuver des théories de la régularisation fordiste, à applaudir les « nécessaires » coupures dans les services pour « amincir » l’État Providence etc. etc. Deuxième échec référendaire et le régime maigre Bouchard. Autre vollée de bois vert accompagnée de l’endoctrinement sur le déficit zéro.

      Maintenant, en 2018, vous pensez qu’on vit toujours sous le confort de ce que furent les réformes des années 70. Que la révolte étudiante de 2012 est chose du passé, que les mobilisations contre le pétrole, pour protéger l’environnement, pour dénoncer la pauvreté, pour réclamer en éducation et en soin de santé... toutes ces inquiétudes sont loin de témoigner qu’on est resté dans la bulle des années 70.

      Les défis qui se posent devant nous demandent une réponse et une stratégie de changements radicaux. La question nationale fait-elle par

    • Claude Bariteau - Abonné 21 novembre 2018 07 h 27

      À vous lire, messieurs Roy et Maltais Desjartins, je découvre en vous des promoteurs du retour des élites d'antan qui cherchent de la reconnaissance pour service rendu hier à l'empire britannique, aujourd'hui au Canada, pour tenir un discours dont la visée est de vous assurer que les habitants du Québec ronronnent au gaz canadien et se replient dans les bras d'un pays qui leur fut imposé en 1982 aprè avoir été un Dominion sans leur aval.

      Par vos propos, vous faites comme les membres du clergé d'hier tout en étant des Couillard et des Legault d'aujourd'hui déguisés en curés actifs auprès des démunis pour qu'ils revendiquent des droits et des conditions de vie au Québec en oubliant que le Québec est une province d'un pays qui veut que les Québécois l'oublie. Vous travillez bien pour ce pays et vous serez un jour honoré par lui.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 21 novembre 2018 08 h 09

      Cela arrive même aux meilleurs d'être injustes, monsieur Bariteau. Vous pouvez tant qu'il vous plaira montrer que ma lecture du manque d'appétit des québécois pour l'indépendance et de ses raisons est erronée. Mais qu'elle vous déplaise ne justifie peut-être pas que vous constituiez les gens qui partagent en partie vos idéaux démocratiques en complices intéressés de l'ordre actuel des choses. Une fois n'est pas coutume.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 21 novembre 2018 09 h 19

      Monsieur Roy, je n'avais pas vu votre dernier commentaire au moment de répondre à Claude Bariteau. Je ne voulais pas suggérer que les québécois vivraient dans la bulle de années soixante-dix. Seulement que quels que soient désormais les défis qu'ils ont à relever, la question nationale ne leur apparaît plus comme un enjeu aussi central qu'avant. A tort ou à raison, j'y insiste. C'est pourquoi une partie des forces progressistes au sein du mouvement indépendantiste a progressivement migré vers QS. Comme au début des années soixante-dix, justement, la question du statut politique du Québec est en train de retrouver sa place au sein d'un projet de société (et d'enjeux politiques planétaires) à l'égard duquel il pourra à nouveau être éprouvé autrement que comme cette aspiration «normale», ce «devoir de dignité» et autres poncifs qu'un certain nationalisme traditionnel s'emploie à claironner à l'encontre d'une certaine gauche crypto-fédéraliste communautariste, etc.

    • Claude Bariteau - Abonné 21 novembre 2018 11 h 28

      M. Maltais Desjardins, QS a lié lutte pour l'environnement avec l'indépendance, ce qui renvoie à un projet de pays et non à un projet de société.

      Quant à l'ajout de M. Roy, il m'invite à retirer mes remarques antérieures à son égard parce qu'il met en perspective les défis qui se posent au Québec.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 21 novembre 2018 12 h 51

      Messieurs Bariteau et Maltais,
      J'ai apprécié les échanges votre soucis d'apporter des arguments rationnels dans ce débat.
      PS. Monsieur Bariteau, le geste est beau d'avoir corrigé des malinterprétations.

      Jean-Jacques Roy

  • Eric Ricard - Abonné 20 novembre 2018 07 h 52

    La bourde !

    La bourde de M. Lisée n'a pas été son attaque incongrue contre Q.S., mais plutôt le moment. Comment un politicien d'expérience comme M. Lisée a t'il pu choisir au débat des chefs, la période du débat sur la santé pour débattre du mode de fonctionnement de Québec Solidaire ? Si il avait pris la peine de faire une ou deux répétitions avant le débat, quelqu'un au parti lui aurait bien dit que ce n'est pas le bon moment pour parler de ça. Qu'il va faire un fou de lui. Le problème avec M. Lisée, c'est qu"il était un excellent conseiller politique et stratège et par ce fait, il pensait qu'il n'avait besoin de conseillers et de stratèges, qu'il n'avait besoin de répétitions. J'adore le jazz, mais le débat n'est pas la place pour improviser.
    Q.S. mérite d'avoir le même traitement que les autres partis et d'être confronté à ses contradictions, à sa façon de voir la démocratie, au réalisme de ses politiques, à sa position sur la laïcité, à son dogmatisme sur toutes ses positions, à son refus d'accepter d'entamer un début de discussion pour un regroupement des forces souverainistes ou au moins avoir une stratégie commune. Penser qu'attaquer ou confronter Q.S. est une bourde, me laisse perplexe et renforce mon impression que plusieurs chroniqueurs offrent un sauve-conduit à Q.S.

    • André Joyal - Abonné 20 novembre 2018 10 h 26

      Comme vous avez raison M. Ricard. J'ai repris ma carte du PQ quand j'ai su que F.Lisée serait candidat à la direction. Lors de ce fameux débat, en écoutant ses premiers mots, je suis demeuré sidéré: «Mais où est-ce qu'il s'en va!!!!» j'ai vociféré.
      Après le débat, j'ai envoyé un courriel à Paul Cliche, membre fondateur de QS, pour lui dire que j'allais, bien sûr, voter PQ, mais, ne verserai pas une larme si F.Lisée se fait battre dans son comté, même par un certain Marissal. Chose faite.

    • Ronald Tessier - Abonné 20 novembre 2018 17 h 33

      Je suis toujours surpris par de tels commentaires… À ce que je me souvienne, Québec Solidaire a négocié et même fusionné avec des souverainistes : Option Nationale. On se souvient que ce dernier parti a été créé justement parce qu’on considérait que le PQ n’était plus très chaud question indépendance…

    • Eric Ricard - Abonné 20 novembre 2018 20 h 36

      Bonsoir Ronald. J'ai fait une recherche rapide sur google et tu trouveras facilement l'artticle «Québec solidaire, rejet clair d'une alliance avec le p.q.». 21 mai 2017. Dans l'article il est dit que des membres de Q.S. compare le p.q. au diable.

    • Jean-François Trottier - Abonné 21 novembre 2018 09 h 45

      M. Tessier, facile de s'allier à un parti qui sinon aurait disparu.
      ON ne pouvait pas retourner au PQ et a accepté cette union pour sauver la face.

      Si l'on regarde le moindrement, on constate que QS n'est indépendantiste que de façade.

      Lors de la fusion avec ON il y a eu un chaud débat au sujet d'un mandat ouvert ou fermé pour une constituante élue. Bon départ!

      Mais bien avant ça, le fait d'élire une constituante est un déni de responsabilité assez bien patenté merci
      - Elle permet à QS de ne jamais parler d'indépendance... sauf pour acclamer les efforts de la Catalogne. C'est ben pratique, la distance.
      Pire :
      - Une élection donnera autant de crédibilité aux "constitiuants" qu'aux députés. Une vraie bombe.
      - Alors un mandat ouvert ou fermé perd tout son sens : les élus décident eux-mêmes.
      - Il ne fait aucun doute que beaucoup de fédéralistes avérés seroint élus dans cette constituante "tellement démocratique madame, c'est de toute beauté" : Ottawa y mettra les millions nécessaires. Croire les contraire serait de la dernière naîveté et QS n'est pas naïf, pas pantoute.
      - Étant donné l'importance qui sera forcément accordée aux débats dans une telle constituante, rien ne sera plus facile que de créer des obstructions à répétition, surtout dans une institution créée ad hoc.
      - Quand les obstructions internes ne suffiront plus, les poursuites au tribunal prendront la relève.

      En deux, quatre ou dix ans jamais une constituante élue n'arrivera à quoi que ce soit. Le processus s'enlisera médiocrement, tel que souhaité par les dirigeants de QS.

      À ce stade, la constituante pourrait mourir par ineptie, mais alors pourquoi ? Elle a été élue, et l'ayant été plus tard elle aura plus de crédibilité que le gouvernement. Celui-ci devra réagir. Avec force.

      Tout ça est connu par les dirigeants de QS. Oh non! ils ne sont pas naïfs. Le but clair est de créer une crise. Pourquoi au juste ?

      Indépendantiste, QS ? Euh...

  • Jean-Marc Simard - Abonné 20 novembre 2018 07 h 56

    Questionner les deux référendums perdus(suite)

    À mon avis le problème du PQ date de ce temps...Suite à ces deux référendums perdus les Québécois sont devenus davantage nationalistes qu'indépendantistes...À cela s'ajoute la politique d'austérité provoqué par le PM néo-libéral Lucien Bouchard pour rétablir les finances publiques, lesquelles ont fait très mal à la social-démocratie prôné par le PQ...Il y a aussi l'arrogance de certains politiciens péquistes et l'abus de pouvoir de certains, laissant entrevoir que le PQ n'ést pas mieux que le PLQ...Enfin le refus par la population d'entrer en confrontation ouverte avec les fédéralistes pour dénoncer leurs malveillances et la peur des conséquences néfastes qui s'ensuivraient...Plutôt que de perdre de nouvelles batailles, les Québécois sont devenus résilients, préférant la quiétude et le confort de leur train-train quotidien, sachant qu'ils avaient déjà suffisamment donnés pour faire valoir leurs droits depuis 1867... D'après moi , le pourquoi de la débandade du PQ doit être recherché dans les deux référendums perdus, surtout celui de 1995...Les Québécois ne veulent plus de référendum, ni de prochaine fois...À mon avis l'indépendance effective du Québec deviendra effective quand le Fédéral démontrera par ses politiques les nombreuses contradictions qui affectent sa constitution ou quand une des autres Provinces, par exemble la Colombie Britannique ou l'Alberta décidera de se séparer du Canada...Les derniers assauts du PM de l'Ontario Doug Ford contre l'épanouissement de la culture francophone de l'un des deux peuples fondateurs du Canada pourraient devenir un tremplin favorable à la ré-émergence du sentiment indépendantiste québécois...Ce sera encore mieux si d'autres gouvernements, dont celui, conservateur, de Nouveau-Brunswick rajoute à l'insolences de certains anglophones orangistes.Pour plusieurs Québécois francophones «patience et longueur de temps valent mieux que force et courage». Autrement dit, ils sont tannés de se faire botter le cul par les Fédéraleux

    • Hélène Paulette - Abonnée 20 novembre 2018 12 h 14

      Je préfère de beaucoup vore "suite" monsieur Simard...

    • Pierre R. Gascon - Inscrit 20 novembre 2018 13 h 31

      Oui monsieur Simard; cette patience mentionnée est aussi la compagne de la sagesse.

      Depuis 1995, en scrutant minutieusement, avec effort et avec peine, les gestes et les actions provenant des gouvernements Chrétien, Harper et Trudeau, telles gestes et tels actions seront nécessaires pour faire valoir aisément la non reconnaissance de notre place dans l'environnement politique actuel canadien. La conclusion d'une recherche nous fera prendre connaissance que la plupart du temps nous avons joué sur le banc. Certes, nous nous rappelons la durée que le P.Q. prenait pour faire valoir son opinion, au jour le jour. Cela m'agaçait, m'énervait et m'irritait.

      Depuis 1995, les dirigeants du P.Q. n'ont pas mis en place l'incontournable plan de communication; c'est-à-dire, informer et sensibiliser le public, en toute vérité, sur sa raison d'être. Parce que cette raison d'être a été évacuée du paysage politique, conséquemment, ce contretemps nous a éloigné des 18-35; ainsi, nous avons passé outre à leurs désirs et leurs valeurs à notre sol commun.

      Souhaitons-nous un meneur, rassembleur et fonceur.

      À suivre ...

    • J-Paul Thivierge - Abonné 21 novembre 2018 14 h 58

      Cette théorie est décrite dans le documentaire les états désunis du Canada
      où on souligne que dès que une province deviendra indépendante ,
      le Canada se décomposera et on aura à reconstruire ,l'UNION CANADIENNE
      de 5 états régions autonomes à l"image de l'Union Européenne originale .
      https://www.youtube.com/watch?v=Bxy5-musyfI&t=29s