La laïcité ambiguë de QS

Malgré l’adhésion de l’aile parlementaire de Québec solidaire aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor, la question du port de signes religieux par les agents de l’État divise toujours le parti.

Le député de Laurier-Dorion, Andrés Fontecilla, qui est le porte-parole de QS dans les dossiers de l’immigration et de l’interculturalisme, a déclaré, dans une entrevue au Soleil, que QS entend « revisiter toute cette question ». Une « réflexion interne » a été entreprise et le conseil national se prononcera en mars prochain.

Voici ce qu’on peut lire dans le programme officiel du parti : « C’est l’État qui est laïc, pas les individus. Québec solidaire accepte le port de signes religieux par les usagers et les usagères des services offerts par l’État. En ce qui concerne les agents et agentes de l’État, ces derniers peuvent en porter pourvu qu’ils ne servent pas d’instrument de prosélytisme et que le fait de les porter ne constitue pas en soi une rupture avec leur devoir de réserve. Le port de signes religieux peut également être restreint s’ils entravent l’exercice de la fonction ou contreviennent à des normes de sécurité. »

Il n’est fait mention d’aucune restriction dans le cas de ceux et celles qui exercent un « pouvoir de coercition », comme les juges, les procureurs de la Couronne ou les gardiens de prison, à qui le rapport Bouchard-Taylor recommandait d’interdire le port de signes religieux. Faut-il comprendre que l’aile parlementaire a pris sur elle d’interpréter le port de signes religieux comme une rupture en soi avec leur devoir de réserve ?

  

Cela est loin de faire l’unanimité chez les militants solidaires. « Certaines de nos associations considèrent que le rapport Bouchard-Taylor constitue une position discriminatoire qui empêche certaines minorités d’avoir accès à certaines fonctions liées à l’État », reconnaît M. Fontecilla. Il qualifie de « compromis » la position défendue jusqu’à présent par QS. Dans la mesure où il date déjà de plusieurs années, « on n’est plus certain qu’il soit encore valable », ajoute-t-il.

En 2013, quand Françoise David avait présenté un projet de loi reprenant la position de Bouchard-Taylor, le caucus de QS ne comptait que deux députés. C’était toujours le cas en février 2017, quand Amir Khadir et Manon Massé ont voté pour une motion présentée par la CAQ.

« Pour nous, le rapport Bouchard-Taylor est un tout cohérent et nous invitons les partis à y adhérer dans son ensemble. Il représente un équilibre sur le port de signes religieux, mais bien plus, sur la nécessité d’une charte québécoise de la laïcité, de la promotion de l’interculturalisme, de la nécessité de programmes soutenus d’intégration des immigrants et de lutte aux discriminations », avait alors déclaré M. Khadir.

Le caucus solidaire compte aujourd’hui dix députés, et l’unanimité n’est plus aussi évidente sur la question des signes religieux. Lors de la dernière campagne électorale, la plateforme de QS était d’ailleurs muette sur le sujet.

 

Le débat qui s’amorce pourrait être lourd de conséquences pour QS. Au cours de la dernière campagne, le parti a fait une première percée en dehors de ses bastions traditionnels le long de la ligne orange. La bonne performance de Manon Massé et la désaffection envers le PLQ y sont sans doute pour beaucoup, mais c’est aussi que QS a réussi à apprivoiser un électorat qui le voyait jusque-là comme une sorte de corps étranger.

Les militants de QS ont toujours été allergiques au discours identitaire. Lors du congrès qui a rejeté l’alliance électorale avec le PQ, l’hostilité suscitée par la charte des valeurs du gouvernement Marois et ses variantes ultérieures était cependant excessive, pour ne pas dire maladive.

Les positions audacieuses de QS en matière de protection de l’environnement et de justice sociale ont trouvé un écho favorable durant la dernière campagne électorale. Pour que les francophones adhèrent à son projet, il faudra toutefois prendre en compte une insécurité culturelle à laquelle le multiculturalisme à la canadienne ne peut pas répondre.

En dix ans d’intenses débats, la société québécoise a été incapable d’établir de façon consensuelle dans quelle mesure la laïcité de l’État doit se refléter dans le code vestimentaire de ses employés. Plusieurs estiment que le rapport Bouchard-Taylor ne va pas suffisamment loin et qu’il faudrait aussi interdire les signes religieux aux enseignants et aux éducatrices en garderie.

Pour la plupart des francophones, les interdire aux juges, aux policiers et aux gardiens de prison est cependant perçu comme un minimum. Françoise David, Amir Khadir et Manon Massé l’avaient bien compris. Le gouvernement Legault ayant décidé de reporter à l’an prochain la présentation d’un projet de loi à l’Assemblée nationale, les militants solidaires et les nouveaux députés ont encore quelques mois pour y réfléchir.

97 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 13 novembre 2018 02 h 54

    Lourd de conséquences?

    Qs n'a jamais adopté ses positions par calcul, mais toujours sur des principes. J'étais présent en 2009 lors de l'adoption de la position que mentionne correctement M. David («pourvu qu’ils ne servent pas d’instrument de prosélytisme et que le fait de les porter ne constitue pas en soi une rupture avec leur devoir de réserve»). Cela laissait une grande marge d'interprètation que nous étions supposés préciser par la suite. Mais, cela n'a pas été fait.

    En absence de précision, l'aile parlementaire n'a pas eu le choix de choisir une interprétation. Elle n'allait pas à l'encontre du programme, mais elle a toujours déplu à beaucoup de membres du parti. Selon ces membres, il est temps d'adopter une position claire. Et, comme c'est toujours le cas à QS, le résultat reposera sur la décision des membres.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 novembre 2018 09 h 05

      Était-ce bien une question d'interprétation ou le débat n'aurait-il pas pu porter essentiellement sur l'application des principes? On pourrait demander où est la différence. Elle tient à ceci qu'une fois qu'on a dit que le port d'un signe ne devait pas servir à des fins prosélytes, on a le choix entre assortir le principe général de règles tout aussi générales, comme madame Alexan le suggère régulièrement en présumant que la signification des signes dépasse les intentions des individus, soit en fixant un cadre réglementaire où on pourra évaluer la chose au cas par cas en application du principe.

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 novembre 2018 10 h 00

      Et-ce que la signification des signes dépassent les intentions des individus ?

      Selon moi, si une personne est prête à se défaire d'un attribut qui sinon a un sens religieux, alors elle peut le garder. Si au contraire elle refuse de s'en départir, alors elle doit l'enlever quel que soit son poste dans la fonction publique. C'est à ce titre qu'aucun attribut religieux ne peut y être permis.

      Le manque de recul par rapport aux religions est quelque chose d'effarant dans ce Québec qui en a tant souffert, après et avec des centaines d'autres peuples. On ne peut pas tous faire partie de ces peuples dont les institutions religieuses ont appuyé les guerres, que ce soit les Arabes du Moyen-Orient, les Maures du Maroc ou les protestants d'Angleterre et de Nord-Amérique. Et encore, dans ces cas il faut parler de la moitié de la population, i.e. les mâles, parce que les femmes n'ont pas tellement profité de quelque religion que ce soit.

      Je parle de monothéisme principalement.

      Les monothéismes ont démontré depuis 3000 ans et plus leur intransigeance absolutiste. Le fait que depuis à peine 50 ans ils se montrent plus ou moins tolérants dans certaines perspectives ne doit pas faire oublier que, selon leurs dogmes et canons, tous les monothéismes considèrent être la seul voie acceptable pour les humains.
      C'était vrai il y a 3500 ans avec le culte d'Aton en Égypte et l'hindouisme (l'hindouisme est un monothéisme), avec le judaïsme il y a 3000 ans, avec le christianisme et l'islam.

      Pour tous, un non-croyant n'est pas vraiment un humain.
      C'est pour des raisons économiques MAIS au nom des religions que 400 millions de personnes ont été massacrées au 19ème siècle dans les deux Amériques.

      La position de QS est selon moi dûe à la volonté de "faire différent" par électoralisme jeuniste, principalement envers le baby-boom tant détesté.

      Ce n'est pas tolérance de permettre l'intolérance. C'est seulement con.

    • Eric Ricard - Abonné 13 novembre 2018 11 h 39

      Ce qui me dérangeait chez Q.S. c’était justement cette prétention que leur position sur la laïcité était par principe (d’ailleurs quelle position ?). Du même coup, ils ne gênaient pas pour claironner que ceux qui prônaient une véritable laïcité pour les enseignants, c’est-à-dire pas de signes religieux en présence d’élèves, c'était par calcul politique, par racisme, par peur, comme si ceux-ci n’avaient pas de principe. En d’autres mots, ils prétendaient que ceux qui ne pensaient pas comme eux étaient des peureux, des racistes ou des opportunistes politiques. Ce discours de Q.S. (et des libéraux), je le ressens comme du mépris envers mes convictions profondes sur la laïcité et je le prends comme des insultes.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 novembre 2018 14 h 51

      @ Jean-François Trottier

      La laïcité n'est pas un "athéisme d'État", mais "la neutralité" de l'État face aux diverses religions.

      Autrement dit, un État où les individus sont libres d'adhérer et d'exprimer leurs croyances (ou leur athéisme), dans un État et des institutions publiques qui sont neutres et laïques et sans religion d'État.

      Si vous voulez initier un débat pour combattre les religions, choisissez la bonne tribune.

    • Pierre Desautels - Abonné 13 novembre 2018 15 h 13


      @Eric Ricard

      "Ils prétendaient que ceux qui ne pensent pas comme eux étaient des peureux, des racistes ou des opportunistes politiques." Ce que vous écrivez est totalement faux et le fruit de votre imagination. Vous ne pouvez trouver aucun texte ou citation de Québec solidaire qui affirme cela. Par contre, sur les réseaux sociaux, ce débat a libéré la parole de gens racistes et intolérants, d'autres ont exprimé leurs peurs et leur insécurité, alimentées par des gens remplis de haine envers une minorité.

    • Jean Duchesneau - Abonné 13 novembre 2018 20 h 07

      @C.M

      Au fait, c’est quoi un état, c’est quoi une institution?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 novembre 2018 22 h 20

      Monsieur Trottier, supposons que je décide que désormais le port de la cravate serait un signe de racisme et que je répande la bonne nouvelle auprès de tout ceux qui ont besoin de caser les gens dans des catérogies. Il ne me restera plus ensuite qu'à enfermer les porteurs de cravate dans la fausse alternative que j'aurai instaurée, pourvu que j'aie réussi à enrôler suffisamment de monde pour m'aider à inquiéter ceux qui auraient le mauvais goût de ne pas tomber la cravate en mon auguste présence.

      Vous me direz qu'à la différence de la cravate, les signes religieux sont souvent revendiqués comme signes distinctifs d'une tournure d'esprit, d'une idéologie revendiqués. C'est vrai. Et si celles-ci sont telles qu'elles compromettent l'exercice de la fonction de prof, par exemple, c'est en raison de ces dispositions et non du vêtement que le droit d'exercer la profession leur doit être refusé. Comme les fondamentalistes religieux ne sont pas les dépositaires du « vrai » sens des signes et qu'ils peuvent être portés pour une gamme assez large de motifs, c'est au su de ceux-ci et non de nos présomptions que nous devrions en juger. Sinon, ce qu'on nomme très volontiers le principe de précaution comme justification des contraintes qu'on voudrait imposer constitue une restriction des mêmes libertés qu'on réclame pour soi dans l'expression de nos réticences à l'égard des religions. Et non: il ne suffit pas de dire qu'elles sont justifiées pour que tout le monde souscrive à votre verdict.

    • Raymond Labelle - Abonné 13 novembre 2018 23 h 01

      Hypothèse sur le pas de côté de l'aile parlementaire: comme il paraissait, à ce moment, y avoir une possibilité de consensus parmi les partis politiques sur le rapport B-T, une adoption de ses principes aurait mis fin au débat. Or, plus ce débat s'éternise, plus les personnes visées sont sur la sellette - on aurait voulu en finir pour les soulager.

      Hypothèse: il faudrait voir les raisons invoquées par l'aile parlementaire à l'époque - recherche que je n'ai pas faite.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 novembre 2018 10 h 46

      M. Montmarquette,
      votre feinte ignorance me sidère.

      La laïcité signifie simplement que rien ne dépasse l'autorité de l'État, ni idéologie (avec la vôtre, je comprends que vous refusiez une telle idée...), ni prétendu idéal.

      C,est dans la ré-a-li-té que se vit la politique, et votre incapacité à nommer le moindre malaise identitaire quant à vos positions devant des idées qui par essence nient l'humain dit bien comme vous abdiquez la vôtre, d'identité. Au nom d'un dogme idiot!

      Ce n'est pas de la théorie, M, Montmarquette, mais la réalité dont vous vous foutez semble-t-il: tous les monothéismes sont de fait, dans les faits, dans le plus tangible de leur existence, intolérants et absolutistes. Exactement le contraire de l'humanisme, qui est d'ailleurs né en réaction à cet absolu.
      Votre prétendue tolérance est d'une intolérance inacceptable.

      C'est dans la volonté de porter un ornement religieux malgré le fait patent qu'il représente une priorité dans l'ordre des décisions que la personne qui le porte se proclame non-laïque.
      Avant l'État, autre chose. Je veux bien, mais pas à l'intérieur de l'appareil.

      Votre façon ici de me condamner dit bien comment votre approche ressemble à une religion.

      Cet exemple pourrait vous servir si jamais vous étiez le moindrement de bonne foi : vous refusez le mot "nègre" et l'utilisez même pour accuser n'importe qui à tour de bras, mais vous acceptez qu'on me mette à la face des crucifix dont j'ai gravement souffert avec toute ma société sur une dizaine de générations. Et que dire de très nombreux réfugiés ici, qui ont payé cher leur droit de penser autrement ?
      Je ne demande même pas que les crucifix soient bannis! Seulement qu'ils soient absents de l'État.

      Vous tenez à rester dans le multiculturalisme béat.
      Je sais bien que je suis un détestable baby-boomer mais, voyez-vous, il me reste un semblant d'humanité en moi, et ma souffrance, tant comme francophone Québécois que Métis, a droit au respect.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 novembre 2018 11 h 15

      (suite)
      Pour les intolérances jugées acceptables, il existe des médicaments préventifs ou curatifs, mais surtout une grande acceptation de la part des soignants. Pourquoi ? Parce que même l'intolérance au lactose provoque des gloses et rires partout.
      Contre les intolérances moins "acceptables", n'existe que la morale tendancieuse et dogmatique de gens qui se basent uniquement, et j'insiste sur uniquement, sur les quelques personnes qu'elles connaissent depuis quelques années. Ou pire, sur leur propre ignorance historique.

      L'histoire des monothéismes porte sur 3500 ans au moins. Les signes comme le crucifix dépassent de très loin les dispositions de la personne.

      C'est ce qui existe dans la balance du jugement de ceux qui refusent tout signe religieux dans l'État.
      L'intolérance absolue des religions pendant 3450 ans, versus une tolérance très relative depuis 50 ans, et encore, en Occident, et encore, pas partout.
      À seulement 75 kilomètres de nous, au Vermont, le Bible Belt a déjà gagné sur tousles points. Même distance, en Ontario, le Bible Belt a gagné aux élections. Les born again, qui forment la base du Bible Belt, n'ont absolument rien de tolérant.

      Dans une majorité de l'espace Nord-Américain, il est maintenant impossible de se faire élire sans montrer de signes religieux, ce qui n'étais pas vrai il y a 20 ans. Je ne demande pas qu'un candidat soit "neutre", au contraire! Il a parfaitement le droit de s'afficher avec ses convictions, aux gens de décider de lui faire confiance ou pas. Candidat oui, fonctionnaire non.

      Je le répète : un employé qui décide de porter des signes religieux malgré l'interdiction situe la religion au-dessus de son travail dans tous les cas. Et quelle que soit sa pensée propre, sa religion, elle, est absolutiste.

      Maintenant, je vous pose la question :
      Quand entrerez-vous dans une assemblée en portant le drapeau Nazi, puisque vous n'y croyez pas ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 novembre 2018 14 h 11

      @ Jean-François Trottier,

      " Tous les monothéismes sont de fait, dans les faits, dans le plus tangible de leur existence, intolérants et absolutistes. Exactement le contraire de l'humanisme... Vous acceptez qu'on me mette à la face des crucifix dont j'ai gravement souffert.." - Jean-François Trottier

      Vous ne faites que confirmer ce que je dis.

      Vous n'êtes pas dans le débat sur la laïcité, mais dans une guerre anti-religieuse.

      Ceci dit, vous avez bien le droit de penser ce que vous voulez des religions et de l'exprimer. Mais ce n'est pas le but de la laÏcité qui est d'accueillir tous les citoyens avec leur droit d'allégeance et d'expression religieuse (ou d'athéisme) sur un même pied d'égalité et de faire en sorte qu'aucune règle religieuse ne puisse se placer au-dessus de la loi.

      Et si certains intégristes religieux tentent d'enfreindre les lois avec des mariages forcés, des excisions, de la polygamie etc. Nos lois sont déjà bel et bien en place pour interdire et condamner ce genres d'abus.

      Comme on le voit, c'est bien cette tentative de faire dérailler la laïcité en ajoutant cette nouvelle règle de l'interdiction du port de signe religieux par les employés.es de l'État contraire à ses principes, qui pose problème. Et non la laïcité elle-même, qui propose au contraire, que chacun soit libre d'adhérer et de pratiquer la religion de son choix, en autant qu'il respecte les lois. Mais avec l'approche anti-religieuse, il semble bien que ce soit la pratique elle-même de la religion que l'on cherche à interdire, alors qu'elle est pourtant permise partout ailleurs dans la société.

      Or donc, en quel honneur serait-il équitable d'avoir le droit de porter un signe religieux partout dans la société, sauf, quand on travaille pour le gouvernement? Une telle situation ne créerait-il pas de facto deux classes de citoyens qui n'ont pas les mêmes droits? Une approche contraire au principe d'égalité et de la république.

      Christian Montmarquette

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 novembre 2018 16 h 18

      « tous les monothéismes sont de fait, dans les faits, dans le plus tangible de leur existence, intolérants et absolutistes. Exactement le contraire de l'humanisme, qui est d'ailleurs né en réaction à cet absolu. »

      Comme d'habitude, votre mauvaise humeur vous porte à de telles outrances qu'on renoncera même à vous répondre.

    • Serge Pelletier - Abonné 14 novembre 2018 17 h 58

      Vous faites rire en titi lorsque vous affirmez que: "Tous les monothéismes sont de fait, dans les faits, dans le plus tangible de leur existence, intolérants et absolutistes". Ça c'est une première mondiale en matière d'histoire. Pour vos "connaissances manquantes", l'on peut citer les ROMAINS... Il y en avait une floppée de DIEUX, un puis un autre autre DIEU... et c'était une civilisation extrêmement cruelle... Les différents empires egyptiens (basse, moyenne et haute antiquités) en avaient une floppée de Dieux de ci et de ça, ces civilisations étaient toutes aussi cruelles que la romaine qui la suivait aux millénaires suivants...

      Pour le "Nouveau Monde" ce n'était pas jojo non plus, les sacrifices religieux et tortures y étaient pratiques courantes et pas seulement dans la civilisation Aztèque - ce qui inclus les "saints" indiens de l'Amérique du Nord de l'avant l'arrivée et l'implantation des européens.

      Pour ce qui est du "christianisme", la mesure de l'inquisition (surtout espagnole) est grandement amplifiée... La mentalité 'inquisition" a perduré près d'un millénaire (800/900 ans de mémoire), mais très peu de cadavres et des tortures réelles. Il ne faut pas confondre la chasse aux sorcières (qui n'avait rien de très religieux) avec des dictats religieux.

      Conséquemment être d'une religion monothéisme ou non n'a pas grande importance sur le fait de l'intolérance ou de l'absolutisme (ou des deux ensemble). Seul le Coran (monothélisme) possède des dictats religieux en la matière de intolérances envers les autres religions et est absolutiste comme fin avec l'anéantissement de tous ceux qui n'adhèrent pas la religion islamique. La Bible (monothélisme) ne comprend pas de chapitres de ce style.

    • Jean Duchesneau - Abonné 14 novembre 2018 20 h 10

      « Le contraire de la vérité n’est pas le mensonge, mais la conviction »

      Nietzsche

  • Nadia Alexan - Abonnée 13 novembre 2018 04 h 35

    Le fait de porter un signe religieux est, en effet, se servir d'un instrument de prosélytisme!

    Québec solidaire proclame une politique contradictoire: «En ce qui concerne les agents et agentes de l’État, ces derniers peuvent en porter POURVU QU'ILS NE SERVENT PAS D'INSTRUMENT DE PROSÉLYTISME et que le fait de les porter ne constitue pas en soi une rupture avec leur devoir de réserve.» Le fait de porter un signe religieux est, en effet, se servir d'un instrument de prosélytisme! Le voile et tous les signes religieux ostentatoires en soi sont une proclamation de prosélytisme.
    De plus, ce ne sont pas les Québécois de souche qui se prévalent d'un discours identitaire. Le fait de porter un signe religieux est en soi une manifestation identitaire. Si l'on a pas le droit de proclamer nos préférences politiques pendant l'exercice de notre profession comme agents de l'État, il va en soit que la même réserve doit s'imposer aux fonctionnaires et aux enseignants. La position de Québec solidaire dont « C’est l’État qui est laïc, pas les individus» ne tient pas la route. L'état et ses fonctionnaires représentent la laïcité et la neutralité de l'État.

    • Claude Bariteau - Abonné 13 novembre 2018 09 h 23


      Dans l’insoutenable légèreté de l’être, Kaufman fit du roman de Kundera un classique des déchirements, présentés par ceux d’un triangle amoureux, dans une Prague où les militaires aplanissent les espaces conquis de liberté.

      Tereza, amoureuse de Tomas, médecin tombeur, devient sa femme et n’accepte pas qu’il la trompe avec Sabina, maîtresse volage qui nourrit ses fantasmes d'hier. Fuyant la russification de Prague, le couple, des survivants, quitte cette ville et Sabina figées par les adversaires de la liberté et meure sur une route de campagne.

      Dans un univers où la liberté conquise se ratatine, les repères s’embrouillent, l’amour devient douleur et la vie insoutenable. Reste l’abnégation, la lutte ou la fuite, le surplace étant sans issue quand la liberté est en cause.

      Le Québec, libre du Canada, fut un projet de refonte. En 1982, il fut ramené à l’ordre canadien. Depuis 1995, les libertés conquises disparaissent. L’amour qui l’a soulevé est un champ de ruines. À l’intérieur, le refus de la liberté se densifie, les espaces gagnés ciblés et la désespérance gruge les concepteurs des rêves d’hier.

      Le dossier de la laïcité en témoigne. Fondée sans être institutionnalisée comme un principe politique différent du précédent, la laïcité est devenue un foire d’empoigne et les élus de QS, du PQ et de la CAQ cherchent à sauver les derniers meubles que le PLQ entend remplacer par ceux du Canada.

      Le surplace, M. Alexan, est plus le refus d'affirmer un autre ordre que celui du Canada incarné par des règles faisant de la laïcité une vue théorique qui en minimise l'expression,

      Cette vue n’offre pas d’issue et la commission Bouchard-Taylor n'était que du surplace. QS, la CAQ et le PQ qui s'y sont associés, s’ils choississent le surpalce, cadenasseront une porte alors qu’il urge d’ouvrir celles fermées en 1982 et de mettre au point une laïcité qui affirme une façon d’être autre que celle obligée par le Canada, car elle qui rend insoutenable la vie au Québec.

    • Pierre R. Gascon - Abonné 13 novembre 2018 10 h 13

      Pour moi, une Charte de la laïcité doit reconnaître les religions comme des partenaires et non des concurrents.

      Certes, s'il y a interdiction, elle doit être justifiée pour une raison de respect de l'ordre publique et non pas par une motivation antireligieuse. Il faut demander aux religions de ne pas vouloir imposer à l'ensemble de la société leurs propres normes communautaires et d'apprendre à distinguer la sphère de la loi religieuse de celle de la loi civile.

      Mais, il faut s'opposer à cette tendance visant à étendre la laïcité de l'État à l'ensemble de la société.

    • Claude Bariteau - Abonné 13 novembre 2018 13 h 59

      M. Gascon, la laïcité de l'État, par définition, ne s'applique qu'à l'État non pour l'ordre publique mais par respect de la diversité et de l'État comme assise politique indépendante des religions pour précisément ne pas étendre la laïcité de l'État à tout ce qui ne lui est pas propre mais dans le respect de l'ordre publique et des règles du «vivre ensemble».

    • Michaël Lessard - Abonné 14 novembre 2018 13 h 56

      L'homme fonctionnaire juif, qui porte une kippa, veut faire du prosélytisme ?
      Non, étant donné qu'on peut difficllement devenir juif.

      La femme fonctionnaire, d'origine africaine, qui porte en symbole et une robe liés à une culture-relgiion d'un coin de l'Afrique veut faire du prosélytisme ?
      Non, du tout. Dans son cas, personne ne s'en rendra compte de toute manière :P

      L'ex-député Maka Kotto portait avant une pendantif de panthère, associé à une culture-religion d'un coin de l'Afrique. Il l'a retiré lorsqu'au parlement pour, dit-il, donner l'exemple. Pour moi, retirer son pendatif n'était vraiment pas nécessaire et plutôt triste.

      L'homme Sikh, portant un turban, veut faire du prosélytisme ?
      Le policier canadien portant un turban veut convertir la foule ?
      À ma connaissance, il faut naître Sikh. La conversion à l'hindouisme, par exemple, n'est génralement pas officielle pour un étranger (elle peut évidemment être personnelle).

      La vérité est que vous visez uniquement le foulard de femme musulmane. C'est une réaction biaisée par plusieurs facteurs, dont notre héritage culturel chrétien occidental et notre vision négative de l'Islam qui date en fait de très longtemps (cette rivalité n'est vraiment pas récente).

      La majorité des féministes au Québec n'encouragent pas le port du foulard, évidemment, mais les mouvements ne veulent pas utliser la *force* de la loi, donc la coercition, pour imposer une interdiction de se vêtir ainsi. Dire aux femmes comment s'habiller n'est pas un progrès en effet. On ne doit pas combattre ce que nous jugeons comme une forme de domination masculine par une autre forme de domination.

    • Michaël Lessard - Abonné 14 novembre 2018 14 h 27

      ( petit erratum : les Sikh ne sont Hindus, même s'il y a une influence à l'origine. Le point sur l'hindouisme aurait dû être un autre paragraphe.)

  • Christiane Gervais - Abonnée 13 novembre 2018 05 h 33

    QS sans ambiguïté

    Le discours des Quésistes peut paraître ambigü vu de l'extérieur mais quand on regarde qui est militant et activiste dans ce parti, individuellement ou en regroupement, que l'on écoute ce qui y est dit de l'intérieur, on acquiert la certitude que ce parti n'est ni laïque ni indépendantiste: à ce chapitre, il rejoint tout à fait l'idéologie communautariste, d'un état multiconfessionnel, comme dans le PLQ et au PLC sous Justin Trudeau.

    La laïcité n'esi nullement une réponse à l'insécurité de qui que ce soit, c'est afficher de l'incompréhension voire du mépris que la réduire à cela, elle seule permet de vivre également, en toute justice, notre citoyenneté dans l'espace public institutionnel.

    • Pierre R. Gascon - Abonné 13 novembre 2018 10 h 22

      Quand vous dites : la laïcité permet de vivre également, en toute justice, notre citoyenneté dans l'espace public institutionnel, Je suis en étroite union avec nous.

      Nous le voyons et l'entendons qu'ci il semble que tout est planifié pour réduire, supprimer et bannir du vocabulaire et de l’imaginaire collectif tout ou presque tout du reliquat de notre legs religieux. C'est la vision d'un monde sans Dieu. Ce n'est pas la mienne.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 novembre 2018 11 h 07

      @Christiane Gervais,

      "Ce parti n'est ni laïque ni indépendantiste.." - Christiane Gervais

      - N'êtes-vous pas comme moi, las, las et re-las, d'entendre les mêmes foutus de poncifs de la part de péquistes qui n'ont pas de référendum au programme depuis des années et avaient proposé d'adopter une Charte des valeurs qui maintenaient le financement et les exemptions de taxes aux écoles confessionnelles, en plus de maintenir le crucifix au dessus de la tête du président de l'Assemblée nationale?

      Regardez-vous donc vous-mêmes, avant de critiquer les autres. Ça vous permettra peut-être d'obtenir quelque chose de mieux que votre pire résultat électoral depuis la fondation du PQ.

      Christian Montmarquette

    • Jean Jacques Roy - Abonné 13 novembre 2018 11 h 28

      Madame Gervais, vous portez un jugement a priori, basé sur vos préjugés, concernant les orientations de QS. Et vous en profitez pour NE PAS dire un mot sur ce que vous entendez concernant la laïcité de l’État.

      Voici ce que rapporte Michel David : « C’est l’État qui est laïc, pas les individus. Québec solidaire accepte le port de signes religieux par les usagers et les usagères des services offerts par l’État. En ce qui concerne les agents et agentes de l’État, ces derniers peuvent en porter pourvu qu’ils ne servent pas d’instrument de prosélytisme et que le fait de les porter ne constitue pas en soi une rupture avec leur devoir de réserve. Le port de signes religieux peut également être restreint s’ils entravent l’exercice de la fonction ou contreviennent à des normes de sécurité. »(sic)

      Depuis 10 ans, sur toutes les tribunes, c’est ce principe que QS défend C’EST L’ÉTAT qui est laïc. Et dans ce débat les porte-paroles ont constamment rappelé que pour être laïc l’État « provincial » Québécois ne doit prendre parti pris pour AUCUNE INSTITUTION RELIGIEUSE. Donc ne subventionner AUCUNE des institutions rattachées à des Églises, spécifiquement des écoles confessionnelles privées. Et quant aux signes ou symboles religieux rattachant historiquement l’État Québécois à l’Église Catholique, pour manifester sa neutralité et laïcité, que l’AN enlève le crucifix qui est suspendu au-dessus de la tête du président de l’Assemblée.

      Ce principe ne fait pas l’économie de la question des symboles que portent ou ne portent pas « les croyants et croyantes » dans l’espace publique. Mais il incite - si l’État est impartial » à ce que les divers croyants chrétiens et non chrétiens étant de droit égaux soient dans les faits des égaux, protégeant au besoin les minorités de la majorité.

    • Jean Duchesneau - Abonné 13 novembre 2018 12 h 52

      QS adhère aussi à un courant idéologique d'une gauche internationale, sans tenir compte de la situation particulière du Québec. Ainsi, les Québécois sont considérés comme faisant partie d'une majorité blache, forcément opprésive des minorités dites racisées.

  • Jean-Yves Bigras - Abonné 13 novembre 2018 05 h 38

    Euphémisme

    “Pour que les francophones adhèrent à son projet, il faudra toutefois prendre en compte une insécurité culturelle à laquelle le multiculturalisme à la canadienne ne peut répondre”
    Que c’est joliment dit et avec tant de délicatesse.
    Et tout le monde sait que pour rassurer une minorité opprimée il ne suffit simplement pour elle que de trouver une autre minorité, plus petite encore, sur laquelle exercer son pouvoir.
    Les pelés, les galeux d’où venait tout le mal.
    Je m’excuse mais il me semble qu’ethniquement ça se défend assez mal

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 novembre 2018 10 h 23

      M. Bigras, c'est bien pire que ce que vous dites.

      J'abonde dans votre sens, mais j'ajoute que les anglophones votent tous du même bord depuis 175 ans par insécurité, sans le moindre doute possible. Ils ne se réunissent pas en comité pour en discuter, et même ils n'en parlent jamais selon ce que j'ai vu. Ce non-dit est extrêmement révélateur, il parle de peurs stupides dont chacun a un peu honte. Les épithètes racistes envers les francophones ne sont jamais très loin des lèvres... et débordent dans The Gazette. Allez voir les réseaux sociaux dans un esprit analytique... oui, ca fait peur.

      Étant donné leur position dominante, ils peuvent et réussissent à faire passer leurs anxiétés sur le dos des francophones par médias interposés, mais la réalité est là, toute bête.
      Cette situation n'est pas sans rappeler certains couples où l'un extériorise les peurs de l'autre, comme des vases communiquants... mais dans le cas qui nous occupe on parle d'un siècle et trois-quarts, et à sens unique.

      L'insécurité que nous vivons est celle que nous imposent les anglophones, vraie majorité culturelle, médiatique et financère mais qui se croit une minorité et profite à plein de ce statut pour nourrir de fausses peurs.

      En ce sens, QS prend fait et cause pour un internationalisme farfelu qui ne défend que cette fausse minorité. En fait QS défend TOUTES les minorités sauf... la plus nombreuse. QS rêve d'un état post-national à la Trudeau et se protège dans les bras des puissants anglos, en toute contradiction avec ses "principes".

      J'aimerais bien que M. David repense ses analyses à courte vue et remette en question un peu ses propres préjugés, mais c'est pas demain la veille, hein!

      Pour lui la vie est simple, on est "authentique" parce qu'on crie des slogans, la gauche est dans une belle continuité sans heurt, les extrémistes sont seulement un peu trop exigeants mais dans le fond ils ont raison... Et les francophones sont insécures!!
      Misère...

    • Jean-Charles Morin - Abonné 13 novembre 2018 12 h 49

      "Et tout le monde sait que pour rassurer une minorité opprimée il ne suffit simplement pour elle que de trouver une autre minorité, plus petite encore, sur laquelle exercer son pouvoir. "

      Le fait qu'un opprimé puisse opprimer à son tour un plus petit que lui n'enlève rien à l'oppression dont il est lui-même victime. Je ne vois rien de rassurant pour qui que ce soit dans cette situation sinistre. Contrairement à ce que vous semblez penser, votre opinion est loin d'être celle de tout le monde.

  • Jean Thibaudeau - Abonné 13 novembre 2018 05 h 38

    LE TEST

    Quand Jean-François Lisée a déploré que QS avait eu droit à une "joute gratuite" durant la campagne, il n'avait pas raison seulement à cause du peu de couverture "serrée" des médias à son égard. QS n'a pas été vraiment cuisiné sur bien des sujets, y comptis celui-là et son mode d'accès à la souveraineté.

    À travers ce débat à l'interne annoncé, on va bien voir dans quelle mesure cette coalition entre les ex- d'Option nationale et la frange plus marxiste et/ou anglophone va s'avérer solide... ou pas.

    • Louise Ringuet - Abonnée 13 novembre 2018 10 h 57

      Monsieur Thibaudeau,

      Le point que vous soulevez sur la « joute gratuite » à laquelle a eu droit QS durant la campagne est tellement pertinent. D'ailleurs, je lis le texte de Michel David aujourd'hui et je me demande pourquoi il n'a pas abordé, pendant la campagne électorale, cette question de l'ambiguïté de la position de QS sur la laïcité. Bizarre quand même!

      Louise Ringuet