PQ: laisser le temps au temps

C’est un euphémisme de dire que le mouvement souverainiste est en panne et qu’il a besoin de réfléchir, comme l’a déclaré Pauline Marois sur les ondes de QUB radio. Après l’hécatombe du 1er octobre dernier, le Parti québécois ne peut plus fermer les yeux sur une désaffection progressive qu’il a préféré ignorer pendant vingt ans. Quant au Bloc québécois, la crise de l’an dernier a simplement été le reflet d’une recherche d’identité qui est demeurée vaine depuis que la vague orange de 2011 a révélé qu’un grand nombre de Québécois ne le tiennent plus pour essentiel.

L’annonce du décès de Bernard Landry a sans doute été un moment de tristesse pour de nombreux souverainistes, même si plusieurs de ceux qui chantent aujourd’hui ses louanges avaient été soulagés de le voir quitter la scène en juin 2005, comme cela avait été le cas pour René Lévesque.

Dans cette tristesse, il y avait aussi une part de nostalgie, celle d’une époque où la souveraineté semblait encore être une possibilité bien réelle, plutôt qu’une sorte de rêve dont on souhaite toujours aussi ardemment la réalisation, mais auquel on croit de moins en moins.

En rétrospective, il est presque hallucinant de penser que les délégués au congrès de juin 2005 avaient donné à M. Landry un appui si timide qu’il avait décidé de démissionner, alors que le Oui atteignait un sommet de 55 % dans les sondages. C’est dès ce moment-là que le PQ aurait dû faire un sérieux examen de conscience.

 
 

Ce n’est pas d’hier qu’on parle d’une « refondation ». Jean-Martin Aussant, qui a relancé l’idée en fin de semaine dernière lors d’un colloque de l’Institut de recherche sur le Québec, en avait déjà fait la suggestion dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir en septembre 2014.

« Non pas un congrès du PQ ouvert à tous, mais bien un congrès de refondation duquel naîtrait un nouveau grand parti souverainiste avec des gens de tous les horizons et toutes les ressources regroupées en son sein. Parce que la majorité nécessaire au projet ne se trouvera jamais dans l’un ou l’autre des sous-groupes (gauche, droite, jeunes, vieux) mais seulement dans l’ensemble », écrivait-il.

M. Aussant croit maintenant que ce parti refondé devrait porter un autre nom que celui de Parti québécois, qui demeure associé à la charte des valeurs, que ses adversaires peuvent trop facilement présenter comme du racisme.

De son côté, le chef intérimaire du Bloc québécois, Mario Beaulieu, a annoncé lundi que son parti allait aussi se refonder, comme l’aile jeunesse en avait fait la proposition en avril dernier, alors que le Bloc semblait au bord de l’implosion.

« Tout est sur la table », a dit M. Beaulieu, y compris le nom du parti. Tout sauf l’essentiel, devrait-on dire. La défense des intérêts du Québec et la promotion de l’indépendance doivent demeurer sa mission première. Bien entendu, un éventuel sabordage n’est pas à l’ordre du jour, même si son fondateur voyait le Bloc comme un expédient provisoire.

 
 

Tout cela semble un peu précipité. On peut comprendre que le Bloc fait face à une échéance électorale qui ne lui laisse pas beaucoup de temps, mais les diverses composantes du mouvement souverainiste ne peuvent plus s’offrir le luxe d’agir en vases clos.

Le plus urgent pour le Bloc est de se trouver un nouveau chef, mais on voit mal comment il pourrait se redéfinir sans savoir ce qu’il adviendra du PQ, qui devra prendre le temps nécessaire pour réfléchir à son avenir. La conférence des président(e)s qui se réunira dans deux semaines pour faire l’analyse de la campagne électorale ne peut être qu’un premier pas.

Il est évident que l’équilibre des forces au sein du mouvement souverainiste n’est plus le même qu’avant l’élection du 1er octobre. Pierre Karl Péladeau a été le premier chef à reconnaître que le PQ n’avait plus le monopole de l’indépendance, mais il se perçoit encore comme le navire amiral.

L’époque de Bernard Landry est bel et bien révolue. Le PQ et Québec solidaire ont eu des résultats semblables, mais il n’est pas difficile de voir lequel des deux est en ascension et lequel est en chute. Si le dialogue doit reprendre, il devra s’établir à tout le moins sur une base d’égal à égal. Une modification du mode de scrutin faciliterait évidemment les choses, mais cela ne réglerait pas tout.

Pour bien des militants péquistes, la « refondation » exigera sans doute un gros effort. À plus forte raison si le sigle « PQ », qu’ils ont tatoué sur le coeur, devait disparaître. Il faudra laisser le temps au temps.

39 commentaires
  • Hélène Gervais - Abonnée 8 novembre 2018 07 h 13

    Je ne vois pas pourquoi ....

    on changerait le nom du PQ; le PQ a pris une débarque c'est vrai, mais les membres ont oublié l'article premier soit L'INDÉPENDANCE. Le fait de reporter cet article aux calendes grecques a fait en sorte que les membres ont voté pour QS quant à voter pour un parti qui ne respecte pas son fondement.

  • Claude Bariteau - Abonné 8 novembre 2018 07 h 24

    Oui, du temps et des débats.


    Hier, vous rappeliez que M. Landry refusa d'être «le commandant en second de la brigade légère exterminée en Crimée (...) à cause de l’irresponsabilité de ses chefs».

    Aujourd’hui, vous ajoutez qu’il reçut en 2005 un appui «si timide qu’il (a) décidé de démissionner, alors que le Oui atteignait un sommet de 55% dans les sondages».

    Ce n'est pas contradictoire. M. Landry se voyait le chef de la nation ethno-culturelle québécoise. M. Legault fit de même hier. Les deux s'estiment les chefs d’une nation imaginaire.

    En 1995, M. Landry n’acceptait pas d’être second, en écho à M. Parizeau, estimant qu'il était à la tête d’une nation qu'il ne voulait pas sacrifier.

    En 2005, le Oui de 1995 franchissait les 55%. Il découvrit que son travail de sape pour extraire les indépendantistes des postes-clés du PQ et taire leurs idées, à la demande de M. Bouchard, ne permettait pas de revenir aux idées de M. Lévesque. Il démissionna, comme le fit M. Bouchard après avoir voulu relancer autrement les idées de Lévesque.

    Après, le PQ tourna en rond, divisé qu’il était comme en 1985 après le «Beau risque» pour recréer l’aura d'une nation imaginaire.

    M. Parizeau ne raisonnait pas ainsi. Il activa une démarche démocratique menant à l’institution d’un État indépendant qui, comme tout pays réel, rendait tous les habitants du territoire de cet État membres de sa nation.

    Seule cette approche permettra de refonder le mouvement indépendantiste, l’autre étant devenue l’affaire du chef de la CAQ ou d'idéologues ethno-nationalistes. Elle implique, après un tel alignement, de déployer une démarche démocratique pour créer un nouveau pays.

    Faire ça exige temps et débats sur l’essentiel dont les éléments sont : un territoire, un ancrage économique respectueux de l'environnement et favorisant des échanges stratégiques, des liens renforcés entre les citoyens et citoyennes et un régime politique défini par eux.

    • Bernard Plante - Abonné 8 novembre 2018 08 h 08

      Effectivement M. Bariteau, la redéfinition du mouvement souverainete passe par un changement du fondement même de l'argumentaire. Alors que jusqu'à présent l'argumentaire a été basé sur l'identité, il faut désormais le baser sur le territoire. Le premier est exclusif, le second est inclusif.

      Autrement dit, plutôt que de vouloir construire un pays basé sur l'identité du Québécois de souche (qui exclus de façon intrinsèque les "autres"), nous devons le faire pour tous les habitants qui habitent le territoire du Québec. C'est la clé.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 novembre 2018 08 h 34

      Je vous entends bien tous deux. Mais il faudra convaincre que les particularités de ce territoire commande de sortir de l'ensemble politique et territorial canadien. Je ne dis pas que les arguments manquent mais si lle nationalisme ethnique traditionnel n'a pas réussi, je vois mal comment l'idée un peu plus abstraite de territoire pourra convaincre les québécois.

    • Claude Bariteau - Abonné 8 novembre 2018 08 h 46

      Les promoteurs de l'indépendance en sont convainus. Il leur revient de convaincre de l'à-propos de quitter et le natonalisme ethno-culturel et le Canada, mais aussi d'instituer un régime politique de type républicain approuvé par les citoyens et les citoyennes du Québec devenu pays, de renforcer les liens existants entre les habitants du Québec et de développer l'économie du Québec dans le respect de l'environnement selon l'axe nord-sud déjà présent en y ajoutant un axe avec l'UE pour compléter celui actuellement présent à l'ouest.

      Il ne s'agit pas d'une idée abstraite, mais d'un alignement sur les assises essentielles d'un pays, contrairement à l'idée mythique et passéiste d'une nation imaginaire qui, elle, est une création britannique pour isoler les ressortissants français du pouvoir réel, ce que fit aussi Londres à l'égard des nations autochtones.

      Vous nous entendez peut-être mais vous imaginez le territoire abstrait alors qu'il devient des plus concrets dans la création d'un pays.

    • Jean-François Trottier - Abonné 8 novembre 2018 08 h 46

      Mais qu'est-ce que vous contez M. Bariteau ????

      En 2005, Bouchard était parti depuis longtemps, et ce parce qu'il avait trouvé une énorme résistance dans le Conseil des ministres à ses tentatives de faire tourner le PQ à droite.

      Ce que vous écrivez à ce sujet relève de l'invention délirante.

      Landry n'a JAMAIS, mais JAMAIS rêvé d'être "chef de la nation ethno-culturelle québécoise". Lui prêter uen telle idée est carrément une attaque sous la ceinture, attaque qui porterait complètement à vide... si ce n'était que certains lecteurs pourraient vous croire.

      La pensée de Landry était extrêmement large et jamais il n'a cru le moindrement à des pensées unanimistes, contrairement par exemple à QS qui en fait son pain quotidien.
      En fait, si vous voulez un parfait exemple d'inclusivité, je vous invite à citer Landry, en quelque période que ce soit de sa vie!

      Je ne sais si c'est de l'ignorance ou de ma mauvaise foi de viotre part, mais ce que vous écrivez est carrément une suite de faussetés.

      M. Plante, si vous ne parlez que de territoire, pourquoi le Québec devrait-il être indépendant ?
      J'aime bien votre argumentaire. Il a la particularité de la facilité.
      Faut parfois avoir le courage de le dire : Le Québec (Hé oui! Dans son ensemble) a une culture différente de toutes les autres dans le monde, parce qu'il contient une majorité de gens qui forment une nation avec ses traits propres. Une nation que même Ottawa a reconnue, faut le faire!

      Jamais au grand jamais le PQ, ni surtout M. Landry, n'ont parlé d'état-nation, mais bien d'un État parce qu'il y a une nation.

      Ce que Landry a toujours voulu cest convier tout le monde au partage, comme Vigneault dans "Mon pays".
      Ma maison c'est votre maison.

      Ça, Landry l'a prouvé mille fois. Alors vos préjugés, hein...

    • Jean Jacques Roy - Abonné 8 novembre 2018 09 h 05

      @M. Desjardins. Il me semble que M. Bariteau pose correctement et de façon claire le problème.
      Ce qu’il propose m’apparaît une approche raisonnable pour relancer un débat constructif:

      «Faire ça exige temps et débats sur l’essentiel dont les éléments sont : un territoire, un ancrage économique respectueux de l'environnement et favorisant des échanges stratégiques, des liens renforcés entre les citoyens et citoyennes et un régime politique défini par eux. » C.B 

    • Hermel Cyr - Abonné 8 novembre 2018 09 h 28

      À vous lire, MM. Bariteau et Plante, on croirait que la base idéologique du PQ est un nationalisme ethnique exclusif aux seuls descendants des Français de Nouvelle-France. Or depuis sa naissance, et sous tous ses chefs, y compris M. Landry, le PQ a été fondé sur une conception civique de la nation. Le Québec a toujours été présenté comme incluant TOUS les Québécois quels que soient leurs origines, leurs croyances et autres spécificité. Lévesque, Parizeau, Landry et les autres ont toujours soutenu qu’est Québécois quiconque habitent le Québec. Point à la ligne.
      La seule nuance à apporter, c’est que cet État basé sur la citoyenneté doit s’incarner dans une identité où la langue commune est le français, les valeurs sont héritées des droits fondamentaux et le respect des Premières nations.
      Un territoire ne peut en lui-même et à lui seul justifier la nécessité de l’indépendance, et la notion abstraite de la citoyenneté non plus. Si le Québec n’était qu’un territoire composé de citoyens comme partout ailleurs en Amérique, on n’aurait aucune raison d’en faire un pays. Si le Québec était un autre Ontario ou un Michigan, quel intérêt aurait-il à être indépendant ?
      L’indépendance du Québec devient pertinente par le fait qu’elle rend politiquement significative l’expérience d’une nation française – composée de citoyens de toutes origines conscients de cette réalité – en Amérique.

    • Pierre R. Gascon - Abonné 8 novembre 2018 11 h 00

      Au fur et à mesure que les idées des dirigeants furent matées, ainsi le P.Q. fut dépourvu de sens aux idées de monsieur Lévesque parce que leurs dirigeants étaient vidés d'idéaux et repliés sur eux-mêmes.

      En autant que faire se peut, nos dirigeants actuels doivent sortir de leurs barrières pour rencontrer les gens, alors, ils les connaîtront .

      Et, reconnaître revient à donner des réponses à des questions existentielles, pour répondre aux besoins fondamentaux des personnes qui forment notre nation.

    • Raymond Labelle - Abonné 8 novembre 2018 11 h 27

      M. Bariteau, je n'ai pas le temps de faire les recherches nécessaires, mais disons que je serais très surpris que M. Parizeau ait nié l'existence d'une nation québécoise pré-existante à l'indépendance. J’ai une impression globale forte que M. Parizeau croyait l’indépendance nécessaire pour l’affirmation de la nation québécoise qui existerait déjà, c'est-à-dire serait pré-existante à l’indépendance. En tout cas, j’aurais des scrupules à lui faire dire qu'il niait l'existence de la nation québécoise actuelle ou contemporaine à lui sans m’appuyer sur un examen global solide de ses positions, surtout qu’il n’est plus là pour lui-même confirmer ou infirmer.

      Quoiqu’il en soit, sur le fond. Vous avez raison en ce que la notion de « nation » dans son sens ethnique est équivoque et problématique. Vous avez aussi raison de dire que la notion de membre d’une nation est plus limpide quand « nation » est interprétée dans le sens de « État-nation » qui, si je vous comprends bien, est le sens auquel il serait préférable de se référer quand on parle de « nation ».

      Par contre, s’il n’y a pas de nation québécoise pré-existante à une éventuelle indépendance, il n’y a pas plus de raison pour faire du Québec un État-nation qu’il n’y en aurait pour faire du Yukon ou de l’Île-du-Prince-Édouard ou de quelque entité provinciale ou territoriale des États-nations pleinement souverains.

    • Jean-Henry Noël - Abonné 8 novembre 2018 13 h 35

      Oui, Québec solidaire. Le Parti Québécois a commencé à faillir avec Madame Marois, (Ce n'est sûrement pas la Charte de Drainville la cause de sa défaite, puisque la CAQ s'est fait élire avec une Charte de valeurs et le rejet de signes religieux dits «oatensibles».) Jean-François Lisée a enfoncé le clou avec une campagne de parti sans finalité. Reste Québec solidaire, un parti nationaliste aussi. Sa force, c'est que ce nationalisme peut interpeller tous les habitants du Québec, alors que le PQ ne s'adresse qu'aux identitaires. une proposition que rejette ceux qu'on désigne par «non-francophones», car d'extrême-droite à la hongroise.

    • Raymond Labelle - Abonné 8 novembre 2018 14 h 03

      Pavé dans la mare: la vraie raison pour faire l'indépendance c'est-y que ça serait donc le fun être l'ethnie majoritaire du pays souverain? Même dans le meilleur des cas où on est prêt à respecter tout le monde et créer un État-nation vraiment civique avec égalité des citoyens - plusieurs indépendantistes sont quand même de véritables républicains démocrates. Mais ça serait-y le fun pareil être majoritaire du pays souverain... Mais on ne peut pas le dire, d'où certaines acrobaties...

      Pour QS c'est différent: c'est d'avoir tous les pouvoirs pour appliquer intégralement le programme qu'il a conçu pour le Québec. Mais est-ce vraiment si différent: pourquoi au départ viser un Québec souverain et concevoir un programme en fonction de celui-ci?

    • Claude Bariteau - Abonné 8 novembre 2018 16 h 37

      À M. Trottier.

      En 2005, lorsqu'il démissionne, M. Landry vient de se rendre compte que le travail que lui a commandé M. Bouchard en 1996 (retourner les pierres) n'a pas donné les résultats escomptés. Un groupe de réflexion de la capitale (une quinzaine de personnes), qui a rédigé un texte que n'ont pu digérer les dirigeants du PQ d'alors fut discrédité parce qu'il ranimait la démarche vers l'indépendance. J'en étais et je n'invente rien. Je l'ai vécu et je ne délire pas.

      Autre point. Dans une altercation entre le président du groupe de réflexion et M. Landry, l'argument de ce dernier fut de dire qu'il était le chef de la nation depuis qu'il a succédé à M. Bouchard, ce que n'était pas le président du groupe.

      À messieurs Labelle et Cyr.

      La création d'un pays va de pair avec l’affirmation d’une nation nouvelle. Au Québec, l'approche privilégiée est la démocratie de sorte qu'en feront partie les habitants du territoire du pays et ceux-ci instituteront un nouveau régime politique.

      Créer un pays renverse un ordre politique. Le faire démocratiquement avec le peuple demeure révolutionnaire. Ce peuple exprime son choix sans référence à un ou des sous-groupes particuliers mais parce qu’il entend changer l’ordre politique dans lequel il s’exprime.

      Il y a parmi le peuple des gens désireux de se doter d’un pays. Plusieurs viennent de l’immigration, passée ou récente. Il y en a aussi parmi les Premières Nations. Tous entendent mettre l'épaule à la roue non pour instituer une nation préexistante mais participer à l’affirmation d’une nation dans laquelle ils se reconnaissent. En cibler une préexistante les exclut par définition.

      M. Parizeau ne niait pas le groupe «canadien-français» et ses visées nationalitaires. Je le sais pour en avoir échangé avec lui. Le préoccupait plutôt d’instituer un État indépendant de citoyens et de citoyennes.

    • André Joyal - Abonné 8 novembre 2018 21 h 54

      M.Bariteau: pour une première fois, je ne vous suis pas du tout.Vous m'inquiétez.

    • Jean-Henry Noël - Abonné 9 novembre 2018 08 h 52

      Monsieur Labelle, c'est naturel que l'etnie la plus populeuse soit la plus nombreuse dans ce parti, c'est-à-dire (faut-il le préciser) la majorité francophone. On s'attend à que cette majorité s'accorde avec les minorités et non être en guerre avec elles. Je suis convaincu que QS peut être un creuset pour définir le vivre-ensemble.À la dfférence des identitaires, je favorise une certaine homogénéisation qui conduira avec le temps vers une culture commune. Les guerres intestines ne mèneront nulle part. C'est la formule que les peuples malheureusement choisissent.

    • Jean-François Trottier - Abonné 9 novembre 2018 09 h 28

      M. Bariteau,

      avouez que ce paragraphe ne pouvait s'interpréter que comme je l'ai fait :
      "En 2005, le Oui de 1995 franchissait les 55%. Il découvrit que son travail de sape pour extraire les indépendantistes des postes-clés du PQ et taire leurs idées, à la demande de M. Bouchard, ne permettait pas de revenir aux idées de M. Lévesque. Il démissionna, comme le fit M. Bouchard après avoir voulu relancer autrement les idées de Lévesque."

      Travail de sape ? Plutôt nettoyage pour reprendre à neuf, et surtout pour ne pas tomber dans un esprit de vengeance qui planait alors chez le PQ, ce qui était bien normal étant donné le vol de 1995 bien sûr, mais malsain parce que pouvant mener à des troubles dont bien sûr Ottawa aurait profité. Oublier l'ombre et la main armée d'Ottawa n'est jamais une bonne idée. Parizeau aussi l'a vu quand il a accepté le résultat du référendum.

      Prêter à Landry de sombres complots contre des indépendantistes est pour le moins étrange. Par contre personne ne peut nier son esprit pragmatique, ni son sens du devoir.

      Autre chose :
      " M. Landry se voyait le chef de la nation ethno-culturelle québécoise".

      C'est vous et vous seul qui ajoutez "ethno-culturelle".
      En somme vous prêtez beaucoup d'intentions aux autres pour conserver vos propres intérêts bien au chaud.

      Si vous n'avez pas de préjugés, alors vous tentez d'en créer chez les autres. C'est pas mal pire selon moi.

      Pour vous parodier je pourrais parler de vos vues citoyennes communardes ? Un mot seulement, hein ? Facile. Mais voilà, je resterais plus près de la réalité que vous...

    • Claude Bariteau - Abonné 9 novembre 2018 13 h 05

      M. Joyal, dites plus précisément ce qui vous inquiète. Avancez que je vous inquiète ne suffit pas.

      M. Trottier, vous oubliez une point majeur : mes propos renvoient à du vécu.

      Le renversement des pierres ciblaient les indépendantistes au sein du PQ pour revenir au PQ avant l'entrée en scène de M. Parizeau. Vous oubliez aussi que le peuple de M. Landry, auquel il réfère comme commandant en second d'une brigade légère que M. Parizeau s'apprêtait, selon lui, à sacrifier, était, comme il l'a dit à M. Rioux, «son» peuple.

      Ce peuple, dont il fut chef à ses yeux entre 2001 et 2003, renvoie à une définition fondée sur les traditions, les racines, une culture et une langue. Une telle approche, si elle n'est pas ethno-culturelle, que vous estimez être mon biais alors qu'il s'agit d'une lecture anthropologique reconnue, réfère à quoi selon vous. J'aimerai bien que vous le disiez.

      Quant à mes vues citoyennes, que vous classez communardes comme ça, (hein?), dites-en plus. Dites-nous, par exemple, que la citoyenneté, pour vous, c'est secondaire, passéiste ou une notion théorique quelconque. Mais, dites plus que des (hein) et des (hein) apostrophiques.

  • Gilles Bonin - Abonné 8 novembre 2018 07 h 36

    Mais...

    Il n'y a peut-être malheureusement plus de temps. On espère un futur et peut-être qu'on en est au bilan historique. Bon, sur ce point je suis d'évidence pessimiste.

  • Marc Therrien - Abonné 8 novembre 2018 07 h 47

    Ce temps qui dévorent pourtant ses enfants


    La mort de Bernard Landry coïncidant avec cette intervention de Jean-Martin Aussant qui promeut la refondation du PQ quitte même à le rebaptiser fait ressentir à plusieurs cette étrange impression que Bernard Landry a emporté le PQ avec lui dans sa mort; le Parti Québécois, «un parti figé, conservateur et vieillissant» selon Paul St-Pierre Plamondon» qui, dans un article du Devoir du 9 février 2017, fait mention que «le PQ compte 89 000 membres, selon les données internes les plus récentes (janvier 2017). Plus des deux tiers d’entre eux sont âgés de plus de 55 ans (60 000 personnes).»

    La fin est inscrite dans le commencement. Nous passons dans le temps. Bernard Landry est le dernier de ces chevaliers de l’indépendance d’un autre temps qui se voulait nouveau. Car oui, le monde et les temps changent. Bernard Landry s’en va rejoindre le monde des immortels. Je pense à Héraclite : «Immortels, mortels ; mortels, immortels ; notre vie est la mort des premiers et leur vie, notre mort.» Pour qu’il soit permis d’espérer que le jour de l’indépendance venu nous ramène à la mémoire le souvenir de ces grandes figures qu’ont été, entre autres, René Lévesque, Jacques Parizeau et Bernard Landry, qui auront engendré la mise au monde de la nation du Québec, il faudra qu’on ait réussi à contourner ce piège que définissait ainsi Réjean Ducharme : «Si on fait le vide autour d'un souvenir, il ne reste plus rien que ce souvenir dans l'infini qu'on a, et ce souvenir devient l'infini.»

    Je me souviens, pour quoi?

    Marc Therrien

    • Claude Bariteau - Abonné 8 novembre 2018 16 h 49

      M. Therrien, je me souviens des ressortissants français qui se sont alliés aux Patriots américains en 1774-1776. Je me souviens des Patriotes qui furent écrasés par l'armée britannique et ses supporteurs après que Londres ait aboli le parlement. Je me souviens du recours à l'armée par Pierre-Elliott Trudeau en 1970. Je me souviens du rapatriement unilatéral de la constitution en 1982. Je me souviens de la guerre menée par Jean Chrétien et ses accolytes pour emprêcher que le référendum de 1995 soit gagnant. Je me souviens de Stéphane Dion et de sa loi de clarification pour donner au Canada un droit de regard à son avantage. Je me souviens de Jean Charest et de Phillippe Couillard et je me souviens aussi des identitaires qui ont fait dériver l'appui à l'indépendance selon leurs vues, qu'a repris François Legault. Je me souviens de ça parce que je me souviens de l'essentiel des luttes menées par des habitants du Québec.

    • Marc Therrien - Abonné 8 novembre 2018 19 h 25

      M. Bariteau,

      "Pour quoi?", la cause finale, est différent de "Pourquoi?", la cause première, et serait peut-être mieux exprimé par "Quoi pour?"

      Je comprends très bien avec votre énumération de quoi vous vous souvenez. Cependant, vous ne m'avez pas aidé à comprendre comment on peut remplir le vide qui entoure tout ce plein de souvenirs. Et si trop de mémoire et de conscience pouvaient paralyser l'action?

      Marc Therrien

    • Marc Therrien - Abonné 9 novembre 2018 07 h 59

      M. Bariteau,

      "Pour quoi?", la cause finale, est différent de "Pourquoi?", la cause première, et serait peut-être mieux exprimé par "Quoi pour?"

      Je comprends très bien avec votre énumération de quoi vous vous souvenez. Cependant, vous ne m'avez pas aidé à comprendre comment on peut remplir le vide qui entoure tout ce plein de souvenirs. Et si trop de mémoire et de conscience avaient ce pouvoir de paralyser l'action?

      Marc Therrien

    • Claude Bariteau - Abonné 9 novembre 2018 08 h 21

      M. Therrien, vous avez raison de reposer votre question.

      Mes souvenirs ne m'ont jamais paralysés. Ils alimentent mes actions et mes écrits.

      Les rappeler comble le vide que crée la lecture du présent sans y référer ou en référant à des souvenirs qui les excluent et qui paralyse l'action sur l'essentiel.

  • Germain Dallaire - Abonné 8 novembre 2018 07 h 52

    PQ = toxique?

    Selon Jean-Martin Aussant, le PQ, identifié à la charte des valeurs, serait maintenant considéré comme raciste. Premièrment, la charte des valeurs n'était pas raciste et deuxièmement, ce n'est pas cette charte qui lui a fait perdre l'élection de 1994 puisqu'elle était appuyée par une majorité de québécois(e)s. Quand on agit en fonction d'un préjugé, on confirme ce préjugé.Même si Jean-Martin Aussant a exprimé des réserves quant à la valeur de ce préjugé, il le confirme en suggérant l'abandon du nom du parti. Personnellement, j'avais des espoirs en M. Aussant pour un retour du PQ à sa mission première, la promotion de l'indépendance. Mais de l'entendre s'exprimer comme il l'a fait, refroidit un peu mes ardeurs.
    Germain Dallaire
    abonné

    • André Joyal - Abonné 8 novembre 2018 21 h 59

      Aussant emporte le vent!

    • Gilles Bousquet - Abonné 9 novembre 2018 14 h 25

      Félicitations pour vos ardeurs persistantes, malgré. tout !.