ALENA: touche pas à mon quota

Le président américain Donald Trump se contredit allègrement selon les besoins politiques du jour. Mais quiconque a suivi les commentaires du chef de la Maison-Blanche sur les pratiques commerciales canadiennes dans le secteur laitier sait que M. Trump s’est montré drôlement cohérent en traitant le Canada de tous les noms en raison de son système de gestion de l’offre.

Ce n’est pas parce que M. Trump, protectionniste qu’il est, croit au libre marché. C’est plutôt parce que sa victoire de 2016 dans l’État du Wisconsin — la première d’un candidat républicain depuis Ronald Reagan en 1984 — lui tient à coeur. Il vise à la répéter en 2020. Et quand il a pris connaissance de la grogne des producteurs laitiers wisconsinois autour des efforts du Canada d’empêcher l’entrée au pays du lait diafiltré américain en 2017, le président a fait de leur cause la sienne. « Nous allons prendre la défense de nos fermes laitières au Wisconsin, a-t-il déclaré lors d’un rassemblement à Kenosha en avril 2017. Nous demandons un commerce plus équitable de tous nos partenaires, et cela inclut le Canada. Au Canada, il y a des choses injustes qui ont été faites à l’endroit de nos fermes laitières. J’ai lu là-dessus. »

Cela fait longtemps que notre système de gestion de l’offre est dans le collimateur des États-Unis. Mais du moment où M. Trump a lui-même décidé de s’intéresser au secteur laitier, il est devenu clair que toute renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain passerait par un allègement des mesures protectionnistes canadiennes dans ce domaine. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, et son homologue québécois, Philippe Couillard, savent depuis des mois que le Canada serait vraisemblablement obligé d’ouvrir davantage le marché intérieur du lait aux importations américaines pour protéger d’autres aspects de l’ALENA jugés prioritaires, tels qu’un mécanisme de résolution de différends semblable à ce qui existe déjà selon le chapitre 19 de l’accord de 1993.

Alors, le front commun qu’ont formé cette semaine les chefs de parti québécois pour protéger la gestion de l’offre fut ainsi une pure démonstration de théâtre politique. Tous savent que, tôt ou tard, le Canada devra céder aux demandes croissantes de ses partenaires commerciaux pour en finir avec un système protectionniste qui enfreint catégoriquement les règles de jeu en matière de commerce international, un système que tout autre pays développé a déjà abandonné.

Alors, au lieu de jouer les vierges offensées devant les informations voulant que les négociateurs canadiens s’apprêtent à céder des parts de marché aux producteurs laitiers américains afin de sauvegarder le chapitre 19, les chefs politiques québécois se doivent de donner l’heure juste aux électeurs québécois.

Or, comme me l’a expliqué cette semaine un ancien négociateur canadien dans le domaine du commerce international : « Les meilleurs lobbyistes au Canada sont les producteurs laitiers. Leurs pairs dans le secteur de l’énergie bénéficieraient de leçons de leur part. »

À entendre l’Union des producteurs agricoles, on croirait que toute concession de la part du Canada constituerait une trahison inacceptable qui menacerait la survie même des 5400 producteurs laitiers du Québec. Aucun chef politique n’ose contester ces prétentions, le secteur laitier étant devenu une vache sacrée de la politique québécoise pour des raisons qui tiennent plus au conservatisme des partis politiques québécois qu’à toute autre chose. Comme l’écrivait il y a plus de cent ans Louis Hémon : « Au pays du Québec, rien ne doit mourir et rien ne doit changer. »

Vendredi, les chefs politiques québécois réunis au siège social de l’UPA à Longueuil n’ont pas lésiné sur les mots en exprimant leur dévouement aux producteurs laitiers. « Aujourd’hui, les négociateurs [canadiens et américains réunis à Washington] discutent de la façon dont le Québec sera mangé », a déclaré le chef péquiste Jean-François Lisée. De renchérir Philippe Couillard : « Je n’accepterais aucune modification qui ne soit pas acceptable pour les producteurs laitiers. »

Quant à ces derniers, il faut prendre leur colère avec un grain de sel. Ils demeurent les agriculteurs les plus choyés au pays et s’assoient sur des quotas de production d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. Les quelques points de pourcentage du marché canadien du lait que le Canada s’apprêterait à offrir aux producteurs américains afin de sauvegarder l’ALENA ne menaceraient pas pour autant le mode de vie des producteurs d’ici, surtout si le gouvernement fédéral s’engage à leur offrir une compensation adéquate, comme il l’a fait lors de la signature de l’Accord de libre-échange avec l’Union européenne.

Les producteurs d’ici détiendront toujours un monopole sur le lait de consommation, et les fromages étrangers n’occuperont toujours qu’une petite part du marché canadien. Mais au pays du Québec, aucun chef politique n’aura le courage de dire tout cela, de peur d’indisposer les rois laitiers.

31 commentaires
  • Jacques Morissette - Abonné 1 septembre 2018 03 h 06

    En effet, l'intervention des chefs de parti au Québec, c'est du théâtre électoraliste et les metteurs en scène sont les rois laitiers.

    En effet, du théâtre politique pour des raisons électoralistes et, comme vous dites, par manque de courage des politiciens. «Les producteurs d’ici détiendront toujours un monopole sur le lait de consommation, et les fromages étrangers n’occuperont toujours qu’une petite part du marché canadien.» Une entrevue entendue a RDI économie avec deux spécialistes hier soir semble confirmer vos arguments. Ci-dessous, l'entrevue en question:

    https://www.facebook.com/rdieconomie/videos/543484082751228/

    • Nadia Alexan - Abonnée 1 septembre 2018 11 h 44

      Ce que monsieur Yakabuski a oublié de mentionner dans sa chronique c'est le fait que les agriculteurs américains sont grassement subventionnés, ce qui démontre l'hypocrisie du président Trump.
      De plus, ce que personne n'a mentionné auparavant, c'est le fait que l'hormone de croissance bovine (BGH), un produit destiné à stimuler la production du lait chez les vaches laitières est interdit au Canada, mais pas aux États-Unis. Ce qui rend notre lait plus sécuritaire pour la santé, car nous sommes protégés des effets néfastes de cette hormone.
      Ce ne sont pas les lobbyistes québécois qui ont tort de protéger la «gestion de l'offre», mais plutôt le gouvernement américain qui se plie devant le chantage de ses multinationales aux dépens de ses citoyens!

    • Jean-Yves Arès - Abonné 2 septembre 2018 12 h 38

      Mme. Alexan, la somatotropine dans la production laitières est permise aux É-U, mais plus de la moitié de la production se fait sans cet ajout puisque que la demande des consommateurs y est, et que même certains États interdisent sont utilisation. Comme son utilisation n'est permise au Canada on peut présumer que le lait diafiltré qui a trouvé sa place sur le marché canadien avant qu'il soit exclu dernièrement ne devait pas en contenir Exclusion qui a par ailleurs "cristalliser" la position anti gestion de l'offre du présent gouvernement américain.

      Pour les subventions il y en a aussi chez nos fermiers laitiers. Et le système de gestion de l'offre est une forme subvention directement payé par le consommateur a hauteur de plusieurs centaines de $ par famille. Ce qui se traduit par une distribution socialement régressive de cette subvention qui prend une part du budget bien plus grande dans les familles du premier quintile des revenus, versus celles du cinquième. Genre 2.5% du revenu pour le premier et .5% pour les plus riches.

  • Gilles Bonin - Abonné 1 septembre 2018 05 h 44

    En ce post-ère

    des ententes commerciales multilatérales, il faut comprendre pour leur pérennité de ces ententes tient à la capacité des états concernés à équilibrer les bénéfices et les sacrifices pour viser un plus juste équilibre. La gestion de l'offre va lourdement écoper si l'on veut une entente. Toutefois un point important à soutirer aux américains- et selon Trump, n'y pensons même pas, dans le cadre d'une future ALENA: l'abandon des subventions astronomiques données directement ou indirectement aux agriculteurs américains (ou nous permettre d'en faire autant) et l'abandon d'imposer des taxes et tarifs avant d'avoir gain de cause devant une instance «la plus neutre possible» comprise nécessairement dans une telle entente. Si on ne rencontre pas cela, peut-être aussi bien abandonner l'ALENA qui n'est déjà plus qu'un emballage de deux peut-être futurs accords bilatéraux et jouer les autre ententes internationales et, enfin, se dégager de la trop grande dépendance du suel marché américain (75, 85%). Mais cela demande de l'effort, du sacrifice... et cela ...?????

  • Bernard Terreault - Abonné 1 septembre 2018 07 h 51

    La voix dissidente

    Le chroniqueur va se faire des ennemis ! Maudit albertain qui fait la leçon aux Québécois.

    • Cyril Dionne - Abonné 1 septembre 2018 10 h 44

      Eh! Konrad Yakabuski, la voix dissidente? Ce cher monsieur représente toutes les couleuvres que les mondialistes veulent nous faire avaler.

      Oui, les agriculteurs d’ici détiendront toujours un monopole sur le lait de consommation, et les fromages étrangers n’occuperont toujours qu’une petite part du marché canadien. Où est le problème? On imagine aussi que M. Yakabuski préfère le lait américain remplit d’hormones de toutes sortes. Les Québécois parleront d’une seule voix si les Américains et les fédéralistes à la Trudeau changent une virgule de la gestion de l’offre. C’est non-négociable. Qu’ils nous foutent la paix et qu’ils s’en prennent à l’industrie automobile dans le sud de l’Ontario, celle-là même qui a profité des subsides par milliards du gouvernement fédéral.

      Le régionalisme a bien meilleur goût. Le Québec moderne d’aujourd’hui a été construit par ses agriculteurs. On imagine que certain préfèrent les multinationales et les banquiers, qui usurpent la légitimité des États grâce à la porosité accrue des frontières tout en s’efforçant d’échapper à leurs devoirs fiscaux. Oui au protectionnisme, au nationalisme et au régionalisme pour protéger l’économie des gens d’ici.

    • Claude Gélinas - Abonné 2 septembre 2018 09 h 20

      Et vlan dans le mille ! Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 2 septembre 2018 13 h 01

      Le régionalisme m. Dionne n'implique une obligation de cartel comme les producteurs laitiers l'on (et dont, accessoirement, que les syndicat rêvent d'implanter dans l'enseignement).

      La gestion de l'offre a été construite QUE dans l'intérêt des producteurs, avec distribution gratuite des quotas, mais revente a prix d'or, ce qui cadenas l'entré au métier pour les jeunes.

      Pour le moins cette gestion de l'offre a besoin d'une trrrrès sérieurse réforme pour quelle soit autre chose qu'un cartel qui impose ses intérêts a toute une population.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 septembre 2018 15 h 51

      Cher M. Arès,

      Le régionalisme a bien meilleur goût. La gestion de l'offre des producteurs d’ici, par les producteurs d'ici et pour les producteurs d'ici. Où est le problème M. Arès? Lorsque l’argent est dépensé localement et est retenu dans la communauté avec des producteurs qui paient taxes et impôts, encore une fois, où le problème M. Arès? Est-ce que vous préférez donner votre argent à des multinationales américaines avec leur lait et leur viande pompés aux stéroïdes?

      Est-ce que vous avez déjà vécu aux États-Unis ? Si oui, vous comprendriez que sans gestion de l’offre, les prix augmentent au bon plaisir des grands distributeurs de nourriture. Un exemple typique est la Californie. Vous penseriez que la nourriture serait mieux dispendieuse, surtout les fruits et légumes, et pourtant, elle est plus couteuse qu’ici. Idem pour la viande et la volaille. C’est « ben » pour dire.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 3 septembre 2018 00 h 04

      Il n'y a pas de problème a avoir de la production régionale, mais a condition que l'on ne s'enferme pas dans un modèle qui bloque toutes initiatives et débouche sur une structure rigide, industrielle, monoculturale et mono-culturel, et étouffante.

      Le fait que le lait diafiltré a pu passer la frontière sans surtaxes a permis aux transformateurs d'ici d'offrir des produits laitier comme les yogourts ou les fromages, a bons prix, au bénéfice de la population. Et a la fin, a cause de cette compétition venant de l'extérieur de la bulle québécoise, les producteurs d'ici ont trouver moyen de produire et fournir a nos transformateurs du lait semblable au même prix que celui des américains. Remarquez que les producteurs du Québec étaient très retissant a la chose, alors que ceux de l'Ontario acceptaient mieux l'idée.

      Sans compétition de l'extérieur cet ajustement ne se serait jamais fait. Et encore, Sylvain Charlebois, professeur titulaire à la Faculté en Management et en Agriculture à l'Université Dalhousie (rares références médiatiques indépendantes sur le sujet) disait toujours en 2017 que le coûts des productions laitières au Québec sont les deuxième les plus élevés au monde, derrière ceux de la Suisse...
      Il reste toujours que le lait ici est 35% plus cher que le prix moyen du nord-est des É-U, et 50% de plus que la moyenne américaine. Et ce même au taux de change défavorable.
      www.goo.gl/ftIoQj

      Pour le reste bien sûr que le prix au détails diffèrent selon la richesse des villes et des États. Celui de New York est au double prix de celui de Phoenix en Arizona. On doit toujours bien pas s'attendre a prix unique dans un si grand pays, au si grandes variantes d'une région a l'autre.

  • François Beaulé - Abonné 1 septembre 2018 08 h 13

    Le lait, la volaille et les oeufs

    La gestion de l'offre ne s'applique pas seulement au lait mais aussi à la volaille et aux oeufs. C'est donc une partie importante de l'assiette des Canadiens qui est en jeu. L'ensemble des produits alimentaires touchés par la gestion de l'offre représente une valeur de 33 milliards $ par année. Lire un compte-rendu objectif de la question ici : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1120695/economie-alena-gestion-offre-canada

    Il faut savoir que les États-Unis offrent des aides directes à leurs producteurs agricoles plutôt qu'une gestion de l'offre. Je serais étonné qu'ils proposent de cesser ces aides en échange de l'abandon de la gestion de l'offre canadienne. Il est aussi faux de prétendre que les producteurs de lait américains sont floués par la gestion de l'offre puisque celle-ci limite non seulement les importations mais aussi les exportations canadiennes.

    Il faut aussi aborder la question de la sécurité alimentaire. Que se passerait-il si une crise économique majeure survenait ? N'est-il pas prudent que le Canada s'assure d'une production équivalente à sa consommation de volaille, d'oeufs et de lait ?

    • François Beaulé - Abonné 2 septembre 2018 06 h 39

      Bien au contraire que de renoncer à la gestion de l'offre pour le lait, les oeufs et la volaille, le Canada devrait étendre ce procédé à d'autres denrées alimentaires, notamment la viande. En plus de la volaille, le porc et le boeuf devraient faire l'objet d'une gestion de l'offre. Ainsi l'on pourrait améliorer les conditions d'élevage auxquelles ces pauvres bêtes sont soumises. Alors qu'une augmentation du prix de la viande qui en résulterait permettrait de réduire la consommation de viande, une nécessité écologique. Cela permettrait aussi de revenir à des élevages moins industriels, au bénéfice des petits éleveurs.

      Actuellement, l'élevage du porc est fortement subventionné. Cela induit une baisse des prix à l'échelle d'un marché international. Cette façon de faire stimule la demande. Les gouvernements incitent donc une augmentation de la consommation et de la production de la viande, au péril de l'environnement. Il faut absolument mettre fin à cela. Certains revendiquent de taxer la viande pour en réduire la consommation. Ce serait un erreur. Une gestion de l'offre serait beaucoup plus appropriée puisqu'elle améliorerait le sort des bêtes et des éleveurs, ce qu'une taxe ne ferait pas.

      Les groupes écologistes et les défenseurs des animaux devraient se réunir pour revendiquer la cessation des subventions aux producteurs de viande et l'instauration d'une gestion de l'offre.

  • Claude Bariteau - Abonné 1 septembre 2018 08 h 20

    Et si une entente existait...

    Qui vous dit qu'une entente n'existe pas sur le lait à l'image de celle conclue avec l'UE et l'Accord de Partenariat transpacifique ?

    Et pourquoi vous ne faitres pas allusion au théâtre pour décrire la remise à mercredi des discussions et du déplacement du délai de trente jours pour les finaliser sans déroger au programme envisagé par le Président Trump ?

    Oui, trente jours qui mène à la date du scrutin au Québec de sorte que les mauvaises nouvelles n'influenceront la réélection souhaitée par le PLC du PLQ pour finir sa job de bras au Québec.

    Ce qui m'étonne dans vos propos, c'est votre incapacité à décoder la pièce qui s'est jouée ce vendredi par des spécialistes en la matière : le Président Trump et le PM canadien.

    À propos, dans votre analyse des producteurs de lait gras durs, quelle crampe au cerveau vous a empêché d'écrire que les producteurs de lait aux États-Unis sont grassement subventionnés.

    Quelle autre crampe vous a amené à oublier que le PLQ, la CAQ et le PQ ont accepté des brèches dans la gestion du lait, avec compensation, dans deux accords récents, ce que savent très bien les négociateurs canadiens ?

    Puis, pourquoi vous avez oublier que le dossier de l'automobile a été réglé avec l'entente entre le Mexique et les États-Unis aux dires de la négociatrice canadienne, qui la considère appropriée pour le Canada.

    En fait, sur la scène à Washington, il ne restait comme excuse que l'article 19 sur l'arbitrage des règlements, que le Mexique a accepté de mettre sous le tapis.

    En acceptant de radier cet article, le Mexique et les États-Unis ont placé le Canada en position défensive après que fut mis de côté le dossier de l'automobile. C'est le prix à payer par le Canada pour tirer avantage de l'ALÉNA.

    Mais quel prix au juste pendant six ans ? Oui, six ans, car il revenir à la charge s'il fait la preuve qu'il a été lésé par des décisions des tribunaux américains.

    • Cyril Dionne - Abonné 1 septembre 2018 11 h 33

      Vous avez raison M. Bariteau. Une entente existe déjà entre les négociateurs américains et canadiens sur la gestion de l’offre. Un des litiges avec ceux des chapitres 11 et 19, est de chiffrer le pourcentage de la part de marché des Américains. Le gouvernement de Trudeau a déjà calculé le niveau de compensation pour les fermiers qui s’élève à plus de quatre milliards de dollars. Ils ont déjà sacrifié les fermiers québécois pour l’industrie automobile de l’Ontario. Il reste seulement quelques semaines pour finir la négociation avec les Américains puisque ces derniers doivent rendre compte au Congrès américain à la fin de septembre, ceci juste avant les élections québécoises.