Le bulletin ministériel

Lucie Charlebois (Santé publique) ne pouvait pas faire l’unanimité, mais elle a fait adopter un projet de loi responsable sur le cannabis, malgré les obstacles que le « fédéralisme de guerre » du gouvernement Trudeau a placés sur son chemin. A

Après les années d’austérité, les universités ont enfin reçu un peu d’oxygène. Hélène David (Enseignement supérieur, Condition féminine) a forcé la levée du lockout et la poursuite des négociations à l’UQTR. Une détermination sans faille dans la lutte contre les inconduites sexuelles. A

Le budget de Carlos Leitão (Finances) a été généralement bien accueilli. Il a imposé la TVQ aux abonnés de Netflix et a eu le bon sens de modifier son projet de loi sur l’encadrement du secteur financier. Il a toutefois dérapé en accusant François Legault de pratiquer un « nationalisme ethnique ». A–

Le ministère des Transports a cessé d’être une source d’embarras pour le gouvernement depuis l’arrivée d’André Fortin, en qui certains voient déjà un futur chef du PLQ. Malgré son aplomb à l’Assemblée nationale, il n’a cependant pas pu justifier que les trains du futur REM soient fabriqués en Inde. B

Avant de partir, Martin Coiteux (Sécurité publique, Affaires municipales) a pu mettre sur pied le comité de surveillance de l’UPAC, mais il a dû renoncer à interdire les pitbulls. B

Dominique Vien (Travail) a passé outre les objections du patronat en imposant une troisième semaine de vacances et en interdisant les « clauses orphelins » dans les régimes de retraite. B

Pierre Moreau (Ressources naturelles) avait été la révélation de la course de 2013, mais il donne déjà l’impression d’un homme du passé. L’entrée en scène d’Alexandre Taillefer l’a visiblement agacé. Il a banni l’exploitation du gaz de schiste des basses terres du Saint-Laurent et éloigné les forages des périmètres urbains. B

Même si seulement 84 000 personnes les plus démunies en bénéficieront, François Blais (Emploi, Solidarité sociale) a au moins pu instaurer l’embryon du revenu minimum garanti universel dont il rêvait. B

L’affection de Geoff Kelley pour les autochtones n’a jamais fait le moindre doute. Il est le premier à reconnaître que les progrès sont très lents, mais il a su se garder de tout paternalisme. B

     

L’ultimatum que David Heurtel (Immigration) a lancé au gouvernement fédéral dans le dossier des migrants a porté ses fruits, mais il quittera la vie politique sans avoir produit la politique sur l’interculturalisme promise. B–

L’économie québécoise se porte mieux, mais Dominique Anglade (Économie) n’a convaincu personne que céder gratuitement la CSerie à Airbus était une bonne affaire. Elle aurait dû garder secrète son ambition de devenir chef. B–

L’UPA était ravie du retour de Laurent Lessard à l’Agriculture et pleure déjà son départ, mais le dossier de la taxe foncière agricole, qui avait déclenché la guerre avec Pierre Paradis, n’est toujours pas réglé. C

À l’instar de sa vis-à-vis fédérale, Catherine McKenna, Isabelle Melançon présente un visage sympathique à l’Environnement, mais l’action ne suit pas toujours le discours. Le dossier de l’eau potable à proximité des forages pétroliers et gaziers n’est toujours pas réglé. Un recul malheureux dans la protection des milieux humides. C

Malgré une réelle amélioration, Gaétan Barrette (Santé) a manqué à son engagement de donner accès à un médecin de famille à 85 % des Québécois. Après les avoir injustement blâmées, il s’est finalement assis avec les infirmières pour régler le problème de leur surcharge de travail. C

Marie Montpetit (Culture) a déposé une nouvelle politique qui n’est pas sans valeur, mais qui est venue trop tard. Un court-circuitage désolant du conseil d’administration de BAnQ pour lui imposer Jean-Louis Roy. C

La question de la laïcité aura hanté Stéphanie Vallée (Justice) du début à la fin de son mandat. Les lignes directrices attendues pour baliser les demandes d’accommodement raisonnable ne règlent strictement rien. Le projet de loi pour protéger les sources journalistiques a heureusement été adopté. C

Sébastien Proulx (Éducation) ne semble pas avoir de solution au décrochage scolaire, sinon blâmer les parents. La réfection des écoles a été accélérée, mais l’encadrement des 2000 enfants qui font l’école à la maison demeure insuffisant. Une nouvelle directive entend interdire les frais scolaires abusifs, mais celle qu’il a édictée l’an dernier n’a pas réussi à éliminer le phénomène des notes gonflées. C–

Luc Fortin (Famille) a eu un regain d’intérêt pour les CPE. Malgré les nombreux cas de négligence survenus dans les garderies non régies, il estime toutefois qu’il appartient aux parents de faire les vérifications nécessaires. C–

Le gouvernement a décidé de déménager à prix d’or la délégation à Paris pour « renforcer la diplomatie d’influence du Québec », a déclaré Christine St-Pierre (Relations internationales). On a pu en mesurer les limites quand le président Macron a préféré prendre un bain de foule à Montréal plutôt que de s’adresser à l’Assemblée nationale. C–

     

Par une entente qui demeure nébuleuse, Pierre Arcand (Trésor) a laissé les médecins spécialistes partir avec la caisse sans même s’assurer que leur rémunération puisse être révisée à la baisse s’il s’avère qu’ils gagnent plus que leurs confrères ontariens. D

Robert Poëti (Intégrité des marchés publics) avait provoqué une chasse aux sorcières au ministère des Transports sur la foi d’allégations qui ont été jugées sans fondement par la vérificatrice générale. Il aurait dû aviser le premier ministre de son départ avant de l’annoncer. D

Égal à lui-même, Jean-Marc Fournier (leader parlementaire, Relations canadiennes) a conclu sa carrière par deux coups pendables : miner la crédibilité de la commissaire à l’éthique afin de protéger Pierre Paradis et imposer le bâillon pour faire adopter un projet de loi que La Presse avait demandé trop tard. Après 25 ans à l’Assemblée nationale, il a finalement découvert qu’Ottawa « manque de respect » envers le Québec. D

Elle a beau se répandre en lamentations, Francine Charbonneau (Aînés) assiste impuissante aux fermetures sans préavis de résidences pour personnes âgées. Elle fait regretter Marguerite Blais à ses collègues. D

Après s’être battue bec et ongles pour obtenir l’investiture libérale dans la circonscription fusionnée de Laviolette–Saint-Maurice, Julie Boulet s’est soudainement dégonflée devant la perspective d’une défaite. D

Luc Blanchette (Faune) a soulevé un tollé en confiant l’exclusivité de la pêche au saumon du Nord à des pourvoiries privées qui ne s’adressent pas à ce qu’il a appelé la « clientèle de Walmart ». E

Une ministre responsable des Institutions démocratiques qui est blâmée pour outrage au Parlement, c’est un comble. Kathleen Weil a présenté son projet de loi sur l’accès à l’information avec une lenteur qui contraste avec la diligence dont elle a fait preuve pour renforcer le secret ministériel. E

6 commentaires

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  • Louise Nepveu - Abonnée 16 juin 2018 05 h 50

    Un "E"

    C'est très généreux de mettre un "B" au ministre dit de la "Sécurité" publique à qui j'aurais spontanément donné un "E" pour avoir lâchement plié devant le lobby des pro-pitbulls" et cautionné le manque de jugement de Valérie Plante, tous deux bafouant le principe de précaution le plus élémentaire.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 16 juin 2018 08 h 29

    Anglade, la pire ministre de l'économie depuis celui du cabinet Bertrand, de l’Union nationale

    Je vous trouve bien indulgent à l’égard de Dominique Anglade.

    Dans tous les dossiers importants, la verbomotrice ministre de l’économie se contente de dire qu’elle défendra bec et ongles les emplois au Québec, mais son gouvernement se contente d’offrir des prêts aux secteurs touchés par le protectionnisme américain. Ce qui ne règle rien puisque ces prêts doivent être remboursés. Autrement, c’est le perroquet du fédéral.

    Le fédéral multiple les subventions (c’est-à-dire les dons) à l’industrie automobile ontarienne alors que la ministre justifie l’absence d’aide véritable à Bombardier en disant que la compagnie n’en a pas besoin.

    Le pire score à été dans le contrat perdu d’hélicoptères _civils_ québécois. Ce contrat représentait des retombées économiques de 2,7 milliards$ pour l’économie québécoise. En apprenant son annulation, la ministre s’est contentée de dire que le Québec veut bien exporter, mais pas à n’importe quel prix. Pas fort pour une ministre de l’économie.

    J’ai eu l’occasion de tourner en ridicule la manie de la ministre de rester assise sur son steak dans le texte intitulé ‘Le derrière miraculeux de la ministre’.

  • Denis Gervais - Abonné 16 juin 2018 09 h 25

    Gonflement de note ministérielle

    Je crois que les notes que M.David a donné aux ministres du gouvernement Couillard sont fortement gonflés ! M Barette mérite aux mieux un D- lorsque l’ont regarde la débâcle des fusions les fameuse super clinique et l’ouvertu Au privé.
    Dominique Anglade avec le scandale de la vente de La CSeries mérite un E.

  • Mario Jodoin - Abonné 16 juin 2018 12 h 25

    Garanti et universel?

    «l’embryon du revenu minimum garanti universel»

    Même si le mot «embryon» en diminue le sens, il demeure que M. David parle en fait d'une hausse de prestation étalée sur cinq ans (donc appliquée entièrement dans deux élections) à une partie minime des bénéficiaires de l'aide sociale. Non seulement le revenu tiré de ces prestations n'est-il pas garanti (il faut continuer à satisfaire à des critères précis), mais, étant attribué à une catégorie bien précise de la population, il n'est pas, par définition, universel. Je m'attriste de voir M. David accepter de véhiculer l'abus de langage de M. Blais, qui détourne de son sens une mesure qu'il a pourtant défendue pendant des décennies.

  • David Cormier - Abonné 16 juin 2018 13 h 34

    M. David se montre encore une fois complaisant. Jean-Marc Fournier, Stéphanie Vallée, Dominique Anglade et Gaétan Barrette méritent un F. Et je sais que les chefs de parti ne sont pas inclus, mais Couillard mérite lui aussi d'être recalé. D'après moi, il passera à l'histoire comme le pire premier ministre du Québec de tous les temps. Or, je sais que M. David n'oserait pas être trop sévère avec cet homme "intelligent".