Un problème de tension

Il y a maintenant 50 ans que la crise de Saint-Léonard a posé brutalement la question de l’intégration des immigrants, qui demeure plus que jamais au centre du débat politique québécois.

À l’automne 1968, quand la communauté italienne de cette paisible localité à majorité francophone a refusé d’inscrire ses enfants à l’école française et tenté de s’en approprier une autre où ils pourraient étudier en anglais, c’est le Québec tout entier qui a pris la mesure du problème.

Grâce à la « revanche des berceaux », qui s’était traduite par un taux de natalité stupéfiant, l’immigration était restée jusque-là une préoccupation secondaire. La prise de conscience des nouvelles réalités démographiques a causé un choc.

En 1989, le documentaire de Lise Payette et Jean-François Mercier, intitulé Disparaître, se voulait la chronique d’une mort annoncée. Après deux siècles de survivance héroïque, la nation canadienne-française, qui commençait tout juste à se découvrir québécoise, était-elle arrivée à la fin du voyage ?

Cette hantise s’est installée à demeure. L’adoption de chaque loi à caractère linguistique a pris des allures de psychodrame. Victimes d’une infériorisation systématique depuis des générations, bon nombre de Québécois en sont arrivés à douter de leur droit à l’affirmation, voire à l’existence collective.

En faisant adopter la Charte de la langue française, Camille Laurin voulait exorciser cette peur et il a en partie réussi. Le retour à l’affichage commercial bilingue n’a pas causé la catastrophe que d’aucuns prédisaient. Même si plusieurs de ses articles ont été invalidés par les tribunaux, l’essentiel de la Charte a été maintenu et plusieurs ont cru que la partie allait être gagnée.


 

De toute évidence, le sentiment d’insécurité demeure. Au train où vont les choses, les questions relatives à l’immigration seront au coeur de la prochaine campagne électorale comme elles ne l’ont jamais été auparavant.

La crise des accommodements raisonnables de l’automne 2006 avait bien soulevé les passions, mais la création de la commission Bouchard-Taylor avait permis de mettre la question entre parenthèses, de sorte que l’élection de mars 2007 avait porté largement sur le bilan du gouvernement Charest.

Même si la charte de la laïcité avait monopolisé la deuxième moitié du bref mandat de Pauline Marois, il en a été très peu question durant la campagne du printemps 2014, bien que de nombreux électeurs l’eussent sans doute à l’esprit.

Après des décennies de polarisation entre fédéralisme et souveraineté, le report du référendum devait en principe resituer la dynamique politique québécoise sur un axe gauche-droite, mais la question identitaire n’a pas été évacuée pour autant, bien au contraire.

Aux yeux d’un grand nombre de francophones, la création d’un État indépendant devait régler le problème. À partir du moment où il deviendrait clair pour tout le monde que le Québec était une société essentiellement française, où le bilinguisme et le multiculturalisme à la canadienne n’avaient pas leur place, la question de l’intégration des immigrants ne se poserait plus. Soit ils accepteraient les règles de leur pays d’accueil, tout en l’enrichissant de leur diversité, soit ils iraient s’installer ailleurs.

Même pour ceux qui hésitaient à rompre les liens avec le Canada, l’indépendance constituait une sorte de police d’assurance au cas où. Maintenant que cette perspective s’est éloignée, c’est le moins qu’on puisse dire, il devient de moins en moins certain que la société québécoise a la capacité, voire la volonté, d’imposer son modèle aux nouveaux arrivants.


 

La désaffection des francophones envers le PLQ ne s’explique sans doute pas uniquement par son laisser-faire sur les questions identitaires, mais le contraste avec l’appui massif dont il bénéficie chez les non-francophones permet de penser qu’il y est pour beaucoup.

Le fédéralisme du premier ministre Couillard est trop inconditionnel pour qu’il ose exiger les conditions auxquelles il pourrait être aménagé pour rassurer les francophones, et la pitoyable saga de la loi 62 sur la neutralité religieuse de l’État a démontré qu’il n’est pas même prêt à utiliser les moyens dont le Québec dispose actuellement.

Le sentiment d’insécurité que ressentent ceux qui se tournent vers les solutions proposées par la CAQ, que seul un État souverain pourrait d’ailleurs appliquer, devient d’autant plus fort que le besoin économique auquel répond l’immigration devient plus criant.

Le mythe des « voleurs de jobs » a volé en éclats. Dans un Québec vieillissant, l’apport de la main-d’oeuvre immigrante est devenu une nécessité. Partout, y compris dans les régions, les entreprises lancent des SOS.

Même si la question de l’intégration des immigrants n’est pas nouvelle, les Québécois n’ont jamais été soumis à un tel niveau de tension entre l’insécurité culturelle et les impératifs de l’économie. La solution n’est pas simple.

25 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 26 mai 2018 06 h 16

    Bravo !

    Dans ce texte brillant (à lire et à relire), Michel David montre bien le dilemme cornélien de la CAQ.

    Ce parti contribue à une psychose antimigratoire alors que sa politique à ce sujet, clé de voute de son programme électoral, est son talon d’Achille. Et c’est précisément parce que cette faille met en péril sa crédibilité que ses adversaires s’acharnent à ce sujet.

    Ce parti s’appête à enfourcher une picouille — sa politique migratoire actuelle — comme cheval de bataille de son combat contre l’immigration. De toute évidence, la CAQ risque de payer cher ce choix de monture.

    En faisant la promotion de mesures coercitives qu’elle ne peut réaliser qu’après l’indépendance du Québec, la CAQ suscite des espoirs qui ne peuvent trouver leur aboutissement que si ses sympathisants portent au pouvoir une autre formation politique…

    Tout un paradoxe !

  • Pierre Deschênes - Abonné 26 mai 2018 06 h 34

    L’utile tension

    Les gouvernements sont certainement conscients du « problème de tension » que vous mentionnez et s’en servent malheureusement au détriment du bien commun dans l’unique et triste but de conserver leur pouvoir. Et, malheureusement toujours, il ne faut pas compter sur Philippe Couillard pour abaisser une tension qui le sert, et encore moins pour raviver un sentiment d’affirmation nationale chez ses commettants qui clarifierait et faciliterait les critères d’intégration des nouveaux arrivants.

    • Claude Bariteau - Abonné 26 mai 2018 09 h 14

      M. Deschênes, la solution implique d'abord de clarifier le problème.

      1. M. David recoure au concept de « nation canadienne-française » et écrit qu’elle s’est découverte « québécoise » en 1968. Vous faites de même en parlant d'affirmation nationale.

      Le terme nation renvoie à un pays et s’oppose à celui des sociétés préhistoriques. Dans le cas du Québec,
      il n'y a ni l'une ni l'autre, mais une « pré-nation » puisque la « nation » n’en est pas une de pays.

      2. En ciblant un groupe présent au Québec, la conséquence est de minimiser les régimes britannique et canadien qui ont façonné cette histoire depuis 1763.

      De cette conséquence découle l'importance du mythe des peuples fondateurs et de l’affirmation des Québécois lors la révolution tranquille. Or, tout ça prend forme, le mouvement patriote ayant été écrasé, au sein du Dominion of Canada de 1867 et du Canada de 1931.

      Avec ce Dominion, le Royaume-Uni défend son territoire, crée une autorité politique d'alliés britanniques et enclave les Français du Québec avec l’aval d’élites locales.

      Reconnu indépendant, le Canada enclenche sa construction nationale et, en 1982, qualifie sa nation de multiculturelle et fait de ses citoyens des ayants droit, le tout en réaction au Québec.

      1995 devient alors un moment critique pour le Canada. Depuis, il s’emploie à faire du Québec un petit-Canada en y distillant sa conception de la nation et de la citoyenneté.

      L’enjeu est là. L’immigration en fait partie parce qu’avec elle la citoyenneté canadienne se répandra, les habitants du Québec n’ayant pas créé leur pays, ni une nation et ni une citoyenneté québécoise.

      3. La solution passe alors par un réalignement du projet d’indépendance en ayant pour socle la citoyenneté et en mettant de l’avant, comme les Patriotes, un système politique que les citoyens et citoyennes définiront.

      Sans cet alignement, il n’y a pas d’issue. Avec lui naîtra par contre un pays de citoyens différents du Canada, car fondé démocratiquem

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 mai 2018 10 h 35

      Vous semblez tenir pour acquis que la recherche du pouvoir et celle du bien commun s'opposent. Ne nous contons pas d'histoires: les motivations mesquines sont toujours le fait des partis auxquels nous n'adhérons pas. Que cela nous plaise ou pas, c'est par leur aptitude, réelle ou présumée, de placer le bien commun en premier que les partis gagnent les élections. Cela vaut aussi, que cela nous plaise ou non, quand ce sont les anglophones qui votent libéral.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 26 mai 2018 16 h 38

      "(L'aptitude des partis, réelle ou présumée, de placer le bien commun en premier) vaut aussi, que cela nous plaise ou non, quand ce sont les anglophones qui votent libéral." - Richard Maltais-Desjardins

      Monsieur Maltais-Desjardins, votre analyse, à laquelle je souscris en partie, doit tenir compte du fait que le "bien commun" tel que vu par les Québécois anglophones, est souvent diamétralement opposé à celui des francophones, notamment au chapitre de la langue, de l'identité, de la culture et de l'éducation. Paradoxalement, ce qui est vu comme le "bien commun" n'est pas le même pour tous et c'est là tout le problème qui nous accable depuis des générations. Au Québec, la recherche du "bien commun" ne mènera nulle part tant que le cinquième de la population continuera à se considérer viscéralement comme "anti-québécois".

    • Claude Bariteau - Abonné 26 mai 2018 17 h 37

      Précisions : les Anglo-Québecois ne forment que 8 % de la populaiton du Québec et parmi eux, plusieurs ont fait du Québec leur patrie. Par ailleurs, les Allo-québécois comptent pour plus de 12 % de la popuulation du Québec et la majorité a fait du Québec sa patrie.

      Ces deux groupes sont plutôt concentrés dans le Grand-Montréal. Leurs votes vont au PLQ ou à QS parce que le PQ et la CAQ valorisent le groupe franco-québécois en invitant les deux autres à converger vers lui. Le problème de la convergence isole, car le Canada de 1982 a valorisé le multiculturalisme.

      Cela dit, adopter cette approche serait faire fi d'une citoyenneté québécoise au-dessus des particularités, y compris celle des franco-québécois. Une telle citoyenneté ne peut apparaître qu'avec la création du pays du Québec qui en fait le socle de la construction d'une nation originale, ce qui implique des débats et un alignement en ce sens.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 mai 2018 06 h 21

      Monsieur Morin, on pourrait dire qu'il y a au moins deux formes de «bien commun». Une qui rélèverait d'un fond de valeurs partagées d'emblée par tous les membres d'une communauté et une autre qui résulterait plutôt de la conciliation de valeurs et d'intérêts divergents, voire opposés. Le pari de la démocratie, c'est de croire qu'en s'y mettant ensemble de bonne foi, on pourra faire l'un et l'autre. Comme lors du débat sur mourir dans la dignité, comme dans celui sur les accommodements religieux. Comme si un nouveau socle que la québécité des années soixante-dix, plus universel, allait désormais commander un aménagement tout nouveau de cette société. J'aime bien la façon toute moderne avec laquelle monsieur Bariteau présente la chose, en passant. Ses fréquents rappels des circonstances de la formation du Canada ne visent pas à essayer d'en infléchir après coup le récit pour qu'advienne une nation restée en friche, mais à indiquer ce qui devra être fait pour que cette société à la vocation collective plus indécise que jamais trouve ses propres voies. À quoi ça va ressembler, on ne sait pas trop. Les enfants ne ressemblent pas aux parents. Pour le meilleur et pour le pire.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 27 mai 2018 10 h 32

      "...on pourrait dire qu'il y a au moins deux formes de «bien commun». Une qui rélèverait d'un fond de valeurs partagées d'emblée par tous les membres d'une communauté et une autre qui résulterait plutôt de la conciliation de valeurs et d'intérêts divergents, voire opposés. Le pari de la démocratie, c'est de croire qu'en s'y mettant ensemble de bonne foi, on pourra faire l'un et l'autre." - Richard Maltais-Desjardins

      Dans un contexte où des groupes ont des intérêts divergents, voire carrément opposés, l'Histoire a prouvé a maintes reprises que ce fameux "pari de la démocratie" se résume le plus souvent à la croyance tranquille qu'avec un rapport de forces approprié, le plus faible se résignera à plier devant le plus fort. La conciliation ne s'impose que pour celui qui est acculé au pied du mur. L'histoire récente du Canada en est une parfaite illustration.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 mai 2018 12 h 14

      Je suis encore une fois pas mal d'accord avec vous, monsieur Morin. Mais j'arrive parfois à être un peu moins pessimiste.

  • Jean-François Trottier - Abonné 26 mai 2018 08 h 57

    La réalité de la grégarité

    M. David,
    D'abord je veux vous féliciter. C'est je crois la troisième chronique de votre part qui dépasse l'événement et donne à réfléchir sur autre chose que la stratégie des partis.
    La nation québécoise n'a pas demandé à exister. Mis à part Champlain il y a 400 ans, personne ne l'a rêvée. Elle a fait objet de négociations entre Rome et Londres, puis de compromissions entre les évêques et le pouvoir.

    Elle a été une réserve d'âmes pour le paradis pour les uns, du cheap labor pour les autres, en tout cas certainement pas une structure nationale avec des volontés, des modes et des mouvances autant flous que diverses comme toute nation.
    C'est comme souvent la répression, une forme d'apartheid dédaigneuse, qui a créé la nation québécoise. Pas de quoi être fier ? Au contraire pourrait-on dire, mais de toute façon quel intérêt ? Elle a survécu, oui, parce que des gens ont souffert.
    La problème est que des gens souffrent encore de ce passé qui n'est pas passé.
    À preuve le vote unanime anglo pour le PLQ. La question n'est pas réglée du tout.

    La grégartité est essentielle à l'humain. C'est ce qui manque à la charte des libertés individuelles qui ne reconnaît pas l'importance des attachements sociaux, identitaires ou pas. Associations, nations, religions et regroupements d'arrivants sont des faits sociaux dont il est ridicule et dangereux de ne pas se soucier. Historiquement ça mené aux pires écroulements.

    Au Québec, terre de minorités, je propose (encore) la création d'un forum permanent des communautés où chaque regroupement qui le souhaite pourra être représenté. Pas de négociations. Du vécu, études ou propositions qui prendront tout leur poids du fait que ledit forum sera une création gouvernementales sans mission précise autre que parler.

    Au gouvernement de donner un écho aux paroles, mais je crois que chaque média y sera.
    Reconnaître cette dimension de l'humain rend, je crois, tout possible. L'ignorer, c'est créer, sinon souhaiter, les tensions.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 mai 2018 10 h 21

      « La grégartité est essentielle à l'humain. C'est ce qui manque à la charte des libertés individuelles qui ne reconnaît pas l'importance des attachements sociaux, identitaires ou pas. »

      Curieusement, on reproche au contraire à la charte canadienne d'encourager le repli communautariste.

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 mai 2018 18 h 06

      Hein ??? Qui ça ? Où ça ???

      La seule phrase qui fasse mention à autre chose que l'individu dans la charte porte sur le droit à l'enseignement dans une seconde langue, "là où le nombre le justifie". Point barre.

      Je ne vois aucun communautarisme dans ce truc. Plus, Trudeau a pensé lamulticulturalisme en réaction contre le biculturalisme proposé par la commission Laurendau-Dunton, qui faisait état de deux communautés et non pas seulement deux langues comme l'aurait souhaité cet idéologue rigide.

      Jamais Trudeau n'aurait seulement prononcé le mot "nation", pas plus pour les Québécois que pour les Amérindiens.

      La charte n'a pas dérivé d'un iota de la pensée pour le moins "impériale" et bien sûr Libérale de P.E. Trudeau.

      Communautarisme ??? Non. Je ne sais quel acrobate des mots vous en a convaincu mais je ne vois pas.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 mai 2018 06 h 37

      Monsieur Trottier, je suis bien d'accord avec vous. La charte canadienne n'encourage pas objectivement le repli communautaire. Je ne qualifierais pas ceux qui le croient d' «acrobates des mots», cependant. Au lieu de points d'interrogations rhétoriques, il y aurait lieu d'examiner des hypothèses. Expressément, celle selon quoi le traitement priviligié fait aux croyances religieuses favorise un repli identitaire politiquement énucléé, une sorte de vie en tribu dont les particularismes seraient salués avec bienveillance chaque Canada Day ou autres grandes cérémonies de LA grande nation canadienne. Je ne partage pas ce point de vue, mais beaucoup estiment que le but, c'était de réduire le Québec français à la condition folklorique de simple expression de la diversité de la nation canadienne. Et même si c'était peut-être le but de Trudeau, je doute que l'esprit et la lettre de la charte canadienne ait inéluctablement cet effet.

    • Jean-François Trottier - Abonné 27 mai 2018 10 h 17

      Pour M. Maltais Desjardins :

      Ah! Dans ce sens-là!
      Vous ne parlez pas de la charte, mais du multiculturalisme dont elle découle.

      C'est ce arrive dans tous les états "postnationaux" depuis les débuts de l'histoire : empires babyloniens, alexandrin, chinois, russes y compris l'URSS, romains (Rome et Byzance)... ou Victorien. Un jour ils explosent, et pas pour des raisons économiques.

      La charte "libéralise" l'individu en omettant sciemment ses liens sociaux (mais sans les nier: on les reconnaît comme un droit... de l'individu), ce qui produit l'effet contraire.

      Pour le moment, les deux partis Libéraux et QS en font leur affaire à même le multiculturalisme.

      Le racolage de Justin avec ses turbans, sa kippa et autres déguisements est pénible. "On" se sent représenté, jusqu'au jour où "on" réalisera qu'il folklorise tout. Alors il s'excusera et passera à d'autres moyens.

      Couillard, lui, se pose en défenseur des minorités tout en coupant drastiquement dans l'intégration et l'éducation. Il ghettoïse le plus possible, crée l'insécurité et vilipende quiconque voit un problème dans les arrivées d'immigrants. Diviser pour mieux régner...

      ...ce qui pourrait être le slogan de QS. Accusations de racisme, de traîtrise, je jurerais entendre les curé de mon enfance pour le ton, et les cocos pour la forme.
      L'art d'ignorer le passé pour le répéter inlassablement...

      PLQ et QS reprochent aux autres la "question" identitaire, mais la belle unanimité chez QS est terriblement identitaire, autant que le vote anglo pour le PLQ. Un vieux truc, hein, d'accuser pour cacher ses propres tares.

      Au Québec le mensonge est de prétendre que les francos forment la majorité alors que médiatiquement, socialement et financièrement c'est archi-faux.
      Hors des 20% d'anglos, le Québec n'est formé que de minorités. En effet, bizarre. À part l'Afrique du Sud, un cas unique.

      Taire ces réalités est de la dernière lâcheté. Les noyer est encore pire.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 26 mai 2018 09 h 36

    Pour une bonne part, la médiocrité de ces emplois ne serait-elle pas en cause?

    Selon l'étude de Statistique Canada publiée en décembre 2017, plus de 46 % des postes vacants au Québec en 2016 concernent des emplois dans la restauration, le commerce de détail et l'agriculture qui n'exigent pas de diplôme ou un diplôme du secondaire. De ces emplois, 40% offrent un salaire en bas de 15 $ l'heure. Des emplois précaires, de moins de 30 heures hebdomadaire…

    Peut-être est-ce en raison de la médiocrité de ces emplois, que ces postes sont vacants…

    • Raymond Labelle - Abonné 26 mai 2018 10 h 22

      Si je vous comprends bien, vous voulez dire "en cause" dans les politiques migratoires? Si oui, pose une question difficile. Si nous sommes moins exigeants en qualification pour une partie de l'immigration économique, qui serait destinée à ces emplois, cela posera-t-il des problèmes d'intégration - l'adaptation pouvant être plus difficile pour des gens moins instruits? À remarquer que le Québec peut exiger une connaissance préalable du français avant l'arrivée quand même.

      Par ailleurs, bien que peut-être pas le but de votre intervention, ce fait pertinent que vous soulevez constitue un bon argument pour la montée du salaire minimum à 15$/heure. À 15$/heure, un peu plus de gens accepteraient peut-être d'occuper ces emplois, un certain temps du moins, ce qui pourrait aussi impliquer un certain roulement.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 mai 2018 14 h 24

      Et si ces emplois sont précaires, des immigrants (ou quiconque en fait) qui ne se qualifieraient que pour ces emplois se retrouveraient souvent sans emploi.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 26 mai 2018 17 h 00

      Si une bonne moitié des emplois à pourvoir sont des emplois dont les Québécois de souche ne veulent pas, que dire de cette autre tranche d'emplois, non-négligeable elle aussi, qui ne trouvent pas preneur parce qu'ils exigent un niveau de connaissances techniques élevé et offrent un salaire nettement supérieur à la moyenne. Ce phénomène, de mémoire, concerne environ de soixante à cent mille postes à pourvoir.

      Je doute fort que l'immigration massive de personnes, ayant pour leur plus grande majorité un niveau d'éducation plutôt bas sinon inexistant, soit une solution à ce problème grandissant. Ce serait plutôt notre système d'éducation, qui ne valorise pas assez les emplois techniques, qui serait ici en cause.

      Une chose demeure cependant: nos chers employeurs, ici comme ailleurs, ne veulent qu'une chose: du "cheap labor" docile en abondance et toujours prêt à se décarcasser, pour l'exploiter à demeure et augmenter sans cesse leur marge de profit. Voilà le libéralisme mondialiste bien compris. Point final et tant pis pour le reste.

    • Raymond Labelle - Abonné 26 mai 2018 23 h 15

      Et l'immigration sélective de personnes qualifiées, si elle peut nous aider, constitue, d'une certaine manière, un pillage des ressources humaines du pays d'origine. Et une perte de l'investissement du pays d'origine dans la formation de l'immigrant.

  • Jean Lapointe - Abonné 26 mai 2018 09 h 56

    La perspectivee de l'indépendance n'est pas abandonnée.

    «Maintenant que cette perspective s’est éloignée, c’est le moins qu’on puisse dire, il devient de moins en moins certain que la société québécoise a la capacité, voire la volonté, d’imposer son modèle aux nouveaux arrivants.» (Michel David)

    Cette perspective (l'indépendance du Québec) s'est éloignée c'est sûr mais il ne faut pas laisser croire qu'elle a été abandonnée. Le Parti québécois à ma connaissance a comme premier objectif de gagner les prochaines élections dans l'espoir de redonner confiance aux Québécois et dans l'espoir de stimuler leur volonté pour que la question de l'indépendance puisse être au programme du Parti lors des élections de 2022.

    C'est ambitieux comme projet c'est évident mais je ne vois pas comment le parti aurait pu faire autrement.

    Mais il est important que les Québécois le sachent. Il aurait été souhaitable que Michel David le mentionne mais il a plutôt laissé entendre que l'indépendance était reportéa aux calendes grecques.

    Ce qu'il faut faire c'est tenter de faire voir aux Québécois qui ont l'intention de voter pour la CAQ, surtout parce qu'ils ne veulent plus des Libéraux, qu'ils risquent alors, si jamais la CAQ l'emportait, de se retrouver dans une situation encore pire qu' elle ne l'est actuellement parce qu'avec la CAQ au pouvoir la perspective de voir le Québec indépendant serait encore beaucoup plus éloignée voire même abandonnée définitivement.

    L'indépendance ne règlerait pas complètement tous les problèmes liés à l'immigration parce que le problème se pose partout dans le monde et que les façons de les maîtriser sont très complexes mais, au moins, le Québec serait plus en mesure de leur faire face parce qu'il disposerait de plus de moyens pour ce faire.

    Il ne s'agit pas de viser l'idéal mais de tenter au moins d'améliorer les choses. L'indépendance pour moi doit être envisagée dans cette perspective-là.Il s'agit de se donner les moyens de pouvoir mieux faire que ce qui est possible de faire en restant dans