Les limites de l’incitation

Les 84 % de Québécois qui pensent que la francisation des immigrants devrait être obligatoire n’ont rien d’exceptionnel, comme le démontre une vaste enquête sur l’intégration linguistique que le Conseil de l’Europe a menée il y a quelques années auprès des États membres.

Le questionnaire portait sur la connaissance de la langue du pays d’accueil dans trois situations distinctes : l’entrée sur le territoire, la résidence permanente et l’acquisition de la nationalité. En 2010, sur les 31 États qui y ont répondu, 23 exigeaient la connaissance de cette langue dans une ou plusieurs de ces situations. Huit d’entre eux, et non les moindres, en faisaient une condition à l’entrée sur le territoire : l’Allemagne, le Danemark, la Finlande, la France, le Liechtenstein, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

Neuf autres en faisaient une condition de résidence permanente : l’Autriche, l’Estonie, la Grèce, l’Italie, la Lituanie, la Norvège, la République tchèque, Saint-Marin et la Slovénie. Seulement huit ne l’exigeaient en aucune circonstance, pas même pour obtenir la nationalité : la Belgique/Wallonie, Chypre, l’Espagne, la Hongrie, l’Irlande, Malte, la Serbie et la Suède.

Dans les pays d’Europe de l’Ouest, auxquels le Québec peut le plus facilement se comparer, les cours de langue étaient obligatoires dans 8 cas sur 12 et un test pour en vérifier la maîtrise était imposé dans 9 cas. Tous ces pays ne sont pourtant pas gouvernés par des partis « populistes » peu soucieux des valeurs démocratiques. Si les migrations des années récentes leur ont posé un défi certain, la plupart ne se trouvent pas non plus dans une situation où la langue de la majorité exerce un aussi faible attrait sur les nouveaux arrivants qu’au Québec.


 

Malgré le faible taux d’inscription des immigrants aux cours de francisation et le fort taux d’abandon, le gouvernement Couillard refuse d’en faire une obligation, comme le propose la CAQ. Mardi, à l’Assemblée nationale, le seul argument qui est venu à l’esprit du ministre de l’Immigration, David Heurtel, a été le récent article du magazine britannique The Economist qui dénonçait le « nationalisme culturel » de François Legault. Encore un peu et la promotion du français va devenir une mesure d’extrême droite !

Il est vrai que les budgets consacrés à la francisation ont été augmentés en réponse au rapport que la vérificatrice générale a publié l’automne dernier, qui concluait à l’échec de la francisation, mais l’incitation a ses limites. Bien sûr, on souhaiterait que les nouveaux arrivants comprennent spontanément qu’ils ont tout intérêt à apprendre le français. Plusieurs le font et s’en félicitent, mais la preuve est faite qu’il est tout à fait possible de vivre uniquement en anglais, du moins à Montréal.

La réalité canadienne et nord-américaine y est pour beaucoup, mais l’État québécois a aussi sa part de responsabilité. Quarante ans après l’adoption de la Charte de la langue française, les nouveaux arrivants n’ont toujours aucune difficulté à obtenir des services en anglais, tout comme les entreprises qui le désirent, peu importe le parti au pouvoir.


 

Le milieu de travail est aux adultes ce que l’école est aux enfants. C’est le lieu de contact par excellence entre les immigrants et leurs nouveaux compatriotes. Sauf que l’enseignement du français n’est pas l’objectif d’une entreprise.

Même si certains secteurs sont plus problématiques, les mesures prévues par la loi 101 pour faire du français la langue de travail ont relativement bien fonctionné dans les entreprises de 50 employés et plus. Le problème se situe au niveau de la petite ou très petite entreprise, qui emploie la grande majorité des immigrants.

On en est toujours à discuter de ce qu’il conviendrait de faire des entreprises de 26 à 49 employés. Le PLQ refuse de leur imposer quelque obligation que ce soit. Le projet de loi 14 présenté en 2013 par le gouvernement de Pauline Marois, qui faisait preuve d’une grande souplesse, n’a pas pu être adopté.

Jean-François Lisée a repris à son compte cette partie du projet 14, mais tout indique qu’il ne dirigera pas le prochain gouvernement. Les propositions de la CAQ sont encore moins contraignantes et aucun parti n’entend forcer la main aux entreprises de 25 employés et moins, qui représentent plus de 70 % des entreprises au Québec. Il est illusoire de penser qu’elles se chargeront de franciser les immigrants. En matière de langue de travail, la tendance est plutôt à la bilinguisation des francophones.

Si l’apprentissage du français ne peut pas être facultatif, il faut en revanche y consacrer les ressources nécessaires, notamment en offrant des allocations plus généreuses, et se montrer patient si les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. S’intégrer à une nouvelle société est déjà une expérience suffisamment angoissante sans que la menace d’une expulsion vienne encore augmenter le niveau de stress.

39 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 28 avril 2018 01 h 29

    L’arrêt de l’anglicisation du Québec passe par l’election du PQ

    Les cours de francisation n’ont aucune obligation de réussite. Une partie de ceux qui s’y inscrivent ne le font uniquement parce qu’ils sont payés pour ce faire. Dès que cesse l’allocation de l’État à ce sujet, ils retournent à leur processus clandestin d’anglicisation à domicile puisque c’est cela qu’il juge meilleur afin d’assurer l’avenir de leur famille.

    Résultat : selon Statistique Canada, le taux d’assimilation à l’anglais est de 60% parmi les néoQuébécois.

    En somme, augmenter les budgets à ce sujet, c’est mettre plus d’eau dans un panier percé.

    Voilà pourquoi il faut faire comme la Grande-Bretagne. Dans ce pays, la personne qui veut y immigrer — elle et son conjoint — doivent connaître l’anglais _avant_ d’y mettre les pieds :
    https://www.theguardian.com/law/2015/nov/18/immigrants-spouses-must-speak-english-before-entering-uk

    Le PQ veut que la connaissance _préalable_ du français soit un prérequis à l’obtention d’un certificat de sélection à titre de travailleur qualifié.

    De plus, ce parti veut étendre la Loi 101 à toutes les entreprises d’au moins 25 employés, ce qui représentera une tâche colossale.

    La seule manière de faire cesser l’anglicisation de Montréal, c’est l’élection du PQ. La loi 101 est né du PQ et tous les partis fédéralistes du Québec n’ont eu de cesse depuis que de l’affaiblir.

    Le bilan de 15 ans de régime libéral est catastrophique. Quant à la CAQ, rappelons-nous des paroles mêmes de François Legault à la CBC : « I think we’ve put too much emphasis into knowing French. ».

    Bref, au cours des mois qui viennent, j’invite l’éditorialiste à poursuivre sa réflexion à ce sujet et d’en tirer la seule conclusion qui s’impose…

    • Pierre R. Gascon - Abonné 28 avril 2018 11 h 22

      Dis autrement : comment arrêter cet effacement tranquille de la langue française, sinon en ayant cette volonté, comme vous le dites : que la connaissance _préalable_ du français soit un prérequis à l’obtention d’un certificat de sélection à titre de travailleur qualifié. Je n'entrevoie par d'autre solution pratique dans les programmes des autres formations politiques.

      À nous de choisir!

      Rappelons-nous, en 1960, Jean Lesage nous a sorti de notre État qui était ankylosé dans l'inactivité en lançant les mesures réfléchies, souhaitées et nécessaires de la révolution tranquille ... alors, que le PM actuel pratiqueavec une force impétueuse la déformation tranquille de notre sentiment d'appartenance à une culture spécifique des québécois.

      Dormons-nous au gaz? Manquons-nous de vigilance? Réagissons-nous comme nous le devrions?

      Nos élus dorment au gaz!

    • Patrick Boulanger - Abonné 28 avril 2018 14 h 01

      M. Martel, M. David est un chroniqueur et non un éditorialiste au journal Le Devoir.

    • Claude Bariteau - Abonné 29 avril 2018 10 h 11

      M. Martel, votre analyse, comme celle de M. David, met l'accent du le laxisme du PLQ dans le dossier de la langue « officielle » du Québec, et, comme lui, vous misez sur un parti politique, le PQ plutôt que la CAQ, pour redresser le tout.

      Avec le PQ ou la CAQ, ça ne changera pas la structure de base qui manque au Québec pour faire valoir ses exigences en matière linguistique. Cette structure est celle d'un pays indépendant qui peut légiférer sans qu'u autre pays vienne jouer dans ses plates-bandes.

      Tout l'argumentaire de M. David repose sur une étude révélant les positions de pays reconnus. Or, il ne fait pas écho à ce gros détail dans ses conclusions et mise sur une approche provinciale du type de celle de M. Legault. Le PQ a joué cette carte avec René Lévesque et le PLQ en quelques années a brulé les cartes du PQ et la table pour jouer de sorte qu'il faille aujourd'hui non pas inventer un nouveau jeu, mais de construire une table pour affirmer avec elle ce que tout pays peut affirmer, mais pas une simple province.

      Alors, l'IMPORTANT est de se doter d'un pays qui est le SEUL moyen pour avoir des exigences linguistiques qui seront respectées, car, à l'entrée, les immigrants le sauront et ceux qui sont déjà présents sauront que c'est ainsi que ça se passe au Québec et s'ajusteront.

      C'est banal mais fondamental.

    • Raymond Labelle - Abonné 29 avril 2018 10 h 23

      Les mesures mentionnées par M. Martel (et peut-être d'autres aussi, mais certainement celles-là) sont à prendre absolument pour l'avenir du français au Québec. C'est très clair. Elles sont si essentielles et fondamentales et c'est si clair qu'elles devraient faire l'unanimité parmi tous les partis politiques québécois, au-delà de toute considération partisane.

    • Raymond Labelle - Abonné 29 avril 2018 10 h 28

      M. Bariteau, les mesures mentionnées par M. Martel sont efficaces et n'exigent aucun changement constitutionnel. Et le plus tôt, le mieux. Car plus la proportion de francophones diminue, plus la diminution va s'accélérer.

    • Pierre R. Gascon - Abonné 29 avril 2018 13 h 31

      C'est toujours du bonheur de lire votre argumentaire monsieur Bariteau.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 29 avril 2018 15 h 51

      À Claude Bariteau :

      Merci pour votre intervention.

      Que serait aujourd’hui le Québec si René Lévesque et Camille Laurin, plutôt que de faire adopter la Loi 101 en 1977, avaient plutôt choisi d’attendre l’indépendance du Québec pour protéger notre langue ?

      Fondamentalement, vous avez raison : seule l’indépendance du Québec permettrait de nous libérer d’une constitution dont un des buts (par le biais de l’article 23) est précisément d’assurer la lente extermination du peuple francoQuébécois.

      Notre problème immédiat est que seulement 40% de nos concitoyens en sont conscients et que l’autre 60% préfère vivre dans la douce illusion que cela ne peut pas être vrai parce qu’ils se sentent rassurés par l’interface parlementaire charismatique de l’État colonial canadien.

      Bref, le combat pour la survie du français ne peut pas être différé. Par loyauté pour nos ancêtres, nous avons le devoir de prendre tous les moyens du bord — ceux que nous laissent nos colonisateurs — pour nous dresser contre eux dès maintenant.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 29 avril 2018 16 h 25

      Monsieur Bariteau, qu'est-ce qui empêcherait Québec de faire valoir toutes les exigences linguistiques qu'il voudra, en utilisant la clause dérogatoire? S'il ne le fait pas, n'est-ce pas soit que la pression politique n'est pas chez nous suffisamment forte pour lui donner la légitimité de le faire ? Si c'est le cas, la solution politique que vous appelez de vos voeux ne me semble pas pour l'instant supportée par un très grand sentiment d'urgence non plus. De sorte que ce que vous présentez comme la solution à un problème ne serait qu'une autre façon dont le souverain manque de désir d'indépendance se manifesterait chez nous.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 29 avril 2018 16 h 28

      MM. Bariteau et Martel ont tous deux des approches qui peuvent.... se comparer.

      M. Martel, avec sa mesure immédiate...si le parti élu en octobre 18 en fait sa priorité....sitôt en fonction.
      ¨Ca ralentira le déclin de la langue française au Québec... surout à Montréal." Par contre RIEN ne nous garantit
      que le fédéral ne Nous mettra pas des "bâtons dans les roues"...comme il le fit avec la loi 101.

      M. Bariteau, avec son "c'est banal mais fondamental" ...et la mesure (paragraphe) qui précède cette conclusion:
      "Alors, l'IMPORTANT est de se doter d'un Pays qui est le SEUL moyen pour avoir des exigences linguistiques
      qui seront respectées..." Là réside la solution idéale...et souhaitée par bon nombre de Québécois.
      Et le seul parti politique qui peut donner vie à ces deux options...c'est le Parti Québécois.

    • Claude Bariteau - Abonné 29 avril 2018 18 h 26

      Messieurs Labelle et Maltais Desjardins, je ne dis pas qu'il ne faut pas corriger le laxime du PLQ.

      Je dis seulement que toutes mesures provinciales demeurent sujettes à des mesures canadiennes pour les atténuer. L'histoire l'a démontré lorsque le PM Bourassa utilisa la clause dérogatoire. Aussi avec l'élection du PLQ de Charest et de Couillard, qui a conduit à tripoter les règles mises au point.

      Il est possible que la CAQ bombe le torse et que l'Assemblée nationale met de l'avant des mesures, que M. Labelle estime possibles au point qu'il ne voit pas la nécessité de modifier la constitution.

      Mon propos, soit dit en passant, n'a rien à voir avec le support actuel à l'indépendance. Il est un constat fait par nombres d'analystes, dont Jürgen Habermas concernant les prétentions d'une province par rapport à celles d'un pays. Ce n'est pas une autre solution à un problème. C'est la seule solution à ce problème. Toutes les autres ont été essayées et n'ont fait que corriger temporairement la situation ou ralentir temporairement la tendace.

      Je vous rappelle que l'étude citée par M. David traite de pays et non de provinces dans des pays.

    • Raymond Labelle - Abonné 29 avril 2018 21 h 24

      M. David cite les pays qui exigent la connaissance préalable de la langue du pays avant d'en accepter les immigrants. Le Québec peut exiger cette condition pour les immigrants économiques en vertu de ses ententes administratives avec le gouvernement fédéral sans même utiliser la clause dérogatoire.

      L'article 23 de la Charte sur la langue d'enseignement ne s'applique qu'au primaire et au secondaire et la Cour suprême, même à ce chapitre, n'a affecté la loi 101 qu'en ce qui a trait, à défaut de meilleur terme, à l'immigration de citoyens canadiens provenant de l'extérieur du Québec et ayant étudié en anglais au Canada, ce qui représente une bien petite portion de l'immigration totale. Quant à cet aspect à effet limité, il est vrai que la clause dérogatoire ne peut être utilisé à l'encontre de l'article 23.

      En théorie (je ne le recommande pas, juste pour illustrer l'étendue de nos pouvoirs constitutionnels), le gouvernement du Québec pourrait abolir toutes les institutions d'enseignement post-secondaires anglaises et les transformer en françaises, sans que la constitution ne puisse être invoquée contre cette mesure. De façon plus modérée, le Québec pourrait rendre l'obtention de diplôme des universités et cégeps anglais conditionnelle à la réussite et à l'obtention d'un niveau de français de son choix - comme l'intermédiaire. Pas de français, pas ton diplôme de McGill. Sans même utiliser la clause dérogatoire (rien à voir avec la liberté d'expression - condition académique).

      Le Québec est responsable des relations de travail, sauf peut-être en certains domaines (banques, transport interprovincial), mais pour la plupart, et peut légiférer comme bon lui semble quant à la francisation - peut-être même sans utiliser la clause dérogatoire, mais au pire certainement avec.

      Par exemple.

  • Robert Beauchamp - Abonné 28 avril 2018 06 h 46

    Langue d'immersion

    Un signal fort et qui m'apparaît à la fois pertinent et nécessaire, serait de déclarer le français langue d'immersion pour toute la durée du primaire. L'enseignement exclusif du français serait exclusif et aurait comme bénéfice d'améliorer le français chez les petits Québécois eux-mêmes dont la qualité nous fait allégrement défaut. Il y a bien suffisamment toute la durée du secondaire et du CEGEP pour apprendre une 2e ou une 3e langue.

  • Hermel Cyr - Abonné 28 avril 2018 07 h 33

    Une condition à la démocratie et à une vie sociale enrichissante

    L’apprentissage de la langue commune, d’autant plus d’une langue officielle, est un impératif absolu pour la vie démocratique. C’est au gouvernement de mobiliser les ressources pour que cette exigence soit remplie. On ne saurait remettre entre les mains des entreprises et aux aléas de l’humeur personnelle ce pan capital de la vie en société.

    M. David le montre bien, les pays qui imposent la langue dès l’entrée des immigrants sont souvent parmi les démocraties les plus solides. L’accusation selon laquelle imposer le français aux immigrants au Québec serait une mesure discriminatoire proche de l’extrême droite est complètement loufoque et déjantée ! Imposer la langue commune est un acte de citoyenneté; c’est donner la possibilité à celles et ceux qui choisissent de se joindre à nous de trouver un emploi certes, mais surtout de vivre une vie de qualité dans la société et de contribuer au métissage social.

    Ce qui est anormal et discutable, c’est que des immigrants qui choisissent de vivre au Québec, sachant que c’est le seul État en Amérique où le français est majoritaire, optent pour l’anglais. Verrait-on un immigrant en Pologne exiger qu'on lui parle russe ? Il y a 50 États aux États-Unis et 9 provinces au Canada où l’anglais est prédominant pour ne pas dire exclusif.

    Il est donc essentiel que le gouvernement du Québec, (un gouvernement, pas le club de mauviettes que nous avons présentement) avise les futurs immigrants que s’ils viennent au Québec, ils vivront dans une société où la langue française est un préalable à la vie en société et à l’accès au marché du travail.

  • Gilles Théberge - Abonné 28 avril 2018 07 h 51

    L’expulsion des immigrants qui ne réussissent pas à s’exprimer en français est impossible, c’est le fédéral qui a la juridiction.

    D’ailleurs poirquoi le feraient-ils, les immigrants apprennent l’anglais, quant ils ne le parlent pas à leur arrivée!

    Patience, à force de tergiverser bientôt ce sont les francophones qui seront contraints à apprendre l’anglis. Là, vous pouvez être certain que ce ne sera pas une suggestion.

    • Raymond Labelle - Abonné 28 avril 2018 13 h 35

      "L’expulsion des immigrants qui ne réussissent pas à s’exprimer en français est impossible, c’est le fédéral qui a la juridiction."

      Vrai.

      Par contre, le Québec, par les ententes administratives avec le gouvernement fédéral lui donnant toute latitude quand au nombre et aux conditions de l'immigration économique, pourrait exiger la connaissance du français comme condition préalable à l'admission d'immigrants économiques venant au Québec. Des immigrants qui auraient une connaissance au moins intermédiaire du français avant même de mettre les pieds au Québec seraient beaucoup plus faciles à intégrer.

  • Serge Pelletier - Abonné 28 avril 2018 08 h 10

    Encore et pour toujours l'anglais langue du travail.

    M. David, l'exemple du je m'en foutisme" vient de haut: du gouvernement du Québec et de ses créatures. Les fonctionnaires québécois qui veulent, ou désirent, gravir les échelons, avoir un cheminement de carrière adéquat doivent OBLIGATOIREMENT posséder une parfaite maîtrise de l'anglais. Pratiquement toutes les agences gouvernementales (style Revenu Québec) demandent la maîtrise de l'anglais, et vérifient celle-ci par des entretiens et des tests... En fait, l'on en est revenu pratiquement au principe du canaden-français de service.
    Le tout est justifié par l'échappatoire qui est permis dans la loi, soit le service à la clientèle... Par exemple, à Revenu Québec, l'on mentionne qu'il est nécessaire de maîtriser l'anglais, car outre la population de langue maternelle anglaise, une très forte proportion des immigrés ne maîtrise pas le français et que celle-ci a droit à un service de qualité. Le même argumentaire à la Régie du logement, le même argumentaire partout...

    Conséquemment pourquoi se questionner sur la nécessité de la francisation qui fait du sur place dans les petites et moyennes entreprises (et on ne parle pas de la grande où la situation est encore pire) quand le gouvernement en personne est l'exemple que la maîtrise du français n'est pas nécessaire... Mais que l'anglais, lui, est nécessaire...