Un jardin hommage aux potiers

1001 pots est un événement couru par les amateurs de céramique. Il a été lancé par Kinya Ishikawa, potier reconnu, pour que les gens de ce métier puissent unir leurs forces et s’entraider. Or, il y a dix ans, lui a pris aussi l’envie de leur rendre hommage en concevant le Jardin de silice, qui s’inscrit dans la continuité de l’événement et auquel s’est récemment ajouté un potager.

Il aurait pu être un jardin zen ou un jardin japonais. « Vu mes origines japonaises, c’est ce à quoi plusieurs s’attendaient probablement, dit Kinya Ishikawa de sa voix douce, en sirotant un thé. Mais je n’aime pas suivre d’idées préconçues, je vis au Québec depuis longtemps et je tenais à faire un jardin d’aujourd’hui. Je voulais qu’il représente le mouvement de masse qu’est 1001 pots et qu’il soit réalisé dans un esprit non commercial. »

Photo: Lise Gobeille L’ambiance qui règne dans le Jardin de silice est sobre et tranquille. En forme de chapelle, le lieu impressionne. Quand les gens y pénètrent, on entend les «oh!» et les «ah!».

En forme de chapelle, le jardin impressionne. Quand les gens y pénètrent, on entend les oh ! et les ah !. L’ambiance qui y règne est sobre et tranquille, à l’image du métier de potier, explique le concepteur. Tous les végétaux sélectionnés sont verts et sans floraison apparente, dans le même but. L’impression, dans le jardin, est étonnante, on se sent autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, car tout est ouvert.

Le toit est formé de trois épaisseurs de structures légères de métal et de branches sur lesquelles grimpe de la vigne vierge. Originaux, les murs remplis de pièces de céramique de différentes couleurs sont constitués de solides treillis métalliques pour la construction. Les pièces proviennent de céramistes amis, de dons, de chez IKEA, de chez Tim Hortons… Tout en mélange, elles représentent la constante présence de la céramique dans notre vie.

Pour donner l’illusion d’un espace plus grand, M. Ishikawa a triché un peu, les murs sont légèrement en angles. L’effet est accentué par la présence de fougères plus larges à l’entrée, moyennes au centre et petites au fond. Dans une pièce adjacente se trouvent deux immenses roches montées l’une sur l’autre. Celle du dessus ressemble au visage d’une vieille femme asiatique, un coup de foudre pour Kinya. Pour lui, le jardin est d’abord une salle communautaire pour les potiers, mais également un bel espace pour les fêtes, les mariages, les concerts et, pourquoi pas, les rites funéraires.

L’inspirant potager

Le potager a été aménagé pour se connecter à la vie, s’enraciner dans le sol. Le calendrier lunaire y rythme les différents travaux, et des activités comme la grande récolte d’automne permettent de rétablir des rituels, souligne-t-il. Et puis, la nourriture est proche de ce que nous créons : bols, assiettes, tasses…

Entouré d’un treillis ponctué de colonnes de pièces de céramique pour le protéger des chevreuils, ce potager est une continuation du jardin. À part quatre pommiers plantés en pleine terre, les légumes sont tous cultivés en bacs, ou dans des bains à pattes pour les patates. L’esprit créatif de l’artiste y est bien présent, des supports originaux ont été confectionnés et de belles sculptures de métal y sont intégrées.

Tout est fort joli et donne envie d’y passer l’après-midi pour jardiner. Les projets ne manquent pas pour cet espace. Par exemple, le concepteur aimerait bien que les enfants du primaire viennent découvrir le jardinage et que soient donnés des ateliers parents-enfants sur l’alimentation.

1001 pots a lieu tous les jours jusqu’au 13 août à Val-David.

Au jardin cette semaine

Les rosiers à floraison perpétuelle, qu’on nomme également « remontants », terminent actuellement leur première floraison. Afin d’assurer d’abondantes floraisons successives, on taille les fleurs fanées. La coupe doit être réalisée au-dessus de la première ou de la deuxième feuille à cinq folioles pour favoriser le développement d’une nouvelle hampe florale. Pour de luxuriantes et florifères plantes en contenants, on ne doit pas négliger les fertilisations, qu’elles soient naturelles ou à base d’engrais de synthèse. Même chose au potager, mais dans ce cas, pour avoir d’abondantes récoltes pour la consommation, je prône l’emploi des engrais naturels ou des purins.

Pour l’ensemble des plantes grimpantes, n’oubliez pas de les palisser au fur et à mesure de leur développement, et pour les vivaces qui ont de la difficulté à se tenir, un tuteur s’avère parfois nécessaire.

Dans la bibliothèque

Curieuses histoires de plantes. Tome III, 1760-1867
Alain Asselin, Jacques Cayouette et Jacques Mathieu
Septentrion, 2017, 312 pages


Ce troisième tome présente 29 histoires mettant en scène autant de personnages et les végétaux qu’ils ont découverts, décrits, utilisés... Car malgré les bouleversements qui ont eu lieu durant cette période, des femmes et des hommes se sont efforcés de faire connaître les plantes du Canada et leurs usages. Un botaniste allemand qui a eu en main des plantes récoltées lors de la fameuse expédition de Lewis et Clark. Une mère de 10 enfants qui a eu le temps d’herboriser et d’enrichir des collections de spécimens canadiens. Le grand peintre naturaliste James Audubon venu étudier les oiseaux à Natashquan. Trois prêtres canadiens-français devenus célèbres, l’un pour sa flore canadienne, l’autre pour sa carrière de professeur de botanique à l’Université Laval, et le dernier pour son remède à base de plantes, la courvaline. Voilà un ouvrage d’histoire rigoureux qui demeure parfois un peu aride à lire, même si les auteurs ont travaillé fort pour rendre l’information accessible.

Conférences à la Maison Saint-Gabriel

Chaque dimanche de l’été, à midi, la Maison Saint-Gabriel, un lieu historique magnifique, propose une conférence sur un sujet horticole. J’y serai demain, 16 juillet, afin de vous présenter de jolies plantes pour les coins ombragés. Au plaisir de vous rencontrer ! 2146, place Dublin, Pointe-Saint-Charles.

La Clef des champs

La plupart des gens connaissent la Clef des champs pour ses produits d’herboristerie, mais qui, parmi vous, est allé visiter son grand jardin à Val-David ? Unique, il a été aménagé en large escalier à flanc de montagne. En plus d’y découvrir plus de 150 plantes médicinales, il offre un panorama magnifique sur la région. À 13 h tous les mercredis jusqu’au 20 août, la fondatrice, Marie Provost, partage ses connaissances et donne des conseils. Tous les jours à 10 h 30, une visite guidée est offerte. Je vous le recommande, on y apprend beaucoup. Des audioguides sont aussi disponibles. Le prix d’entrée varie entre 9 $ et 13,50 $ selon le type de visite. Le jardin est situé à 800 mètres de la piste cyclable du P’tit Train du Nord, deux belles activités à combiner.

MosaïCanada150

MosaïCanada150/Gatineau 2017 célèbre 150 ans d’histoire du Canada par l’art de la mosaïculture. Dix provinces, trois territoires et certaines Premières Nations du Québec et du Labrador s’unissent pour présenter 33 œuvres réparties en cinq secteurs historiques. Aussi, les liens horticoles qui unissent le Canada à Shanghai et à Pékin ont donné naissance à la réalisation d’œuvres colorées de ces villes.

L’événement est organisé par Mosaïcultures internationales de Montréal, les mêmes qui ont organisé les Mosaïcultures au Jardin botanique de Montréal en 2013. On peut donc s’attendre à de très belles œuvres. L’exposition a lieu au parc Jacques-Cartier de Gatineau, tous les jours de 10 h à 19 h jusqu’au 15 octobre. Une occasion de jumeler cette visite à celle du Centre d’écologie et d’agriculture urbaine de Gatineau, qui n’est pas loin et dont l’entrée est aussi gratuite.