L’élégance des Jardins de Balmoral

À 18 ans, Philippe Lévesque est parti faire ses classes en Angleterre. Il y a pris l’envie de créer des jardins inspirés par Beth Chatto.
Photo: Philippe Lévesque À 18 ans, Philippe Lévesque est parti faire ses classes en Angleterre. Il y a pris l’envie de créer des jardins inspirés par Beth Chatto.

Situés dans le nord du Nouveau-Brunswick, Les Jardins de Balmoral ont émergé de la passion pour les plantes de Philippe Lévesque et de celle de sa mère Louise pour les fleurs. Ils reflètent l’intérêt pour les plantes rares de Philippe, qui, avec les années, a développé une collection unique. Vous passez dans la région cet été ? Voici un endroit pour découvrir des plantes singulières et une pépinière en mutation.

Le lieu est ouvert depuis cinq ans, et le fils et la mère travaillent actuellement à la transformation de la pépinière en jardins d’inspiration européenne. Ils souhaitent en faire une destination touristique comme les Jardins de Métis ou les jardins de Quatre-Vents. « Un jour, les gens viendront nous voir autant pour nos plantes inusitées que pour nos jardins », espèrent-ils. Comme me l’expliquait Philippe lors du dernier Rendez-vous horticole, « nous n’avons pas les moyens de ces deux jardins, mais nous voulons démontrer avec élégance ce qui peut se faire sous notre climat. Présentement, les deux acres sont en construction et nous aménageons étang, lac et rivière et nettoyons les champs, mais c’est ouvert aux visites, et c’est gratuit. »

Photo: Philippe Lévesque Nouveauté cette année : en plus des plantes, les Jardins proposent des semences et une collection exceptionnelle d’outils.

La spécialité des Jardins, ce sont les vivaces, mais Philippe affectionne particulièrement les plantes de sous-bois, les pivoines et les gentianes, et il préfère de loin les espèces aux hybrides. Il s’approvisionne en plantes et en graines au Japon, en Angleterre, en Norvège, aux Pays-Bas et aux États-Unis. Aux Jardins, il aime présenter les plantes autant que possible dans leur écosystème naturel, ou par thème. La promotion du jardinage écologique lui tient aussi beaucoup à coeur. Nouveauté cette année : en plus des plantes, on propose des semences et une collection exceptionnelle d’outils, chers, oui, mais quand on les a pour la vie…

Partir pour l’Angleterre

À 18 ans, Philippe part en Angleterre pour jardiner. C’est tout ce qu’il veut, jardiner, apprendre à connaître les plantes, à découvrir les jardins. Il y passe deux ans pendant lesquels il travaille dans une jardinerie de Londres et visite les plus beaux jardins d’Europe. C’est à ce moment qu’il découvre Beth Chatto, la très respectée et influente garden designer anglaise, et que lui prendra l’envie de créer des jardins inspirés de sa philosophie. C’est-à-dire la bonne plante au bon endroit, une approche qui fait son chemin graduellement.

Photo: Philippe Lévesque Les plantes des Jardins de Balmoral sont disponibles dans quelques jardineries au Québec.

Il revient, puis repart pour cinq autres années en Angleterre et poursuit sa route jusqu’en Australie, où il passera un an dans un jardin botanique. Passionné, c’est un esthète avec un côté peu orthodoxe et un côté traditionnel. Comme il n’aime pas qu’on raconte son histoire, je parie qu’il trouve que j’en ai trop dit ! Ce qui compte pour lui, ce sont ses jardins et les plantes, qu’elles soient curieuses, rares, étranges ou belles.

Les plantes des Jardins de Balmoral sont disponibles dans quelques jardineries au Québec.


Le courrier

Les fruits et légumes du Devoir


« Dans notre village où Le Devoir est distribué à l’épicerie du coin, je conserve précieusement mes anciens exemplaires au bénéfice des jardinières locales. L’une d’elles m’a affirmé dur comme fer de sarcleur que le papier et l’encre utilisés pour l’impression du journal n’ont pas leur pareil comme couche anti-mauvaises herbes sous la terre meuble des potagers.»

« Des tests empiriques conduits au cours des ans par ces passionnées d’horticulture auraient ainsi relégué au bac de recyclage les copies papier des autres journaux et des circulaires du Publisac. “Mon Devoir fertilise mon intelligence tous les jours et nourrira mon corps en fruits et légumes grâce à la seconde vie qu’il aura l’été durant.” Légende villageoise s’il en est une ! Qu’en pense votre chroniqueuse en horticulture ? »

Paul-André Cloutier, Saint-Michel-de-Bellechasse

Bien… ce n’est pas une légende villageoise ! Les jardinières de votre région ont vu juste, car notre fournisseur confirme que l’encre employée pour imprimer Le Devoir est fabriquée à partir de produits végétaux. Il a même ajouté que les matières premières utilisées sont contrôlées et il assure qu’aucun produit dangereux ou ne respectant pas les critères environnementaux n’est utilisé. Ça fait plaisir à savoir !


Lise Gobeille


Nouveau parc dans le Sud-Ouest

Dernièrement, l’arrondissement du Sud-Ouest de Montréal a procédé à une double inauguration : un nouvel aménagement sur l’espace vert jouxtant le métro Lionel-Groulx, le parc Rollande-Danis-Pelletier, et l’oeuvre éphémère Freiner la chute de l’artiste Philippe Allard, réalisée dans le cadre du Plan de lutte contre l’agrile du frêne. Le maire de l’arrondissement et président du Conseil d’agglomération de Montréal, Benoit Dorais, a dit souhaiter que « ce nouveau parc invite à la détente, à la socialisation et à une réflexion autour de la thématique de l’agrile du frêne ».

Dans la bibliothèque

100 fiches spéciales mini potager
Michael Guerra
Collection «Nains de jardin»
Marabout
Vanves, 2017, 120 pages


Volà un guide pratique à la portée de toutes les bourses pour cultiver des légumes et des fruits en ville. Il aide à réfléchir à son projet, donne des idées de conception et de bons conseils, touche les substrats, le compostage, l’usage de l’eau et l’entretien. Chaque sujet est expliqué brièvement, mais l’essentiel est là. Les 100 fiches donnent l’abc de la culture pour une grande diversité de légumes, de fruits et de fines herbes.

Je cultive mon potager
Abigail Wheatley
Illustrations par Anni Betts et John Russell
Usborne
Londres, 2017, 64 pages


C’est un beau livre de jardinage à offrir en ce début de vacances à un jeune pour qu’il découvre les plaisirs de faire pousser des légumes et des fruits. Pour chaque projet, des instructions étape par étape sont joliment illustrées et faciles à suivre. Les projets proposés vont de la culture des haricots aux graines germées, en passant par les fleurs comestibles et les pâtissons en forme de soucoupe volante. Dès sept ans.

Au jardin cette semaine

Une habituée de nos forêts de feuillus, communément appelée chenille à tente, ou livrée des forêts, cause des soucis cette année dans certaines régions du Québec. Quand elle est présente en grand nombre, elle peut dévorer rapidement tout le feuillage d’un arbre, ce qui lui donne un choc, et à nous aussi. Toutefois, comme elle cesse de se nourrir vers la fin de juin, l’arbre a généralement le temps de faire une deuxième feuillaison.

Par chance, les dommages importants sont généralement de nature cyclique et apparaissent environ tous les 10 ans. Comment les contrôler ? En taillant les branches qui portent des tentes quand les chenilles sont à l’intérieur, soit tôt le matin ou en soirée. On brûle la tente pour éviter de déplacer l’infestation. Si on ne peut pas éliminer les branches, il est possible d’utiliser le Bacillus thuringiensis var. kurstaki, ou BTK, un biopesticide efficace pour contrôler les chenilles. Il est vendu dans les jardineries.

Fleurs D'ARMES

Fleurs D’ARMES, une exposition d’art itinérante présentée aux Jardins de Métis jusqu’au 30 septembre, est inspirée des fleurs cueillies par le soldat George Stephen Cantlie dans les jardins, les champs et les tranchées d’une Europe dévastée par la guerre, et qu’il a envoyées chez lui, à Montréal, à sa plus jeune fille, « petite Celia », comme il l’appelait.

La commissaire de l’exposition, Viveka Melki, présente dix de ces fleurs centenaires en utilisant la floriographie, un mode de communication par les fleurs élaboré à l’époque victorienne afin de raconter l’histoire de la nature humaine dans le paysage de la guerre. Chaque fleur représente des émotions associées à des valeurs telles que le dévouement, la solitude, la famille, l’amour, la grâce, l’innocence, la mémoire… L’exposition voyagera par la suite dans de nombreux musées.