Heureux d’un printemps

Parmi les annuelles qui résistent bien au froid, les giroflées sont des plus faciles à trouver.
Photo: Lise Gobeille Le Devoir Parmi les annuelles qui résistent bien au froid, les giroflées sont des plus faciles à trouver.

Dès les premiers jours de temps doux, on voit les amateurs de jardinage sortir des quincailleries avec des sacs de terre, des plantes vertes, des sachets de semences… Le besoin de verdure est toujours intense après nos longs hivers. Mais, au Québec, le printemps prend souvent du temps à s’installer et les risques de gel s’étendent jusqu’au 3 mai pour la région de Montréal. Alors, comment faire pour devancer un peu le printemps ? Voici quelques trucs.

Plantes résistantes au froid

Pour fleurir tôt en saison balcon, terrasse et platebande, on choisit des annuelles qui résistent bien au froid, et même au gel. Elles ne sont pas nombreuses, mais combien il est agréable de les voir. Les plus faciles à trouver sont les pensées, les giroflées, les primevères et les mufliers. Avec quelques boîtes de plants et sans dépenser une fortune, on colore et parfume l’entrée et le balcon en un rien de temps, et quel bonheur !

Photo: Lise Gobeille Le Devoir Des primevères

On trouve également, à ce temps-ci de l’année, des bulbes en pot dans les supermarchés et les jardineries. Au lieu de les mettre au salon, plantez-les dehors, bien en vue, dans un beau pot. En plus, ils dureront bien plus longtemps qu’à l’intérieur. Un autre truc : choisissez ceux dont les boutons sont à peine ouverts et peu colorés : vous profiterez de leur floraison plus longtemps.

Cloches et bâches au potager

Un truc tout simple pour pouvoir semer et planter tôt au potager est de couvrir le sol d’une bâche de plastique noire afin qu’il se réchauffe plus rapidement. Cette astuce est particulièrement efficace avec les bacs surélevés, mais dans tous les cas elle permet des récoltes plus rapides de bons légumes frais.

Photo: Lise Gobeille Le Devoir Des cloches de plastique utilisées pour aider des plantes qui ont besoin de beaucoup de chaleur.

D’un autre côté, même si les légumes (radis, épinards, mesclun…) que l’on sème tôt tolèrent le froid, ils aiment qu’on leur fournisse un microclimat légèrement plus doux. Pour ce, les couvertures flottantes sont parfaites. Elles offrent une légère protection contre le gel mais laissent passer lumière, air et pluie.

Pour les plantes qui ont besoin de plus de chaleur (tomates, aubergines, poivrons…), les minitunnels de plastique ou les cloches, une bonne vieille méthode du XIXe siècle développée par les maraîchers français, sont idéaux.

Des projets

C’est le moment de planifier les projets pour le jardin. Vous souhaitez vous isoler d’un voisin, faire un mur végétal ou avoir un potager sur votre balcon ? Prenez le temps de bien vous documenter et consultez des spécialistes au besoin pour éviter les déceptions. On trouve une tonne de renseignements sur le Web, et c’est fantastique, mais il n’y a rien comme un bon livre.

Photo: Lise Gobeille Le Devoir Parmi les annuelles qui résistent bien au froid: les pensées.

Ma bibliothèque préférée est celle du Jardin botanique de Montréal. Toutefois, pour emprunter un ouvrage, on doit être membre des Amis du Jardin, ce que vous pouvez faire en vous rendant au local des Amis. Sinon, on peut toujours consulter les livres sur place.

C’est toujours un grand plaisir de vous retrouver, chers lecteurs, et je nous souhaite une luxuriante saison de jardinage !

Le jardinier
Le film québécois Le jardinier est un excellent et très beau document sur les jardins des Quatre-Vents, à La Malbaie, et sur son concepteur, Frank Cabot. Le rythme est bon, le scénario est bien conçu, les images sont magnifiques et les entrevues, très intéressantes. En particulier celle avec M. Cabot, qui y explique sa fascinante vision d’un jardin, et celle avec Penelope Hobhouse, designer anglaise de jardin reconnue, qui jette un regard critique et admirateur sur l’homme et son oeuvre. À voir.

Un arbre pour mon quartier
À Montréal, la campagne Un arbre pour mon quartier est de retour pour une 5e édition. Pour seulement 25 $ pour un arbre et 35 $ pour un arbre fruitier de 1,5 à 2 mètres, c’est une aubaine. Planter un arbre embellit le quartier, en plus d’améliorer la qualité de l’air, car les feuilles sont de fantastiques filtres à polluants.
 
Si chacun s’y met, le quartier se transforme en quelques années seulement. D’autre part, bien choisir son arbre est essentiel, mais pas toujours facile. Pour vous aider, je vous recommande de visiter le site de la campagne, où on trouve des conseils et une foire aux questions. La date limite pour passer une commande est le 31 mai 2017.
 
Jour de la Terre 
Le réseau Éco-quartier organise des fêtes de quartier pour le Jour de la Terre, ce samedi 22 avril, de 10 h à 17 h. Des arbres seront distribués gratuitement.
 
 

Dans la bibliothèque

Jardiner dans 1m2. Trucs et astuces pour cultiver dans de petits espaces 
Multimondes,
2017, 256 pages 

Ce guide prodigue de bons conseils et donne de nombreuses idées originales pour cultiver dans des espaces restreints. Sa force : les nombreux projets peu coûteux proposés et souvent fabriqués avec des matériaux recyclés. Expliqués étape par étape à l’aide de photos, ils sont faciles à réaliser : passoire à fraisiers, escabeaux gourmands, palette, gouttière, rigolo support de roue…

Les questions de base pour bien réussir les récoltes sont abordées de manière succincte et présentées à l’aide de tableaux, d’encadrés et de nombreuses photos. Pour tout enseignant qui souhaite développer des activités pédagogiques de jardinage, ce bouquin est sans nul doute un excellent outil. À la fin du livre, on trouve des adresses utiles de jardineries et de semenciers d’ici.
 

Exposition Ikebana international

L’art floral japonais fascine par sa beauté et son apparente simplicité. Contrairement à l’art floral occidental, il met en valeur autant le vase, les tiges, les feuilles et les branches que la fleur elle-même. Réalisées par des maîtres et des élèves expérimentés, les oeuvres présentées en fin de semaine au Pavillon japonais du Jardin botanique de Montréal sauront ravir et surprendre. Cette exposition est organisée par la Section d’Ikebana international. Gratuit.
 

Au jardin cette semaine

Si vous installez des protections hivernales sur les rosiers ou toute autre plante, enlevez-les maintenant pour éviter les risques de surchauffe en dessous. On retire également le paillis protecteur sur les vivaces pour éviter la pourriture et leur donner accès à l’eau et au soleil bienfaiteur. On en profite pour faire du ménage, mais si le sol est détrempé, il est préférable d’attendre avant d’y mettre les pieds pour ne pas le compacter.
 
Avant que les bourgeons ne débourrent, c’est la période idéale pour la plantation d’arbustes, d’arbres et de rosiers à racines nues. Pourquoi utiliser des végétaux à racines nues ? Parce qu’ils sont moins chers, ce qui est particulièrement intéressant pour la réalisation d’une haie. Néanmoins, on doit travailler plus et plus rapidement car, sans traîner après l’achat, on doit praliner leurs racines, c’est-à-dire les enduire de boue et les planter, pour ne pas compromettre la reprise.
 
Finalement, on sème déjà directement au potager dans la région de Montréal : la bette à carde, le kale, le cresson, les épinards, la mâche, le mesclun, les pois mange-tout, les radis et la roquette. Et, à l’intérieur, on sème les aubergines, le brocoli, le céleri, les choux de Bruxelles et le pommé, les échalotes, les melons, les oignons, les poivrons, le poireau et les fameuses tomates.
 
Il est important de préciser qu’à l’intérieur, pour obtenir des plants compacts, il faut un excellent ensoleillement ou de l’éclairage artificiel. Sinon, il est nettement préférable d’acheter des plants, car des plants forts et en santé sont une garantie, ou presque, de récoltes abondantes. Car l’entretien joue un rôle également.