Le butin

À l’époque où il était ministre de l’Environnement dans le gouvernement Charest, Thomas Mulcair avait déclaré que l’extrême difficulté de discuter avec son vis-à-vis fédéral, Stéphane Dion, lui avait fait mieux comprendre ce qui motivait les souverainistes.

Cette semaine, il était assez savoureux d’entendre le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, se plaindre à son tour qu’Ottawa « se donne un pouvoir absolu sur tout ». C’est précisément ce que lui reprochent les intervenants du secteur de la santé, du moins ceux qui osent encore le critiquer. La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, croit même qu’il faudra éventuellement créer une autre commission Charbonneau pour enquêter sur les abus qui résulteront de cette politisation du réseau.

Cela n’empêche pas M. Barrette d’avoir raison de dénoncer l’insuffisance de la hausse du Transfert canadien en santé. Les conclusions de l’étude indépendante réalisée par des chercheurs de l’Université d’Ottawa sont très claires : les offres qu’Ottawa a faites aux provinces représentent une augmentation moyenne de 3,7 % par année au cours des dix prochaines années, alors que la croissance des dépenses de santé en Ontario, où elles sont parmi les plus basses au pays, sera plutôt de 5,1 %.

On peut comprendre la frustration du ministre, même s’il semble imperméable à toute compréhension de la question nationale. Après avoir d’abord légalisé les frais accessoires, il s’est résigné à les interdire dans l’espoir d’amadouer sa vis-à-vis fédérale, Jane Philpott, qui les jugeait incompatibles avec les dispositions de la Loi canadienne sur la santé, mais il a été bien mal récompensé de sa bonne conduite.

Son appel à une levée de boucliers est cependant tombé à plat. Il est vrai que l’opinion publique a été fortement sollicitée par le drame de la grande mosquée de Québec ou l’affaire Philpott, sans parler des frasques de Donald Trump, mais les sautes d’humeur à répétition de M. Barrette sont devenues plus agaçantes qu’autre chose.

 

Tout le monde n’exprime pas sa déconvenue de façon aussi bruyante. Même s’ils ont préféré verser dans l’euphémisme, les membres du gouvernement Couillard n’ont cependant pas caché leur déception face à la modestie et au retard de l’aide fédérale à Bombardier.

On ne peut pas dire que le gouvernement Trudeau contribue de façon très positive à la réflexion du premier ministre Couillard, dont on attend avec impatience le grand exposé sur sa vision de la place du Québec dans le Canada en ce 150e anniversaire de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique. Au train où vont les choses, l’exercice risque de se transformer en séance de masochisme.

Le PQ a calculé que le modeste prêt de 372,5 millions qui a été consenti à Bombardier représente une somme 38 fois moindre que ce qu’Ottawa a investi dans le sauvetage de l’industrie automobile en Ontario. Qui plus est, une partie de ce prêt servira à financer un autre modèle d’avion, qui sera assemblé en Ontario.

Seulement 120 millions iront à la CSeries. Au moment où Bombardier était au bord de la faillite, le gouvernement fédéral, qui vole maintenant au secours de la victoire, n’a pas levé le petit doigt, de peur de déplaire au Canada anglais, laissant le gouvernement du Québec prendre tous les risques. Dans son apologie du Canada, M. Couillard devra insister davantage sur le partage des valeurs que sur celui de la richesse.

 

Depuis que Maurice Duplessis a réclamé son « butin », il y a plus de 70 ans, obtenir une juste part du gâteau canadien a fait partie du discours politique québécois. Les souverainistes en sont simplement arrivés à la conclusion que ce n’était plus possible. Le gouvernement favoriserait toujours le développement économique de l’Ontario et de l’ouest au détriment du Québec, qu’on a plutôt décidé d’entretenir dans la dépendance en lui versant de la péréquation.

On a toutefois l’impression que ce discours commence à provoquer la même lassitude que les querelles constitutionnelles, comme si cela aussi était devenu ringard. La tournée de consultation menée par Paul St-Pierre Plamondon n’avait pas pour objet de renouveler l’argumentaire souverainiste, mais les préoccupations des moins de 40 ans dont son rapport fait état semblent bien éloignées du butin de Duplessis. Ils se préoccupent plutôt de mondialisation et de diversité. « Ils n’ont pas de frustration ou de comptes à régler avec le Canada », a constaté M. St-Pierre Plamondon.

Le PQ doit sans doute renouveler son discours, mais, si le thème du butin ne fait plus recette, ceux qui croient toujours pouvoir forcer Ottawa à donner au Québec les moyens de s’épanouir au sein du Canada ont aussi un sérieux problème. Même M. Barrette finira peut-être par s’en rendre compte.

31 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 11 février 2017 01 h 20

    Le fait que le fédéral a tort ne justifie aucunement la largesse de Québec en matière de ses subventions aux multinationales. Il n'y a pas une province au Canada qui est si généreuse avec ses entreprises privées telles que le Québec. Peut-être, le temps est venu pour que le Québec subventionne ses services publics au lieu de gaspiller l'argent des contribuables sur le profit des grandes sociétés.
    Par ailleurs, si M. Barrette veut vraiment savoir comment améliorer notre système de soins de santé, il n'a qu' a demandé le conseil de Madame Regine Laurent, qui connait bien son réseau de santé.

  • Jacques Lamarche - Abonné 11 février 2017 03 h 17

    Une autre belle synthèse en faveur de l'indépendance!

    Les arguments ne manquent pour devenir souverainistes! L'histoire se répète depuis cinquante ans inévitablement.

    La dynamique canadienne ne peut empêcher Ottawa de faire autrement! Vu le déséquilibre démographique et la mauvaise réputation du québec, toute mesure un tant soit peu favorable au Québec causerait au gouvernement canadien des pépins! Justin n'y est pour rien! Imaginez le tollé si Bombardier recevait trop de deniers!! M. Barrette sera-t-il à comprendre le dernier?

    La question centrale de ce cul-de sac n'est pas là. Elle réside dans un réseau de communication à la solde de l'unité canadienne! Les Québécois croient qu'ils sont traités comme des rois, M. Couillard l'a dit maintes fois! Et pourtant, à tout compter, le bilan aurait de quoi étonner!

    La désinformation, au Québec, est plus grave qu'on le croit. Le PQ, lui aussi, est incapable de sortir de cette toile de contrôle de l'information qui, peu importe l'enjeu, impose sa foi, ses défenseurs et ses hommes de loi. Mais comment se battre contre un tel ennemi si le micro lui appatient?

  • Pierre Cousineau - Abonné 11 février 2017 06 h 38

    Philippe Couillard et la ségrégation économique du Québec

    Le grand exposé du premier ministre sur le fédéralisme canadien, à mon avis, il l'a déjà fait. Du moment où il est entré dans la course à la chefferie du PLQ à l'automne 2012, il a exposé son cheminement. D'abord,il annonce que s'il est choisi, il décrétera la tenue d'un grand congrès d'orientation qui servirait à définir le prochain programme du parti. " Un parti politique c'est un lieu d'idée" dit-il. (Le Devoir, 10 décembre 2012)

    Sans surprise, fin août 2013, le parti est convoqué au collège Champlain de Saint-Lambert pour un Forum des idées qui portera sur l'économie. C'est cet exercice qui produira le programme électoral du PLQ pour l'élection qui sera déclenchée en mars 2014.

    Et que retrouve-t-on dans ce programme? La vieille idée du Plan Nord de Jean Charest et la nouvelle idée d'un pôle logistique dans Vaudreuil-Soulanges. Couillard et son équipe prévoyaient investir 500 millions $ pour construire de nouveaux accès et agrandir des zones de réception de marchandises en provenance d'Asie, alors que le Québec était aux prises avec un déficit de sa balance commerciale colossal et récurrent depuis le retour au pouvoir des libéraux en 2003. D'où son appauvrissement actuel et les coupures de services qui l'accompagnent.

    Ça aussi c'était annoncé. Tiré du Devoir du 17 juin 2013, alors que Pauline Marois est au pouvoir depuis 9 mois, Jean Marc Fournier au micro : "Si personne ne regarde la colonne des revenus, tout ce qu'on va avoir, c'est des coupures de services". Et c'est exactement ce qui est arrivé.

    Dans son discours inaugural de mai 2014 Philippe Couillard a décrit son plan pour construire la nouvelle maison du Québec, où les routes commerciales, les écluses du canal de Panama et la nouvelle logistique mondiale prenaient une grande place.

    Ces routes mènent au pôle logistique de Vaudreuil-Soulanges et s'il se réalise, il enfermera le Québec dans un cycle de déficits commerciaux et à sa vassilisation pour longtemps. Voilà l'idée fédéraliste du PM.

  • Michel Lebel - Abonné 11 février 2017 07 h 08

    Braillage!


    Bref, si le Québec connaît quelques difficultés économiques, il faut trouver un bouc-émissaire; et le tout désigné est évidemment Ottawa. Le disque est vraiment bien vieux! Comme si le Québec lui-même n'avait pas à faire sa propre introspection. Le braillage, ça suffit!

    M.L.

    • Serge Morin - Inscrit 11 février 2017 09 h 02

      C'est à pleurer.
      Merci de vos judicieux conseils

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 11 février 2017 09 h 29

      Comme vous dites M. Lebel. Cessons de brailler.

      Vous conviendrez donc qu'il nous faut mettre nos culottes et travailler à l'indépendance du Québec pour devenir pleinement responsable de notre destin, sans avoir à quémander auprès du gouvernement canadien à l'intérieur duquel nous sommes condamnés à nous retrouver continuellement minoritaire.

    • Benoit Toupin - Abonné 11 février 2017 09 h 48

      Un peu court comme analyse. Évaluer la l'équité de traitement du fédéral et sa cohérence dans la répartition des investissements structurants, ce n'est pas chercher un bouc-émissaire ou pleurnicher dans son coin, mais bien agir normalement et judicieusement.

      Il se peut que le fédéralisme soit dénaturé par une attitude d'autorité suprême mal assumée du fédéral et que, de ce fait, il devienne contraignant. Nous donnons au fédéral notre part des impôts et taxes; nous avons la responsabilité d'évaluer en continu que la répartition des investissements réponde aux engagementx du passé dans le cas de la santé, par exemple, ou soit équitable (Bombardier vs l'industrie automobile ou les sables bitumineux).

      Dans mon cas, je vois mal la pertinenece et l'efficacité de disperser nos impôts à deux niveaux de gouvernement pour ensuite en espérer une répartition équitable. Les dernières statistiques montre que la zone d'influence se déplace vers l'Ouest. Par équité, montrez-moi que le fédéral fait ce qu'il faut pour rétablir l'équilibre par des politiques structurantes envers l'est du pays...

      Le fédéralisme est devenu un marché douteux pour le Québec; pourquoi cesserions nous d'en mesurer les indices de cette situation?

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 11 février 2017 10 h 02

      Me.Lebel est le type parfait du fédéraliste satisfait du traitement qu'Ottawa nous fait subir en l'ignorant comme les analphabetes historiques le font. Imaginez si des gens supposement etant capables de faire la part des choses sont incapables de le faire comme 38 fois contre 1,ou encore les sommes allouées a la construction navale. 2 exemples récents de ce qui dure depuis 150 ans et plus.
      SVP Lire le dernier article de Léo-Paul Lauzon.

    • Normand Carrier - Abonné 11 février 2017 10 h 11

      Monsieur Lebel a le don d'exprimer une réaction primaire et allergique a chaque fois que le gouvernement du Canada est mis en cause .... Pourrait-il a la place faire une évaluation du fédéralisme et de l'aide aux différentes provinces versus le Québec et nous donner ses conclusions pour voir si objectivement il viendrait a une conclusion différente de tous les observateurs politiques et économiques ?

    • Michel Lebel - Abonné 11 février 2017 11 h 37

      Il faut voir loin dans le temps et grand pour bien comprendre que le Canada, sous régime fédératif, est un pays extraordinaire, béni des dieux ou de Dieu, c'est selon... Si vous n'avez qu'une approche comptable, marchande, ou purement nationaliste du Canada, c'est foutu. Le Canada est un quasi-continent, un pays de la démesure, un pays quasi-impossible si on demeure strictement rationnel, si on ne croit pas au partage et à une certaine ''folie''. Chacun fait et assume ses choix!

      M.L.

    • Pierre Raymond - Abonné 11 février 2017 12 h 22

      En politique comme pour autres choses, il y a ceux qui savent, ceux qui ne savent pas et ceux qui font semblant de ne pas savoir.

      Triste

    • Claude Bariteau - Abonné 11 février 2017 12 h 42

      Le braillage, monsieur Lebel, a été à la base de revendications qui ont témoigné d'une volonté d'être traités autrement.

      Les premiers brailleurs furent les membres de l'élite chez les ressortissants français désireux de voir leurs intérêts pris en compte.

      Les seconds furent les loyalistes établis au nord des États-Unis. Ils voulaient être reconnus les seuls britanniques dignes de ce nom, poussèrent de grands cris en 1810, 1822 et, en 1836, firent tout pour écraser les Patriotes avec la collaboration de la Grande-Bretagne et d'élites locales co-optées.

      Après, ce furent les haut-canadiens désireux de contrôler leur destin en collaboration avec avec les loyalistes du Nouveau-Brunswick assurés de l'appui d'élites locales du clergé du Bas-Canada. Ils s'entendirent pour créer le Dominion of Canada.

      Puis vinrent de nouveaux brailleurs actifs dans la Province de Québec. Ce sont eux qui poussèrent le Canada à jouer franc jeu après avoir détourné à son avantage l'accord temporaire de 1941 pour financer l'effort de guerre, car ils firent tout ça pour demeurer canadiens.

      Après, brailler est devenu l'apanage de politiciens désireux que leur soient octroyés des avantages pour se faire aimer de la population du Québec. Barrette en est un exemple.

      Conscients des forces politiques en jeu, Lévesque et Parizeau ont choisi la voie du pouvoir comme les Patriotes.

      Comme eux, les jeunes ne braillent pas. Je le souligne plus bas. Ils cherchent leur voie dans un contexte sujet aux changements sur la scène internationale et via l'immigration récente.

      Leur démarche rejoint celles qui ont toujours animé les promoteurs de changement d'ordre politique sous les régimes français, britanniques et canadiens.

      L'introspection et le repli ne sont pas ce qui les anime, mais d'avantage de « vire autrement », ce qui ne peut se faire qu'en changer l'ordre politique.

    • Benoit Toupin - Abonné 11 février 2017 13 h 14

      Monsieur Lebel,

      "si on demeure strictement rationel..."

      Il y a toujours une part de rêve et de rationnel dans nos choix humains; allez-vous condamner, de ce fait, l'obligation de garder une large part de rationnel et de la nécessaire évaluation en continu des gestes politiques qui nous concernent comme québécois? Si c'est le cas, je vous laisse à votre rêve, car depuis 150 ans, rien ne prouve que la fédération canadienne ait pu et veuille redresser les tendances de concentration des investissements structurants vers l'Ontario et vers l'ouest. Je veux bien voir loin, mais 150 ans c'est un horizon fort raisonnable pour jeger d'un rêve...

      Moi je vous dis rationnellement qu'il est possible pour le Québec de bâtir son futur avec dignité et grandeur en dehors de cette fédération. Le Québec doit considérer l'option de bâtir souverainement son destin en bon voisinnage plutôt que de confier une partie de son destin au bon gré d'un fédéralisme de plus en plus centralisé et où nous sommes de plus en plus minorisés. Je ne pleure pas, je constate...

      La souveraineté n'est pas contre le Canada, mais pour le Québec.

      Si les fédéralistes veulent la survie de leur Canada de rêve, et bien il leur faudra travailler à l'améliorer. Il n'y arriveront certainement pas en se contentant de tout bénir sans condition.

    • Jacques Lamarche - Abonné 11 février 2017 15 h 51

      Monsieur Lebel, votre pays n'a rien de magique ni de mystique. Il n'est pas plus grand que le nôtre ou celui des autres! L'irritant tient à votre ton suffisant, condescendant, laissant croire que les ¨petits¨ Québécois ne voient pas grand! Bien au contraire! Et ils estiment que se fondre dans le Canada, c'est perdre sa langue, sa fierté, son identité!

    • Claude Gélinas - Abonné 11 février 2017 17 h 34

      Si l'on suit le conseil de Monsieur Lebel il faudrait se taire et accepter béatement comme des moutons ce qu'Ottawa décide. Et même lorsque les décisions ne sont pas équitables comparées à celles consenties dans l'espèce à l'Ontario dans le secteur automobile et à Terre-Neuve dans un barrage hydro-électrique en compétition avec Hydro-Québec.

      Mais de cela, Monsieur Lebel qui manifeste son impatience, n'en a cure ! Il faut se taire, se soumettre et baisser les bras.

      Le cas de Bombardier est patent: 10 mois avant de décider, prêt remboursable alors que le 2/3 du montant sera pour un modèle d'avion assemblé en Ontario.

      Comme scénario, imaginons un instant que Bombardier est une compagnie ontarienne et que le dossier est piloté par le Ministre des finances. Le résultat aurait-il été le même ?

    • Jean Jacques Roy - Abonné 11 février 2017 19 h 04

      Magnifique résumé historique Monsieur Barriteau.

    • André Joyal - Abonné 11 février 2017 21 h 47

      Oui, M.Lebel, Ottawa, comme toujours, continue de préférer faire brailler le Québec plutôt que de faire brailler le ROC. Imaginez ce qu'il aurait braillé le ROC si Ottawa avait fait pour l'aéronautique du Québec la moitié de qu'il a fait pour le secteur de l'automobile de l'Ontario. Avec Ottawa:S.O.S. Je vous laisse traduire ce sigle M.Lebel.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 12 février 2017 08 h 08

      M. Lebel,

      Y aurait-il en vous comme un soupçon du Elvis de Pierre Falardeau, satisfait de son sort, peu importe celui qu'on lui réserve.

    • Michel Lebel - Abonné 12 février 2017 11 h 35


      Conclusion bien évidente: un souverainiste québécois ne peut que dénoncer le fédéralisme canadien; il veut la totale pour le Québec et il ne l'a pas à ce jour! Comme disait l'ancien premier ministre Jean Lesage, dans un autre contexte, les ''non-instruits'' ne comprendront jamais... Mais si ces ''non-instruits'' fédéralistes avaient justement compris! Le projet souverainiste peut être vu comme grand; je préfère un projet encore plus grand, soit le Canada. Chacun son idéal!


      M.L.

    • Claude Bariteau - Abonné 12 février 2017 15 h 43

      Bizarre comme fixation monsieur Lebel. Vous optez pour une surface territoriale au sein de laquelle le Québec est un sous-produit.

      L'URSS fut aussi une grande surface avec des sous-produits. Or, plusieurs sont devenus des produits indépendants et celle-ci est néanmoins demeurée grande. Je présume que vous avez été contre ces indépendances.

      Cela étant, advenant l'indépendance du Québec, qui sera dune grande surface sans sous-produit, vous aurez le choix de vous y associer ou d'aménager au Canada.

      Je me permets de vous signaler que le territoire français avant la conquête britannique fut très grand, ce qui posa problème lorsque la Grande-Bretagne et ses colonies de la Nouvelle-Angleterre voulurent se l'approprier.

      Peu après les Patriots américains ont pris le contrôle sur le territoire devenu aujourd'hui celui des États-Unis. Par contre, le territoire de la Province of Quebec fut alors réduit en Bas-Canada et fusionné au Haut Canada dans le Canada-Uni. Qui plus est, ce sont les parlementaires de cette entité qui se sont joints à ceux du Nouveau-Brunswick et le la Nouvelle-Écosse pour demander à la Grande-Bretagne d'accepter de les fusionner. Elle le fit cr il y allait de ses intérêts, dont celui de se protéger d'une charge des États-Unis au fait de sa complicité avec les Sudistes.

      C'est ainsi que le Bas-Canada devint la Province de Québec. Si son territoire s'est aggrandi au sein du Dominion of Canada, il fut rapetissé par une délimitation du Labrador à l'avantage de Terre-Neuve par la Grande-Bretagne avec la complicité du Canada.

      Si je vous décode correctement, vous préférez l'aventure canadienne comme Jean Lesage lorsqu'il s'est réjoui de la démission de René Lévesque parce le PLQ refusait une démarche visant à rehausser l'étendue des pouvoirs de la Province de Québec, car cela aurait été du braillage.

      Conséquemment, vous êtes un adepte des faits et gestes du Canada si ceux-ci visent à protéger ses pouvoirs sur une grande surface.

      Vraiment

    • Michel Lebel - Abonné 12 février 2017 16 h 22

      @ Claude Bariteau,

      Mon choix du Canada n'est pas fondé principalement sur la dimension territoriale. C'est plutôt du fait que le Canada est le pays de nombreuses cultures, dont l'anglaise et la française, pour ne nommer que celles-là. Et est aussi composé de plusieurs nations, dont les autochtones. Le fédéralisme, qui dit partage, ne l'oublions jamais, permet à tout ce monde de vivre en paix, pas en harmonie parfaite, j'en conviens. Mais il n'y a pas de guerre civile et la liberté et la démocratie y sont bien vivantes. C'est pas si mal, si l'on compare honnêtement!


      M.L.

    • Jean Duchesneau - Abonné 12 février 2017 17 h 52

      M. Lebel, votre foi inébranlable envers le fédéralisme trudeauiste est fondée sur la prémisse implicite que toutes les cultures ont un statut égalitaire. C'est la charte des droits et liberté qui cimente ce grand projet multiculturaliste. Pourtant, la dualité linguistique qui était le fondement de la fédération canadienne a été édulcorée et de plus en plus diluée à mesure que le poids démographique des Québécois francophones use rétrécit. Comme la majorité des Québécois francophones fédéralistes, soit que vous croyez qu'il est possible de se battre à l'intérieur mais je ne sais pas par quel pouvoir de négociation, ou soit que vous vous résigniez à l'inéluctable louisanisation de cette province!

    • Michel Lebel - Abonné 12 février 2017 19 h 21

      @ Jean Duchesneau,

      Si j'étais persuadé de '' l'inéluctable louisianation'' du Québec, j'opterais pour l'indépendance du Québec. Mais tel n'est pas le cas. Au plan culturel et économique, le Québec se porte plutôt bien. Le tout, dans le Canada. Alors?

      M.L.

  • Normand Carrier - Abonné 11 février 2017 07 h 09

    Garder le Québec dans une dépendance économique ....

    Le but du gouvernement du Canada est de garder ce Québec dans une dépendance économique .... Il s'agit pour le gouvernement central de favoriser l'Ontario et les provinces de l'ouest en étant a l'avant garde pour les aider tel les subventions au pétrole des sables bitumineux , le prêt de six milliard a Terre-Neuve pour concurrencer notre hydro-électricité , l'aide de treize milliard a l'Ontario pour sauver son industrie automobile , le contrat de dizaine de milliard pour les frégates aux maritimes et l'achat de biens et services qui représente environ 12% pour le Québec bien inférieur a son poids démographique .....

    Loin de dénoncer cet état de fait , les libéraux et la CAQ se font un plaisir de rappeller au PQ a chaque fois qu'il s'en plaint que nous recevons de la PÉRÉQUATION nous les chanceux au Québec sans mentionner qu'il recoivent du BS au lieu de d'aides et de subventions structursantes et créatrices de richesses comme celle de Bombardier ....

    Nous n'avons pas le monopole comme l'Ontario avec l'industrie automobile mais nous possédons près de 70% de l'industrie aéronautique ce qui rend Bay Street jaloux et prêt a tout faire comme nuire a Bombardier et mettre de la pression sur le gouvernement cental pour aider Bombardier .... Ce qui titille Bay Street , c'est le controle de la famille Beaudoin-Bombardier avec ses actions multi-votantes pour garder un controle majoritaire sur la compagnie ..... Il est évident que lorsque Bombardier a eu ses difficultés temporaires , les milieux financiers de Bay Street en aurait pris le controle et cette compagnie aurait disparue du paysage québécois a l'intérieur d'une décennie ....

    Mëme si nous avons une perpective internationale et mondialiste , il faut aussi regarder notre situation économique ainsi que nos rapport dans la fédération canadienne pour s'apercevoir que nous sommes injustement servis et que ce plan d'Ottawa de nous garder dans cette dépendance économique nous mène a notre perte ...

    • Jean Jacques Roy - Abonné 11 février 2017 20 h 24

      "Le but du gouvernement du Canada est de garder ce Québec dans une dépendance économique". Normand Carrier

      Ce constat de la dépendance économique du Québec des groupes dominants à Bay Street est probablement vérifiable pour certains dossiers. Mais, elle me semble insuffisante.

      Pour comprendre la situation actuelle, c'est une erreur de faire du copier/coller et en rester avec les analyses qui se faisaient à l'époque de Duplessis et surtout à l'époque des Levesque et Parizeau (alors qu'ils étaient Libéraux), analyses qui permirent de justifier les grandes réformes des années 60.

      Duplessis se contenta de réclamer une part du butin.... L'équipe du tonnerre de Lesage a mis en place des réformes pour permettre à la bourgeoisie industrielle et financière du Québec de devenir concurente pour à son tour s'emplir les poches. Quant à l'élite "culturelle", c'est dans ce sillage qu'elle s'est développée et à son tour a donné un support idéologique à la naissance politique du mouvement indépendantiste.

      En gros, il est vrai que jusqu'aux années 60 l'économie du Québec dans ses structures de production, de commerce et de capitalisation était foncièrement dépendante de capitaux canadiens et américains où "nos" capitalistes québécois ainsi que l'administration étatique provinciale jouaient des rôles de servants de choeur. Ce n'est plus le cas. Nous avons bel et bien nos propres riches bourgeois et un systême de commerce et de capitalisation financier made in Québec.

      Pour l'ensemble de la population du Québec des salarié.es, la majorité, la dépendance économique avec ses servitudes n'a pas pour nom Canada, mais Québec. Les politiques économiques sont d'abord et avant tout celles des institutions québécoises inscrites dans la logique des accords de l'ALENA et de la mondialisation des économies.

      Bref, "notre" dépendance économique, se forge dans notre propre cours. Nos tyrans sont ici, non pas à Bay Street où Ottawa.

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 février 2017 21 h 25

      À Jean Jacques Roy,

      "Pour l'ensemble de la population du Québec des salarié.es, la majorité, la dépendance économique avec ses servitudes n'a pas pour nom Canada, mais Québec (...) Bref, "notre" dépendance économique, se forge dans notre propre cours. Nos tyrans sont ici, non pas à Bay Street où Ottawa" - Jean Jacques Roy

      100% d'accord avec ça et avec l'ensemble de votre commentaire M. Roy.

      Comme je le dis souvent,

      Le véritable ennemi du peuple n'est pas le fédéralisme, c'est le capitalisme. Se faire exploiter dans un pays ou dans une province ne changera que la couleur du drapeau.

      Christian Montmarquette