X, Y et boomers: même rêve, mais pas la même réalité

Les générations X, Y et boomers partagent les mêmes rêves, mais elles ne font pas face à la même réalité. Surtout, leur optimisme pourrait être exagéré. Petit survol de l’institut Info-retraite BMO.

 

L’achat d’une maison. Dans l’ensemble, 68 % des gens des générations X et Y ont confiance en leur capacité d’acheter une maison. Dans les faits, une maison de taille moyenne au Canada coûte aujourd’hui près de huit fois le salaire annuel moyen avant impôt gagné dans le cadre d’un emploi à temps plein, comparativement à cinq fois en 1997.

 

Le financement des études des enfants. Sept Canadiens sur dix des générations X et Y qui prévoient d’avoir des enfants disent avoir bon espoir de pouvoir leur payer des études postsecondaires. Or « la réalité est que plusieurs d’entre eux auront de la difficulté à atteindre cet objectif, puisque les jeunes Canadiens d’aujourd’hui ont tendance à avoir des enfants à un âge plus avancé que dans le cas des générations précédentes ». Ainsi, nombre d’entre eux deviendront des « parents retraités », c’est-à-dire des retraités ayant des revenus limités, mais avec des enfants suffisamment jeunes pour poursuivre des études postsecondaires. L’institut Info-retraite BMO revient aussi sur les coûts grandissants des études postsecondaires. « On estime qu’il en coûtera jusqu’à 140 000 $ pour envoyer à l’université un enfant né en 2013. »

 

La retraite. Près des deux tiers des répondants des générations X et Y font preuve d’optimisme quant à leur capacité d’économiser suffisamment pour vivre confortablement une fois à la retraite. Dans les faits, plusieurs d’entre eux n’ont pas encore commencé à épargner en vue de la retraite. « Qui plus est, de moins en moins d’emplois sont assortis d’un régime de retraite d’employeur, et les Canadiens vivent aujourd’hui plus longtemps que jamais. » Il est généralement estimé que, lorsqu’il y a présence d’épargne-retraite, celle-ci s’épuise après 11 ans contre une longévité moyenne à la retraite de 19 ans.

 

De plus, les données de Statistique Canada indiquent qu’un couple de personnes âgées moyen avait dépensé 54 100 $ en 2009. En tenant compte des rendements historiques et en supposant un taux de retrait de 4 %, « l’épargne de retraite devrait totaliser environ 25 fois le montant des retraits annuels », avait déjà souligné la BMO. Ce qui nous amène à une épargne-retraite nécessaire de plus de 1,3 million pour ce couple, ou de 658 000 $ sur une base individuelle.

 

Un autre sondage, réalisé l’an dernier pour TD Canada Trust auprès de répondants québécois, faisait ressortir les comportements et les attitudes propres à chacune des générations.

 

La génération Y (1982-1999)

 

56 % des membres de la génération Y ont toujours le sentiment de trop dépenser (contre 50 % des membres de la génération X et 42 % des boomers). S’ajoutent l’incertitude économique et les défis inhérents au marché de l’emploi, davantage ressentis ici. La TD rappelait que, « de nos jours, les jeunes sont aux prises avec des défis financiers dont n’avaient pas à se soucier les générations précédentes, comme travailler pour rembourser des prêts étudiants élevés tout en gérant leurs dépenses avec de bas salaires ».


La génération X (1965-1981)

 

La génération X est celle qui se trouve aux prises avec le plus grand nombre de priorités concurrentes, les principales étant d’épargner pour la retraite (46 %), de rembourser le prêt hypothécaire (41 %), de rembourser le solde des cartes de crédit (38 %), de rembourser des prêts (37 %) et d’économiser pour les études des enfants (33 %). « En conséquence, bon nombre de membres de la génération X prévoient de travailler bien au-delà de l’âge type de la retraite », retient la TD.

 

La génération des boomers (1946-1964)

 

Si 91 % des boomers ont le sentiment de bien gérer leur argent, un sur deux se demande constamment s’il en a assez. « Génération de l’après-guerre, non seulement les boomers ont subi l’influence de parents qui ont traversé la Grande Crise, mais un grand nombre d’entre eux ont profité d’une économie florissante ainsi que d’une grande stabilité d’emploi durant leur carrière, de sorte que l’épargne à court et à long terme est pour eux une perspective tout à fait sensée. »

 

Et entre les boomers et les Y, les raisons suivantes étaient évoquées pour expliquer la différence de comportement face à leur capacité d’épargne :

 

- des salaires trop bas pour couvrir les frais de subsistance (45 % des personnes de la génération Y comparativement à 34 % des baby-boomers) ;

 

- le paiement des droits de scolarité (34 % des personnes de la génération Y comparativement à 15 % des baby-boomers) ;

 

- la tentation de vivre au-dessus de ses moyens (36 % des personnes de la génération Y comparativement à 19 % des baby-boomers) ;

 

- les dettes associées aux cartes de crédit, aux prêts et aux lignes de crédit (32 % des personnes de la génération Y comparativement à 22 % des baby-boomers).

3 commentaires
  • Francine Lemay - Abonné 8 février 2014 11 h 36

    Ne pas oublier RRQ et RPC !

    Lorsque vous estimez qu'un couple doit avoir accumulé une épargne de 1,3 million de dollars pour avoir un revenu annuel de 54 100 $ à la retraite, vous semblez oublier que ce couple bénéfiera à compter de 65 ou 67 ans, de la RRQ et du RPC, lesquels devraient couvrir plus de la moitié de ce montant. Évidemment, il y a aussi l'impact fiscal qui ne semble pas abordé dans le calcul.
    Yvan Rheault

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 9 février 2014 03 h 47

      Et vous semblez oublier l'impact fiscal que ce couple occasionne toutes les années travaillées à payer leurs impôts pour faire marcher la grosse machine. Investiriez-vous dans une entreprise où il n'y a pas de «retour» ?

      Un jour vous serez à cet autre bout de l'équation, que direz-vous ? Non merci ?

      J'ai toujours regardé ça autrement : L'impôt n'est pas une facture, c'est un prêt !

      Bonne journée.

      PL

  • Clermont Domingue - Abonné 9 février 2014 11 h 30

    Boule de cristal...

    Les 75 ans et plus ont connu l'inflation à près de 10%, les taux hypothécaires à 20% et les surplus des régimes de retraite.Plusieurs vivent *liberté 55*depuis bon nombre d'années. La boule de cristal ne peut nous dire de quoi demain sera fait,surtout si on regarde à travers celle des banquiers.La bulle immobilière peut péter,les régime de retraites peuvent faire faillite et des travailleurs peuvent se trainer à l'ouvrage jusqu'à 70 ans. Tout peut arriver. Mème une réforme du système financier qui permettrait de mieux répartir la richesse qui,elle, ne manque pas.