Horticulture sur la route

Le Domaine Joly-De Lotbinière abrite des noyers noirs plantés en 1882, ce qui en fait la plantation de cette espèce la plus septentrionale et la plus ancienne en Amérique du Nord.
Photo: Lise Gobeille Le Domaine Joly-De Lotbinière abrite des noyers noirs plantés en 1882, ce qui en fait la plantation de cette espèce la plus septentrionale et la plus ancienne en Amérique du Nord.

Envie de prendre la route horticole ? Voici deux endroits à visiter cet été : le Pavillon horticole écoresponsable à Saint-Hyacinthe et le Domaine Joly-De Lotbinière, dans Lotbinière. Le premier parce qu’il présente des murs verts, des toits verts et plus ; le deuxième parce qu’il fête ses 30 ans cet été.

 

Pavillon horticole écoresponsable de l’ITA


Les phytotechnologies vous intéressent ? Une visite au Pavillon horticole écoresponsable de l’Institut de technologie agroalimentaire à Saint-Hyacinthe s’avère tout indiquée. Ce bâtiment-outil présente et évalue des solutions phytotechnologiques innovatrices. On y découvre huit modèles de structures pour créer des murs verts à l’intérieur comme à l’extérieur, ainsi qu’un toit-terrasse qui présente trois types de toiture végétalisée, dont une des zones est consacrée à l’agriculture urbaine. Finalement, des jardins extérieurs montrent différentes pratiques pour gérer autrement les eaux pluviales. L’utilisation des phytotechnologies permet d’améliorer le bilan énergétique des édifices ainsi que de lutter contre les îlots de chaleur, et elles sont également d’excellents outils pour une meilleure gestion des eaux pluviales.


Peu connu encore du grand public, le Pavillon a déjà reçu trois prix depuis son ouverture l’année dernière. D’abord, il a obtenu une mention dans le cadre des Trophées Innovation et développement durable Contect 2012 dans la catégorie « Pratiques novatrices ». Il a aussi remporté le Prix d’excellence en immobilier 2013 dans la catégorie « Innovation », ainsi que le prix Coup de coeur du jury du Gala Constellation 2013 de la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains. Enfin, pour couronner le tout, le Pavillon est en attente de l’obtention de la certification LEED-NC, niveau platine, du Conseil du bâtiment durable du Canada. En saison estivale, le Pavillon sert de porte d’entrée aux visiteurs des Jardins Daniel A. Séguin, ce qui veut dire deux visites pour un seul déplacement ! Éducatifs et attrayants, les Jardins Daniels A. Séguin présentent les tendances et les différents styles en aménagement paysager et les plantes y sont identifiées.


Le Pavillon écoresponsable de l’ITA et les Jardins A. Séguin, 3215, rue Sicotte, à Saint-Hyacinthe.

 

Domaine Joly- De Lotbinière


Le Domaine Joly-De Lotbinière célèbre cette année sa 30e saison touristique avec une riche programmation estivale. Situé sur la pointe Platon, au bord du fleuve Saint-Laurent, ce magnifique domaine était autrefois la résidence de sir Henri-Gustave Joly de Lotbinière. Homme politique, premier ministre du Québec de 1878 à 1879, il était aussi un horticulteur passionné. Cette pointe, qui bénéficie d’un microclimat naturel, était un terrain d’expérimentation parfait pour un jardinier légèrement… audacieux. Un de ces essais est d’ailleurs passé à l’histoire : la plantation de milliers de noyers noirs (Juglans nigra) en 1882. Elle est la plus septentrionale en Amérique du Nord et, en plus, elle serait la plus ancienne. On peut encore en contempler plusieurs superbes spécimens. Par ailleurs, il n’y a pas que les noyers qui sont impressionnants, les jardins sont tous superbes, les bâtiments sont splendides et l’endroit, idyllique. Puis, pour la première fois, le Domaine accueille le programme d’évaluation de l’American Garden Award, et ce sont aussi ces premières… racines en terre canadienne. Il ajoute ainsi son nom à la liste des grands jardins américains, tels que le Longwood Gardens, le New York Botanical Garden et le San Francisco Botanical Garden, lequel participe à ce programme. Quant au Domaine, il propose le concours Tendances horticoles 2013 qui permet de découvrir plus de 300 végétaux nouveaux ou moins connus. Enfin, à mettre à votre agenda : la journée Tendances horticoles en fête, le 18 août de 10 h à 17 h. Trois horticulteurs reconnus du Québec, Daniel Fortin, Rock Giguère et Albert Mondor, animent la journée, donnent des conférences et présentent les nouveautés 2014 ! Par ailleurs, rajeuni et plus convivial, le nouveau site Web est agréable et complétera efficacement l’information nécessaire pour votre visite.


Domaine Joly-De Lotbinière, 7015, route de Pointe Platon, à Sainte-Croix,

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Un paravent vivant

Pour un peu d’intimité sur le balcon, pour subdiviser une cour ou délimiter un espace, l’écran de saule n’a pas son pareil. Original, ce paravent ajouré et vivant gagne à être connu. En fait, ce sont des tiges de saule entrelacées et taillées, plantées directement en terre ou dans une boîte à fleurs. Les tiges de saule ont la particularité fantastique de pouvoir être plantées sous forme d’énormes boutures non enracinées. Aussitôt en terre, elles développent leur système radiculaire et du feuillage. Et, en trois à quatre semaines, le paravent est couvert de feuilles, et sa durée de vie est de 10 à 15 ans. Deux options s’offrent à vous pour l’écran dans une boîte à fleurs: la version prêt-à-être-emporté ou celle à fabriquer. Pour vous aider dans ce projet, des instructions indiquant chaque étape sont fournies avec les boutures. À noter qu’on doit avoir un emplacement ensoleillé, avec un sol bien drainé. Les deux premières années, la clôture au jardin doit être irriguée régulièrement lors des sécheresses. Quant aux boîtes à fleurs, elles devront être arrosées fréquemment en période de chaleur. Aussi, pour demeurer joli, l’écran doit être taillé en mars et en- suite parfois en juin et en août. On recommande deux espèces pour la fabrication d’un paravent vivant, soit le saule arlequin (Salix miyabeana) ou le saule à osier (Salix viminalis), plus vigoureux et plus imposant. Si la boîte à fleurs n’est pas isolée, elle devra être entreposée dans un jardin et être protégée avec du géo- textile ou de la neige. Puisque les boutures sont vendues à la Pé- pinière Villeneuve seulement jusqu’au 15 juin, ce sera un projet pour l’année prochaine. Par contre, il reste encore quelques écrans déjà montés dans des boîtes à fleurs.


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Au jardin cette semaine

Une lectrice m’a demandé des clarifications à propos de la lutte contre les escargots. Afin de bien vous informer, j’ai demandé conseil à deux experts, dont Jean-Philippe Légaré, M. Sc., biologiste-entomologiste du Réseau d’avertissements phytosanitaire. S’il y a effectivement certaines espèces d’escargots qui causent des dommages à nos potagers, celles-ci ne sont pas un fléau. Elles se nourrissent principalement de débris végétaux, de lichens et d’algues, mais au besoin également de plantes vivantes. Donc, même si ces escargots ne sont pas des ravageurs importants, il n’est pas mauvais de les avoir à l’œil. Par contre, certaines espèces, telles que l’escargot des bois et celui des jardins, sont inoffensives. D’un diamètre pouvant atteindre jusqu’à 30 mm, tous les deux sont très jolis, se ressemblent et sont souvent confondus. La couleur de leur coquille varie énormément de brune, à beige à jaune et même rosâtre et elle est soulignée par trois à quatre traits circulaires marron qui lui donnent tout son charme.

Pour la bibliothèque

Dictionnaire amoureux des jardins

Alain Baraton

Édition Plon

2012, 584 pages


Ni guide ni manuel, ce dictionnaire reflète les curiosités et les passions de l’auteur pour les jardins. Alain Baraton est le jardinier en chef des jardins du Trianon et du grand parc de Versailles, et depuis 2009 responsable du domaine Marly. Il a pris le parti de ne parler que des jardins qu’il connaît et qu’il aime, le ton est donc très personnel et aussi très français. Beaucoup de détails historiques sont fournis, mais Alain Baraton prend aussi plaisir à souligner ces détails anodins qui donnent toute son âme à un jardin. Également, il honore les écrivains qui ont décrit et célébré cette nature réorganisée : Hugo, García Lorca et Prévert… Ainsi que ceux qui l’ont peinte : Monet, Picasso, Caillebotte. À consommer par petites bouchées, dans l’ordre ou le désordre, en sautant d’un mot à l’autre. Amusant, instructif, mais parfois bavard.