Marois laisse entendre que Jean Charest est corrompu

image EN DIRECT DU COLLOQUE DU PQ À LÉVIS (version augmentée 17h45) Pauline Marois a laissé entendre ce matin que Jean Charest était corrompu. «Comment voulez-vous que les Québécois fassent confiance à ce gouvernement et à ce premier ministre?», a-t-elle lancé. La chef péquiste a souligné que M. Charest reçoit «183 000 dollars comme premier ministre, un salaire qui lui est versé par la nation québécoise». Par conséquent, a-t-elle insisté, cette nation devrait être son seul patron. «Mais depuis dix ans, M. Charest a aussi empoché trois quarts de millions versés par le Parti libéral», car il reçoit un salaire d'au moins 75 000$ par année de la part du PLQ. «La question que tout le Québec se pose est celle-ci : M. Charest, pour qui travaillez-vous? Travaillez-vous pour les Québécois qui payent votre salaire de premier ministre ou pour les amis du Parti libéral qui payent votre autre salaire? Serait-ce possible que Jean Charest hésite à mordre la main qui le nourrit? Ça expliquerait pourquoi le premier ministre refuse de déclencher une enquête publique. Tant que le gouvernement ne fera pas la lumière sur les scandales dans la construction, cette odeur tenace de corruption qui flotte sur le gouvernement ne s’effacera pas

La chef péquiste est revenue sur les déclarations des ministres Michelle Courchesne, Julie Boulet et Norm MacMillan, qui ont affirmé récemment que les entreprises avaient le droit de financer les partis politiques, ce que la loi électorale québécois prohibe depuis 1977. «Un ministre qui dit [cela], on peut appeler ça un lapsus. Deux ministres, ça commence à être inquiétant. Mais trois ministres, on appelle ça un système! Encore que selon Mme Normandeau, on appelle plutôt ça une petite tape sur l’épaule…» La chef péquiste a conclu en réclamant une enquête sur le parti qui est au pouvoir depuis 2003 : «Si Jean Charest pense qu’il va réussir à s’en sortir en créant ceci ou cela, comme cette unité d’enquête au sein de Transports Québec, il se trompe. Ce dont on aurait vraiment besoin, en plus d’une enquête publique dans la construction, c’est d’une unité d’enquête sur le Parti libéral!» Instinct de tueuse (AJOUT 17h45) Pour les libéraux, l’attaque de Pauline Marois illustre la «prétendue nouvelle personnalité» dotée d’un «instinct de tueuse» que la chef péquiste a dit s’être donnée, dans une interview à la Presse canadienne, en début de semaine. Mme Marois avait expliqué qu'en tant que femme, elle avait été contrainte de changer de personnalité pour mieux réussir en politique. «Changer de personnalité, ça ne donne pas le droit d'inventer, ça ne donne pas le droit de salir des réputations et ça ne donne donc pas le droit de d'aller aussi loin qu'elle est allée», a pesté la ministre de l’Environnement Line Beauchamp en fin d’après-midi, dans une entrevue téléphonique au Devoir. Selon la ministre, la virulente sortie de la chef péquiste constituait une tentative pour «masquer le vide des propositions du Parti québécois en économie». Selon Mme Beauchamp, la chef péquiste est mal placée pour donner des leçons, car la dernière enquête approfondie au sujet du financement des partis politiques, celle de l’ex-juge Moisan, a démontré que «le grand acteur du scandale des commandites, Jean Brault» avait participé à un «financement illégal» du PQ. La ministre a aussi soutenu que Mme Marois avait commis une faute éthique en étant présente «autour de la table quand le gouvernement [du PQ] a fait en sorte que son mari a eu une pension à vie payée à même l'argent des contribuables québécois». Le colloque du Parti québécois sur la création de la richesse se termine dimanche matin. (Revenez visiter ce carnet pour plus de nouvelles demain dimanche.) Le Devoir