Twitter : du microclavardage pour du microfinancement politique

Dégustation par le candidat à l'investiture républicaine, Donald J. Trump, d'une surdose de viande lors de l'Iowa State Fair en août dernier.
Photo: Twitter/@realDonaldTrump Dégustation par le candidat à l'investiture républicaine, Donald J. Trump, d'une surdose de viande lors de l'Iowa State Fair en août dernier.
Parler et financer. Depuis mardi, le réseau de microclavardage Twitter cherche à se donner une autre vocation, plus citoyenne, en se posant — aux États-Unis du moins — en nouvel espace de microfinancement des partis politiques et des candidats en lice pour le prochain scrutin électoral chez nos voisins du sud.
 
L’annonce en a été faite discrètement cette semaine sur le blogue de la multinationale américaine. «Quand les gens discutent politique, ils le font sur Twitter, indique la division «politique et gouvernement» de l’entreprise dans un billet laconique. Les choses qu’apprennent ou partagent les électeurs dans ces conversations stimulent aujourd’hui l’action politique. Pour cette raison, nous avons décidé de faciliter l’expression de leur appui à un candidat où une cause», financièrement, s’entend.
 
De la parole au don, la chose se joue par l’entremise de Square et son système de paiement en ligne cash.me qui permet autant aux politiciens de s’exposer à ce micro-financement de leurs campagnes par des électeurs lambda qu’à ces mêmes électeurs lambda de donner une poignée de petites monnaies numériques à un politicien, d’un simple clic.

Cette simplicité, à terme, pourrait toutefois nuire au réel engagement des citoyens dans la politique, le microdon, ainsi facilité, risquant en effet d'induire le même genre d'implications distantes mûes par la recherche d'une bonne conscience ou l'affrmation superficielle d'une identité numérique, comme le permettent les pétitions en ligne ou le partage de photo d'ours blanc dans certaines causes sociales. Les américains appellent ça le «slacktivism».
 
Pour le moment, Twitter n’envisage pas d’offrir ce service dans d’autres zones géographiques où l’activité électorale trouve également un écho sur son réseau, comme au Canada, à titre d’exemple…